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Interview exclusive de Bah Oury: ‘’L’UFDG souffre d’un déficit de leadership’’

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Le rappel à l’ordre du parti, son tête-à-tête avec Alpha, l’exclusion de ses proches, son rapport avec Dalein, ses préoccupations actuelles, Bah Oury dit tout.

Dans une interview exclusive qu’il a accordée à Guinéenews à partir de Paris et qui intervient juste après avoir reçu un avertissement de la part du conseil politique de son parti, Bah Oury l’un des Vice-président et fondateur de l’UFDG aborde dans son habituelle liberté de ton qui le caractérise tous les sujets d’actualité, intéressant aussi bien son parti que ses relations avec le président de la République. Lisez !

Guinéenews : Comment réagissez vous à l’avertissement que la Direction de votre parti, l’UFDG vient de brandir à votre égard ?

 

BAH Oury : Sur le plan humain, c’est un coup de poignard porté au cœur. Sur le plan politique, c’est la confirmation de ce que je savais depuis un certain temps, à savoir que c’est dans mon propre camp que les adversités à mon égard se manifestent avec plus de haine. Toutefois j’ai le privilège de bénéficier du soutien massif et large des militants de l’UFDG. C’est cela qui explique la panique d’un certain directoire, qui ne se gêne point pour ternir l’image et la réputation de l’UFDG. Malgré tout, j’ai le dos large car le sens que je donne à ma vie transcende mon propre moi.

 

Guinéenews: Que dites-vous des récentes exclusions du parti de certains cadres jugés proches de vous ?

 

BAH Oury : Au delà de mes proches, Lamine Keita et Mamadou Barry qui ont été exclus et Lamine Diallo suspendu, c’est une idée de la démocratie et de la liberté qui est ainsi agressée. Ces sanctions injustifiées, ciblées et illégales au regard des statuts et du règlement intérieur ont pour objectif d’étouffer le débat interne et refuser l’indispensable changement du leadership.

 

Guinéenews : Presqu’un mois après votre tête-à-tête à Paris avec le président Alpha Condé, peut-on savoir ce que vous vous êtes  concrètement dit ?

 

BAH Oury : Notre entretien du 31 octobre 2015 a eu pour unique sujet la nécessité d’une amnistie en faveur des détenus politiques et des exilés. Le président Alpha Condé a exprimé sa volonté d’aller dans le sens de la décrispation politique et de l’apaisement pour l’intérêt national. J’adhère totalement  à cette démarche car c’est le pays tout entier qui y gagnera.

 

Guinéenews : A quelles conditions vous êtes prêt à faire la paix avec le président Condé et à participer à une future équipe gouvernementale au cas où il vous tendait la main dans ce sens ?

 

BAH Oury : M. Alpha Condé est le président de la République de Guinée. Il gouverne notre pays et il est en situation de responsabilité. Par conséquent il est l’interlocuteur incontournable et privilégié avec qui il faut parler des problèmes de la Guinée et d’envisager des solutions de sortie de crises.  Que nous pussions nous retrouver en tête-à-tête pour discuter de ce que nous avons en commun à savoir la Guinée est salutaire. Pour le reste, mes préoccupations actuelles  sont de deux ordres, la situation des détenus et mon retour au pays pour m’occuper de ma maison qu’est l’UFDG.

 

Guinéenews : Que répondez-vous à vos détracteurs qui vous accusent d’être téléguidé par le pouvoir en vue  d’évincer Dalein à la tête de l’UFDG et de le remplacer éventuellement? 

 

BAH Oury : Mes divergences avec Cellou Dalein ne datent pas d’aujourd’hui. Mes critiques à l’encontre de sa gestion du parti, de ses stratégies qui se sont révélées à l’aune de la durée, désastreuses pour l’UFDG et du peu de cas accordé aux victimes sont connues de tout le monde. Ainsi la perspective d’un retour proche d’exil de BAH Oury affole certains milieux. C’est la principale raison de cette campagne indigne et calomnieuse à mon égard. Ceci dit, il est clair que l’UFDG  souffre d’un déficit de leadership que nous entendons corriger avec l’aide de Dieu.

 

Entretien réalisé par Camara Moro Amara 

Panique à bord, le Directoire de Cellou Dalein exclut Lamine Keita

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Le Directoire de Cellou Dalein DIALLO continue la purge des cadres de l’UFDG qui sont critiques à l’égard de la gouvernance actuelle du parti. Après Mamadou BARRY ,c’est le tour de Mohamed Lamine Keita ,chargé de la communication de la Fédération UFDG en France d’être « guillotiné ». Lamine DIALLO ,secrétaire fédéral de l’UFDG écope quant à lui d’une suspension.

Quels sont leurs crimes ? Rappelons les faits.

  • Lamine DIALLO a condamné dans sa déclaration publique du 17 octobre 2015 , une campagne orchestrée par quelques proches de CDD , pour confectionner des motions de « soutien inconditionnel à Cellou Dalein DIALLO » au nom de toutes les fédérations du parti. Cette opération a été initiée pour empêcher le débat démocratique au sein du parti pour évaluer les responsabilités politiques du débâcle électoral, l’adoption de stratégies improductives et inappropriées qui ont mené l’UFDG et l’opposition démocratique dans l’impasse et l’abandon des intérêts des militants emprisonnés, exilés ou tués. Alors que le Directoire comptabilisait « fièrement » les motions de soutien , la déclaration de Lamine DIALLO a été considéré comme un crime de lèse-majesté.
  • Mamadou BARRY, au cours de l’assemblée générale hebdomadaire au siège du parti du 30 octobre 2015 , obtient difficilement la parole pour évoquer les raisons de l’échec électoral du 11 octobre et pointe du doigt la responsabilité de quatre proches de CDD dans cette défaite (ndlr Aliou CONDE, Kenda DIALLO, Bano SOW et El hadj Abdoulaye Diouma). Le micro lui est arraché et il fut bousculé . Gardant son sang froid il réussit à maintenir le calme parmi ceux qui nombreux l’avaient applaudi.
  • Lamine Keita a répondu vertement par voie de presse à Chérif Fadiga le tout nouveau porte-parole de CDD qui, avait traité le 1er Vice-Président du parti , M. BAH Oury de tous les noms d’oiseaux dans des communications radiophoniques à Conakry. Aucune sanction pour Fadiga mais pour Lamine Keita selon Hadyatou Djinkan la secrétaire fédérale de l’UFDG en France «  Lamine a manqué de respect à un cadre dirigeant du parti , donc il mérite une sanction sévère». Ceci explique cela.

Ces sanctions sont elles conformes aux statuts et au règlement intérieur du parti ?

El hadj Abdoul DIALLO ,membre du Conseil Politique a désapprouvé les sanctions infligés à ces cadres dans la forme et dans le fond. Sa lettre au Conseil Politique ,qui a fait l’objet d’une large diffusion a démontré l’illégalité de ces mesures prises par un conseil qui n’est pas habilité par les statuts à prendre de telles décisions en lieu et place du Bureau Exécutif d’une part et les motifs évoqués ne sont pas recevables d’autre part. Quid alors sur ceux qui disent « le linge sale doit se laver en famille » ! Chéri Fadiga a déclaré publiquement « Nous avons la liste de tous ceux qui sont proches de BAH Oury, nous avons mission de leur régler leur compte » . Verra bien qui vivra !

 

Cette boulimie de sanctions distribuées par ci par là exprime la panique au sein d’un Directoire qui   sacrifie le parti au profit de leurs intérêts propres.  C’est le lieu et le moment de  dire que  notre détermination est sans faille et que le processus qui est engagé qui vise la refondation de notre parti ira à son terme. L’UFDG vivra contre vents et marées !

 

Conakry le 26 novembre 2015

 

 

L’équipe  communication du 1er Vice-Président de l’UFDG

Pour la Guinée

Amadou Mouctar DIALLO

El hadj Abdoul Diallo de l’UFDG : « Cellou Dalein Diallo doit tirer les leçons politiques de ses échecs… » (Interview)

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CONAKRY- Que se passe t-il au sein de la principale formation politique de l’opposition guinéenne ? L’Union des Forces Démocratiques de Guinée fait face à une crise sans précédent depuis la fin du processus électoral qui a conduit à la réélection d’Alpha Condé à la tête de la magistrature suprême du pays. El hadj Abdoul Diallo, membre du Conseil politique de l’UFDG, conteste des décisions prises au sein de sa famille politique. Sans tabou, ce membre fondateur de l’UFDG revient sur les raisons de « l’échec répété » de son parti aux dernières consultations électorales. Dans cette interview exclusive qu’il nous a accordée, El hadj Abdoul Diallo adresse un message au président de son parti Cellou Dalein Diallo. Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : El hadj Abdoul Diallo bonjour !

EL HADJ ABDOUL DIALLO : Oui bonjour !

Vous contestez deux décisions prises par votre formation politique à l’encontre de deux responsables du parti. Qu’est-ce qui motive cette prise de position ?

Nous avons fait les élections présidentielles le 11 octobre 2015. Tous les militants et responsables de l’UFDG se sont battus pour ces élections. Des responsables et militants ont fait la campagne présidentielle pour le candidat du parti. Ces mêmes responsables et militants ont voté le 11 octobre en donnant leur voix au  candidat du parti. Comment peut-on expliquer humainement d’abord, moins d’un mois après ces élections, l’organe politique du parti, le conseil politique et le président du parti lui-même signent des suspensions et des  exclusions de cadres et militants du parti ? On a affaire à des pères de famille, à des cadres, à des responsables qui se sont battus dans ce parti avant même la plupart de ceux qui ont siégé et ont pris cette décision y compris le Président du parti lui-même.

Depuis 1986 Monsieur Lamine Diallo (Fédéral de l’UFDG en Allemagne, Ndlr) dont il s’agit, qui a été suspendu se bat sur le plan politique. Depuis l’UNR, Monsieur Mamadou Barry est cadre dirigeant ensuite  il est devenu cadre dirigeant de l’UFDG. Il se bat, il conteste certaines décisions, il fait des critiques objectives qui peuvent faire avancer le parti si on veut avoir un parti démocratique au sein duquel il y a débat. Malheureusement ce n’est pas ça. Aujourd’hui, on humilie des cadres, des responsables qui se sont battus, qui ont tout donné pour ce parti. Ces gens là contribuent  pour le parti, ce n’est pas le parti qui leur donne leur moyen de vivre. Au contraire, ils paient leur cotisation, ils font des actions de mobilisation pour  le parti. Malheureusement, toutes ces actions qui ont été déployées par ces millions de militants de l’UFDG se sont évaporées parce que la direction du  parti n’a pas su prendre les décisions et les positions politiques qu’il faut au moment où il le faut.

On estime pourtant que les comportements de ces cadres qui ont été suspendus font entorse aux statuts du parti. On accuse par exemple Monsieur Mamadou Barry de récidive. Qu’en dites-vous ? 

Monsieur Barry a voulu faire une déclaration, on le lui a refusé. Comment voulez-vous que dans un parti démocratique, qu’on ne permette pas aux militants qui ont des droits, de s’exprimer librement sur des questions politiques ?  S’il y a des gens qui ont des avis contraires, on leur donne la parole, qu’ils s’expriment aussi. Mais là, c’est parce que tout simplement, ce qu’il dit ne plait pas à ceux qui dirigent aujourd’hui le parti. Voilà pourquoi on l’a exclue. C’est simplement pour ses points de vue politiques, c’est parce qu’il est critique, il est connu pour ça. Je l’ai dit dans ma déclaration. Tout le monde le connait. Donc, il faut le respecter dans sa personnalité, dans sa conviction politique. On ne peut pas lui demander de faire ce qu’il ne veut pas.

Vous qui êtes un des membres du Conseil politique, à part cette déclaration que vous avez publiée qu’entendez-vous faire pour Monsieur Barry qui, jusqu’à preuve de contraire est exclu du parti ?

Le conseil politique dit qu’il (M. Mamadou Barry) est exclu, mais lui-même considère qu’il n’est pas exclu. Et personne ne peut l’exclure de l’UFDG. Il restera militant de l’UFD, il restera cadre de l’UFDG. On ne peut le lui empêcher. On peut ne pas lui donner des fonctions, mais il a la conviction, il partage les idéaux de l’UFDG. Donc, il restera UFDG.

Que répondez-vous alors à Monsieur Chérif Fadiga porte-parole du parti qui dit que vous ignorez les statuts du parti et que d’ailleurs vous n’êtes pas membre du conseil politique ?

C’est une insulte au Conseil politique et à la Direction du parti parce qu’au dernier congrès, je figure bien parmi les membres du Conseil politique, comme lui. S’il l’ignore, il n’a qu’à revoir les résolutions du Congrès tenu en août dernier. Ensuite il estime que je ne connais pas les statuts du parti. Si vous regardez l’exclusion de Monsieur Barry Mamadou, on fait allusion à l’article 11 du parti, c’est bien la perte de la qualité de membre. Et l’article 45 du règlement intérieur n’a rien à voir avec les sanctions disciplinaires au sein du parti. Il parle des commissions techniques. Donc s’il y a quelqu’un qui ignore les statuts et le règlement intérieur du parti, ou qui conteste ma nomination comme membre du Conseil politique, ce sont eux. Je suis membre du Conseil politique en vertu des résolutions prises lors du congrès. L’article 45 du règlement intérieur fait allusion aux commissions techniques et non aux sanctions disciplinaires.  C’est lui  qui ignore ça, ce n’est pas moi.

Pourquoi c’est maintenant que vous contestez ces décisions alors qu’elles ont été prises il ya plusieurs semaines de cela ?

Les sanctions sont intervenues il y a quelques semaines, certes, mais j’étais en train de voir s’ils peuvent revenir à la raison, s’il y a des esprits éclairés qui allaient faire comprendre à mes collègues que je respecte par railleurs, que ces décisions de sanction et d’exclusion ne sont pas des mesures politiques  appropriées actuellement. Nous sortons des élections présidentielles, des militants et des cadres se sont engagés et ont voté pour le candidat du parti. Comment peut-on pour les remercier les suspendre ou les exclure ? Humainement, il faut que ces gens-là aient un minimum d’empathie à l’égard des militants et cadres du parti qui se battent nuit et jour pour développer le parti et le faire grandir. On ne peut pas accepter de fermer la bouche et ne rien dire face à cette situation. Puisque c’est comme ça qu’une dictature nait. Comme on est un parti démocratique, il faut intervenir pour que la culture démocratique revienne et que le débat démocratique s’instaure au sein du parti et non en dehors.

Si à chaque fois  que  quelqu’un intervient on le suspend ou on l’exclue, les gens seront obligés de s’exprimer en dehors du parti. Nous voulons que l’UFDG qui est un grand parti, ait des dirigeants qu’il mérite, qui l’honorent, qui font sa fierté, qui respectent ses militants et ses cadres. Nous ne voulons pas des dirigeants qui excluent  et qui suspendent  à tout bout vent les militants et les cadres.

On vous accuse d’être un pion de Bah Oury  qui est en froid avec Cellou Dalein Diallo. Qu’en dites-vous ?

Je ne suis ni homme de Cellou Dalein Diallo, ni homme de Bah Oury. Je suis membre de l’Union des Forces démocratiques de Guinée. Et à l’UFDG, on dit qu’on est derrière un idéal et non derrière un individu. Je n’ai pas de permission à prendre devant qui que ce soit pour intervenir sur le plan politique. Depuis 1986, on s’est battu dans le cadre des droits de l’Homme, on a soutenu le mouvement estudiantin. Ensuite on a créé un parti politique, on a siégé au forum démocratique national. Après la catastrophe intervenue à l’UPR, on a accueilli le doyen Bah Mamadou, ensuite Dr Saliou Béla Diallo, et ce fut le tour de Monsieur Cellou Dalein Diallo d’être accueilli. Par respect pour le doyen Bâ Mamadou qui a accepté de prendre le titre de président d’honneur, Monsieur  Cellou Dalein a été élu par consensus, président du parti par un congrès un an après. Nous sommes heureux d’être membres de l’UFDG, nous sommes heureux de voir qu’aujourd’hui, ce parti que nous avons créé en 1990 est devenu la première force politique du pays.

Si nous avions des dirigeants  qui pouvaient ou qui avaient osé prendre  des positions politiques audacieuses, c’est l’UFDG qui serait aujourd’hui au Pouvoir. Je vous rappelle qu’en 2010, il y a eu au moins quatre mois entre le premier et le  second tour de l’élection présidentielle. Il y  a  eu un vol  d’ordinateurs à la CENI (Commission électorale nationale indépendante, Ndlr), on a brûlé des documents au camp Samory, on a chassé pour la première fois des guinéens dans une région du pays, mais on est allé les  bras croisés calmement au second tour pour perdre contre quelqu’un qui avait 18% alors que nous avions 44%. Comment ceci peut s’expliquer politiquement ?

L’UFDG ressemble  aujourd’hui à un géant aux pieds d’argile, ses responsables au sommet ne s’entendent pas. Selon vous qu’est-ce qu’il faut pour empêcher que le navire UFDG ne chavire ?

Il faut que les responsables de ce parti prennent conscience de leur responsabilité politique et historique. Bah Oury s’est effacé devant le doyen Bâ Mamadou, il s’est effacé devant Dr Saliou Béla  Diallo, il s’est effacé devant Monsieur Cellou Dalein Diallo. Monsieur Cellou Dalein Diallo président a échoué à deux élections présidentielles. C’est à lui de tirer les leçons politiques de ces échecs. C’est à l’ensemble des responsables de faire un débat à l’intérieur du parti pour savoir quelle est la direction qu’il faille prendre pour que l’UFDG reste le parti phare en Guinée.

Quelle lecture faites-vous de la récente rencontre entre Bah Oury et le Président de la République à Paris ?

J’ai  lu la déclaration de Monsieur Bah Oury à la suite de cette rencontre. Je pense que c’est une déclaration responsable digne d’un homme politique. Quand on lui propose l’amnistie, il  a simplement dit que si c’est lui seul, ça n’a aucune importance. Il faut élargir à tous les prisonniers, tous les exilés. Je trouve cela responsable. On veut des  responsables qui agissent pour l’intérêt général et non pour leur intérêt personnel. C’est un exemple à suivre.

Votre dernier message ?

Aujourd’hui, je souhaite que l’UFDG, ce grand parti,  ait des responsables valables, qu’il mérite. Je voudrais que le débat s’instaure à l’intérieur du parti. C’est pourquoi nous avons donné ce signal. Je suis disposé à mener le débat à l’interne avec tous les cadres politiques. Je souhaite que l’UFDG qui s’est battu durant des années arrive  à triompher finalement en Guinée et avoir le Pouvoir. Ensuite gérer le pays dans l’intérêt de tous les guinéens sans aucune exclusion afin que les guinéens soient heureux et dignes de vivre dans leur pays.

Monsieur Diallo merci !

Je vous remercie !

 

Interview réalisée par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

ENTRETIEN DU JOUR AVEC BAH OURY sur Telesud

DÉSAPPROBATION DES DÉCISIONS SANCTIONNANT DEUX CADRES DIRIGEANTS DE L’UFDG

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Par El hadj Abdoul DIALLO

Membre du Conseil Politique de l’UFDG

Je suis de L’UFDG depuis sa création en 1990. J’ai été membre de tous ses Bureaux Exécutifs. Et depuis le dernier Congrès, je suis membre du Conseil Politique.

C’est à ce titre que je me permets, par la présente, de vous exprimer certaines de mes inquiétudes relatives au fonctionnement de notre Parti et à la manière dont certaines décisions sont prises.

Notre Parti continue de fonctionner de façon encore rudimentaire. Or, les moyens de communication modernes permettent de joindre n’importe qui, n’importe où et n’importe quand.

Il est donc possible de participer à une réunion et de délibérer à distance au même titre que ceux qui sont physiquement présents. Nous devons en tenir compte pour le futur.

Ceci dit, je voudrais attirer votre attention sur les récentes décisions de suspension et d’exclusion de deux cadres dirigeants du Parti.

Il me semble selon nos Statuts et Règlement Intérieur, toute décision de sanction obéit à une procédure et relève de la compétence du Bureau Exécutif, Organe de Direction, de Décision et D’orientation du Parti.

Je ne crois pas que cette procédure ait été suivie et respectée. Le fondement juridique de ces sanctions est donc contestable et politiquement, elles sont inopportunes. En tous les cas, c’est le Conseil Politique qui s’est pratiquement substitué au Bureau Exécutif pour prendre ces décisions.

Par ailleurs, politiquement, comment peut –on justifier, moins d’un mois après les élections présidentielles :

  • La suspension d’un Cadre Responsable du Parti, qui s’est fortement impliqué et à ses frais dans la mobilisation de nos militants lors de la dernière campagne présidentielle et qui a donné sa voix au candidat de l’UFDG,
  • Exclure un cadre dirigeant, qui comme des millions de nos compatriotes, le 11octobre a glissé son bulletin dans l’urne au profit assurément du candidat de notre parti.

A L’UFDG, BARRY Mamadou est bien connu pour son style et sa plume acerbe. Nous avons tous lu ces écrits contre le Premier Vice- Président BAH Oury, lorsque celui – ci a utilisé pour la première fois le titre de membre fondateur du Parti. Il n’avait pas été sanctionné à l’époque.

Cette fois–ci, il tourne sa plume vers certains proches collaborateurs du Président du Parti.

En dépit du respect que nous devons avoir pour ces personnes, il aurait été souhaitable de savoir à travers un débat contradictoire et conforme à nos statuts, pourquoi BARRY Mamadou s’attaque à ceux- ci et non pas à d’autres.

Nous ne devrions pas laisser croire qu’au sein du parti, il y a des intouchables avec lesquels il ne faut jamais être en conflit.

En effet un conflit politique requiert une solution politique. Par solution politique, il faut entendre, une solution obtenue par la discussion par opposition à la violence, à l’autoritarisme et aux sanctions administratives qui sont les pires solutions politiques.

Les sanctions que viennent donc de prendre le Conseil Politique contre les deux cadres dirigeants du Parti ne sont autre chose qu’une autoflagellation.

Or comme nous sommes un Parti Politique que nous voulons juste et démocratique, nous devrions privilégier la sagesse politique qui suppose l’intelligence des situations aussi bien à l’interne qu’au niveau du pays que nous souhaitons diriger.

Personnellement, je ne partage pas et je n’accepte pas cette autoflagellation. En tant que Membre du Conseil Politique et, pour des raisons de justice et d’équité de traitement mais aussi de conviction politique, je me désolidarise de ces décisions.

Vous en souhaitant bonne réception de la présente, je vous prie de croire, Mesdames, Messieurs, en l’expression de ma franche et loyale collaboration pour faire de l’UFDG, un Parti moderne et capable de conquérir le pouvoir.

 

Conakry le 17 novembre 2015