Assassinat de Mme Aïssatou BOIRO , Directrice Nationale du Trésor

La Guinée prise en otage par des tueries à répétition !

Les assassinats par des hommes en treillis militaires  de Mme Aissatou BOIRO, de Paul Temple Col et de son épouse, le vendredi 9 novembre à une heure de pointe dans le quartier de Kipé  à Conakry ont traumatisé l’ensemble des guinéens. Les répercussions de cette tuerie dans la capitale guinéenne sont allées au-delà de nos frontières nationales. Le choc est immense et les inquiétudes sont grandes.

En effet la violence a atteint un degré supérieur dans la barbarie et  écume notamment les quartiers périphériques de Conakry et les grands axes routiers de l’intérieur du pays. Les centres commerciaux ne sont pas également épargnés. L’attentat manqué à la grenade le 30 octobre contre le domicile d’El hadj Mody Sidi membre du Conseil Politique de l’UFDG indique que les acteurs politiques ne sont pas aussi à l’abri. Les militaires quant à eux ont vu plusieurs de leurs officiers incarcérés arbitrairement depuis le 19 juillet 2011. En secret, ils se font éliminés un à un devant une passivité déconcertante de l’institution militaire. C’est ainsi après la mort en prison du Colonel Issiaga CAMARA, le Colonel Aidor BAH l’a suivi. Qui sera la prochaine victime ?

 D’habitude ce sont des personnes anonymes qui sont quotidiennement assassinées dans une totale impunité, des commerçants pour la plupart et dés fois, des militaires. Maintenant les cibles sont des cadres de l’administration centrale et du secteur privé. Il est peu probable que le gangstérisme des banlieues soit en cause dans ces affaires. Ceux qui ont tué, n’ont pas cherché seulement à tuer mais à semer la terreur dans le pays. Pourquoi ?  Les motivations politiques sont évidentes. S’attaquer  à une mère de famille, reconnue comme intègre et ayant contribué à démanteler un réseau de fossoyeurs de l’économie nationale et éliminer un jeune couple issu du secteur privé est une manière de dompter  les secteurs de la société guinéenne encore rétifs à la mentalité totalitaire et prédatrice qui gouverne la guinée. Faire fuir les détenteurs de capitaux privés , chasser les compétences en les effrayant et en les  réduisant au silence, étouffer les libertés individuelles et fouler au pied les fondements de l’État de droit sont des signes annonciateurs de la mise en œuvre du programme décliné par Alpha CONDE à savoir «  ramener la Guinée là où Sékou TOURE l’avait laissée ».

Les violences en Guinée n’ont jamais été fortuites. Les pouvoirs politiques qui se sont succédé depuis l’indépendance du pays les ont toujours instrumentalisées pour stopper  l’évolution démocratique de la Guinée  et instaurer des dictatures mafieuses au profit de leur clan familial. La loi de la jungle où règne la loi du plus fort tend à prendre en « otage »  la république de Guinée.

Les guinéens pour cette fois-ci se laisseront-ils faire ?

Le 13 novembre 2012

LA MARCHE DU 20 SEPTEMBRE 2012

 

LE  DESAVEU LE PLUS COMPLET POUR ALPHA CONDE

 

La journée d’hier 21 septembre 2012 a été particulièrement violente dans certains quartiers de Conakry. Il est difficile à l’heure actuelle de dresser un bilan exact des décès et des blessés.

 Exaspérés par la brillante et massive mobilisation pacifique de la population de Conakry la veille, des éléments du RPG-arc-en-ciel s’attaquèrent aux concessions de familles peules à Mafanco,à la SIG Madina dans la commune de Matam et également à la Tannerie à Matoto.  Ces incidents ne sont pas fortuits et correspondent exactement à la méthode et à la stratégie  employées entre les deux tours des élections présidentielles de 2010. Encadrées et discrètement épaulées  par des éléments des forces de l’ordre, des nervis agressent, pillent des citoyens ethniquement ciblés. Ce fut le cas à Siguiri et à Kouroussa au mois d’octobre 2010 où près de 30 milles peuls furent chassés de cette partie de la Haute-Guinée.

 Ayant perdu son sang-froid, la gouvernance d’Alpha Condé réédite les mêmes provocations meurtrières avec le risque d’une déflagration généralisée. Pour elle, la mobilisation monstre du 20 septembre loin d’être seulement une manifestation pour réclamer la transparence dans l’organisation du processus électoral pour les législatives est un désaveu complet de son pouvoir. Par conséquent il faut étouffer dans l’œuf cette contestation qui surgit du fait de « l’autorisation de manifester » que son gouvernement à « accorder».  C’est ainsi que les forces de l’ordre sont entrées dans les quartiers de Bambeto et de Bomboly pour semer la mort et la désolation. Comme à Zogota, il faut terroriser la population pour l’amener à être docile. En même temps, effrayé par la nature massive et sans caractéristique ethnique particulière ,M. Alpha CONDE ressuscite le spectre de la haine ethnique pour diviser les citoyens guinéens.

 L’utilisation de la violence et l’instrumentalisation des groupes ethniques sont congénitalement liées aux méthodes d’Alpha CONDE. Son acceptation de la recomposition paritaire de la C ENI, et sa volonté de maintenir vaille que vaille WayMark en s’adossant sur l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) sont des opérations de communication pour séduire une Communauté Internationale septique à son égard. La journée du 21 septembre 2012 à Conakry, illustre ce que fera Alpha CONDE sur une vaste échelle lorsque la situation évoluera défavorablement pour son pouvoir. L’OIF doit en tirer les enseignements pour éviter d’être associée à une dérive sanguinaire.

Il est illusoire de penser que la gouvernance actuelle pourra organiser des élections crédibles en République de Guinée. Les viols répétés de la Constitution, le recours systématique à la violence et à l’intimidation pour régler des contradictions nationales  internes,  et le mépris affiché à l’égard de tous les citoyens guinéens constituent des attitudes permanentes. C’est ce que la foule nombreuse et ethniquement bigarrée a compris le 20 septembre 2012 pour braver la pluie  et profiter d’un instant de liberté octroyée pour signifier à Alpha CONDE : « le désaveu le plus complet !!».

 Le combat pour la démocratie et la liberté est en marche en Guinée !

 

Le 22 septembre 2012

 

Le temps de l’indignation

Traumatisée par plus de cinq décennies de violences politiques et de mauvaise gouvernance, la société guinéenne a perdu sa capacité d’indignation devant l’injustice criarde qui la gouverne.

Emprisonné depuis décembre 2008 par le CNDD, le Colonel Issiaga CAMARA aide de camp et neveu de feu le Général Lansana CONTE a payé ainsi sa fidélité. Cet emprisonnement a été reconduit par M. Alpha CONDE, nouveau Chef de l’Etat sous le prétexte fallacieux que le Colonel CAMARA est impliqué dans ce que le presse nomme « l’affaire du 19 juillet 2011 ». En juin dernier, les juges de la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Conakry rendent un non-lieu en sa faveur ainsi qu’à quatorze autres de ses compagnons d’infortune. Courroucé, M.Alpha CONDE à travers le parquet interjette appel auprès de la Cour Suprême. Celle-ci  rend son arrêt le lundi dernier 3 septembre 2012 en invalidant la décision de non-lieu en faveur des quinze innocentes victimes et prolonge ainsi leur privation de liberté. Le Colonel Issiaga CAMARA devant cette injustice supplémentaire, affaibli par des années de prison et de tortures n’a pas pu résister. Il est mort, loin des siens, faute d’assistance médicale appropriée le mercredi 05 septembre 2012.

Un innocent est mort en prison sans jamais avoir été formellement condamné par la justice. Ceci s’apparente à une exécution de mort extra-judiciaire car malgré les demandes incessantes de sa famille il n’a pas bénéficié de la part des autorités guinéennes d’une assistance de personne en danger. La Cour Suprême domestiquée par le pouvoir exécutif s’est rendu coupable de forfaiture.

Dans des circonstances analogues, un autre prévenu Thierno Soufiana DIALLO s’est éteint en prison le 18 janvier dernier des suites des séquelles  des tortures qu’il a subi.

Ces deux morts nous jettent à la figure notre boueuse  histoire collective faite de sang et de larmes de milliers de nos compatriotes. Aucun des régimes qui se sont succédé au pouvoir à Conakry n’ont pas fait exception face à cette terrible tragédie. Dans le silence et l’indifférence du plus grand nombre, des femmes et des hommes souffrent et meurent tout simplement parce que les dirigeants du moment l’ont décidé ainsi. C’est ainsi que nous avons eu le Camp Boiro, la déchirure du 04 juillet 1985, la destruction de Kaporo-rails en 1998, le massacre du 22 janvier 2007, la barbarie du 28 septembre 2009, le pogrom en Haute-Guinée entre les deux tours des élections présidentielles de 2010 et la tuerie de Zogota le 3 août dernier. Il est impossible de citer toutes les péripéties où le sang de paisibles citoyens a été versé du fait de la responsabilité de l’Etat. A chaque fois après quelques larmes de crocodile et des vaines incantations de « plus jamais ça ! », le pouvoir responsable de ces malheurs reste impuni car l’indignation  nationale n’est pas assez forte et large.

Le gouvernement guinéen ayant pris conscience tardivement que l’indignation et la colère populaires ne font que grossir, a décidé de décréter le vendredi 07 septembre 2012 comme « journée de deuil national pour les naufragés de Kassa et les morts de Zogota ». Dans tous les pays du monde des accidents et des catastrophes peuvent survenir, mais les 34 morts noyés aux larges de Conakry, sans que tous les moyens de l’Etat ne soient mobilisés pour secourir les naufragés pointent du doigt la responsabilité des pouvoirs publics. L’absence de moyens dédiés à la protection civile et l’inexistence d’infrastructures de transports adéquates entre les îles Kassa et Conakry font que les insulaires et les pêcheurs sont à tout moment en insécurité. La catastrophe de Kassa, n’a pas malheureusement suscité dans le pays l’indignation qu’elle mérite.

Il en est de même des dizaines de morts du choléra dû à l’insouciance avec laquelle cette épidémie est gérée alors que les causes sont connues: insalubrités du fait de la mauvaise gouvernance et de l’incompétence de l’administration territoriale totalement phagocytée par l’appareil politique d’Alpha CONDE. Là aussi nous assistons sans réagir de manière adéquate à la propagation de la maladie et sa cohorte de morts et de deuils.

S’indigner c’est refuser de considérer que le déclin de notre pays, l’expansion de la misère et les tueries opérées par et au nom du pouvoir actuel est une fatalité. S’indigner c’est refuser que le mensonge soit érigé comme système pour piller et détruire ce que nous avons de plus précieux : notre conscience nationale et notre humanité. S’indigner c’est pouvoir construire un pouvoir alternatif en mesure de répondre aux attentes et des aspirations des populations. S’indigner c’est avoir foi en l’avenir de la Guinée.

La violence engendre la violence et la haine nourrit la haine. La gouvernance d’Alpha CONDE doit s’en souvenir pour faire libérer les innocentes victimes qui croupissent en prison de par sa seule volonté et arrêter de martyriser davantage nos concitoyens.

Enfin je suis profondément indigné par la mort du Colonel Issiaga CAMARA. A sa famille, à ses proches et à ses compagnons de captivité, votre souffrance et votre tristesse sont aussi miennes.

Que l’âme du défunt repose en paix.

Le 07 septembre 2012

 

NOUS SOMMES AUSSI DE ZOGOTA

Dans la nuit du 03 au 04 août, Zogota a été endeuillé par 5 morts dont le chef du village. Cette opération punitive perpétrée nuitamment  par des forces régulières de la police et de l’armée est un véritable assassinat. Les responsables de ce massacre, sont les autorités guinéennes qui ont donné l’ordre sans respecter les dispositions réglementaires régissant le maintien de l’ordre public, car leur objectif est de terroriser et de réprimer pour que cela serve d’exemple . Ce déluge de violence est digne d’une « force d’occupation ».

La revendication des ressortissants de Zogota est « du travail pour leurs enfants dans la compagnie minière israélo – brésilienne VALE- BSGR qui exploite un site dans leur localité ». Leur révolte résulte de la discrimination à l’embauche  pour des emplois non qualifiés dont ils sont victimes.

Cette discrimination qui a fait descendre dans les rues, les jeunes des localités minières en Guinée-Forestière est l’aboutissement d’une politique d’ethnicisation de l’administration, des appareils d’États et maintenant des entreprises de production. Un « apartheid à rebours » est le projet politique au profit de son parti le RPG et de sa communauté ethnique que la gouvernance d’Alpha CONDE est en train d’instaurer en Guinée. Comme l’apartheid, l’utilisation d’une violence aveugle et disproportionnée est systématique, dans les zones qu’elle assimile à des « bantoustans » notamment la Guinée- Forestière et la commune de Ratoma à Conakry fief traditionnel de l’UFDG. Cette répartition scandaleuse et ciblée de la violence d’État en fonction de la région et de l’ethnie remet en cause les fondements de l’égalité des citoyens en République de Guinée et ruine le sentiment national. Ces traumatismes collectifs peuvent comme ailleurs avec « l’ivoirité » en Côte-d’ Ivoire amener des populations pacifiques à recourir elles-aussi à la violence pour se protéger ou pour réclamer leur droit.

Pendant qu’il est encore temps, l’opposition démocratique doit repenser sa plate-forme revendicative car la gouvernance d’Alpha CONDE de jour en jour montre son goût pour la violence, son mépris des droits des citoyens et sa volonté de construire un système népotiste. Dans ce contexte dangereux pour la paix civile et pour la stabilité du pays, les sempiternelles querelles sur la CENI paraissent dérisoires. Il est urgent de chercher les voies et moyens de sauver la Guinée d’une gouvernance hors-la-loi.

 

Le 06 août 2012

 

BAH Oury au Club de la Presse de Guinée58 le 24 juin 2012

 

DISCOURS INTRODUCTIF 

 

AU CLUB DE LA PRESSE DE GUINEE58  

 

Je salue l’initiative du site d’information Guinée58 de créer un club de la presse et de m’avoir choisi comme le premier invité à cet espace d’échanges ,de partage et de confrontations des idées. Je lui souhaite de tout cœur de réussir cette noble ambition.

En disant cela ,ici à Paris, je me rappelle avec émotion ma propre expérience de création d’un bimestriel « le Réveil Africain » en 1984-1986 où avec quelques amis nous tentions de jeter les bases d’un forum journalistique pour  faire émerger une conscience citoyenne et démocratique au sein de la diaspora guinéenne en particulier et ouest-africaine en général.

 En évoquant le passé, c’est une occasion également pour moi-même de saluer la mémoire d’un grand démocrate et d’un lutteur infatigable pour la liberté et la démocratie : BA Mamadou ,qui dans les années 90 avec sa plume a contribué à l’éveil des consciences en Guinée . Ses réflexions consignées dans des tracts  s’arrachaient à travers tout le pays chaque semaine.

 Aujourd’hui avec les formidables mutations technologiques , le papier est remplacé par Internet et les réseaux sociaux. En moins de  deux décennies ,nous sommes passés de l’âge de la pierre taillée à celui du fer dans ce domaine.

Du site Guinee58 au club de la presse du même nom ,un progrès qualitatif est en gestation . Donner une information en la diffusant c’est bien mais en plus organiser des cadres de concertation et de débats est une œuvre qui permet de mieux éclairer l’opinion sur les enjeux actuels et aussi faire mûrir le projet démocratique en élevant le niveau d’information du public. En faisant cela ,vous participez à faire naître un citoyen libre ,débarrassé de ses préjugés et de son enfermement idéologique dans le carcan de l’ethnostratégie et de la « politique du ventre ».

 Bonne route ! Persévérance et courage  dans votre entreprise.

 

Chers amis ,chers journalistes

 

 C’est réellement avec grande tristesse et beaucoup d’amertume que nous constatons que notre pays, la Guinée , est toujours bloquée . La Guinée est le premier exportateur mondial de la bauxite ,minerai entrant dans la production de l’alumine et de l’aluminium. Les gisements de fer   du mont Simandou et du mont Nimba en Guinée -Forestière, ceux de Forécariah et de Faranah permettent d’envisager un avenir industriel important pour cette partie de l’Afrique de l’Ouest comme la Ruhr l’est pour l’Allemagne et la France. Son potentiel hydroélectrique peut couvrir les besoins énergétiques réunis des pays  comme le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau ,la Sierra-Léone et le Liberia. Son agriculture avant l’indépendance était plus florissante que celle de la Côte-d’Ivoire. Bref ! La Guinée a les atouts pour être l’une des locomotives économiques de l’Afrique de l’Ouest.

Mais paradoxalement ,aujourd’hui ce pays se classe parmi les plus pauvres , son indice de développement humain (IDH) est des plus faibles au monde et plus de 60% de sa population vit en de-ça du seuil de pauvreté . Fuyant les exactions politiques et la misère plus de cinq millions de ses ressortissants vivent à l’étranger.

Sans pour autant passer en revue toutes les causes structurelles de ce gâchis ,il est essentiel pour rendre notre discours intelligible de camper  les raisons du blocage de notre pays en 2012.

D’abord,

 

  •  Les dérives autocratiques de M.Alpha CONDE

 

 Avec seulement 18% au premier tour des élections présidentielles du 26 juin 2010,contre 44% pour son challenger El hadj Cellou Dalein DIALLO , M.Alpha CONDE fut déclaré vainqueur du second tour par la Cour Suprême . Ce résultat est marqué incontestablement par un déficit de légitimité pour la présidence d’Alpha CONDE, car obtenu après une durée de plus de quatre mois  séparant les deux tours , les manœuvres dilatoires d’une CENI partiale et une violence instrumentalisée et couverte par les autorités de la transition . Ceci aurait pu ne pas être une tare indélébile dans la mesure où il existerait une volonté réelle et profonde de tourner les pages sombres de la campagne électorale pour s’orienter vers une dynamique de décrispation politique et d’apaisement général dans le pays.La voie empruntée par le nouveau Chef de l’Etat est aux antipodes de l’indispensable réconciliation nationale.

Il déclare dès son investiture le 22 décembre 2010 : « qu’il va ramener la Guinée là où Sékou Touré l’avait laissée » .C’est-à-dire transformer la Guinée à nouveau en un goulag tropical en rouvrant si nécessaire des camps de concentration  ,recréer les conditions effectives de l’existence d’un parti-Etat avec le RPG, museler puis réduire au silence toute forme d’opposition, ré-instaurer la théorie du complot permanent ,stigmatiser certaines composantes nationales pour mieux diviser pour régner, constituer des appareils d’état administratif et sécuritaire totalement inféodés à la toute puissance du pouvoir présidentiel et enfin plonger le pays dans le marasme économique et social. Pour cela ,la Constitution et les lois de la République sont violées à maintes reprises. Le code électoral et le code des collectivités territoriales sont foulés au pied afin de mettre la CENI sous la tutelle du Ministère de l’Administration du Territoire et ériger une administration des collectivités territoriales totalement issue du RPG. La justice aux ordres est le bras séculier du régime pour réprimer et étouffer toute velléité de contestation. Des milices privées et armées ont plein-pouvoir pour exécuter les basses besognes en toute impunité (les donzos à Nzérékoré et à Conakry).

  • Les droits de l’homme sont régulièrement violés

Lors de sa rencontre le 15 novembre 2011 avec les principaux responsables politiques du pays au Palais Présidentiel ,M.Alpha CONDE leur déclare : « j’ai moi-même donner des instructions pour aller mâter les manifestants à Bambéto …J’assume la responsabilité de la mort des manifestants tués ». C’était le 27 septembre 2011. Les libertés constitutionnelles sont purement et simplement ignorées. Les partis politiques ne peuvent organiser de manifestations pacifiques . Le 3 avril 2011 ,lors de l’arrivée d’El hadj Cellou le jeune Zakariaou est froidement abattu et une dizaine d’autres furent blessés par balles réelles .Jusqu’à présent malgré une plainte formulée en bonne et due forme ,les services judiciaires nationales refusent de l’enregistrer. Beaucoup de cas d’enlèvements extrajudiciaires  et  de torture sont répertoriés  ( la famille de Toumba DIAKITE, Souleymane BAH membre du CNT) . Voilà bientôt un an , que des civils et des militaires sont arbitrairement détenus suite au montage orchestré  par le pouvoir pour neutraliser certaines forces politiques et militaires .Depuis lors prés d’une soixante de personnes dont plusieurs officiers supérieurs sont écroués à la prison centrale de Conakry. A la suite des séquelles des tortures Thierno Soufiana DIALLO est mort en détention.  Devant la vacuité du dossier de charges, nous craignons pour la vie de ces détenus aussi bien civiles que militaires. Sur un autre registre actuellement des travaux forcés sont introduits dans les zones aurifères de la Haute-Guinée pour obliger les orpailleurs traditionnels d’aller cultiver ,alors qu’ils poursuivent des traditions familiales qui remontent très loin dans l’histoire.

  • La gouvernance économique ou plutôt l’affairisme au pouvoir

La gouvernance économique du régime d’Alpha CONDE reste dans la continuité de ses prédécesseurs à savoir mauvaise gouvernance et corruption.  Les révélations du journal londonien   « The Sunday Times »  le 03 juin dernier met en lumière un haut degré de sophistication des méthodes d’appropriations privées des ressources nationales guinéennes. Si au début les autorités guinéennes ont nié les faits ,la semaine dernière les ministres guinéens des finances et des mines se sont rendus à Londres pour publier un communiqué  laconique déclarant « que le prêt de 25 millions usd est remboursé ».Jusqu’à présent le flou persiste dans cette affaire et ruine totalement la crédibilité de la gouvernance d’Alpha CONDE. Au début de cette année ,selon l’ambassadeur de Guinée à Luanda (Angola) le principe d’octroi d’un crédit de 150 millions de dollars US aurait été approuvé par le parlement angolais mais les autorités guinéennes à Conakry n’ont pas  jusqu’à présent élucidé cette autre affaire. Le rapport du Fonds Monétaire International de juin 2011 fait état de prêts du Congo -Brazzaville pour couvrir  certains besoins financiers du gouvernement guinéen . C’est dans des conditions d’une rare opacité qu’également l’accord entre Rio-Tinto et le gouvernement permettant de recevoir 700 millions de dollars US a été conclu . Quelles sont les contreparties de ces accords de prêt ? Les guinéens l’ignorent. Le coin de voile que Sunday times a levé, indique les graves risques que court le pays  devant le bradage à des fins occultes de nos ressources nationales. Quid ?  De la volonté de céder des parts de l’Etat dans le capital du fleuron de l’industrie guinéenne CBG à des investisseurs de Dubai.

  •  La restauration du passé comme mobile de la gouvernance politique    

La gouvernance politique d’Alpha CONDE ,une restauration du passé. Malgré l’utilisation abusive du slogan « le changement » et le fait qu’Alpha CONDE n’a jamais appartenu aux gouvernements précédents ,son régime présente un apparent paradoxe de cristalliser en son sein tous les conservatismes et les immobilismes qui ont bloqué l’évolution politique,économique et sociale du pays. L’entourage d’Alpha CONDE est issu de la frange conservatrice et prédatrice du régime du Général CONTE ,des nostalgiques du régime de Sékou TOURE et de ceux qui caressent le fol espoir de prendre leur revanche suite aux exactions dont l’élite malinkée a été victime le 04 juillet 1985. Cette posture revancharde et rétrograde tourne le dos à la nécessaire réconciliation nationale,à la modernisation du fonctionnement de l’Etat et à l’instauration d’un environnement de paix et de fraternité dans le pays.

  • Une politique agressive et inamicale vis-à-vis des pays voisins

 La politique sous-régionale d’Alpha CONDE a brillé par son agressivité vis-à-vis des pays de la sous-région .En accusant publiquement en septembre dernier ,le Sénégal et la Gambie d’avoir couvert « la tentative de déstabilisation de son régime le 19 juillet  » ,sans que cela soit étayé par des preuves irréfutables ,le Chef de l’Etat guinéen a montré le peu de considération qu’il accorde à la bonne entente et à une coopération exemplaire entre notre pays et ces deux républiques sœurs où réside un grand nombre de nos concitoyens. Il est de notoriété publique que la Côte-d’Ivoire d’Alassane Ouattara regarde avec suspicion les dirigeants guinéens depuis que l’aide de camp de Mme Simone Bagbo,le Colonel Séka Séka a été arrêté alors qu’il se rendait à Conakry en octobre dernier . Qui cherchait-il à rencontrer dans la capitale guinéenne ? Jusqu’à présent les autorités guinéennes sont murées dans un profond silence . Les relations avec la Guinée-Bissau sont à tous égards empreintes d’hostilité manifeste . En se démarquant de la position  responsable et pragmatique de la CEDEAO pour une sortie de crise négociée à Bissau ,pour se ranger  dans une attitude belliqueuse, le gouvernement guinéen devient une source de tensions supplémentaires dans une zone déjà largement éprouvée par la la misère et la guerre.

 

La dictature est elle une fatalité en Guinée ?

 

 Depuis l’indépendance à nos jours, la violence politique ,le déni des principes républicains et la violation des droits de l’homme ont traumatisé la société guinéenne , appauvri les populations et rendu l’Etat défaillant. A partir du début de la décennie des années 2000 , la résistance d’abord passive est devenue  active  sous la houlette du mouvement social accompagné par les forces politiques favorables au changement démocratique . Les grèves massives de 2006 et 2007 ont mobilisé toutes les composantes sociales du pays à l’image de la révolution polonaise de 1980 . Beaucoup de sacrifices ont été consentis notamment le 22 janvier 2007 où des centaines de jeunes furent mitraillés au Pont Tombo de Conakry. De là une transition politique fut installée avec un Premier Ministre ,Chef de Gouvernement d’abord Lansana KOUYATE puis Ahmed Tidiane SOUARE dont le mandat fut interrompu par la mort du Général CONTE et le coup d’Etat du CNDD animé par le Capitaine Dadis CAMARA le 22 décembre 2008.A une transition politique civile succéda une transition politique militaire qui fut également marquée par la tragédie du 28 septembre 2009 qui heurta profondément la conscience humaine. L’organisation des élections présidentielles par la seconde version du CNDD avec le Général Sékouba KONATE et l’installation d’un Gouvernement d’Union Nationale avec l’ancien porte-parole des forces vives comme Premier Ministre, Chef du Gouvernement auraient dû permettre une sortie de crise durable. Mais malheureusement ,la violation des principes des accords de Ouagadougou du fait de la non observation de la neutralité par les autorités de la transition, par la CENI et par les institutions judiciaires nationales les élections présidentielles a anéanti l’attente des populations .

Aujourd’hui les aspirations au changement démocratique ne sont pas au rendez-vous avec la gouvernance d’Alpha CONDE,mais elles n’ont pas pour autant disparu. Après certes   ,un reflux du fait de l’exacerbation de l’ethno-stratégie par le pouvoir actuel ,progressivement et sûrement la conscience démocratique est entrain de reprendre son souffle . D’où la réussite de la manifestation populaire du 10 mai 2012 à Conakry qui a secoué le gouvernement du RPG-Arc-en-ciel. Le mouvement social réclame des réformes politiques urgentes pour désamorcer la crise institutionnelle au niveau de la CENI et les forces de progrès deviennent de plus en plus audibles et déterminées. La dictature ne passera plus !

 Nous avons les moyens de notre libération et de notre redressement

Pour ce faire, nous devons éviter le piège du renfermement communautaire  que le pouvoir veut conforter. La bataille actuelle n’est pas une bataille entre les ethnies qu’elles soient majoritaires ou minoritaires dans le pays. C’est une bataille entre les forces du changement démocratique contre celles de l’immobilisme. C’est la bataille entre ceux qui aiment leur pays et qui sont fiers d’être guinéens contre ceux qui méprisent leur pays et leur concitoyens .C’est la bataille entre ceux qui mettent en avant l’intérêt national contre ceux qui privilégient leurs seuls intérêts.

BAH Oury au Club de la Presse de Guinée58

 

 

 

 

 

 

 

Pour donner une chance à notre pays et à la sous-région nous devons marcher la main dans la main pour faire triompher la démocratie,la liberté et l’unité nationale.

 

Merci pour votre attention !

 

Je suis à votre disposition pour répondre à vos questions.