GRÉVE GÉNÉRALE EN GUINÉE LE PEUPLE GUINÉEN,DOS AU MUR !

 

tragédie du 28 septembre 2009

Les principales centrales syndicales du pays dont la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) et l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) ont lancé les 05 et 06 janvier 2015, sur l’ensemble du territoire national une gréve générale. Leurs revendications s’articulent autour de la mise en application effective des statuts particuliers des agents de l’Éducation Nationale et de la Santé , l’adoption d’une nouvelle grille salariale qui devra définir le salaire indiciaire de base avec une augmentation de 150 % ramenée par la suite à 50 % , la résolution des crises qui perdurent à l’usine de Fria où les travailleurs sont réduits à la mendicité et au Port Autonome de Conakry où la position monopolistique du Groupe Bolloré se traduit par des pertes d’emplois. La baisse du prix du litre du carburant à la pompe,au regard de la chute du prix du baril sur le marché international est un autre point d’achoppement entre les syndicats et le gouvernement guinéen. Le soir du mardi 06 janvier , la gréve générale est suspendue avec une augmentation annoncée de 40 %. Cette suspension inattendue de la gréve ne résout nullement la crise sociale et ne fait que de retarder une future déflagration de plus vaste ampleur.

Les racines d’une décennie de crise sociale

La gréve générale du mouvement social en ce début d’année est l’aboutissement d’un processus qui a débuté en 2012. Toutefois ses racines remontent au début des années 2000 qui ont été marquées par des aller-retours imprévisibles dans la gestion économique et financière par les gouvernements successifs du Général Lansana CONTE. Durant cette période , profitant de la maladie du Chef de l’État, son entourage ne cherchait qu’à siphonner les ressources publiques . Cette frénésie d’enrichissement illicite, était incompatible avec une sérieuse définition des objectifs macro-économiques à atteindre. Ceci explique la longue attente de la Guinée pour l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative des pays pauvres très endettés. Une gouvernance prédatrice, en dépit des multiples privations imposées à la population n’était pas en mesure de conforter les partenaires financiers de Bretton Woods. Étranglée par le poids de la dette et ses faibles capacités financières, la Guinée n’a pas pu appliquer par conséquent, les accords de 2006 ,2007 et 2008 entre les centrales syndicales ,les patronats et le gouvernement portant sur les statuts particuliers et les réformes structurelles.

La longue marche du combat syndical

Alpha CONDE au pouvoir, montra très tôt une hostilité manifeste contre les syndicats en cherchant à les intimider et à les diviser. C’est à ce moment que le secrétaire général de la CNTG , Amadou DIALLO échappa de peu à une tentative d’assassinat. Par la suite, pour gagner la pause sociale , Alpha CONDE caressa au ras du poil l’opinion en promettant monts et merveilles «  patientez-vous !bientôt avec l’atteinte du point d’achèvement de l’IPPTE, chacun de vous aura de jolis boubous !! ». C’est dans la foulée de l’atteinte du point d’achèvement le 25 septembre 2012, que le gouvernement accorda une augmentation salariale de 50 % échelonnée comme suit ,10 % au 01 octobre 2012 , 15 % au 01 janvier 2013 et 25 % au 31 décembre 2013. Les syndicats quant eux réclamèrent 200 % d’augmentation des salaires indiciaires des agents de la fonction publique.

Ce n’est qu’en avril 2014 que les principales centrales syndicales déposèrent un préavis de gréve générale. Pour stopper la grogne , un protocole d’accord fut signé le 29 avril 2014. Le gouvernement s’engage à prendre en charge financièrement et administrativement au 31 mai 2014 le statut particulier des agents de la santé qui a été adopté depuis le 17 septembre 2008. Une commission technique est mise en place pour élaborer une nouvelle grille salariale qui devra être appliquée à compter du 01 janvier 2015. Les autorités s’engagent aussi à faire respecter les dispositions de l’accord de Paris sur le règlement des salaires des travailleurs de l’usine de Fria. Les travailleurs de la SOTELGUI devront aussi être désintéressés conformément à la loi au plus tard le 30 juin 2014. Contre toute attente aucun des points signés par le gouvernement n’a été honoré.

Par contre la menace de l’Association des Magistrats de Guinée de débrayer à partir du 08 décembre 2014 pour exiger l’application du statut particulier des magistrats a été très rapidement prise au sérieux. Ainsi à compter de juillet 2014 le salaire des magistrats oscillent entre 8 et 20 millions de francs guinéens par mois. Cette politique de deux poids et de deux mesures d’une part et le sentiment d’avoir été roulés dans la farine par les autorités guinéennes d’autre part sont parmi les raisons qui expliquent le courroux des travailleurs grévistes.

Dans un communiqué lu au soir du lundi 05 janvier sur les ondes de la RTG, le gouvernement déclare ne pas pouvoir satisfaire les revendications des travailleurs arguant que l’économie est en récession à cause de la fièvre Ebola et que les partenaires extérieurs ne pourront pas accompagner la Guinée dans ce sens. L’argumentaire de la fièvre Ebola pour justifier l’immobilisme gouvernemental est devenu récurrent. Cette posture est elle crédible et de bonne foi au regard des principales revendications ?

La mal-gouvernance frein structurel aux réformes sociales

L’adoption des statuts particuliers de l’Éducation et de la Santé est un acquis des mouvements sociaux de 2006 et de 2007 qui avaient enregistré des centaines de tués notamment le 22 janvier 2007. Pour le chantre du changement tel qu’il s’est présenté , M.Alpha CONDE , n’a jamais daigné magnifier cette importante épisode de l’histoire nationale . La persistance de la fièvre Ebola en Guinée loin d’être un handicap pour l’adoption des mesures sociales est un argument de poids pour les agents de la Santé pour réclamer l’effectivité de leur statut. Plusieurs dizaines de médecins et d’infirmiers sont morts de cette dangereuse épidémie. Aussi, il est une obligation morale et une exigence politique de conforter les milieux sanitaires du pays et rompre avec l’abandon de ce secteur vital. En effet, les budgets successifs ne lui accordent qu’à peine 3 % des dépenses totales de l’État alors que la recommandation de la CEDEAO fixe ce part à 15 %. Dans le même ordre, l’Éducation Nationale n’est pas mieux lotie. Les allocations budgétaires qui lui sont allouées sont de l’ordre de 10 % des dépenses du budget, alors qu’elles sont de 25 % pour l’ensemble des pays de la CEDEAO. Le Sénégal de son côté consacre prés de 40 % de son budget à la formation de ses enfants. En déclarant son impuissance , le gouvernement guinéen confirme ainsi son échec dans la gestion des finances publiques du pays. En effet les retombées de l’annulation de la dette à hauteur de 2 milliards de dollars US de l’Initiative PPTE sont jusqu’à présent sans aucun impact positif. Alors qu’il en est autrement pour tous les autres pays qui ont bénéficié de ce programme. Ces pays ont également enregistré des rebonds conséquents de leur croissance économique et une amélioration perceptible des conditions de vie de leurs populations. En Guinée, rien de tout cela ! La raison est simple. Du fait de la crise politique larvée et des manifestations pacifiques de l’opposition qui furent noyées dans le sang tout au long des années 2012 et 2013, la situation économique se dégrada davantage. Le budget de 2013 enregistra conséquemment un manque de recettes de l’ordre de 1400 milliards de GNF soit l’équivalent de 3,2 % du PIB. Ces tensions endogènes que le gouvernement s’était rendu responsable en refusant d’organiser les élections législatives dans un cadre apaisé et consensuel avaient ruiné les chances de la Guinée de tirer profit de l’annulation de la dette par la réaffectation de ressources additionnelles pour les services sociaux de base. Ainsi la vision bassement politicienne des dirigeants actuels du pays est l’explication irréfutable de ce vaste et profond gâchis social.

De faux alibis pour ne rien faire

Le gouvernement invoque aussi à tort les partenaires multilatéraux pour refuser une augmentation substantielle des salaires des agents de la fonction publique .En effet le ratio des salaires par rapport aux recettes fiscales ne doivent pas excéder 35 % selon les experts des finances publiques. Cette logique induit nécessairement l’augmentation et la sécurisation des recettes fiscales guinéennes comme un préalable, car la masse salariale totale est à 31 % des recettes fiscales. En dépit de l’insistance du FMI et de la Banque Mondiale pour une réforme de la gestion des finances publiques à travers le recouvrement des recettes fiscales et le contrôle de la chaîne des dépenses, les autorités traînent le pas pour une raison évidente, à savoir « la chèvre broute là où elle est attachée ». Au fil des ans ,l’administration financière du pays est devenue une pieuvre avec des multiples tentacules qui plombe toute possibilité de réformes structurelles profondes et orientées vers des politiques de transparence et d’équité. La mise en place avec beaucoup de fanfaronnade de la « caisse unique » s’est révélée à l’aune de la durée comme une vaste escroquerie au service exclusif des tenants du pouvoir.

En dépit des contraintes financières proclamées , il est difficilement compréhensible que le gouvernement guinéen refuse les 26 millions d’euros de l’UE ( 250 milliards de GNF) alloués pour le financement des élections présidentielles, en clamant que c’est un acte souverain de financer ses propres élections. En prenant à la lettre les propos de M.Alpha CONDE, celui ci montre que son gouvernement dispose de moyens pour financer à hauteur de 500 milliards de GNF sa « réélection » , mais qu’il ne dispose selon lui d’aucune marge de manœuvre pour payer un salaire décent aux agents de la fonction publique.

De même l’examen de la partie dépense du budget fait ressortir les priorités de la gouvernance d’Alpha CONDE. En 2014, la présidence s’est adjugée plus de 3 % du budget soit plus d’un milliard de franc guinéen par jour. Les ministères de la défense ,de la sécurité et de l’administration du territoire se partagent prés 20 % des dépenses totales. Cet aperçu invalide totalement les déclarations gouvernementales et pointe du doigt les vraies priorités de sa gouvernance à savoir se maintenir au pouvoir en renforçant son dispositif sécuritaire et administratif en étouffant les libertés et les droits des citoyens. La justice sociale, l’équité , la réduction de la pauvreté et la riposte contre Ebola ne sont alors dans le discours officiel que vœux pieux.

Bradages du patrimoine national et destruction des outils de travail

Les syndicats ont à juste titre pris mis en exergue , la défense catégorielle des travailleurs qui se sont retrouvés dans la précarité comme ceux de l’usine d’alumine de Fria ,de la Sotelgui, d’Enco5 et du Port Autonome de Conakry. Chacun de ses dossiers pris séparément ,recouvre un scandale contre les intérêts de la Guinée.

Ainsi il n’est pas admissible de constater que la Guinée a été condamnée par la Chambre arbitrale de Paris de payer à Russal 250 mille euros. Cette condamnation surprise laisse un goût amer pour tous ceux qui se sont mobilisés pendant des années pour sauver l’usine Péchiney d’alumine de Fria. Ceci est d’autant plus étonnant que le rapport du Cabinet Alex Stewart International commandité par l’État guinéen en 2009 stipulait que «  la Guinée est habilitée à demander des dommages et intérêts d’un montant allant de 950 millions à 1 milliard de dollars US à Russal ». Les conditions opaques de la prise de possession en 2004 de l’usine le minier russe sont les sources de la controverse et des conflits d’aujourd’hui. Les rancœurs sont d’autant plus vives que l’une des exigences de Russal portant sur la concession sur la bauxite de Dian-Dian a été acceptée par les autorités guinéennes,en contrepartie du redémarrage et de l’extension des capacités de production de l’unique usine d’Alumine en Afrique Occidentale. Jusqu’à présent Russal n’a pas honoré ses engagements contractuels. L’usine aux arrêts depuis avril 2012, se détériore, et à vue d’œil, la ville de Fria se meurt dans l’indifférence générale. Les mauvaises langues racontent que les comptes bancaires à l’étranger de M. Mohamed CONDE fils de M.Alpha CONDE ont été grassement approvisionnés en échange d’une gestion complaisante du dossier.

En relation à la gestion du Port Autonome de Conakry , notre pays a été condamné à payer 38 millions d’euros à Getma International. Ce contentieux est né lorsque la société Getma International, concessionnaire légal du terminal à conteneurs de Conakry a été manu-militari vidé du Port pour faire place au Groupe BOLLORE dés les premiers jours d’Alpha CONDE au pouvoir. A ce contentieux juridique et financier s’est greffée actuellement une main mise totale des installations portuaires par les amis du Président. Avec la bénédiction très intéressée de la présidence guinéenne , d’avenant à avenant, tout le port de Conakry est sous leur tutelle. Ce monopole de fait élimine des entreprises portuaires et des sociétés de transit avec son corollaire social de pertes d’emplois. Des centaines de travailleurs se retrouvent ainsi du jour au lendemain dans le chômage et sans aucune possibilité de retrouver du travail. Ces conflits illustrent la boulimie avec laquelle la gouvernance d’Alpha CONDE s’approprie à sa guise le patrimoine national  pour« rendre service aux amis».

Un prix du carburant hors-norme

Dans le rapport 14/244 du Fonds Monétaire International publié en novembre dernier, il y est écrit : « Les autorités ont instauré un nouveau mécanisme d’ajustement automatique des prix à la pompe. Elles ont procédé en février 2014 à une augmentation de 500 FG sur le litre de carburant. Selon elles ,l’évolution du coût des importations a appelé d’autres augmentations des prix ,en application du mécanisme au cours des mois suivants. Celles-ci n’ont cependant pas été pratiquées ,ce qui a entraîné de nouvelles pertes de recettes . Ainsi il était prévu de modifier le mécanisme en juillet dernier pour éviter de devoir procéder fréquemment à de faibles ajustements. » Tout ceci peut paraître compliqué pour le profane . Soyons clair ! La variable qui permet de fixer le prix du carburant à la pompe est la parité du dollar US par rapport au franc guinéen qui en principe dépend de la fluctuation de l’offre et de la demande en devises sur le marché local pour le règlement des importations. Or l’offre en devises en Guinée est actuellement suffisante puisque les réserves internationales représentent 3,9 mois d’importations pour un objectif fixé de 2,9 mois d’importations. Ce qui paraît paradoxal , le franc guinéen ne s’est jamais ré-apprécié par rapport au dollar pour faire baisser en conséquence le coût du carburant pour les ménages guinéens. La politique de change des autorités est par conséquent inexplicable ,car les mécanismes du marché de change sont totalement bridés. La parité du franc guinéen par rapport aux principales devises est une parité « administrée » à la hausse ( 1 dollar vaut 7500 GNF et 1 euro 9500 GNF). La chèretè du dollar entraîne ipso-facto celle du carburant sur le marché local. Les thuriféraires du pouvoir vont arguer que la BCRG n’a que les devises de ses clients et ne peut donc pas influer sur les cours. Dans ce cas, on pourrait légitiment se poser la question où est passé le don d’Abu Dhabi de 90 millions de dollars us. Cette illustration suffit pour montrer le peu de volonté des autorités guinéennes de prendre en compte les intérêts de la population et de l’économie nationale même si techniquement des facteurs favorables existent.

Aux lendemains des mouvements sociaux de 2007 et de la nomination de M. Lansana KOUYATE comme Premier Ministre de consensus , mécaniquement le franc guinéen s’était apprécié de prés de 50 % par rapport aux principales devises. Les agents économiques avaient ainsi accordé par anticipation leur confiance à la nouvelle équipe gouvernementale et salué leur croyance en sa capacité de réformer en profondeur le pays . Cela s’est traduit par une augmentation substantielle du pouvoir d’achat de la population. Hélas ,cet élan vertueux n’avait pas durer pour de multiples raisons que je ne développerai pas ici. Par contre aucune dynamique vertueuse analogue n’a été constatée avec l’arrivée au pouvoir d’Alpha CONDE, malgré l’annulation de la dette guinéenne par les institutions de Bretton Woods ,la collecte de plus d’un milliard de dollars US auprès des géants miniers comme Rio -Tinto et l’offre satisfaisante de devises sur le marché depuis 2011.

En guise de conclusion

Il est évident que des pistes existent pour répondre de manière profonde et durable aux revendications des travailleurs de Guinée , mais jusqu’à preuve du contraire aucune bonne volonté n’est perceptible du côté d’Alpha CONDE. Par conséquent les forces vives nationales n’ont d’autre alternative que de repenser leurs stratégies respectives.

Le mouvement syndical malgré la puissance de ses capacités de mobilisation n’est pas encore parvenu à aller au delà des revendications essentiellement salariales. Le maintien et la sauvegarde des outils de travail, les politiques économiques et sociales du gouvernement et l’environnement global du pays sont « pudiquement » délaissés sous prétexte que « les syndicats ne font pas de politique ». Cette erreur d’appréciation est l’une des raisons qui expliquent que les bouleversements sociaux de 2007 et 2007 n’ont pas apporté des solutions durables. Dans un contexte d’une mauvaise gouvernance endémique , il n’est pas permis de fermer les yeux sur l’indispensable nécessité de prendre totalement en charge les intérêts des travailleurs qui se confondent aux intérêts bien compris de toute la Guinée. A la lumière des échecs du passé, une remise en cause responsable permettra de préparer les succès de demain.

Les politiques quant eux doivent abandonner la posture « en dehors des élections ,il n’existe rien d’autre » . Pour sauver le pays de l’implosion, il faut prendre en compte les fondamentaux de toute politique à savoir «  tout ce qui est profondément humain nous intéresse ». De ce fait l’élargissement de la plate-forme de l’opposition démocratique pour intégrer les revendications du mouvement social , l’angoisse des jeunes devant l’impasse qui leur est présentée aujourd’hui et le désespoir de tout un peuple qui se débat pour survivre, est impérieux et urgent. Déserter ce chemin amènera fatalement une frange de la jeunesse à rechercher des illusions de solutions dans la religion ou encore le crime organisé. Des pays autour de nous en sont actuellement victimes.

Le dépassement de la situation actuelle exige une offre politique pragmatique, innovante et courageuse . C’est, ce qui nous intéresse pour sauver notre pays d’un désastre complet. Les deux journées de gréve générale sont comme l’hirondelle qui annonce le printemps. Une nouvelle aube pointe à l’horizon, parce que nous avons foi en la combativité et la détermination des jeunes de Guinée. Comme ceux du Burkina en octobre dernier , ils prendront sous peu leur destin entre leurs mains.

NB : la fonction publique compte environ 100 000 agents

      • Le salaire moyen mensuel n’excède pas cent dollars US

      • le litre de carburant à la pompe 1,3 dollar us soit 1 euro pour 10 mille francs guinéens

      • le salaire moyen permet d’acquérir 3 sacs de riz ( 1 sac pèse 50kg)

      • la taille moyenne d’une famille guinéenne est de 8 à 10 personnes dont plusieurs enfants

 

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