Entretien accordé au journal Le Démocrate le 12 novembre 2008

Cette interview  malgré cinq années d’intervalle depuis sa réalisation ,est toujours d’actualité . Nous vous la proposons pour témoigner de la pertinence et de la clairvoyance des idées et actions qui sont évoquées par le Ministre de la Réconciliation Nationale d’alors, M. BAH Oury.

Nos populations n’en finissent plus dans leurs mouvements de revendication, avec à la clé des incidents que les autorités ont parfois de la peine à maîtriser. Dans cette ambiance qui frise l’anarchie, le ministère de la Réconciliation nationale a du pain sur la planche. Le chef dudit département Bah Oury reste toutefois confiant, comme il l’a démontré tout au long de cet entretien qu’il nous a accordé.

Le Démocrate : M. le ministre récemment à Boké il y a eu des troubles. Pouvez-vous nous dire réellement ce qui s’est passé ?

Bah Oury : Je crois que vous avez retenu le fait que la ville de Boké s’est agitée. Mais par rapport aux revendications des populations de Boké, nous avons déjà eu l’opportunité, en relation avec la direction de la CBG , de EDG, de la SEG avec les autres partenaires ministériels (Administration du territoire, Mines, Energie et Hydraulique) de mettre en place un dispositif permettant de répondre aux revendications. C’est-à-dire l’amélioration de la desserte en eau et en électricité de la ville, bien avant la date indiquée, c’est-à-dire le 31 Octobre. Donc des travaux ont été engagés et l’amélioration en eau a été perceptible avant même le 31 Octobre. Par rapport à la question d’électricité, il a fallu que le président du conseil d’administration de la CBG , en l’occurrence le ministre des Mines, donne son aval à CBG pour une dépense supplémentaire de l’ordre de 15 milles dollars par mois pour pouvoir mettre en marche un second groupe électrogène de manière permanente. Ceci permettrait à la ville d’avoir de 13 heures à 7 heures du matin, de l’énergie pour pouvoir fonctionner correctement. Aujourd’hui les équipes d’EDG sont en train de travailler pour améliorer le réseau, réparer certains aspects défectueux au niveau des installations techniques et électriques. Je crois donc que, dans les prochains jours la situation s’améliorera de manière significative en ce qui concerne l’électricité. En ce qui concerne l’eau, il y a d’ores et déjà des améliorations. Il y a un projet de la BADEA qui doit démarrer au mois de mars 2009, qui permettrait de passer en revue l’adduction d’eau de la ville de Boké. Il faut donc dire que les revendications ont été entendues ; et le Gouvernement a pris en charge la résolution de ce problème. En ce qui concerne le ministère de la Réconciliation nationale, de la solidarité et des relations avec les institutions, son implication est due au fait qu’il y a un aspect extrêmement important dans ses attributions. Il s’agit de prévenir tout conflit qui risquerait de remettre en cause la cohésion nationale. Et dès qu’il y a une alerte, comme quoi, une crise majeure pourrait intervenir et dans un endroit quelconque du pays pour des raisons diverses. Le ministère relevant de cette attribution est impliqué à parvenir par le dialogue, la concertation pour empêcher l’éclatement du conflit qui risquerait de remettre en cause les intérêts fondamentaux du pays. C’est cette attribution qui indique notre responsabilité en la matière. Et je pense que par rapport à ça, nous avons fait ce qu’il fallait faire et Boké dans une certaine mesure a vu qu’il y a des améliorations significatives. Le conflit est dû à d’autres raisons qui n’ont rien à avoir avec la desserte en eau et en électricité de la ville. Actuellement, les enquêtes sont entrain d’être menées par les services compétents pour savoir exactement quelles sont les raisons qui ont favorisé l’éclatement du conflit, jusqu’à envisager même de saboter les tuyaux qui assurent la desserte en eau des villes comme Kamsar et Boké.
Ce, en dépit d’une réponse positive des services de l’Etat (EDG, SEG) et de la CBG à la revendication. Donc, ça veut dire qu’il faut qu’on soit vigilant, pour ne pas favoriser des actions qui remettent en cause la stabilité du pays et la sécurité nationale.

Après la crise de Boké, il y a eu des émeutes à Conakry, liées à la baisse des produits pétroliers. Ne pensez-vous pas que la multiplication de ces remous est de nature à porter un coup dur à la réconciliation nationale ?

Je crois qu’on est dans une société qui est depuis ces trois (3) dernières années dans une effervescence continuelle. C’est la raison pour laquelle il faut nécessairement l’action de la réconciliation nationale pour empêcher que ça prenne d’autres dimensions, qui risqueraient de porter atteinte à la cohésion nationale avec les risques de pertes en vies humaines et de dégâts matériels importants, qui mineraient tout espoir de redressement de ce pays. C’est la raison pour laquelle l’action de la réconciliation nationale est primordiale et importante, surtout dans des phases où on estime qu’il y a des risques de conflit potentiel.

Le gouvernement vient de lancer la campagne de réfection des édifices publics détruits lors des événements de Janvier et Février 2007, malgré que la mal gouvernance persiste toujours. Que faire pour éviter la répétition de tels actes ?

Vous savez que pour le changement, on ne se lève pas d’un seul jour pour tourner carrément la page. Des éléments du changement sont en cours, mais également des éléments de tout ce qui a amené ce pays à cette situation de blocage sont en place. C’est cette dialectique à la fois ancienne et nouvelle, qui fait qu’il y a des problèmes. Il faut donc que les populations (acteurs, sages etc), que tout le monde comprenne, que ce n’est pas du jour au lendemain que nous parviendrons à remettre sur le droit chemin des dynamiques porteuses de changement. Car il y a des forces de résistance qui ne souhaiteraient pas que ce gouvernement réussisse là où d’autres ont échoué. Il y a aussi une mauvaise compréhension de l’action gouvernementale qui a besoin d’être mieux explicitée, mieux véhiculée par les différents acteurs gouvernementaux pour que l’adhésion de la population soit beaucoup plus profonde et forte. Tout cela combiné avec une volonté de vouloir tout et maintenant sans attendre, ce qui fait que parfois il y a quelques dissensions.

L’association des victimes du camp Boiro a dénoncé le caractère festif du cinquantenaire. Alors que pour cette association, il s’agit de mettre plutôt l’accent sur le recueillement. Qu’en dites-vous ?

Vous savez, même pour la fête de la Tabaski , il y a différentes phases. C’est une fête religieuse. Il y a la prière après un sacrifice rituel, immoler le mouton, ensuite il y a les festivités etc. En d’autres termes, c’est pour dire que par rapport à chaque acte symbolique au niveau d’une société, il serait illusoire de vouloir restreindre cet acte à un aspect particulier selon son entendement ou son inspiration. L’Imam va privilégier la prière, le recueillement. Les enfants eux, vont privilégier l’aspect festif et d’autres en fonction de leur statut social, assumeront cette fête dans une certaine mesure. Donc, le cinquantenaire également, comme tout acte symbolique d’une société doit recouvrir tous les aspects d’une société humaine. Il y a des moments de joie, des moments de recueillement, des moments de souvenir et autres. Je pense que c’est comme ça qu’une nation ou une société évolue. On ne peut donc restreindre cela à un seul aspect et négliger tout le reste. Sinon on se met à dos, une bonne partie des responsabilités. Bon, ça c’était l’aspect philosophique et de principes, le gouvernement de large ouverture a pris la décision de poursuivre avec l’accord du président de la République , l’organisation du cinquantenaire, mais en lui donnant un autre caractère, autre que, celui que le gouvernement de consensus de Mr Kouyaté voulait faire. Les festivités ont été limitées, les dépenses ont été dans une certaine mesure revues à la baisse. Et au lieu que ce soit trois (3) ou quatre (4) jours de festivités pour marquer les 50 années de notre indépendance, c’est une année du cinquantenaire. Donc, le 2 Octobre et les jours suivants vous avez assisté au démarrage du cinquantenaire de l’indépendance de la Guinée. C ’est dire que du 2 Octobre 2008 au 2 Octobre 2009 il y aura différentes manifestations. Des manifestations qui couvriront des moments de recueillement, des moments de souvenir, de réflexion, de joie etc. C’est comme ça que nous entendons faire en sorte que l’année du cinquantenaire soit une année de redémarrage, une année d’espoir, une année de nouveau souffle pour les 50 autres prochaines années.

M. le ministre, d’aucuns ont regretté le fait que ceux qui ont lutté pour l’indépendance ne soient pas honorés à l’occasion de la célébration du cinquantenaire. Contrairement à d’autres, considérés comme étant moins méritants. Qu’en pensez-vous ?

Bon, il faut noter que par rapport au bilan du démarrage de l’année du cinquantenaire, vous avez remarqué depuis lors, que le conseil des ministres a siégé autour de cette question, et il n’a pas manqué de faire remarquer les graves déficits d’organisation et de manquements à certains principes protocolaires.
C’est le premier aspect. Le deuxième, je pense qu’il faudrait attendre pour ne pas être en avance par rapport à ce que les principaux concernés diront à ce sujet. Il y aura un premier bilan du démarrage du cinquantenaire, qui sera diffusé par l’ancien président de la commission d’organisation de ce cinquantenaire. Les messages et des voies ont été entendus pour regretter un certain nombre de déficits. Mais comme on est dans l’année du cinquantenaire, on a le temps de corriger, peaufiner, pour que l’année du cinquantenaire se termine dans d’excellentes conditions pour rehausser l’image du pays, ressouder le tissu social et parvenir à une réconciliation effective de l’ensemble des guinéens.

L’association des victimes du camp Boiro souhaite que les charniers soient identifiés et que les dépouilles soient rendues à leurs familles. Ce qui d’après eux, constituerait un pas supplémentaire vers la réconciliation…

Je pense que c’est une revendication, et on prend acte de cette revendication. Je dis que ce n’est pas seulement les éléments victimes de l’ancien régime qui ont cette revendication écrite, il y a d’autres qui ont une revendication analogue. Nous allons donc de manière globale passer en revue les différentes revendications avec l’accord du Premier ministre, chef du gouvernement, et l’autorisation du président de la République , et la réponse sera donnée le moment venu.
Par rapport aux tueries de Cosa, des corps ont été restitués à leurs familles. Ce qui est une bonne initiative même si on continue d’en réclamer. A quel niveau se situe ce dossier ?
Je précise que des corps qui étaient à la morgue ont été restitués, les autres pour différentes raisons ont été enterrés. Si fait que pour les démarches à ce niveau, je n’ai pas reçu une revendication de parents.

Aujourd’hui on sent une certaine haine entre guinéens pour des raisons diverses. Ne pensez-vous pas que cela constitue une entrave dans le processus de Réconciliation que vous prônez?

Non ! Je ne pense pas qu’il y ait de la haine en Guinée. S’il y avait haine, ce pays aurait éclaté depuis très longtemps.
Mais il y a plutôt des facteurs forts de cohésion, d’entente, de solidarité, dans le pays. Ce qui contribue à résoudre la cohésion nationale. Et c’est sur tous ces facteurs que nous nous appuyons pour que des revendications dues à des injustices commises par le passé, qu’on puisse procéder à des réparations à titre symbolique par une justice de réparation et de compensation. Et c’est l’une de nos principales activités dans le cadre de la gestion du passif historique que nous héritons durant ces 50 dernières années. Mais pour être beaucoup plus précis, les facteurs de cohésion sont forts, vous avez les coordinations régionales qui contribuent à travailler sur ce terrain là et nous les encourageons dans ce sens. Et surtout par rapport aux dynamiques de la société guinéenne de manière globale. On se rappelle que le 28 septembre 1958, c’est plus de 90% de la société guinéenne de l’époque qui a opté pour le « NON » à l’indépendance de la Guinée ; par rapport aux autres mouvements importants qui sont intervenus par la suite il y a pratiquement une grande majorité tant par rapport au réflexe politique, tant par rapport à des positionnements, qui oeuvrent toujours dans le même sens. Donc c’est pour vous dire, qu’au niveau des longes couchent des populations guinéennes, les facteurs d’unité et de cohésion sont beaucoup plus forts que des facteurs d’éclatement. Et je pense que c’est ce qu’il faut reconnaître et capitaliser. Ce n’est donc pas parce qu’il y a quelques élites embryonnaires, ayant une vision relativement courte de l’histoire de ce pays et qu’il y’ait quelques dissensions qu’on pourrait dire qu’il y a une haine au niveau des populations guinéennes. Au contraire, la Guinée au-delà de ce qu’on nous présente, est une nation unie, où chacun se reconnaît un certain idéal patriotique. Maintenant, il y a quelques individualités qui sont en compétition pour le pouvoir, qui essayent d’utiliser tous les moyens politiques inimaginables pour déstabiliser leurs adversaires ou rivaux politiques, ça c’est une autre histoire.

Nous avons comme l’impression que votre mission n’est pas du tout aisée. Avez-vous les moyens de votre politique ?

J’ai les moyens de ma politique. Jusqu’à preuve du contraire tout ce que nous avons décidé de faire et qui va dans le sens du rapprochement des guinéens, nous parvenons à les mettre en place. Bien entendu, les moyens logistiques, les moyens physiques, font défaut. Mais la volonté politique est là. Et nous la capitalisons pour aller de l’avant et avoir les attitudes et les gestes significatifs pour permettre à tous les guinéens de se sentir concernés par une dynamique de réconciliation nationale.

Etant membre du gouvernement, cela ne vous éloigne-t-il pas des activités de votre parti, UFDG ?

Au contraire, je suis dans le gouvernement pour le compte de mon parti politique. Je suis ici pour le compte de l’UFDG. Et par rapport à cela, la nécessité d’avoir un gouvernement de large ouverture répond à la situation particulière que nous vivons aujourd’hui. Nous voulons que toutes les forces politiques du pays quelle que soit leur tendance, se donnent la main pour permettre au pays de passer un cap très difficile, (ressouder le tissu social) qui a été fortement entamé lors de la révolution de janvier et février 2007. Et parvenir à créer une dynamique d’apaisement, faire en sorte que les populations puissent commencer à avoir confiance au pouvoir en place, pour envisager les actions de développement et de reconstruction nationale. Je pense que ceci est indispensable. Et en tant que membre issu de l’opposition, notre responsabilité en la matière, est très grande et nous l’assumons avec fierté. Parce que, nous estimons que ce pays appartient à tout le monde et que chacun a le droit et l’obligation de faire ce qu’il doit faire pour que le pays puisse vivre de manière stable et que la société puisse évoluer de manière paisible dans une direction démocratique. Je pense que c’est une obligation qui est dévolue à tous. Même si certains partis politiques n’ont pas voulu participer, mais chacun de ce point de vue, assume ses responsabilités.

Des responsables de l’UPR s’en prennent aujourd’hui au président de l’UFDG pour avoir dit que si Siradiou était vivant il aurait certainement rejoint l’UFDG après l’arrivée du groupe Aliou 5. Votre opinion à propos ?

Je crois qu’à l’UFDG, nous nous sommes engagés dans une dynamique de rassemblement des forces démocratiques avec des objectifs précis. D’abord rassembler toutes les forces sociales en tenant compte des diversités régionales et autres, pour parvenir à mettre en place un programme qui serait susceptible de recueillir l’assentiment et l’adhésion de la majorité de nos compatriotes. C’est surtout sur ça que nous sommes entrain de travailler. Nous ne cherchons pas à encourager des guéguerres qui ne sont pas du tout constructives et nous tendons la main à tout le monde, à tous ceux provenant d’autres partis politiques. Que ce soit d’anciens qui étaient dans la mouvance présidentielle ou de certains partis d’opposition. Nous sommes disponibles et ouverts. Au sein de l’UFDG, tout le monde y trouvera sa place. Je dois donc dire que ceci est extrêmement important, il faut parvenir à un autre stade. La nation réclame l’unité des forces sociales, l’unité des forces politiques, pour parvenir à redresser économiquement et socialement ce pays. Ça c’est un message à l’adresse des forces politiques organisées et sociale du pays. Le président de la République , a entendu ce message, il a accepté la mise sur pied d’un gouvernement de consensus à l’époque avec Kouyaté. Et il est allé plus loin avec le gouvernement de large ouverture, où nous avons des partis de l’opposition qui sont représentés, entre autres des syndicats, des éléments de la société civile. Je pense que ceci est un message issu d’une lecture responsable de ce qui s’est passé en janvier et févier 2007 dans notre pays. Si toutes les forces politiques n’ont pas une lecture analogue de ces événements, on risque de connaître des situations assez difficiles dans les moments à venir. C’est la raison pour laquelle au niveau de l’UFDG, nous avons pris nos responsabilités suffisamment tôt pour appeler un vaste rassemblement des hommes et des femmes de bonne volonté, aux forces vives qui émergent, et aux jeunes pour qu’ils prennent des responsabilités au sein de cette formation.

Le report des législatives est diversement interprété par l’opinion nationale. Quel est votre point de vue sur la question ?

Je pense d’abord que ce n’est pas diversement interprété, ensuite pour des raisons techniques, on ne pouvait pas parvenir à faire un recensement véritable qui permettrait pour une fois, d’avoir un fichier électoral assaini pour l’ensemble des citoyens en âge de voter, en bâclant l’opération de recensement. Parce qu’une bonne élection, c’est avant tout un bon fichier électoral. Et là, il faut du temps pour pouvoir l’organiser. Et l’organisation du recensement, nécessairement oblige à reculer jusqu’à fin mars si les conditions sont réunies pour que les élections puissent se tenir correctement. Je reconnais aussi qu’il y a des partis qui ne veulent pas que les élections aient lieu maintenant, parce qu’ils savent qu’ils ont des problèmes. Par contre, d’autres résistent parce qu’ils sont conscients que le changement est en marche. Et que le processus électoral, notamment les législatives, constitue un moment important dans le cadre du couronnement du processus du changement. Je dois dire que ceux qui disent que le pays n’est pas stable, qu’il y a l’insécurité, que c’est la raison pour laquelle il faut reporter les élections, pour qu’on soit stables se trompent. Je répète que la condition pour qu’il y’ait la stabilité et la paix sociale dans notre pays, il faut nécessairement une nouvelle assemblée légitime, pour contenir les revendications des populations. Si pour des prétextes dilatoires, on veut retarder l’organisation effective du processus électoral, ont est en train d’enfoncer encore davantage ce pays dans l’instabilité. Donc, pour prévenir, il faut nécessairement dans les meilleurs délais, l’organisation des élections législatives, pour que les hommes et les femmes de ce pays, retrouvent au niveau des parlementaires qui seront élus, leurs représentants qui pourront faire entendre les revendications sans qu’eux- mêmes ne soient obligés de descendre dans la rue. Une assemblée nationale légitime adossée à un gouvernement responsable sera en mesure de faire face aux défis du pays et d’avoir le support et le soutien nécessaires pour pouvoir mener son action.

M. le ministre quels sont vos sentiments par rapport à l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis ?

Le gouvernement notamment le président de la République , a envoyé un message de félicitation au président Américain. Ceci relève du niveau officiel. Mais je dois dire que l’élection de Barack Obama, en ce qui me concerne, je pense que le temps du changement est devenu planétaire. Et dans ce cadre il faut que les africains de manière générale, sachent que l’arrivée de Obama ne va pas infléchir fondamentalement sur la politique américaine. Les africains doivent donc se rendre compte qu’ils doivent prendre leurs responsabilités en tant qu’acteurs responsables de l’avenir de leurs pays pour être en phase avec les exigences du monde moderne. Ceux qui avaient des complexes dus à leur couleur doivent effacer cela, parce que la première puissance du monde sera désormais dirigée par un noir. Et de ce point de vue, s’il y a 20 ou 30 ans, on disait que les noirs ne sont bons que pour des travaux physiques et autres, aujourd’hui, au niveau le plus élevé de la planète, c’est un noir. Donc je pense que, c’est quelque chose de fondamental pour les Etats-Unis, le monde, et particulièrement pour l’Afrique. Il faut que nous nous rendions compte que le sous développement et la mal gouvernance ne sont pas des fatalités. Il y a des hommes et des femmes compétents, intelligents, désireux de faire avancer leurs pays et leurs sociétés. Il faut donc que nous puissions vivre dans des environnements ouverts, où la compétition loyale et le processus démocratique soient réels, pour faire en sorte que les meilleurs d’entre nous prennent les rênes de nos pays pour nous permettre de construire de véritables sociétés modernes et prospères.

Propos recueillis par Mamoudou Bory Bah
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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