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BAH OURY A CELLOU DALEIN  » Trop c’est trop ! « 

 

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sCONAKRY- Bah Oury n’a pas encore enterré la hache de guerre avec Cellou Dalein. Alors que l’opposition dirigée par Cellou Dalein Diallo appelle à de nouvelles manifestations à Conakry, Bah Oury tire sur la sonnette d’alarme.

‘’ Il est dans une logique suicidaire et irresponsable parce qu’il n’a pas encore digéré le fait qu’il ait demandé depuis trois ans maintenant que le carré du cimetière de Bambeto soit réservé aux victimes qui vont tomber lors des différentes manifestations qu’il entend organiser. Bientôt une centaine de tombes sont dispersées dans ce carré du cimetière (…), je ne sais pas jusqu’à quel nombre il entend avoir des tombes pour se rendre compte que trop c’est trop. Moi je dis à la société guinéenne toute entière, aux autorités morales et politiques de prendre leurs responsabilités pour dire halte aux incendiaires, trop c’est trop’’ a lancé Amadou Oury Bah.

L’opposition sera à nouveau dans la rue ce mercredi 4 octobre 2017. Elle dénonce le mode de gouvernance actuelle du pays.

‘’ La société guinéenne a connu beaucoup de tragédies parce que très souvent au moment où il faut dire stop, les gens ne disent rien (…), ceux qui ont la culture de la violence pour la satisfaction de leurs ambitions uniquement personnelles continuent à utiliser cette violence au détriment des intérêts généraux du pays’’ a-t-il dénoncé, avant de préconiser que  des enquêtes doivent être diligentées à l’endroit de tous ceux qui sont impliqués dans des tueries lors des manifestations.

‘’ Ce sont des personnes qui vont à l’encontre des intérêts de l’ensemble du peuple guinéen, à ce niveau il faut que ça soit claire, des enquêtes doivent se faire pour que nous sachions lors des manifestations qui sont les tireurs embusqués pour tirer sur les manifestants ; Est-ce que ce sont des forces de l’ordre loyales avec les institutions de la République ou ce sont des gens animés d’intérêts qui n’ont rien à voir avec la question du maintien d’ordre ? De ce point de vue, il y a une complaisance coupable et donc , le chef de file dite de l’opposition doit répondre de ses actes devant les institutions chargées d’éclaircir beaucoup de choses qui sont encore dans l’ombre’’ a indiqué le 1er Vice-Président de l’UFDG.

 

BAH Boubacar LOUDAH                                                      

Pour Africaguinee.com

Tél.: (+224) 655 31 11 13

Créé le Mardi 03 octobre 2017 à 5:53

Assassinat du journaliste koula Diallo Les deux garde-corps de Cellou Dalein devant la barre au tribunal

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Le procès relatif à l’assassinat du journaliste Mohamed Koula DIALLO et la tentative d’assassinat du 1er Vice-Président et fondateur de l’UFDG ,M.BAH Oury le 05 février 2016 aux abords du siège a repris le lundi 25 septembre 2017 au TPI de Dixinn.

 

L’audience a débuté à 11 H30 lorsque le Président du tribunal a demandé à SOW Amadou , garde de corps de Cellou Dalein et présumé auteur du tir qui a ôté la vie au journaliste de se présenter devant la barre. M. SOW , de taille moyenne et bien bâti ,resplendissant de santé s’avance tranquillement au milieu de la salle.

L’avocat de la partie civile Maître Amadou Oury DIALLO lui posa une série de questions.

Question : La lecture du procès verbal d’enquête préliminaire indique que votre collègue garde de corps Alghassimou Keïta déclare que vous étiez porteur d’arme à feu au siège le vendredi 05 février 2016. Que répondez vous !

Réponse d’Amadou SOW : je n’ai pas de réponse.Le garde de corps Amadou SOW  présumé tueur de M.Koula DIALLO

Question : M.Baba Alimou BARRY membre du Bureau Exécutif de l’UFDG déclare vous avoir vu avec une arme à feu dans l’impasse menant au siège. Que dites –vous à ce sujet.

Réponse d’Amadou SOW :Je n’ai pas de réponse.

Question de l’avocat : A l’ouverture du procès le 31 juillet dernier vous aviez dit que c’est le couple Dalein qui est visé . Pourquoi !

Réponse d’Amadou SOW : Ce sont les enquêteurs qui ont déclaré cela.

Question : Au cabinet du juge d’instruction ,il est noté dans le procès verbal que c’est vous qui avez tiré sur le journaliste. Je vous rappelle M. SOW qui ne dit mot consent.

Réponse d’Amadou SOW : je ne réponds pas !

Question : Comment avez vous pu vous procurer une arme et avez vous une autorisation de port d’arme….

Réponse d’Amadou SOW : je ne sais pas.

Maître A. O DIALLO : L’élimination physique de M.BAH Oury a été préméditée et planifiée bien avant le 05 février 2016. A quel moment pour la première fois avez vous été sollicité pour exécuter cette mission .. Est-ce le 04 février 2016 après que le Conseil Politique convoqué pour l’occasion a décidé son exclusion du parti dont il est le fondateur….

Réponse d’Amadou SOW : Je ne sais pas.

Maître A.O.DIALLO : la dernière fois vous aviez dit que Thiaguel Souleymane BAH , le chargé de communication vous avez instruit le 05 février 2016 ,d’empêcher quiconque de filmer ou de prendre des images ce jour là…

Réponse d’Amadou SOW : je n’ai jamais dit ça.

Maître A.O.DIALLO : pourtant la lecture de votre propre déposition au cabinet du juge d’instruction confirme que Thiaguel vous avez instruit de ne pas permettre qu’il y ait des prises d’images ….

  1. Amadou SOW s’est arc bouté tout au long des différents interrogatoires des avocats de la partie civile , du procureur et du président du tribunal dans le refus de répondre aux questions compromettantes.

 

A 13H Alghassimou KEÏTA le second garde de corps de Cellou Dalein DIALLO, inculpé pour complicité d’assassinat et tentative d’assassinat est appelé à la barre. Les procès verbaux du cabinet du juge d’instruction indiquent qu’Alghassimou KEÏTA avait reconnu que son collègue Amadou SOW était porteur d’une arme à feu le 05 février 2016. Devant la barre , il fait volte-face pour déclarer que s’est sous la torture qu’il a été amené à déclarer « qu’Amadou SOW était porteur d’une arme ». Il accuse le Colonel Gabriel du PM3 de l’avoir « donné 50.000 GNF pour son petit-déjeuner et de lui avoir promis de le recruter dans le corps de la gendarmerie ». A la barre ,il dit avoir été étranglé par un des gendarmes enquêteurs pour avouer que c’est SOW le tireur, alors toujours selon lui avant cela ,il venait d’être disculpé par M. BABA Alimou BARRY qui ne l’a pas reconnu comme la personne qu’il avait vue avec une arme à feu ce jour là. Les avocats de la partie civile Emmanuel Bamba, Michel Labila et Amadou Oury DIALLO ont tour à tour amené l’accusé à se confondre dans des déclarations contradictoires. C’est ainsi à la question : «  avez –vous entendu les jets de pierre et où étiez –vous … »

Réponse d’Alghassimou KEÏTA : «  Nous avons sécurisé Cellou Dalein DIALLO le patron en l’amenant dans une pièce à l’intérieur du siège »

Question : Lorsque que le coup de feu a retentit où étiez vous….

Réponse d’Alghassimou KEÏTA :« A l’intérieur du siège !!! »

Alors Maître A.O DIALLO demande au tribunal de prendre acte de cette réponse. En effet pendant plus d’une heure auparavant l’accusé déclarait avoir entendu le bruit des jets de pierre mais n’avait jamais entendu le bruit sourd d’un coup de feu.

En sueur, Alghassimou KEÏTA avait du mal a justifié ses doubles incohérences :mise au compte d’une présupposée torture ses déclarations accusant Amadou SOW d’être le détenteur de l’arme à feu devant le juge d’instruction en présence de son avocat conseil Maître YHOMBA et son enfermement dans le déni rend sa défense fragile. En effet ses avocats qui l’ont assisté dés le début auraient certainement demandé l’examen médical de leur client pour attester un cas de torture. Mais il n’y jamais eu une demande dans ce sens. Le Général BALDE haut –commandant de la gendarmerie nationale , laissera t’il son institution salie par la déclaration d’Alghassimou KEÏTA . Le Colonel Gabriel Tamba DIAWARA directement mis en cause réagira sans aucun doute.

 

Enfin Maître A.O.DIALLO lui posa la question : « Craignez vous pour la sécurité de votre famille… » .L’accusé répond faiblement «  oui ». D’après des sources concordantes les deux garde de corps ont eu depuis un traitement différend depuis leur arrestation en février 2016 . Tandis qu’Amadou SOW était choyé par le couple Dalein, Alghassimou n’a eu droit qu’à l’indifférence de la part de ses patrons. Son volte-face devant la barre interpelle la justice pour assurer la sécurité de sa famille devant d’éventuelles représailles et menaces…

 

Aux alentours de 16H30, le Président du tribunal interrompt l’audience pour la reporter au 09 octobre prochain. Il justifie cet agenda en informant que les audiences criminelles n’ont lieu que les lundis et que le lundi 02 octobre est férié .

Ousmane Kandé de Guinéeinfomonde.com

 

Des racines du terrorisme en Afrique de l’Ouest

 

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Le lundi 14 août, Ouagadougou s’est réveillé dans la douleur et l’indignation avec le décompte macabre de 19 victimes fauchées par le terrorisme. Il en était de même en janvier 2016 avec 30 tués au café cappuccino et à l’hôtel Splendid de la capitale du Faso . Cette vague de tueries place le Burkina dans la ceinture de feu du terrorisme djihadiste qui part de la Mauritanie à l’ouest pour atteindre les confins de la Corne de l’Afrique à l’est. Le Mali, la République Centrafricaine, le Soudan du Sud et la Somalie sont devenus peu ou prou des épicentres de violences qui leur ont fait douter de leur souveraineté. Rares sont les Etats africains qui ne sont pas affectés par des éruptions de barbarie quelle soit de nature terroriste ou guerrière .

 

Cette dramatique situation nous interpelle. Dans cette rubrique Entretiens sur www.bahoury.com  avec M.BAH Oury nous passons en revue ses réflexions sur ce nouveau fléau qui endeuillent nos pays et nos familles. Cette rubrique permet également, d’expliciter notre propre approche des problèmes qui sont les nôtres. En effet le développement d’une pensée neuve est indispensable afin d’esquisser des pistes de solutions pour envisager l’avenir de nos pays et de nos populations autrement.

 

 

Bahoury.com : L’actualité internationale est régulièrement ponctuée par les attentats à caractère terroriste « djihadiste » : votre première réaction.

 

BAH Oury : D’abord c’est avec une profonde consternation que nous assistons à ces tueries qui déciment des familles pour semer la terreur et la haine dans leur sillage. Les attentats terroristes ont toujours été présents dans l’histoire moderne. Nous sommes toutefois éloigné des thèses anarchisantes du XIXème siècle. La globalisation du monde aujourd’hui est telle que des simplifications sommaires amènent à utiliser le même mot pour désigner des réalités proches dans leur manifestation à savoir l’utilisation de la violence aveugle contre des populations innocentes ,mais dont les racines sont dissemblables et éloignées. Par exemple , l’Europe Occidentale subit dans son territoire les contrecoups et les prolongements de la crise proche orientale. Ce qui est différent en Afrique de l’ Ouest ou plus exactement dans le Sahel.

 

Bahoury.com : Donc selon vous chaque région du globe en proie à la violence terroriste présente des spécificités particulières.

 

BAH Oury : Bien entendu ! C’est une évidence. En effet de la même manière que nous ne pouvons pas faire pousser le riz en plein désert , chaque phénomène social pour se développer a besoin d’un terreau propice. Le terrorisme djihadiste en Europe est à cet égard une expression périphérique de la violence malgré le caractère terrifiant plein d’horreur que la sur-médiatisation présente comme réalité centrale et dominante de la société. Comme dans les années 70 et 80 avec des cellules comme les Brigades rouges en Italie, la bande à Baader en Allemagne, Action Directe en France, et les actions de détournements des avions des fédayins pro-palestiniens ,les Etats Européens ont les moyens de venir à bout du terrorisme qui les prend pour cibles. La raison est simple. La cohésion des sociétés européennes, est une réalité profonde ,façonnée par les épreuves historiques, unifiée par le partage de valeurs qui ont transcendé les différences ethniques ,religieuses et politiques. C’est pour cela que je considère la violence terroriste dans ces pays comme périphérique. Il en est autrement ailleurs.

 

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Bahoury.com : Soyez plus explicite s.v.p. ! 

 

BAH Oury : Les méfaits du terrorisme djihadiste au Pakistan, en Afghanistan, et au Proche et Moyen-Orient sont incalculables aussi bien sur le plan humain et matériel. Les victimes se comptent en plusieurs milliers . Le vocable terrorisme est d’ailleurs faible pour définir ce qui en réalité s’assimile à une « guerre civile confessionnelle » entre chiites et sunnites. Dans cette lutte fratricide, les musulmans se comptent parmi les plus nombreux des victimes. Dans cette partie du monde l’appartenance à une confession religieuse est la première référence d’identification de l’individu . En plus le fondement religieux est la légitimité fondamentale de la construction étatique. Dans ce contexte où le printemps arabe a secoué les fondements étatiques il n’est pas étonnant d’assister à ces déchirures qui divisent le monde arabe. La disparition idéologique du progressisme proche oriental comme les mouvements du panarabisme de Nasser, les dérives dictatoriales des régimes laïcs en Egypte, en Syrie et en Irak et le triomphe aussi bien en Iran qu’en Arabie Saoudite des fondamentalistes chiites d’une part et wahhabites d’autre part ont accentué les clivages et les contradictions au sein de la société. Aucun pays dans cette région y compris Israël n’est épargné par la résurgence du fondamentalisme religieux avec comme corollaire la montée du radicalisme politique, l’effacement des courants laïcs et démocratiques et le renforcement de l’extrémisme et de l’intolérance. D’où la multiplication des conflits asymétriques !

 

Bahoury.com : Que dites-vous de la persistance du terrorisme dans le Sahel …

 

BAH Oury : D’abord il est important de noter que les attaques terroristes dans le Sahel ont tendance à s’étendre . Cela aggrave le contexte sécuritaire dans la région. Ainsi nous devons prendre conscience du danger que cela représente pour la stabilité de notre région, car il ne pourra pas y avoir de développement économique et social dans un tel contexte. La logique terroriste vise à étendre l’espace d’in-gouvernabilité afin d’y faire prospérer le non-droit pour le triomphe de leur ordre politique. La destruction des vestiges culturels et religieux de Tombouctou ,ville carrefour de civilisations et de populations pluriethniques et berceau d’un islam multiséculaire, ouvert et tolérant traduit le rejet à la fois de la modernité , des traditions et des croyances des populations. L’instrumentalisation à outrance de la violence pour imposer un retour aux pratiques d’un islam « mythique » est une fausse réponse à des interrogations et des réalités pertinentes et fondamentales.

 

Bahoury.com : Comment en est on arrivé là …

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BAH Oury : Les causes premières ou directes sont connues. Elles sont liées à la crise libyenne qui, depuis 2011 a été un puissant facteur déclencheur libérant ainsi des forces puissantes de déstabilisation de la région. En effet le régime du Colonel Kadhafi disposait d’un arsenal militaire impressionnant. Ce matériel a été disséminé dans tout le sahel par des réseaux de trafics d’armes et de drogue, alimentant ainsi des zones de conflits de faible intensité qui prirent ainsi une dimension plus grande. Kadhafi avait aussi entretenu pendant plusieurs décennies des armées issues de plusieurs nationalités africaines avec une prédominance de sahéliens aguerris et vivants peu ou prou de la rente sécuritaire et guerrière. L’éclatement de l’Etat libyen a charrié chez ses voisins au Sud et en Tunisie cette main-d’œuvre prompte à s’engager dans des activités lucratives de mercenariat et de trafics.

La crise algérienne et la guerre impitoyable que les forces de sécurité et les milices « islamistes » se sont livrées pendant toute une décennie ont généré également les noyaux djihadistes qui se sont installés dans des contrées périphériques du Sahel.

Ces deux causes ont toutefois trouvé un terreau propice pour essaimer dans la région.

 

Bahoury.com : En quoi le Sahel présente t-il un terreau propice pour l’implantation de réseaux djihadistes … ..

 

BAH Oury : La pauvreté en est un déterminant social majeur. Mais il n’est pas suffisant pour expliquer que du jour au lendemain des jeunes gens paisibles, nourris d’une tradition de tolérance et élevés pour la majorité dans la pratique religieuse de la confrérie soufie la Tidjaniyya ,se laissent subjuguer par une doctrine « éradicatrice et violente ». Il est également important de noter que ces mouvements terroristes ont pu s’épanouir dans des zones où prévaut des antagonismes ethniques ,sociaux et territoriaux sous-jacents, comme le Nord du Mali, la région d’Agadès au Niger , les sud algérien et libyen où existe une revendication autonomiste touareg depuis plusieurs décennies. L’entrisme politique a permis aux courants djihadistes d’orienter progressivement les frustrations collectives quelles soient de nature sociales, économiques et politiques vers leurs thèses globalisantes et absolues comme l’unique alternative sanctifiée par le sacré. C’est la méthode qui a été utilisée en Afghanistan pour en faire le sanctuaire de Alqaïda. C’est aussi le même mode opératoire qui est en œuvre au Nord du Mali et en Somalie.

 

Bahoury.com :Existe t’il d’autres facteurs qui expliquent la facilité avec laquelle les réseaux djihadistes se sont imposés dans certaines parties du Sahel….

 

BAH Oury : Les Etats en déliquescence sont les espaces territoriaux où prospèrent aussi bien les réseaux maffieux que djihadistes . Le Nord du Mali ,la Somalie , la région du Lac Tchad et la République Centrafricaine en sont une parfaite illustration. Les Etats fragiles tels que les définit l’index des « Etats en déliquescence » du think tank américain Fund for Peace sont parmi les plus fragiles face à cette vague de développement du terrorisme. A cet égard , la zone du Sahel présente toutes les caractéristiques à savoir, mouvements massifs de réfugiés et de déplacés internes, cycle chronique de conflits intercommunautaires , persistance de fortes inégalités de développement ,criminalisation et de-légitimation de l’Etat du fait de la corruption ,culte de la violence généralisée contre les droits de l’homme et absence notoire des services publics de base( indicateur annuel : the failed states index).

 

Bahoury.com :A l’aune de l’observation et de la durée des gouvernances africaines, quels sont les enseignements que vous tirez de la déstabilisation du Sahel…

 

BAH Oury : La faillite de la construction de l’Etat postcolonial est la source des multiples maux qui gangrènent les sociétés africaines au sud du Sahara. En 1962, la parution de « L’Afrique Noire est mal partie » du célèbre agronome français René Dumont fut accueillie avec condescendance et mépris par les élites africaines de l’époque. En 2007, un rapport de la Banque Mondiale lui rendit hommage sous la forme d’un mea culpa en bonne et due forme. Le rapport a reconnu que l’agriculture avait été négligée comme facteur de développement alors que 75% des populations les plus pauvres habitent les zones rurales. Ainsi l’accès à la terre ,à l’eau et à l’éducation des paysans n’avait pas retenu l’attention des experts du développement pendant très longtemps. Le modèle de développement choisi dés l’accession à l’indépendance avait déserté les préoccupations essentielles de la majorité de la population d’origine rurale et agricole pour privilégier les pratiques rentières aussi bien sur l’économique que sur le politique. Il y a eu une double conséquences qui ont impacté profondément la construction de l’Etat et l’évolution des sociétés africaines post coloniales. D’abord c’est le divorce entre l’Etat et la Société Civile et son corollaire l’édification d’un Etat néo-patrimonial avec une corruption institutionnalisée. La combinaison de ces deux facteurs et une pression démographique de plus en plus forte aggravée par les effets néfastes du changement climatique ( manque d’eau , manque de pâturages fertiles et avancée du désert du fait des sécheresses récurrentes)ont transformé la bande sahélo sahélienne de l’Atlantique à la Mer Rouge et la Centrafrique en un brasier de violences et de haine.

 

Bahoury.com : Qu’entendez-vous par divorce de l’Etat et de la Société Civile ….

 

BAH Oury : Les Etats postcoloniaux francophones pour la plus part ont calqué leurs institutions en faisant fi des cultures politiques traditionnelles . En d’autre terme la construction étatique s’est faite en dehors de la société civile. Les populations ont été de ce fait déchirées entre la dualité de deux modes de gouvernance différentes et dés fois opposés. Certains pays ont su malgré tout maintenir un équilibre « intelligent et pragmatique » comme au Sénégal. Dans ce pays , le Président Senghor , fidèle à la nécessité d’opérer la synthèse entre les traditions et la modernité à engager son pays dans la voie de la stabilité et de la pérennité de ses institutions. En effet, la résilience de la société repose sur le degré de légitimité de l’ordre politique. Celle-ci est d’autant plus grande que la bonne gouvernance peut l’accroître en faveur du gouvernement renforçant ainsi la gouvernabilité. Qui dit gouvernabilité ,suppose l’existence d’un cadre institutionnel politique ,solide et capable d’interactions pour l’atteinte de l’intérêt général. Les réflexes d’auto-défense d’une société font appel aux mythes du passé, au sacré idéalisé, aux identités communautaires spécifiques et aux relents conservateurs et hostiles à toute autre diversité. Voyez comment un long conflit politique en RCA s’est vite mué en une conflagration meurtrière entre chrétiens et musulmans. Observez la descente aux enfers de la RDC –Congo où les sectes armées pullulent comme le Bundu Dia Kongo qui prône la réhabilitation de l’héritage spirituel et historique des grands ancêtres, les Kimbanguistes ,les partisans de Kamuina Nsapu etc…Les représentations politiques classiques (partis politiques, associations de la société civile, syndicats) disparaissent peu à peu de la scène en assistant impuissants à la confrontation chefs coutumiers à la tête de sectes armées et les forces de l’ordre. Cette tragique décomposition des structures de l’Etat et de la faillite de la représentation politique précipitent ce grand pays vers une in-gouvernabilité désastreuse pour toute l’Afrique centrale et des grands lacs . Ces exemples prouvent la nécessité d’accorder un regard plus attentif sur les relations ambivalentes entre Etat et Société Civile.

 

Bahoury.com : Votre conclusion s.v.p.

BAH Oury : La réponse sécuritaire est loin d’être suffisante pour lutter contre les vagues djihadistes en Afrique de l’Ouest. La remise à l’endroit de la construction étatique est au cœur de la problématique de la gouvernabilité et du développement. Cela interpelle la gouvernance globale qui mérite d’être orientée vers la satisfaction des intérêts du plus grand nombre tout en assurant une juste et démocratique représentation de tous les secteurs de la société. Aller dans ce sens, ce sera l’amorce d’un nouveau départ vers le progrès et une cohésion durable entre tous.

Bah Oury : « Cellou Dalein n’a pas montré de réelles capacités à fédérer… » (interview)

 

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TOULOUSE-Bah Oury vient de s’exprimer sur la crise qui secoue actuellement l’opposition républicaine. Dans cet entretien accordé à notre rédaction, l’ancien exilé politique a également donné son point de vue sur les manifestations de rues projetées par Cellou Dalein Diallo et ses pairs. Lisez ! Exclusif.

Africaguinee.com : L’opposition républicaine se fissure de plus en plus. Nous venons d’assister en son sein à la création d’une nouvelle alliance dénommée « front pour l’alternance démocratique ». Comment observez-vous cette situation

BAH Oury : Cette situation était prévisible, car il s’est avéré que le « chef de file de l’opposition » n’a pas montré de réelles capacités à fédérer ni à ressembler toutes les sensibilités de l’opposition démocratique guinéenne. Il a toujours tendance à tout ramener à sa personne et par conséquent le concept « d’opposition républicaine » ne peut pas continuer comme tel. Dans un premier temps la création du FAD traduit avant tout l’isolement croissant de Cellou Dalein dans l’échiquier politique national. Dans un second temps la fissure au sein de l’opposition républicaine sonne le glas d’une certaine manière de faire la politique en Guinée. Les militants et la population en général sont devenus plus rationnels dans leur expression politique. Ils veulent être convaincus par la pertinence des idées et des projets qui leurs sont proposés. Ils veulent savoir si ces démarches vont contribuer à tirer la Guinée hors de l’eau. Le temps où il suffit de dire « je suis de telle ethnie ou de telle région, alors suivez moi » est révolu. Un nouveau moment politique est en train d’émerger.

Nous assistons à la fin d’un cycle politique né avec l’indépendance qui est caractérisé par l’esprit du parti unique  et dont le culte de la personnalité, l’absence de démocratie, la violence, et la mal-gouvernance sont les corollaires. Les Cellou Dalein et consorts sont les tenants de ce monde qui s’effondre. Ce n’est pas tout à fait fini mais la chute est irrémédiablement amorcée.

La quête d’une nouvelle offre politique est engagée car tout le monde est conscient que le temps du réel changement qualitatif est proche. Le FAD s’inscrit dans cette approche d’épouser le tournant pour ne pas être entrainer dans le sillage du dépérissement politique du « chef de file de l’opposition ».

Question 2 : La même opposition projette une marche le 02 août prochain dans un contexte où plusieurs leaders de l’opposition (plurielle) remettent en cause l’efficacité des manifestations de rues. Quel est votre avis? 

Ceux qui remettent aujourd’hui en cause l’efficacité des manifestations de rues ont totalement raison. En réalité la manifestation de rue n’est qu’un moyen pour atteindre un objectif politique précis. Le vrai problème est autour de l’objectif recherché. Les motivations pour l’organisation de ces manifestations sont troubles. Par exemple la manifestation d’août 2016 n’avait pour but que de permettre au « chef de file de l’opposition » de renouer officiellement avec l’exécutif guinéen car il était dans l’impasse du fait de « la non-reconnaissance de l’élection de M. Alpha Condé ». Cette manifestation lui a permis de négocier les avantages alloués au « chef de file. L’utilisation de l’UFDG comme bouclier et ses militants comme de la chair à canon est comprise désormais par une forte majorité de la population. Les jeunes ont maintenant compris qu’ils ont été pendant longtemps instrumentalisés pour permettre à une petite poignée d’individus de s’enrichir sur le dos des populations. Ils ont maintenant compris.

Ceci dit les autorités politiques en situation de responsabilité doivent être attentives aux complaintes de la population et aux désespoirs longtemps contenus des jeunes. La disparition progressive d’un certain type d’acteurs politiques ne signifie nullement que les raisons de la colère n’existent plus. Les guinéens aspirent à un mieux être et à plus de justice sociale. Mais ils refuseront désormais de foncer têtes baissées pour répondre aux appels de n’importe quelle sirène démagogique. Cette nouvelle réalité amène ceux qui aspirent à peser dans l’avenir du pays à en tenir compte.

Vous comptez prendre part aux élections locales en présentant des listes. Comment comptez-vous vous y prendre quand on sait que vous êtes en bataille judiciaire avec la direction de l’UFDG qui vous a exclu du parti? 

La bataille judiciaire  que la direction de Cellou Dalein a engagée contre moi, finira très bientôt par la grâce de Dieu. Nous nous préparons à participer pleinement  aux élections communales avec ou sans l’UFDG telle qu’elle est configurée actuellement. De ce point de vue nous sommes totalement sereins.

Où en êtes-vous dans la campagne de collecte de fond? 

Nous sommes en train de parfaire notre organisation pour être plus efficace dans la campagne de collecte. Le ramadan a ralenti la campagne de collecte. Le trésorier M. Sacky Camara  engagera plus activement ses équipes dans peu de temps, car nous n’avons pas de temps à gaspiller.

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

Créé le Samedi 08 juillet 2017 à 12:15

JUSTICE POUR LE JOURNALISTE ASSASSINE MOHAMED KOULA

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Depuis le 05 février 2016, l’opinion nationale et internationale attend avec impatience le procès de l’assassinat aux abords du siège de l’UFDG du journaliste Mohamed Koula DIALLO. Les circonstances et les motivations de ce crime odieux doivent être explicitées par la justice de la manière la plus transparente, équitable et en conformité aux principes du droit pour protéger à la fois la présomption d’innocence des prévenus mais également rendre justice aux victimes.

 

Depuis un an et demi, Amadou Sow et Alkhassimou Keïta les deux gardes de corps de Cellou Dalein DIALLO sont incarcérés à la prison centrale de Conakry. Ils sont pour l’un inculpé pour assassinat et pour le second pour complicité d’assassinat. Le troisième inculpé est le chargé de communication de Cellou Dalein DIALLO, Souleymane BAH Thiaguel qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt international. En fait si l’un a été le tireur, les deux autres n’ont été que de simples rouages dans un dispositif planifié pour tuer le fondateur et 1er Vice-Président de l’UFDG. Les concepteurs de ce plan machiavélique sont connus. Il est du ressort de la justice à travers un procès équitable de les confondre aux yeux de l’opinion nationale et de la communauté internationale.

 

Inquiets sur l’issue d’un procès où leur responsabilité est d’ores et déjà manifeste, les commanditaires de la tuerie, usent de leurs positions politiques et aussi de la manne financière que généreusement le Gouvernement guinéen a mis à leur disposition pour tenter de corrompre et de soudoyer toutes les personnes peu ou prou liées à cette affaire. Avant d’en arriver à cette stratégie, les commanditaires avaient tenté de faire taire toutes les personnes peu dociles à leurs yeux comme Alphadio Wanidara. Ce dernier aussi inculpé dans cette affaire pour coups et blessures s’est éloigné du couple Cellou Dalein DIALLO et a été sauvé in extrémis d’une tentative d’assassinat. Là aussi les personnes incriminées comme étant les auteurs de l’agression sont des éléments de l’entourage immédiat du Président de l’UFDG. C’est en connaissance de cause que j’avais déjà alerté par écrit le procureur général de la cour d’appel de Conakry et le ministre d’état chargé de la justice des risques qui pèsent sur la sécurité de toutes les personnes citées dans ce dossier car des tentatives d’éliminations de témoins gênants pourraient êre engagées. Jusqu’à présent la vigilance doit rester de mise.

 

L’organisation de manifestations politiques sous le prétexte fallacieux « de dénoncer le pouvoir de M.Alpha CONDE » est la stratégie cynique qui a toujours prévalue. L’objectif est de faire pression sur les autorités politiques pour que celles ci neutralisent l’action judiciaire en cours. C’est ainsi que des manifestations ont été organisées pour que « le chef de file de l’opposition obtienne des avantages financiers disproportionnés » en août 2016 et renoue officiellement le contact avec le Chef de l’exécutif. Cette manifestation avait coûté la vie au jeune Thierno Hamidou DIALLO tué d’une balle tirée par un capitaine de la police (ce dernier a été déféré) mais depuis lors aucune action significative pour faire la lumière n’a été perçue. Aujourd’hui le même stratagème est engagé. L’évidence saute aux yeux, ces menaces de manifestations ont pour but d’amener le pouvoir à repousser aux calendes grecques le procès de l’assassinat du journaliste Mohamed Koula DIALLO.

 

La philosophie de cette histoire prouve le détournement de « supposées causes publiques » à des fins essentiellement personnelles. Dans le jargon populaire cela s’appelle le banditisme. Ainsi l’autorité de l’Etat est directement interpellée. Comment justifier sous le couvert de droit constitutionnel des manœuvres politiciennes pour soustraire de la justice des commanditaires d’un crime contre un journaliste dans l’exercice de sa fonction ! L’impunité doit cesser afin que la justice puisse triompher.