L’interview choc de Bah Oury

Comme il ne l’a jamais fait, le Vice-Président de l’UFDG, M. Bah Oury se dévoile dans les colonnes de votre site préféré www.guinee58.com. M. Bah dépeint le tragi-comique procès de l’affaire du 19 juillet 2011 avec la verve qu’on lui connaît. D’une rare pédagogie, il démontre la dangerosité du régime d’Alpha Condé.

Régulièrement accusé d’être le responsable de l’échec du candidat de l’UFDG aux élections présidentielles 2010, M. Bah Oury donne sa version des faits. Notez c’est pour la première fois que le Vice-Président de l’UFDG s’exprime publiquement sur les coulisses de la gestion de cette élection. Ce qui est sûr cette interview remet en cause beaucoup d’idées préconçues. Bonne lecture.

Guinee58 : Monsieur Bah, Il y a quelques jours s’est ouvert à Conakry le procès aux assises des présumés coupables de l’attaque contre la personne du chef de l’Etat, Alpha Condé. Vous êtes vous-même accusés d’avoir une implication dans cette attaque. Que vous inspire ce procès ?

BAH Oury : Le procès encours aux assises de Conakry donne une réalité tragique et lugubre de la gouvernance d’Alpha Condé. Les tortures systématiques infligées aux prévenus ,des exécutions extra-judiciaires comme celle du Lieutenant Ousmane Koulibaly défenestré du 3éme étage d’un bâtiment du Camp Samory Touré et de Thierno Soufiana Diallo, des arrestations arbitraires ciblées contre des officiers de l’Armée Nationale et contre des jeunes leaders de la Commune de Ratoma nous rappellent que les méthodes du Camp Boiro sont toujours utilisées. C’est un très grave recul pour l’Etat de droit et pour la justice. C’est le retour du « règne de l’arbitraire » .

Toutefois je reste persuadé que ce procès quel que soit le verdict qui sera rendu aura permis à l’opinion nationale de se faire une idée de l’abîme dans lequel le pays est tombé. La réaction de la population contre ces exactions et cette humiliation collective ne se fera pas longtemps attendre.

Guinee58 : Le ministère public à travers Monsieur William Fernandez a clairement dénoncé un coup « Complot Peulh », dont le but selon lui, était d’installer trois leaders de cette ethnie, dont vous au pouvoir. Que répondez-vous à ces affirmations gravissimes ?

BAH Oury : Comme j’ai eu à le dénoncer au cours d’une récente émission de radio espace fm de Conakry, le procureur et les tenants de la thèse du « complot peulh » se trompent d’époque. Nous ne sommes plus en 1976 pour que le pouvoir puisse déclarer « la guerre aux peulhs ». Cette époque est définitivement révolue. Mais comme vous le savez, les habitudes et les stigmates ont la vie dure. C’est pour cela qu’Alpha Condé est en train de mener sa « guerre contre la Guinée ». Après avoir montré son mépris pour les communautés forestières à travers la tuerie de Zogota et le jugement inique de Galapaye, il tente d’engager sa croisade ethnocentrique et rétrograde contre la communauté majoritaire du pays. Les guinéens d’aujourd’hui ont les yeux ouverts, ils ne se laisseront pas mener par le bout du nez pour précipiter le pays dans le chaos. Nous y veillons.

Guinee58 : Vous vivez en France depuis quelques mois et les autorités de Conakry ont émis un mandat d’arrêt contre vous pour votre supposée implication dans l’attentat du 19 juillet 2011. Maintenez-vous toujours n’avoir eu aucune implication dans cet attentat ?

BAH Oury : Je suis quitte avec ma conscience. Mon action politique s’articule autour d’un projet fédérateur de l’ensemble de la société guinéenne sans aucune exclusive et sans préférence. Mon combat pour les droits de l’homme et contre toutes les formes d’injustice est connu par de-là les frontières guinéennes. Le déroulement du procès est révélateur de la manière dont les « aveux » ont été extorqués aux accusés. Les accusations ne sont pas crédibles !

Guinee58 : Alors comment expliquez-vous l’acharnement du gouvernement Guinéen contre vous ? Seriez-vous politiquement si menaçant pour le chef de l’Etat pour qu’il déploie tant d’énergie et d’effort contre vous ?

BAH Oury : Certainement je dérange parce que je suis exigeant pour faire respecter le droit et les lois de la République, alors que la gouvernance actuelle est l’expression du triomphe du non droit et du culte de la violence. J’ai eu à maintes reprises à dénoncer cette « gouvernance hors-la-loi » et j’ai mis en garde contre « le complot institutionnel » qu’Alpha Condé a planifié contre la constitution et contre les fondements de la République. Cela est suffisant pour qu’il cherche à se débarrasser de moi, d’autant plus qu’il connait parfaitement mon itinéraire politique. Bref ! C’est parce que je suis honoré de la confiance de mes compatriotes. L’affaire du « 19 juillet 2011 » est un prétexte pour neutraliser des personnalités politiques ,des officiers militaires et de jeunes leaders de la commune de Ratoma un des fiefs de l’UFDG.

Guinee58 : Monsieur Bah, le chef de l’Etat a récemment accusé l’opposition de préparer un coup d’Etat militaire. Cette déclaration avait surpris tous les observateurs politiques et mêmes des diplomates en poste à Conakry. Comment décryptez-vous cette provocation du président Alpha Condé ?

Bah Oury : M. Alpha Condé est un émule d’Enver Hodja le dictateur stalinien d’Albanie « bastion inexpugnable du marxisme-léninisme » pour reprendre un slogan en vogue dans les années 1970.Par conséquent ,prêcher le faux pour intimider, neutraliser et mettre sur la défensive ses adversaires est une des panoplies dont ne se prive pas Alpha Condé .

C’est ainsi qu’il avait accusé « le Sénégal et la Gambie » d’avoir favorisé selon lui « l’attaque contre son domicile » le 19 juillet 2011. La provocation est permanente et la duplicité est érigée en stratégie politique. Ne pas comprendre cela, c’est le risque d’être toujours « roulé dans la farine ».

Guinee58 : Monsieur Bah, on va évoquer la vie interne de l’UFDG. On sait qu’il y a des divergences de vue entre vous et le président de votre parti. Mais à l’occasion des festivités de l’an 5 à la tête de l’UFDG, Monsieur Cellou Dalein Diallo a rendu un hommage appuyé à vous, à Saliou Bella Diallo et au Doyen Bah Mamadou. Comment analysez-vous ces hommages ?

Bah Oury : Le plus important à mes yeux est le respect des valeurs qui fondent l’UFDG, à savoir la défense des droits de l’homme, la détermination dans le combat pour un réel changement démocratique dans notre pays et la promotion de la cohésion et de l’unité du parti. A cet égard , j’ai de sérieuses doutes sur la volonté d’El hadj Cellou d’aller dans ce sens. L’élaboration et la publication d’une liste des membres du Bureau Exécutif du parti dont je suis le fondateur et le n°2 légitimement investi par le congrès d’août 2009 et la visite qu’il a effectué dans mon village natal sans au préalable m’informer sont des signes éloquents qu’il y a un réel divorce entre les « propos lénifiants » et les actes .

Guinee58 : Les militants sont inquiets de la crise qui couve au sein du parti. Pourriez-vous nous indiquer où en sont les négociations ?

BAH Oury : C’est vrai qu’au mois de novembre dernier, les sages et les jeunes s’étaient impliqués pour réclamer une amélioration des relations interpersonnelles entre El hadj Cellou et moi-même. C’est suite à ces interventions des sages et des jeunes que j’ai appelé El hadj Cellou et que je me suis adressé à l’assemblée générale des militants réunis au siège du parti. Il a été convenu d’un commun accord qu’une « commission de médiation » devrait nous inviter à nous asseoir autour de la table pour aplanir les différends et envisager l’avenir de l’UFDG.

Depuis lors, il n’y a rien eu de fondamentalement nouveau sur ce chapitre, sauf la division de la fédération de New-York qui apparait comme une provocation supplémentaire.

Guinee58 : Monsieur Bah dans cette crise certains vous accusent d’être responsable de la défaite de Monsieur Diallo à l’élection présidentielle. Ils vous accusent d’avoir appelé à une journée ville morte et avoir déclaré le fameux « on va les affamer ». Deux ans après quelle est votre version des faits ?

BAH Oury : Permettez-moi d’abord de me moquer de ces affirmations farfelues et fantaisistes. Si tel était le cas, alors vous conviendrez avec moi que notre candidat n’était pas solide du tout.

Pour répondre plus sérieusement à votre question je vais faire quelques rappels.

Lors de la campagne le RPG-arc-en-ciel a utilisé cette contre-vérité pour dresser les communautés les unes contre les autres en opposant les commerçants (majoritairement peuls) à la population de la Basse-Côte, feignant ainsi d’oublier qu’une « ville-morte » affecte les activités de tout le monde sans aucune discrimination ethnique.

Pour ceux qui l’ont oubliée , la campagne du second tour a été lancée le 07 septembre 2010 . Le candidat du RPG de retour de Ouagadougou le 04 septembre et son cortège a défilé jusqu’à Kaloum dans la presqu’île de Conakry. Les boutiques et les marchands du marché Niger furent agressés sans aucune réaction des forces de l’ordre. Il en sera de même le 11 septembre, où la section- motard de l’UFDG fut prise à partie par des loubards du RPG. Des dizaines de militants de l’UFDG furent blessés et quelques morts furent malheureusement enregistrés. Le lendemain 12 septembre , Conakry s’embrasa. Excédés ,les militants de l’UFDG ripostèrent avec fermeté. Alpa Condé coincé dans son siège à Hamdallaye appela « l’armée au secours » . Sa garde rapprochée usa de balles réelles et abattit un des leurs et accusa sans fondement le gardien d’un immeuble en construction. Les forces de l’ordre procédèrent à de rafles dans les fiefs de l’UFDG et plusieurs centaines de jeunes gens furent écroués. La partialité du gouvernement de transition et des forces de l’ordre fut manifeste. Au cours de l’assemblée générale de l’UFDG suivante, j’ai « exigé la libération immédiate de toutes les personnes détenues si non une opération ville-morte sera lancée dès le lundi prochain ». El Hadj Cellou , le candidat désavoua l’initiative . Toutefois ce bras de fer obligea la communauté des ambassadeurs du G8 et de la CEDEAO a s’impliqué pour négocier la libération de toutes les personnes détenues dont la plupart étaient des enfants mineurs.

La seconde opération ville-morte à partir du 18 octobre 2010 est intervenue pour exiger le départ de Loucény CAMARA de la tête de la CENI. Le 19 octobre 2010 ,Loucény CAMARA est remplacé par le Général malien Toumani Sangaré.

J’assume pleinement au nom de l’UFDG ces deux appels à des opérations « ville-morte » pour contrer l’action du candidat du RPG épaulé par le gouvernement de transition et des forces de l’ordre hostiles. En définitive sur ce chapitre ma stratégie a été payante. Ceci explique le fait que le 23 octobre , le Général Sékouba Konaté ,Président de la transition m’agresse et ses gardes me brutalisent au vu et au su de tout monde au domicile d’El Hadj Cellou Dalein Diallo sans que ce dernier ne daigne « piper mot ».

Alpha Condé use de la violence et ne connait que l’expression du rapport de forces. Ceux qui feignent de ne pas le savoir, ne sont-ils pas les artisans de l’échec ?

Guinee58 : Toujours dans l’entre deux tours de la présidentielle, on vous accuse d’avoir signé à la veille du second tour l’envoi des délégués de votes de l’UFDG pour surveiller le vote à Siguiri et Kouroussa sans avoir consulté Monsieur Cellou Dalein Diallo. Signature que le RPG a utilisée lorsque l’UFDG a demandé l’annulation du vote dans ces deux préfectures pour bourrage d’urnes. Reconnaissez-vous d’être trompés ?

BAH Oury : El Hadj Cellou, candidat de l’UFDG sait ce que nous nous sommes dits au perron du GHI après que les deux candidats aient signé trois jours avant le second tour ,un protocole d’entente devant le Groupe International de Contact sur la Guinée.

Guinee58 : Monsieur Bah, quelles leçons avez-vous tiré de la défaite à cette élection présidentielle dont votre candidat était le grand favori et de tout ce que l’UFDG a vécu depuis cet échec électoral ?

BAH Oury : D’abord la défaite du candidat de l’UFDG est due à deux facteurs majeurs à savoir la partialité manifeste des autorités de la transition (Général Sékouba Konaté et Jean Marie Doré) en faveur du candidat du RPG et le long report de la date du second tour de l’élection présidentielle.

La différence entre les scores du premier tour 44% et 18% entre les deux candidats du second tour était suffisamment grande pour qu’El hadj Cellou puisse l’emporter largement grâce à l’élan et du vote utile des électeurs de Sydia Touré et d’Abé Sylla, si durée légale avait été maintenue. Le temps accordé au camp adverse lui a permis d’élaborer sa stratégie politique pour « imposer » Alpha Condé. Devant les multiples atermoiements de la CENI à l’époque et du parti-pris des autorités de la transition, Faya Millimono avait demandé publiquement « la démission de Jean Marie Doré comme Premier Ministre » mais là aussi, il fut désavoué par El hadj Cellou.

Dans une élection d’une si âpre compétition, le facteur personnel du candidat est essentiel pour pouvoir l’emporter et conserver sa victoire.

De manière plus globale, le constat politique est amer. La transition gérée par les militaires du CNDD a été un échec comme celle qui a été engagée après la crise sociale et politique de 2007 avec Kouyaté. La Guinée et l’UFDG sont en train de payer terriblement la faillite de la sortie de crise par le biais des présidentielles en 2010.

Guinee58 : Monsieur Bah, la CENI vient de retenir Wymark comme opérateur technique. Quel est votre réflexion suite à cette décision?

Lire : Requiem pour une CENI en Guinée du 20 octobre 2012

BAH Oury : Pour moi ce n’est pas une surprise. Le 20 octobre dernier suite à la promulgation de la loi portant « recomposition paritaire de la CENI », j’avais écrit « le nouveau épisode de la vie de CENI ruinera pour longtemps l’idée de la constitution d’un organisme indépendant capable d’organiser des élections crédibles, inclusives et acceptées de tous ». Avec l’acceptation par l’opposition des dispositions légales admettant que la règle de la majorité simple suffit pour trancher toutes les questions en litiges au niveau de la CENI et la composition par Alpha Condé de la répartition du nombre des commissaires en s’octroyant plus de la majorité alors les revendications de l’opposition n’avaient plus aucune chance d’être prises en compte.

Le processus électoral est piégé. Les élections législatives dans ce contexte n’auront aucune valeur pour refléter la représentativité des courants politiques dans le pays. La décision de choisir Wymark ne fait que confirmer la faillite de la stratégie du Collectif des partis politiques pour la fin de la transition durant ces deux années. Aujourd’hui la seule plateforme de lutte qui vaille de faire descendre les populations dans la rue est celle qui appelle à la résistance contre la tyrannie et qui refuse la mascarade électorale que propose la gouvernance d’Alpha Condé. Refuser ainsi d’accompagner Alpha Condé c’est, donner une chance à la Guinée pour un sursaut national salvateur.

Guinee58 : Nous arrivons au terme de cet entretien. Quel message avez-vous à lancer ?

BAH Oury : Alpha Condé ne parviendra pas à faire plier le peuple guinéen pour imposer une tyrannie clanique et prédatrice en Guinée. Il a maintes fois violé la constitution du pays. Il a dressé les communautés ethniques du pays les unes contre les autres. Le pays se retrouve déchiré. Les droits de l’homme sont systématiquement bafoués. L’utilisation de la violence est courante. L’autorité de la loi est ignorée. La misère se généralise et le désespoir gagne une large frange de la population. Dans ce contexte, il est légitime de se révolter pour changer la Guinée.

Hommage à André LEWIN

André LEWIN


L’ancien ambassadeur de France en Guinée (1975-1979), M. André LEWIN s’est éteint le jeudi 18 octobre 2012. Ironie du sort, la date de son décès coïncide au quarantième anniversaire de l’exécution nocturne de 70 prisonniers du Camp Boiro par le dictateur Sékou TOURE.

Pour la mémoire de beaucoup de Guinéens, M.LEWIN a symbolisé le rapprochement entre la France et la Guinée. La visite officielle qu’effectue en 1978 M. Valéry Giscard D’ESTAING alors Président de la République Française réchauffe les relations entre les deux pays.

En effet, à la suite du non au référendum du 28 septembre 1958, qui scella l’accession immédiate de la Guinée à l’indépendance, les relations franco-guinéennes furent rompues. Ce climat de suspicions et de guerre secrète subsista pendant plus d’une décennie. C’est de son poste aux Nations Unies auprès de M. Kurt WALDHEIM, alors secrétaire général que M.LEWIN entama avec succès une mission de bons offices et de médiation entre l’Allemagne Fédérale, la France et la Guinée.

La normalisation des relations diplomatiques avec Bonn et Conakry survint en 1974 et le 14 juillet 1975 la France et la Guinée mirent fin à la longue brouille entre les deux pays. Concomitamment, une quarantaine de prisonniers furent libérés parmi eux 25 français, 3 allemands et l’archevêque de Conakry Mgr Tchidimbo.

Durant son séjour à Conakry, l’ambassadeur de France a contribué efficacement à rompre l’isolement diplomatique de la Guinée, c’est ainsi qu’en mars 1978 les présidents Houphouët BOIGNY de la Côte-d’ ivoire, Léopold Sédar SENGHOR du Sénégal et Sékou TOURE de la Guinée se réconcilièrent sous l’égide du Président William TOLBERT du Libéria.

La politique de détente pratiquée à l’extérieur qu’épousa Conakry à l’époque fut contrebalancée par un durcissement à l’intérieur par l’arrestation du premier secrétaire général de l’OUA, M. DIALLO Telly et la déclaration de « guerre contre les peuls » que lança en 1976 le dictateur.

La révolte des femmes en août 1977 provoquée par la famine qui sévissait dans le pays que l’option collectiviste du régime avait engendrée obligea Sékou TOURE a lâché du lest par une timide libéralisation des activités économiques.

Acteur et témoin à la fois de cet épisode de notre histoire, M.LEWIN l’a restitué en publiant aussi bien une biographie de DIALLO Telly que de Sékou TOURE. Son intérêt pour la Guinée et pour les Guinéens a été constant.
C’est en tant que Ministre de la Réconciliation Nationale du Gouvernement d’ouverture de Ahmed Tidiane SOUARE (juin -décembre 2008) que je l’ai approché. L’objectif était de préparer l’organisation d’un colloque scientifique sur le passif historique de la Guinée dans le sillage du cinquantenaire de l’indépendance nationale. Avec le concours de Mme Aicha BAH ancienne directrice à l’UNESCO, nous ambitionnions de rassembler des experts tant étrangers que nationaux pour échanger et apporter leur éclairage sur les périodes sombres que les Guinéens ont vécues.

Ce devoir de mémoire paraissait essentiel pour une réelle dynamique de réconciliation nationale. En effet il est illusoire de prêcher le pardon ou l’oubli sans la connaissance de la vérité historique avec ses pages de gloire et de barbarie. Le projet n’a pu aboutir, car entre-temps le CNDD de Dadis CAMARA avait pris le pouvoir.

Pour sa contribution pour désamorcer des crises majeures comme celle de la Marche Verte d’Hassan II du Maroc, et celle de la Casamance par le rapprochement entre le Président DIOUF et l’abbé Diamacoune SENGHOR leader des séparatistes, André LEWIN a montré au-delà de sa fonction d’ambassadeur de France, qu’il est un profond humaniste et un citoyen du monde. A son pays, à ses amis et à sa famille, mes sincères condoléances. Que son âme repose en paix.

Par BAH Oury

Vice-président de l’UFDG

Le requiem pour la CENI en Guinée

L’adoption par le CNT de la loi relative à la recomposition paritaire de la CENI marque un pas décisif pour le contrôle de l’ensemble du processus électoral par le régime d’Alpha CONDE. En effet la stratégie qui a permis à une commission ad-hoc composée de représentants du Patronat, du Conseil Economique et Social, d’une ONG féminine pro-gouvernementale et du CNT de proposer sur-mesure trois schémas de sortie de crise assortis d’une recommandation expresse que le Chef de l’Etat est « souverain » d’en choisir un ; a ouvert un boulevard pour la domestication complète des institutions issues de la transition ( CENI,CNT).

Cette loi sur la CENI au lieu de tirer les leçons de la faillite de l’organisme qui porte la responsabilité des échecs des élections présidentielles et de la non organisation des élections législatives voilà maintenant prés de trois ans, a accentué par des dispositions iniques la main mise totale de la CENI par l’exécutif. Comment en est on arrivé à ce point ?
• Les intentions des messieurs Alpha et Alassane CONDE respectivement Chef de l’Etat et Ministre de l’Administration du Territoire étaient connues dés leur installation au pouvoir à savoir anéantir l’indépendance d’une CENI fortement écornée par les affairismes en son sein et l’organisation calamiteuse des consultations présidentielles. La méthode est simple : dans un premier temps, violer la constitution et les textes fondamentaux de la République. C’est ainsi qu’une entente signée par Loucény CAMARA et le Ministre Alassane CONDE scelle la mise sous tutelle de cet organisme chargé d’organiser toutes les consultations électorales et dont la Constitution du pays confère une totale indépendance. Ni, la Cour Suprême qui joue le rôle de Cour Constitutionnelle et ni le Conseil National de la Transition (CNT) en charge de la supervision de la transition, ne s’émeuvent devant ce coup d’état institutionnel. En plus pour s’arroger le contrôle de tous les leviers devant s’impliquer dans l’organisation des élections, des délégations spéciales issues du RPG-arc-en-ciel sont installées dans les principales communes du pays au mépris du Code des collectivités publiques. L’objectif ultime est la « confection » d’un nouveau fichier électoral pour rejeter celui conçu par la SAGEM au profit d’un autre qui lui permettra de manipuler les prochaines consultations électorales sans que des preuves irréfutables ne puissent prouver les fraudes et les tricheries.
. L’opposition tétanisée par la défaite aux présidentielles reste passive hormis la circulaire de l’UFDG de la mi-juillet 2011 appelant « à la mobilisation générale contre la dérive dictatoriale de la gouvernance d’Alpha CONDE » que j’avais signée en tant que Président par Intérim du parti. Par la suite les arrestations arbitraires de civils et d’officiers militaires sous le prétexte fallacieux de leur implication dans « l’attaque contre le domicile privé du Chef de l’Etat » le 19 juillet 2011, neutralisent des forces susceptibles de s’opposer à l’effacement des acquis démocratiques. Là aussi, au lieu de mettre avant les combats pour le respect des droits de l’homme et la primauté du droit sur les violences extrajudiciaires du pouvoir, l’indifférence coupable des acteurs politiques et sociaux facilite la stratégie gouvernementale. En face des manœuvres, planifiées , systématiques et déterminées d’une gouvernance hors-la-loi, l’opposition appelle à des manifestations pacifiques pour exiger « un dialogue politique avec le pouvoir ». Ces manifestants seront violemment réprimés avec plusieurs morts, des blessés et des centaines d’arrestations. Ce combat inégal s’assimile au duel du pot de fer contre le pot de terre. Il n’est donc pas étonnant à l’aune de la durée que le Ministre de l’Administration du Territoire soit devenu de fait le personnage central de la composition de la CENI. L’absence de dispositions réglementaires permettant de définir les critères assurant à un parti politique en fonction de son poids politique et de sa représentativité nationale d’indiquer le nombre de postes de commissaires auxquels il pourrait avoir, permet de placer M. Alassane CONDE comme arbitre, en dépit que cela soit une violation de la constitution. Par ailleurs, la non prise en compte de l’examen de l’honorabilité des proposés par la mise en place d’un jury hautement qualifié dont les audiences seront publiques et qui a le pouvoir de récuser les postulants qui ne rempliraient pas les critères pour être membre de la CENI conformément aux textes organiques de l’institution nous amène à reconduire les fautes de la précédente équipe. Dans cette optique les choix seraient responsables et rationnels et chaque commissaire serait tacitement lié à un contrat moral et de confiance au parti dont il est issu. Ces deux manquements annoncent une crise mortelle pour le processus électoral en Guinée. Les effets dévastateurs sont déjà visibles :
• Au niveau de la Société Civile l’imposition au forceps de Bakary FOFANA ancien Ministre des Affaires Étrangères du Gouvernement Jean Marie DORE, dans des conditions contestables et le soutien public que lui a apporté M.Alpha CONDE ont jeté le trouble et le désarroi. En effet avec ses relais au niveau des démembrements de la Société Civile et ses accointances personnelles avec une ONG internationale financée par l’USAID, ses capacités de manœuvre seront égales ou plus fortes que celles de Loucény CAMARA. D’ores et déjà comme postulant, il a réussi à discréditer et à rendre suspecte la prochaine équipe des commissaires.
• Avec plus de 150 partis politiques et plus de 50 propositions seulement pour les 10 postes dévolues à l’opposition, la crise est ouverte entre les différentes alliances des partis qui peu ou prou se réclament de l’opposition. Les partis significatifs du pays seront les grands perdants de cette nouvelle architecture. Le manque de cohérence et de lisibilité qui en résultera, fera l’affaire du pouvoir qui s’empressera de grignoter et de téléguider l’ensemble des actions de l’institution chargée de gérer les élections. De fait l’existence de la CENI n’aura en pratique aucun intérêt, sinon que d’être budgétivore et lieu d’exacerbation de conflits subalternes. Les commissaires ne s’appuyant pas sur une réelle légitimité seront à la merci de la corruption, de l’intimidation et par conséquent ne pourront pas agir selon leur « âme et conscience ».
• L’UFDG est sans conteste le plus grand perdant. D’abord sur le plan de l’orientation politique, « le dialogue avec Alpha CONDE » préconisé par El hadj Cellou Dalein a montré ses limites objectives malgré plus d’une dizaine de morts, des centaines de blessés et plus de deux milliers de personnes qui ont été interpellées et emprisonnées. De ce point de vue le pouvoir a triomphé, en jouant à l’usure et à alterner « dialogues de façade et répressions meurtrières ». Aussi, en acceptant le schéma de répartition des postes ( 2 ) sacrifiant ainsi à l’autel du nécessaire consensus avec les autres partis de l’opposition les 5 postes que le poids électoral de l’UFDG pourrait lui accorder, la Direction actuelle du parti a dévalué la représentativité du parti. Avoir de droit au moins 5 postes ne revient pas à léser les autres formations politiques car les choix devraient se faire selon des critères objectifs de compétence, d’honorabilité et de responsabilité . Dans ce cas l’UFDG pour donner une réelle cohérence à l’équipe proposée pourra avec l’assentiment de tous faire des choix de proposer des cadres issues des partis alliés. Malheureusement, tel n’est pas le cas .Pis encore ,le choix du seul réel représentant de l’UFDG s’est fait sans concertation et sur des bases plus en relation avec le lien de parenté avec le Président de l’UFDG que sur une volonté farouche de promouvoir l’intérêt bien compris de l’UFDG.
• La recomposition paritaire de la CENI encours est une victoire à la Pyrrhus pour M.Alpha CONDE. Il a pu démanteler l’ensemble des acquis pour une gestion neutre et libre du processus électoral. Mais il oublie qu’en l’absence d’élections libres et démocratiques pour doter le pays d’une représentation authentique et légitime des guinéens, il ne pourra y avoir de stabilité, de paix et de développement. La communauté internationale, notamment l’Union Européenne a indiqué qu’il n y aura point de 10éme FED sans des élections législatives incluses et crédibles. Pour duper cette même communauté, le gouvernement guinéen se camoufle derrière l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) pour draper « son processus électoral, sa CENI et son WayMark » d’une apparence de crédibilité.
• Les guinéens ont les yeux ouverts et ont compris la mascarade qui se prépare. Une CENI bancale, des élections bâclées, et une gouvernance aveugle et violente engendreront fatalement la déstabilisation et le chaos en Guinée. Le nouveau épisode de la vie de la CENI ruinera pour longtemps l’idée de la constitution d’un organisme indépendant capable d’organiser des élections crédibles, inclusives et acceptées de tous. Les populations qui n’ont ménagé aucun sacrifice (plus de 600 morts lors de manifestations pacifiques ces cinq dernières années) sombrent dans le désespoir et la misère, car jusqu’à présent les acteurs politiques ,sociaux et militaires n’ont pas encore réussi à rendre possible le rêve des guinéens d’être unis et réconciliés dans un pays stable, prospère et qui consacre l’autorité de la loi.

BAH Oury
1er Vice-Président de l’UFDG

L A GOUVERNANCE D’ALPHA CONDE : LES INTERÊTS NATIONAUX A L’ABANDON AU PROFIT DE L’AFFAIRISME

M. Alpha CONDE, le Chef de l’État guinéen n’a pas jugé utile d’être présent au 19émme sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba . Les crises au Sahel ,notamment au Nord du Mali et en République Démocratique du Congo et l’élection du Président de la Commission de l’UA étaient les principaux sujets à l’ordre du jour. L’avenir de la paix dans le continent et celui de l’organisation panafricaine ont occupé les débats. La diplomatie guinéenne sous la férule d’Alpha CONDE a brillé par son absence ,traduisant ainsi peu ou prou un désintérêt pour les sujets majeurs qui interpellent tous les États africains ou pis encore une application de la politique de l’autruche pour camoufler ses actes sur le plan extérieur.

Pour celui ,qui ,au début de l’année a voulu se présenter à la candidature pour présider l’organisation et dont le pays a fourni en 1963 le premier secrétaire général de l’OUA , feu DIALLO Telli, cette attitude ravale la Guinée a un nain politique sur l’échiquier continental. En réalité, le Président guinéen a préféré la politique de la chaise vide alors qu’il est  empêtré dans des contradictions diplomatiques à savoir honorer l’engagement de l’Afrique de l’Ouest  de soutenir Jean PING, le Gabonais et assumer son choix en faveur de Nkosazana Dlamini-Zuma à la tête de la Commission de l’UA.

Le 19éme sommet de l’UA n’est pas un sommet comme les autres . Des problèmes essentiels qui auront une forte influence pour très longtemps sur la paix et l’unité politique du continent sont débattus et des décisions sont prises sans que la voix de la Guinée ne se fasse entendre. En s’abstenant d’être présent pour assumer au vu et au su de tous ses choix diplomatiques ,M. Alpha CONDE affiche une grande désinvolture sur la scène internationale  et dégrade ainsi la fonction de « Président de la République de Guinée ». Avouons que pour un ancien dirigeant de la FEANF (Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en France » c’est un renoncement de plus si ce n’est pas un reniement de ses engagements panafricains de sa période estudiantine.

Le fiasco de la médiation guinéenne dans la crise politique à Bissau

M.Alpha CONDE s’est hasardé ,malencontreusement à jouer la médiation dans la crise bissau-guinéenne. M.Kumba Yala ,qui avait refusé de se présenter au second tour des présidentielles contre Carlos Junior rejeta catégoriquement les bons offices du Chef de l’État guinéen arguant que ce dernier a appuyé la présence des troupes angolaises sur le territoire bissau-guinéen dans le cadre d’une neutralisation progressive de l’armée nationale. En plus la collision des intérêts Alpha CONDE -Carlos Junior GOMEZ était manifeste. Les chefs d’État de la Cédéao à juste titre, ont vite fait de lui retirer dans les faits le dossier de la gestion de la crise bissau-guinéenne, de ses mains peu expertes. En effet M.CONDE apparaît aux yeux des observateurs avertis comme un instrument de la diplomatie angolaise en Afrique de l’Ouest. Lagos,Abidjan et Dakar ont su neutralisé les effets pervers et déstabilisants d’une tentative « d’internationaliser » la crise de gouvernance à Bissau. Les pays lusophones ont pu ainsi obtenir sans grave conséquence ,du Conseil de Sécurité des Nations Unies un désaveu des démarches consensuelles et pragmatiques des pays de la Cédéao. Fait rare et précédent inquiétant pour la cohésion et la cohérence  des décisions de ce qui tient lieu de communauté internationale.

Tout au long de ce bras de fer diplomatique, Conakry s’est trouvé complètement isolé par rapport aux autres États de la région.

Désinvolture face à la tragédie malienne

Selon l’ancien Président de la Commission de l’UA ,M.Jean PING ,lors de la dernière session du Conseil de Paix et de la Sécurité de l’UA « il ne fait guère de doute que la situation au Mali est certainement une des crises les plus graves à laquelle est confrontée notre continent » . Si pour les autres régions d’Afrique ,le Sahel semble être une zone éloignée ,il en est autrement pour l’Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui ,il existe un réel danger sur la viabilité de l’État unitaire malien, ainsi que sur la stabilité et la sécurité régionales. Pays limitrophes du Mali, les États riverains du fleuve Sénégal à savoir la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée seront directement affectés par la désintégration et l’ingouvernabilité qui menace le territoire malien. D’ores et déjà les États riverains du fleuve Niger ( Mali, Niger, Nigeria ) sont en proie avec plus ou moins d’intensité à la nébuleuse terroriste de mouvements djahadistes. Le danger qui guette la région est si grave ,qu’il est incompréhensible et inadmissible que le Chef de l’État guinéen ait boudé la plupart des réunions de sommet  des Chefs d’État de la Cédéao consacrés à l’endiguement et à la résolution de la crise au cœur du Sahel. Les multiples concertations régionales initiées conjointement par le Président en exercice de la Cédéao ,l’ivoirien M. OUATTARA et le médiateur ,le burkinabé , M.COMPAORE n’ont pas enregistré la présence du Chef de l’État guinéen.

Comment interpréter l’attitude de la diplomatie guinéenne ? Une manque de vision ?  Une absence d’intérêt stratégique ? Ou plus grave encore une démission politique ?….

Quoiqu’il en soit le Chef de l’État guinéen a montré qu’il préfère « faire du tourisme diplomatique » à travers le monde  que d’être là où sa responsabilité de Chef de l’État  commande qu’il soit.  C’est ainsi avec une certaine désinvolture,de retour d’un périple de vingt jours qui l’a conduit du Brésil, à la France en passant par la Thaïlande et la Malaisie, qu’il décide sans aucune concertation au préalable d’envoyer un corps expéditionnaire de 150 militaires au Sénégal pour constituer la force d’attente pour la Cédéao dans le cadre d’une éventuelle intervention au Nord du Mali. Ainsi la Guinée sans avoir participé à aucune concertation majeure pour le règlement de la crise malienne ,s’implique avec beaucoup de légèretés dans un des points les plus chauds du continent . La vie des militaires guinéens et les  répercussions pour la sécurité nationale d’un tel engagement contre « des belligérants d’un autre type » n’ont pas pesé pour amener M. Alpha CONDE à s’interroger à priori sur les conséquences à court et à moyen terme de sa décision. En effet ,il convient bien entendu d’apporter un soutien efficace pour une sortie de crise au Mali ,toutefois au préalable il est indispensable de définir à Bamako une commune identité politique susceptible de fédérer et d’engager le peuple malien pour des négociations et d’explorer s’il y a lieu d’autres pistes de sortie de crise qui n’exclurait pas une intervention militaire . Celle ci doit  être acceptée ,concertée,avec un mandat précis et une  feuille de route claire . Le corps expéditionnaire de la Cédéao doit épauler  l’armée nationale malienne et ne pas chercher à se substituer à celle-ci.

Autant de préalables qui n’existent pas aujourd’hui . C’est pourquoi, l’attitude désinvolte du Chef de l’État guinéen face à la crise au Sahel est une aventure dangereuse pour la vie de nos soldats et aussi pour notre sécurité nationale. Cette attitude fait écho à celle des autorités guinéennes lors de la guerre civile au Liberia     au début des années 90  avec comme conséquence  l’élimination physique de milliers de guinéens installés au Liberia.

 Devant les risques de guerre en Afrique de l’Ouest ,insouciance et irresponsabilité rivalisent à Conakry

La paix est  de nouveau menacée en Afrique de l’Ouest. Le danger actuel est sans commune mesure avec  les guerres civiles du Liberia et de la Sierra Léone des années 90,car en définitive il s’agit de la viabilité de nos États en tant qu’entité stable,gouvernable ,assurant le respect des droits de l’homme et du citoyen et tournée vers la modernité .Un leadership clairvoyant et responsable est indispensable pour pouvoir empêcher le chaos de s’installer mais malheureusement le gouvernement guinéen est à contre-courant de l’évolution des autres États de la région pour les raisons suivantes :

  • la politique diplomatique du gouvernement guinéen est gérée selon les humeurs de M. Alpha CONDE.
  • Les imprévisions et les oukases inutiles caractérisent la gestion des relations extérieures .
  • Les relations traditionnelles de bon voisinage et  la primauté de la solidarité inter-pays de la Cédéao ont été abandonnées au profit d’un axe autour de Conakry et Luanda.
  • Les intérêts stratégiques de la Guinée sont abandonnés au profit de la satisfaction d’intérêts affairistes d’un réseau ayant des ramifications sur l’international et où  les ressources minières guinéennes servent d’appât à des intérêts mafieux .Dans ce cadre, de mémoire, nous pouvons rappeler le prêt de 25 millions de dollars US contracté auprès d’un investisseur Sud-africain ,le crédit de 150 millions de dollars US alloué à La Guinée par l’Angola et d’autres prêts que le Congo-Brazzaville a concédé à notre pays.
  • Enfin , la gouvernance d’Alpha CONDE est un facteur supplémentaire de crise en Afrique de l’Ouest.

Il n’est pas encore tard pour agir , mais hélas le compte à rebours a commencé.