BAH OURY AU FORUM INTERNATIONAL SUR LA MOBILISATION ET L’UTILISATION EFFICACE DES RESSOURCES INTERIEURES

 

 

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CONAKRY- Qu’est-ce qui a motivé la présence de Bah Oury au forum organisé par le Gouvernement guinéen sur la mobilisation et l’utilisation efficace des ressources intérieures ? L’ancien Ministre Bah Oury qui s’est confié à notre rédaction pour donner son avis sur l’état de l’économie guinéenne, mais aussi sur la politique d’ouverture initiée par le Président Alpha Condé. Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : Monsieur Bah Oury bonjour ! Quel était l’intérêt pour vous de prendre part au forum organisé par le Gouvernement guinéen sur la mobilisation et l’utilisation efficace des ressources intérieures ?

BAH OURY : La mobilisation des recettes et leur utilisation constituent le cœur de l’action politique. Parce que c’est le fondement de la constitution de tout budget. Une volonté politique s’exprime à travers un budget. Par conséquent, s’intéresser et participer aux réflexions pour une mobilisation des recettes intérieures et leur utilisation efficace est une question essentielle dans l’action politique.

Bah Oury a changé de langage et promeut une nouvelle manière de faire la politique en Guinée. Est-ce dans cette perspective que vous avez accepté de répondre à l’invitation du Gouvernement ?

Bien entendu en tant que citoyen, je dois avec ce que je sais et l’expérience que j’ai accumulée, apporter ma contribution à tout moment et apprendre des autres. Parce que les acteurs qui ont présenté l’état des lieux de l’économie du pays à travers les recettes et leur mobilisation permettent d’avoir une meilleure idée de la situation économique et par conséquent d’entrevoir une possibilité extrêmement importante qui existe si l’on parvient à mobiliser correctement les ressources intérieures. Et leur utilisation efficace dépendra d’une organisation qu’il faut mettre en place. Je pense que c’est extrêmement important.

La politique, ce n’est pas simplement parler d’élections. La vraie politique, c’est de s’intéresser à ce qui peut construire le pays aujourd’hui et demain. Et la meilleure manière de participer à cela, c’est de s’intéresser à la capacité financière du pays, d’avoir les ressources nécessaires pour ça.

Alpha Condé a déclaré dans son discours d’ouverture qu’il fallait mettre le couteau dans la plaie, d’établir un bon diagnostic assorti de bonnes recommandations. Votre analyse ?

Vous savez qu’un forum ne permet d’avoir que quelques idées et quelques pistes. Mais avec les documents, les réflexions, les problèmes du pays sont ressortis. A travers les chiffres que nous avons, on connait maintenant le vrai problème de la situation du pays dans le domaine de l’utilisation et dans le domaine de la mobilisation. Parce qu’il y a des aspects extrêmement importants. Il y a un budget qui est mis en place, il y a des prévisions et des réalisations. Si les réalisations sont nettement en deçà des prévisions, il faudrait s’intéresser au pourquoi.

Le Forum a permis de voir les points où il y a de grandes faiblesses dans la mobilisation des ressources du pays et des indications ont été formulées, il appartient au gouvernement et les responsables concernés d’envisager la meilleure manière d’organiser le suivi pour que les recommandations puissent être mises en œuvre.

Un fait inédit a quand même marqué les esprits au cours de ce forum. Il s’agit par exemple de la participation d’anciens Premiers Ministres, d’acteurs politiques de l’Opposition etc. Comment appréciez-vous cette ouverture d’Alpha Condé quand on sait que cela était totalement inimaginable dans un passé récent ?

Je pense que c’est une réalité qui devrait exister depuis longtemps. Ça me conforte dans ma conviction que la politique de décrispation qui n’est pas celle d’avoir des arrangements par-ci par-là, la vraie politique de décrispation et d’apaisement général, c’est la possibilité de mettre à tout moment ensemble les responsables et les citoyens du pays indépendamment de leur positionnement politique. Ça permet de tirer profit des expériences et de visions différentes que les uns et les autres peuvent avoir. C’est extrêmement important pour consolider la démocratie. Je dois dire que de ce point de vue, je suis conforté dans ma démarche qu’une vraie attitude constructive permet au pays de régler ses problèmes sans qu’il n’y ait des attitudes conflictuelles. Pour moi, ce qui s’est passé ici, c’est l’expression d’un vrai dialogue parce que ce sont les vrais problèmes qui sont posés, indépendamment de dire : tel est de l’opposition, tel est de la mouvance. L’objectif était d’apporter des solutions pour régler des graves problèmes que le pays connait notamment en ce qui concerne d’une part, la mobilisation et d’autre part l’utilisation efficace des ressources intérieures.

Parlant de mobilisation des ressources intérieures, dites-nous quel est le degré d’intérêt qu’on a accordé au paiement de l’impôt qui, dans une certaine façon, est perçu par certains citoyens comme une sorte de sanction de l’Etat ?

C’était le point central parce que le paiement des impôts, c’est le contrat social qui lie le citoyen à son pays. De ce point de vue, il appartient à tous les acteurs, notamment à ceux qui ont la responsabilité de diriger le pays d’avoir les meilleures attitudes et les meilleurs reflexes pour favoriser l’émergence d’un nouveau contrat social qui permet au citoyen de savoir qu’il est au cœur des préoccupations. La question de l’impôt n’est pas une forme de répression, c’est uniquement une contribution pour permettre en retour de mettre en œuvre la solidarité nationale, de répondre à des besoins pressants en termes de problèmes sociaux.

Pendant de longs mois, les gens ont dit qu’il faut baisser le prix du carburant à la pompe, mais la meilleure façon de faire baisser les prix du carburant, c’est d’augmenter la mobilisation des recettes intérieures. Et on s’est rendu compte que dans le cadre des recettes administratives, pratiquement ces recettes ne sont pas recouvrées alors que de ce point de vu, le budget peut être alimenté avec des sommes importantes.

La LONAGUI (Loterie Nationale de Guinée, Ndlr) par exemple, il y a trois ans, ne versait qu’un milliard voire deux milliards au budget de l’Etat. Aujourd’hui, avec une autre gestion sous l’impulsion de mon ami Cherif Aidara, elle verse près de 47 milliards à l’Etat guinéen par an. C’est pour vous dire qu’il y a des gisements de ressources qui sont à portée de main, mais il faut que nous allions en profondeur pour voir pourquoi la mobilisation ne se fait pas et se donner les moyens techniques et humains pour que cela puisse être possible. Cela permet d’augmenter les recettes et par conséquent de diminuer la pression fiscale dans certains domaines pour que le pouvoir d’achat soit relativement revalorisé.

Bah Oury merci.

C’est moi qui remercie.

 

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel. : (00224) 655 311 112

 

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