En marge de la conférence de Grenoble

de gauche à droite Bah Oury- Gourreissy Condé-Pierre Gaillard-

CONAKRY- “ Il y a beaucoup de problèmes d’ordre structurel au niveau du parti UFDG !“ Le ton est lancé par le vice-président de la principale formation politique de l’opposition guinéenne, Bah Oury. Dans cette interview exclusive accordée à notre rédaction, l’opposant guinéen qui vit en exil depuis plusieurs années, livre son point de vue sur la crise interne qui mine son parti, mais aussi du prochain congrès prévu au mois d’août prochain. Bah Oury s’est aussi exprimé sur la stratégie de l’opposition pour les prochaines consultations électorales. Exclusif !!!

AFRICAGUINEE.COM: Bonjour M. Bah Oury!

BAH OURY: Bonjour M. Baldé!

Peut-on savoir quel est le niveau d’avancement de la médiation qui avait été entamée dans le cadre de la réconciliation entre vous et Cellou Dalein Diallo ?

Je dois dire que la commission de médiation qui est acceptée par les deux parties est celle qui est à Conakry et présidée par El hadj Chaikou Yaya BARRY. Cette commission m’a récemment rencontré à Dakar. Elle avait indiqué quelle attendait le retour de El hadj Cellou à Conakry pour continuer le processus de médiation. Une projection parle du 15 mai quant à la disponibilité d’El-hadj Cellou Dalein Diallo. Par la suite ils me feront signe pour indiquer quel est l’agenda arrêté pour passer en revue en toute responsabilité  les grands problèmes de dysfonctionnement du parti et aussi de quelle orientation politique dans laquelle il faut engager l’UFDG pour contrer la dictature de M. Alpha Condé et permettre dans une large mesure de remettre la Guinée sur les rails de la démocratie. C’est ce  que je souhaite le plus ardemment aujourd’hui.

Il faut aussi reconnaître qu’il y a de bonnes volontés qui s’esquissent comme les compatriotes résidant en Belgique qui m’ont appelé il y a deux semaines, pour échanger avec moi sur les raisons qui semblent selon eux créer des dysfonctionnements au sein du parti. Nous avons eu un long entretien devant un public très nombreux et je pense qu’ils ont compris le point de vue défendu par l’un et par l’autre. De toutes les façons on aura le résultat de leur délibération.

Qu’est-ce qui motive l’implication de l’ancien ministre sénégalais Djibo Ka dans cette médiation interne à l’UFDG?

C’est vrai qu’il y a aussi sur le plan international, des personnalités qui connaissent bien la situation politique guinéenne qui se sont impliqués. C’est le cas de l’ancien ministre d’Etat sénégalais Djibo Ka qui est l’une des personnalités les plus expérimentées de la classe politique sénégalaise et qui a une bonne connaissance de la sous-région et de tous les acteurs politiques.Je rappelle aussi que  M. Kaa était  ministre des affaires étrangères du Sénégal lorsque M. Alpha Condé s’est réfugié à l’ambassade de son pays à Conakry. C’est par son statut d’alors qu’il a pu sortir M. Alpha Condé de son refuge et le faire évacuer vers Dakar en 1991.

De l’autre côté,  vous avez l’ancien président de l’Assemblée Nationale du mali et ancien président de l’assemblée de la CEDEAO, le doyen Ali Nouhoun DIALLO, qui est un fin connaisseur de la situation politique ouest africaine et condisciple de feu Siradiou Diallo de l’Union pour le progrès et le renouveau (UPR). Il s’était engagé en 2006 dans une médiation pour que le parti de son ami Siradiou, ne vole pas dans une certaine mesure en éclats.Donc connaissant le contexte politique guinéen quand je l’ai rencontré à Bamako, naturellement je lui ai parlé des dysfonctionnements qui minent mon parti, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée.

Ainsi Djibo Kaa et Nouhoun Diallo  ont tous marqué leur accord de principe pour participer, éventuellement à une médiation qui permettrait à l’UFDG d’embrasser les contours de la crise actuelle et faire en sorte que ce parti qui représente un espoir pour tout le peuple guinéen et au delà de l’espoir de la démocratisation durable de la sous région, puisse retrouver le chemin de la cohésion et de l’unité dans l’intérêt de tous.

Vous êtes loin de votre pays la Guinée. Vous vivez en exil en France depuis 2011. Quel regard portez-vous sur le prochain congrès de votre formation politique qui est annoncé pour le mois d’août prochain à Conakry ?

Bon pour le moment ce qui est plus important, c’est la médiation. Dans le cadre de celle ci beaucoup de problèmes seront abordés et je pense qu’il y a beaucoup de problèmes d’ordre structurel au niveau du parti à résoudre avant de parler de congrès au sein de l’UFDG.

Que pensez-vous d’une éventuelle candidature unique de l’opposition ?

Comme je lai dit à M. Sidya Toure (leader de l’Union des forces républicaines , ndlr)) il ya quelques jours et comme je l’ai souvent répété, les accords du 3 juillet 2013 ont plombé le processus de la transparence des élections en guinée.Ceci parce que le fichier établi par l’opérateur  Way Mark est corrompu, déséquilibré, et ne peut pas permettre une consultation électorale équitable et libre en Guinée. Ils ont dans ce fichier fait un gonflement de l’effectif acquis à Alpha Condé et une diminution notable de l’effectif de l’électorat favorable à l’opposition.

Un mauvais fichier ne peut aboutir qu’à de mauvaises élections et par conséquent à une usurpation du chiffrage universel par le pouvoir en place.

Donc de ce point de vue, avec une  candidature unique ou une pluralité de candidats au niveau de l’opposition,  je ne vois pas une possibilité d’alternance par des consultations électorales dans les conditions politiques que nous connaissons actuellement en Guinée.

Votre mot de la fin ?

Je dois dire que lorsqu’on dit qu’une alternance politique n’est pas possible, il y’a d’autres alternatives pour changer la gouvernance. Elles sont plus urgentes et plus actuelles. Nous avons connu une situation similaire en 2007 (avec le soulèvement populaire suite à une grève générale illimitée lancée par les syndicats, Ndlr). Aujourd’hui, la situation est catastrophique pour l’ensemble des guinéens. Il y a les épidémies de rougeole, d’Ebola, de méningite, de choléra, de paludisme, pour ne citer que ces calamités  qui s’abattent sur la population, sans oublier l’insécurité endémique et le manque d’électricité et d’eau. La mal-gouvernance endémique qui ronge et qui mine la société guinéenne toute entière, le narcotrafic qui se développe, qui sont des facteurs de crise et d’explosion. Tout cela constitue des manquement graves qui font qu’après 3 ans d’exercice du pouvoir,  que  M. Alpha Condé n’est pas en mesure de gouverner correctement la guinée dans l’intérêt des guinéens et qu’il constitue  un danger pour la stabilité du pays. C’est pourquoi, comme en 2007, les guinéens doivent se lever pour demander le changement de gouvernance ici et maintenant, avant que ça ne soit trop tard.

Entretien réalisé à Grenoble par Abdoul Ghoudoussy Baldé

Chef de Bureau Africaguinee.com à Genève

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