Je suis fier d’être condamné par la dictature d’Alpha Condé

Entretien du 23 juillet accordé au site www.africaguinée.com
Question 1 : Après votre condamnation par la justice guinéenne par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité assortie de la saisie de tous biens ,quelle est votre réaction?

BAH Oury : D’abord j’éprouve un sentiment de nausée devant tant d’ignominie et de haine à l’égard d’hommes et de femmes qui ont été injustement condamnés. La cour d’assise de Conakry n’a pas donné des preuves pour conforter les accusations contre les prévenus. Le procureur William Fernandez et le Commissaire Fabou Camara n’ont lésiné devant aucun moyen pour tenter de crédibiliser cette affaire dite « de l’attaque du domicile privé du chef de l’État le 19 juillet 2011 » en usant de la délation, de la torture et aussi de l’assassinat du Lieutenant Ousmane Koulibaly.
Comme j’ai eu à le dire auparavant , la justice est aux ordres en Guinée. Alpha Condé dés septembre 2011 en violation des règles d’une bonne justice à cibler les commanditaires de l’attaque à savoir BAH Oury, DIALLO Sadakadji et Tibou KAMARA. Donc le verdict reflète les instructions présidentielles .
C’est un procès à caractère politique . Je suis fier d’être condamné par une dictature . Cela veut dire que mon combat pour la primauté de l’autorité de la loi , le respect des droits de l’homme et les valeurs démocratiques en Guinée,est légitime.
En définitive à travers ce procès ,Alpha Condé réalise son programme de « ramener la Guinée , là où Sékou Touré l’avait laissée ». Cette condamnation renforce mes convictions et m’oblige plus que jamais à m’investir davantage dans la lutte pour un véritable changement démocratique dans notre pays bien aimé.
Question 2 : Allez-vous faire appel de cette décision ?

BAH Oury : le collectif des avocats de la défense a pris une décision opportune à cet effet en faisant appel. Je ne me singularise pas par rapport aux autres compagnons d’infortune. Personnellement je jouis de ma liberté, ce qui n’est pas le cas pour les personnes incarcérées à la Maison Centrale de Conakry. Donc par conséquent tout ce qui peut être fait pour alléger leur peine et leur souffrance est la bienvenue.

Question3 : Quelles sont vos attentes au niveau de votre parti après cette condamnation ?

BAH Oury : L’exil est dés fois comme «  mourir en partie ». Des partenaires d’hier se muent en accusateurs publics, des amitiés anciennes se retrouvent trahies, les « charognes » se disputent une dépouille vivante et la vérité est falsifiée pour contenter les puissants du moment.
Heureusement BAH Oury est vivant tant physiquement qu’au niveau du symbole. Il y a deux ans certains m’avaient enterré politiquement. Mais par la grâce de Dieu je suis encore debout. Le combat continue. Mon action d’aujourd’hui va au-delà de l’UFDG. Je salue les militants à travers le monde qui m’ont témoigné leur sympathie, leur affection et leur confiance . Plus que jamais j’ai besoin d’eux pour poursuivre le chemin devant permettre à l’enracinement de la démocratie et à la consécration de la liberté dans cette terre de Guinée qui a dévoré tant de ses enfants qui se sont dévoués pour cette noble cause.
L’UFDG d’aujourd’hui a besoin de changer ,de se rénover pour être en phase avec les valeurs fondatrices du parti. Je vais y travailler avec détermination et constance.

Question4 : Un mot pour terminer !

BAH Oury : Ma condamnation paraît dérisoire devant le spectacle des massacres qui ont eu lieu en Guinée Forestière la semaine dernière. Je rappelle encore que la gouvernance d’Alpha Condé met notre pays et la sous-région en danger. Le spectre de la guerre civile menace notre beau pays. Pour le sauver ,il s’avère que le départ d’Alpha Condé du pouvoir est une nécessité absolue. C’est ce combat qui est actuel et qui mérite qu’on s’y consacre totalement.
Agissons avant qu’il ne soit tard.

Merci pour votre bienveillante attention.

 

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