NOUS SOMMES AUSSI DE ZOGOTA

Dans la nuit du 03 au 04 août, Zogota a été endeuillé par 5 morts dont le chef du village. Cette opération punitive perpétrée nuitamment  par des forces régulières de la police et de l’armée est un véritable assassinat. Les responsables de ce massacre, sont les autorités guinéennes qui ont donné l’ordre sans respecter les dispositions réglementaires régissant le maintien de l’ordre public, car leur objectif est de terroriser et de réprimer pour que cela serve d’exemple . Ce déluge de violence est digne d’une « force d’occupation ».

La revendication des ressortissants de Zogota est « du travail pour leurs enfants dans la compagnie minière israélo – brésilienne VALE- BSGR qui exploite un site dans leur localité ». Leur révolte résulte de la discrimination à l’embauche  pour des emplois non qualifiés dont ils sont victimes.

Cette discrimination qui a fait descendre dans les rues, les jeunes des localités minières en Guinée-Forestière est l’aboutissement d’une politique d’ethnicisation de l’administration, des appareils d’États et maintenant des entreprises de production. Un « apartheid à rebours » est le projet politique au profit de son parti le RPG et de sa communauté ethnique que la gouvernance d’Alpha CONDE est en train d’instaurer en Guinée. Comme l’apartheid, l’utilisation d’une violence aveugle et disproportionnée est systématique, dans les zones qu’elle assimile à des « bantoustans » notamment la Guinée- Forestière et la commune de Ratoma à Conakry fief traditionnel de l’UFDG. Cette répartition scandaleuse et ciblée de la violence d’État en fonction de la région et de l’ethnie remet en cause les fondements de l’égalité des citoyens en République de Guinée et ruine le sentiment national. Ces traumatismes collectifs peuvent comme ailleurs avec « l’ivoirité » en Côte-d’ Ivoire amener des populations pacifiques à recourir elles-aussi à la violence pour se protéger ou pour réclamer leur droit.

Pendant qu’il est encore temps, l’opposition démocratique doit repenser sa plate-forme revendicative car la gouvernance d’Alpha CONDE de jour en jour montre son goût pour la violence, son mépris des droits des citoyens et sa volonté de construire un système népotiste. Dans ce contexte dangereux pour la paix civile et pour la stabilité du pays, les sempiternelles querelles sur la CENI paraissent dérisoires. Il est urgent de chercher les voies et moyens de sauver la Guinée d’une gouvernance hors-la-loi.

 

Le 06 août 2012

 

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