mai 2013 Posts

LA LIBERTE DE PRESSE ATTAQUEE EN GUINEE

 

 LA RADIO « PLANÈTE FM » ET SON JOURNALISTE VEDETTE SUSPENDUS

Le Conseil National de la Communication  (CNC) a décidé de suspendre la radio « Planète FM » et son journaliste vedette Mandjan Sidibé pour un mois. Cette décision porte atteinte à la liberté de presse et à la liberté d’expression des journalistes en Guinée.

La gouvernance d’Alpha Condé ,comme il fallait s’y attendre tente de bâillonner les médias et les journalistes pour les empêcher d’informer et de rendre compte des faits qui agitent la société guinéenne. Le gouvernement guinéen a peur de la vérité , car il considère que les reportages sur les tueries de cette semaine incitent à la révolte et à l’exacerbation de la violence. Il feint d’oublier que les 18 jeunes gens tués ,l’ont été par des balles réelles tirées par les forces de l’ordre. C’est cette barbarie dont le gouvernement est le seul responsable qui est la cause essentielle du cauchemar qui hante tous les guinéens.

Dans cette affaire , des médias et des journalistes qui font leur travail dans des conditions pénibles  ne peuvent que relater exactement les faits et les exposer au public. Cela dérange, un pouvoir qui veut cacher et nier sa forfaiture en assassinant de simples citoyens. La dérive dictatoriale est en marche . La constitution a été mainte fois violée dans l’indifférence de la Cour Suprême, les institutions dites républicaines ont toutes été domptées, le processus électoral a été dévoyé, la liberté de manifestation est devenue une leurre, et maintenant la liberté de presse est dans le collimateur d’Alpha Condé qui rêve d’avoir « tout le pouvoir » en Guinée.

Mais il se trompe d’époque. C’est la raison pour laquelle le départ du pouvoir d’Alpha Condé est une nécessité pour conforter une paix fragile et faire espérer aux citoyens guinéens de lendemains meilleurs. Pour cela, nous avons besoin que tout le monde se mobilise pour stopper la descente de notre pays, aux enfers.

31 mai 2013

 

 

 

LA TRAGÉDIE SE POURSUIT A CONAKRY DU FAIT DE LA REPRESSION

 

La manifestation du 23 mai 2013 à Conakry marque un tournant dans l’évolution politique de la Guinée depuis les élections présidentielles de 2010.

Comme à l’accoutumée, la barbarie et l’horreur ont été au rendez-vous avec cinq ou six jeunes gens  tués par les forces de l’ordre ou assimilées. Ces morts sont encore une fois de plus, des morts de trop. En deux ans et demi de pouvoir, le régime d’Alpha Condé est le responsable et le commanditaire de l’assassinat de plus d’une trentaine de manifestants résidents dans l’axe Hamdallaye-Cimenterie dans la commune de Ratoma à Conakry. Aussi, sa volonté de confiner les marches de protestation de l’opposition démocratique dans cette zone répond à un double impératif :

  • Fief de l’UFDG depuis la libéralisation politique au début des années 90, peuplée majoritairement par des éléments issus de la communauté peule, martyrisée par la destruction en 1998 du quartier de Kaporails où 70.000 personnes du jour au lendemain se retrouvèrent sans toits et sans abris dans leur propre pays, la Commune de Ratoma paye un très lourd tribut pour l’avènement d’une gouvernance démocratique en Guinée. Berceau et support essentiel des mouvements sociaux qui ont bouleversés la gestion politique des gouvernements du Général Lansana Conté dès 2005, du CNDD et maintenant d’Alpha CONDE , l’axe dénommé « l’axe de la liberté et du changement » est le symbole de la volonté et de l’acharnement du peuple guinéen à finir avec les dictatures et la mal-gouvernance. C’est la raison pour laquelle le régime actuel en usant de la violence systématique contre les jeunes, en semant la terreur dans les concessions par la barbarie de la répression et en stigmatisant cette commune comme un « ghetto » veut étouffer le légitime combat pour la démocratie en Guinée. En effet pour Alpha Condé, l’écrasement de la résistance démocratique en Guinée passe nécessairement par réduire l’axe Hamdallaye-Cimenterie, s’il le faut dans une mare de sang.
  • Comme, entre les deux tours de l’élection présidentielle, la stratégie consiste à diviser la communauté nationale sur des bases ethniques. Si, hier le slogan « tout sauf les peuls »   lui avait permis d’asseoir sa main mise sur les institutions du pays en dupant les uns et en dressant les ethnies les unes aux autres, aujourd’hui cette démoniaque recette ne prospère plus.

 

La contestation du régime d’Alpha Condé est devenue plus large maintenant. Ses deux années et demie de gestion du pays ont prouvé à la majorité des guinéens que le «  régime est incapable de redresser la Guinée ». Ce sentiment est partagé même dans  des secteurs de la société qui étaient auparavant favorables au RPG. Ainsi l’aveuglement actuel et la violence meurtrière contre les jeunes de Ratoma ne visent qu’à masquer cette terrible vérité : les guinéens ont marre de « la gouvernance d’Alpha CONDE » et souhaitent son départ du pouvoir.

 

Ramener la crise actuelle à une simple crise électorale autour des conditions d’organisation des élections législatives est une erreur stratégique mortelle. La manifestation du 23 mai en a donné une illustration où selon des sources concordantes des manifestants de l’opposition ont laissé exploser publiquement leur colère devant les atermoiements, les reniements et les compromissions incestueuses de certains responsables de l’opposition avec le pouvoir.

 

La crise actuelle est plus profonde encore. Elle est le prolongement de celle qui a commencé au début des années 2000. Les massacres du 22 janvier 2007 et du 28 septembre 2009, la disparition du Général Lansana Conté et la transition militaire qui lui a succédé, les élections présidentielles calamiteuses de 2010 et la gouvernance hors-la-loi d’Alpha CONDE n’ont nullement entamé le désir de démocratie, de liberté et de progrès de tout un pays. Le chemin de la libération et de la transformation sociale de la Guinée est parsemé d’embûches et de tragédies et les martyrs se comptent en milliers de victimes. Tout cela ne fait que renforcer la détermination et la clairvoyance dont font preuve les jeunes de Guinée pour  résister à l’oppression et au déni de leurs droits constitutionnels.

 

Je suis de cœur et d’esprit avec eux, car ils se battent et sacrifient leur vie pour que demain la Guinée soit libre, démocratique, unie, fraternelle, réconciliée et tournée vers la modernité et le progrès. Ils mettent à nu l’inadmissible égoïsme de l’élite politique guinéenne qui, jusqu’à présent à ignorer les intérêts fondamentaux des guinéens pour privilégier uniquement son ambition de pouvoir et de prédation des ressources nationales.

 

Que la terre soit légère pour ceux qui sont tombés et que leur âme repose en paix. La Guinée ne vous oubliera jamais.

 

 

Le, 25 mai 2013

 

Entretien accordé à Guineenews

 

Guineenews. Le président  Alpha condé est en voie de  gagner le terrain sur les désaccords liés au processus électoral entre lui et l’opposition ? Quelle lecture faites-vous sur ce sujet ?

 

BAH Oury : Dans un sens, vous avez raison. En effet les responsables du collectif des oppositions ont mal négocié le tournant relatif à la recomposition paritaire de la CENI et de la désignation des commissaires de cette institution. La loi organique votée par le CNT a été restrictive, déséquilibrée et taillée sur mesure en faveur du pouvoir en place .L’abandon du mode de consensus pour acter les décisions au sein de la plénière de la CENI au profit du vote majoritaire a vidé cette institution de ses prérogatives d’actrice neutre, consensuelle et garante de la transparence des élections. Cet état de fait, a ravalé la CENI comme une excroissance du Ministère de l’Administration du Territoire d’Alassane Condé. Le collectif des oppositions a également banalisé la désignation des commissaires, en acceptant que son quota soit amputé, ce qui confère aujourd’hui une majorité absolue à la mouvance présidentielle de toutes les façons.

Cette bataille perdue, a tracé un boulevard à Alpha Condé pour imposer la mascarade électorale qu’il a déjà programmée. En d’autre terme, le collectif des oppositions est responsable de ce dérapage qui a permis au pouvoir de faire avancer son projet en se drapant d’une certaine légalité que la CENI lui permet de valider.

Guineenews. Aujourd’hui la grande majorité des  observateurs  de la scène politique Guinéenne ont un regard tourné vers la communauté internationale pour empêcher le pire en Guinée.  Selon eux seule,  la  communauté internationale et les manifestations de rues peuvent faire revenir Mr Alpha condé  sur sa décision de la convocation du corps électoral à la date du 30 juin. Qu’en dites-vous  ? Et si il maintient la date que va-t-il se passer ?

BAH Oury : La Communauté internationale peut jouer un grand rôle mais il ne faut surestimer ses capacités d’infléchir la position d’Alpha Condé. Sa marge de manœuvre est limitée. La primauté qu’elle accorde au maintien de la stabilité au détriment de la résolution globale, profonde et juste des causes de la crise fait le jeu du gouvernement guinéen. La décision du Secrétaire Général des Nations Unies de désigner le diplomate chevronné Saïd Djinnit au chevet de notre pays et la déclaration du Conseil de Sécurité de fin avril s’inquiétant de « la situation explosive  en Guinée » illustrent la prise de conscience de la Communauté internationale sur les dangers que représentent la crise guinéenne. Ceci dit ,il appartient avant tout aux citoyens guinéens d’agir et d’être artisans de leur propre libération. C’est la seule voie qui est réellement efficace et déterminante contre Alpha Condé.

Le maintien de la date du 30 juin 2013 ouvrira une nouvelle étape de l’approfondissement de la crise guinéenne. Il ne faut pas s’y tromper, le danger qui guette notre pays au lendemain d’une mascarade électorale sera plus grand encore.. Dans ces conditions, il est certain que l’écrasante majorité de la population comme durant la décennie 2000 s’abstiendra d’aller voter. Quoiqu’il en soit une crise d’une plus vaste ampleur se profile à l’horizon si le projet électoral d’Alpha Condé est mis en œuvre. La gouvernance d’Alpha Condé a hélas amené aujourd’hui la Guinée devant le mur.

 

Guineenews : L’histoire est en train de se répéter, les larmes coulent, pourquoi selon vous à chaque manifestation sur l’axe Hamdallaye nous déplorons des cas de morts et des blessés à Balles réelles. Confirmer me vous les dires de Mr Lansana Kouyaté que le gouvernement de Mr condé infiltre à chaque marche des personnes parmi les manifestants pour semer la panique et la provoque au niveau du siège RPG-arc-en –ciel ? 

BAH Oury : C’est dans les habitudes des forces de l’ordre d’infiltrer les manifestants et de procéder à des provocations. Il est loisible aux autorités d’imputer les violences enregistrées aux manifestants, en feignant d’ignorer les dizaines de jeunes tués par des balles réelles tirées par les forces de l’ordre. En plus ce n’est pas un hasard si à chaque manifestation les personnes tuées sont des habitants de l’axe Hamdallaye – Cimenterie.

Guineenews : D’après El hadj cellou Dalein, le gouvernement  a donné beaucoup d’argent aux jeunes de l’axe Hamdallaye pour ne pas qu’ils manifestent contre le pouvoir en place, mais cependant, la consigne et la manipulation selon Cellou Dalein n’ont pas fonctionné sur le terrain. C’était le contraire, les jeunes sont massivement sortis en scandant des propos très  hostiles au régime de MR d’Alpha condé. Qu’en dites-vous ?

 

BAH Oury : Les jeunes de l’axe de la liberté et du changement se sont battus sans relâche depuis près  d’une décennie  pour la liberté et la démocratie en Guinée. Ils ont payé un très lourd tribut au cours de cette période. Des centaines de leurs camarades ont péri sous les balles des forces de l’ordre. Enfants, ils ont vu leur quartier Kapora rail détruit et les familles dispersées. Ils font également l’objet d’un mépris et d’une négation de leurs droits de citoyens. Ce n’est pas la corruption et quelques liasses distribuées nuitamment qui vont détourner cette jeunesse de sa mission et de ses convictions démocratiques. Ils savent qu’ils incarnent l’avenir et l’espoir de toute la nation. Ce n’est pas non plus un hasard, si ces quartiers qui sont parmi les mieux urbanisés de Conakry sont qualifiés de ghettos par M. Alpha Condé. Ces propos sont lourds de menaces pour la commune de Ratoma. En filigrane, un projet de destruction et de délocalisation de ces zones serait certainement dans le programme du gouvernement actuel.

Guineenews : Le gouvernement a adopté des mesures de lutte contre les crimes économiques et l’amélioration de la bonne gouvernance économique. Ainsi, le taux d’inflation a été maitrisé, le FG s’est stabilisé. Cela a d’ailleurs permis à l’Etat l’atteinte en septembre 2012 le point d’achèvement de l’initiative pays pauvres très endettés avec le fonds monétaire international et la banque mondiale, aboutissant à l’annulation de plus des 2/3 de la dette multilatérale du pays, soit un montant total 2,1 milliards de dollars, ensuite, le club de paris a annulé, en octobre 2012 aussi 99,2 % de la dette soit 655,9 millions de dollars. Cela aurais pu réduire la pauvreté et permettre au gouvernement de créer des emplois mais, ce pendant ce sont plutôt des entreprises qui sont entrain de fermer ? Quel regard porter  vous sur cette situation ? Nos ressources sont-ils  gérées dans la transparence ?

 

BAH Oury : Permettez-moi d’abord d’apporter quelques précisions. Pour la seule année de 2010 le gouvernement d’Union Nationale et de Transition de Jean Marie DORE a fait exploser la masse monétaire de 40% en utilisant à outrance la planche à billets. Le mérite de la gouvernance actuelle est d’avoir stoppé cette création monétaire sans contreparties en biens et services et d’avoir augmenté substantiellement les réserves de change qui ont atteint 5,4 mois d’importation à juin 2012.Toutefois cette amélioration dû  essentiellement à des opérations exceptionnelles en provenance  du secteur minier n’inversent pas les déséquilibres macro-économiques structurels qui handicapent le pays. Le taux d’inflation, reste le plus élevé de tous les pays de l’Afrique de l’Ouest. Les mesures prises sont essentiellement administratives et par conséquent n’ont pas modifié la structure de l’économie guinéenne. D’ailleurs certaines caractéristiques pathogènes comme la corruption et la mauvaise gouvernance se sont amplifiées.

Nous nous félicitons de l’atteinte très tardive du point d’achèvement de l’initiative PPTE. Mais malheureusement, la création de nouvelles richesses est faible, car l’économie réelle générée par le secteur privée est faible. Les attentes au niveau du secteur minier ont été déçues. Ce secteur essentiel est plus marqué par le développement de l’affairisme et de détournement des deniers publics. Le fils d’Alpha Condé est devenu « l’empereur des mines ». Le secteur énergétique indispensable pour le développement des activités créatrices de revenus n’a pas connu une amélioration significative malgré  les 300 millions de dollars US engloutis dans les projets d’EDG. Pire encore, l’eau denrée sans laquelle la vie devient impossible est un luxe à Conakry. La gouvernance d’Alpha Condé me parait plus comme une course effrénée à l’enrichissement illicite et au pillage des ressources nationales au profit d’un clan et d’une famille.

Guineenews : De nombreuses compagnie minière ont signé des accords avec le gouvernement de Monsieur alpha condé, mais le vrai investissement sur le terrain peine à se réaliser, pensez-vous pas que c’est pour la raison que Mr Condé veux aller aux élections afin que ses compagnies démarrent parce que vraisemblablement ils ne sont pas prêt à investir sans un parlement. Qu’en pensez-vous ?

BAH Oury : En partie, c’est vrai ce que vous dites. Mais les compagnies minières ont leur propre lecture de leurs intérêts spécifiques. La Guinée, à cause de la crise de la gouvernance qui la caractérise depuis plus d’une décennie a raté les phases porteuses du cycle de développement des matières minières extractives. Aujourd’hui il y a des incertitudes sur l’évolution de l’économie mondiale et le caractère imprévisible de l’humeur des dirigeants guinéens ne facilitent pas la lisibilité et la visibilité de la situation guinéenne. L’existence d’un parlement aurait amoindri ces aspects négatifs. Mais faudra-t-il que ce parlement puisse avoir une réelle légitimité. Tout le problème est là.

 

Guineenews : Le président de la CENI, Mr Bakary Fofana viens de convoquer les candidats désireux de se présenter aux élections législatives de déposer leur listes que va-t-il se passer ?

BAH Oury : Le processus électoral actuel s’appuie sur une illégalité complète. Au moment où des listes sont réclamées par la CENI, un recensement électoral est en cours dans le pays. Or le code électoral évoque une révision des listes. Un fichier électoral de 6 millions d’électeurs est semble-t-il déjà confectionné. Aucune transparence ! Avec de tels agissements le désastre sera considérable. Les mauvaises élections en Afrique ont très souvent annoncé le début de conflits meurtriers et fratricides. En sera-t-il- autrement en Guinée ? Rien n’est certain.

Guinéenews : Il y a eu violation du secret de l’instruction en vous nommant comme étant instigateur du coup d’Etat contre monsieur Alpha condé bien avant le début des enquêtes préliminaire, Ce que nous pouvons remarquer  depuis le début du procès en aucun moment un accusé n’a parlé de vous  mais cependant, le commissaire Fabou dit avoir  détenir des preuves irréfutables contre vous, il peine néanmoins à vous inculper. D’ailleurs beaucoup de gens disent que vous seriez disculpé de l’accusation. Qu’en pensez-vous ?

BAH Oury : Avec une justice aux ordres, je m’attends à tout. Ce qui m’importe le plus dans cette affaire est le sort des dizaines de civils et de militaires injustement incarcérés. Le procès a permis de montrer aux plus sceptiques que les réflexes hérités des pratiques du sinistre camp Boiro, demeurent vivaces dans l’environnement carcéral guinéen. Par ailleurs, la société politique guinéenne est schizophrène et est encore marquée par les méthodes staliniennes du parti-Etat le PDG de Sékou Touré. La violence, les meurtres, la délation et les mensonges ternissent l’image de la Guinée dans le monde. Malheureusement les dirigeants guinéens de l’indépendance à nos jours ont montré leurs désintérêts pour le respect des droits de l’homme et du citoyen en Guinée.

 

Guinéenews : Vous avez récemment interpelé les nations unies au sujet des élections législatives prévues le 30 juin prochain en Guinée. Cependant, une marche prévue jeudi  avait été  suspendu à la demande des Nations unies. Nous avons appris  que votre passage au Haut-commissariat des Nations unies a été pris avec beaucoup au sérieux. Qu’en dites-vous ?

BAH Oury : le rôle du responsable politique est d’anticiper et d’alerter aussi bien l’opinion nationale que la communauté internationale sur les dangers qui guettent tout un pays. De ce point de vue, j’essaye d’assumer mes responsabilités. Je me réjouis que mon action soit prise en compte. Toutefois il reste beaucoup à faire pour trouver une voie de sortie de crise pour notre pays. Quel que soit l’importance des écueils, il est essentiel de ne pas baisser les bras. 

Guinéenews : Pensez-vous que les Nations Unies saurons trouver un consensus sur ce sujet qui, particulièrement  implique l’avenir de notre pays. Sinon à quel scénario pourront nous s’attendre ?

BAH Oury : Comme je vous l’ai dit, il est difficile d’envisager l’avenir avec optimisme tant qu’Alpha Condé sera au pouvoir. Sa gouvernance est malheureusement caractérisée par l’exacerbation de l’ethno-stratégie, la violence et le mépris des règles de l’Etat de droit. Le projet politique qui a sous-tendu l’accession d’Alpha Condé est bâti autour des conservatismes qui depuis l’indépendance ont bloqué l’évolution politique et économique de notre pays. C’est ainsi les nostalgiques du parti- Etat et les milieux prédateurs qui ont accompagné la gouvernance du Général Lansana Conté vivent en parfaite intelligence autour de la présidence d’Alpha Condé. A maints égards, le système actuel est l’illustration la plus significative du modèle prédateur néo-patrimonial dont l’épine dorsale est l’ethnocentrisme militant de la coordination mandingue. C’est pour cela que je n’entrevois pas une possibilité pour les Nations Unies de contrecarrer ce programme politique uniquement par la voie diplomatique. Les violences répétitives, les politiques d’exclusions et de marginalisations et le mépris des droits des citoyens et des principes de l’Etat de droit ne sont pas fortuites. Ils rentrent dans un vaste cadre d’embrigadement des populations guinéennes et de siphonage des ressources nationales par un clan mafieux dont le chef de file est l’actuel Chef de l’Etat guinéen. A mon sens, l’alternative la plus réaliste pour sauver la Guinée d’une descente aux enfers est le départ du pouvoir d’Alpha Condé. Il appartient aux guinéens d’agir dans ce sens pour éviter les affres de la  guerre civile, pendant qu’il est temps.

Guinéenews : Certaines personnes vous taxent Monsieur Bah d’extrémiste et dure à l’égard de Monsieur Alpha condé dès le début de sa mandature. Que répondez-vous à ceux qui vous collent cette étiquette ?

BAH Oury : Dès le début Alpha Condé a décliné sa stratégie politique en stigmatisant une partie de la communauté nationale, en montrant sa volonté de réduire à néant les acquis démocratiques antérieurs tout en foulant au pied les règles constitutionnelles et le cadre réglementaire du pays. Pour un pays qui a souffert dans sa chair des tragédies du 22 janvier 2007 et du 28 septembre 2009, il était important de réconcilier et d’apaiser les rancœurs au lieu d’exacerber les passions ethnocentriques. La gouvernance d’Alpha Condé a dès le début opté pour  l’exclusion et la politique de la terreur et a superbement ignoré l’autorité de la loi. Par conséquent ma réaction est logique, car je me suis toujours opposé aux dictatures dans notre pays. Il n’y a aucune exception à faire pour le régime d’Alpha Condé car il a bafoué  l’intérêt national et mène le pays à la  ruine. C’est un devoir civique et patriotique de s’opposer à un régime anti-démocratique et violent. Si être favorable au respect de la loi et des droits de l’homme est considéré comme étant extrémiste alors je suis extrémiste. L’exigence de démocratie et de respect des droits des citoyens est une autre manière de promouvoir la paix et la réconciliation. BAH Oury s’inscrit dans cette voie.

 

Guinéenews : Un membre de votre bureau politique national en la personne de Monsieur Konaté à claquer la porte et a rejoint les rangs de la mouvance présidentielle  il n’y a pas longtemps.  Il a dénoncé certaines pratiques au sein de votre formation politique UFDG qu’il ne partage aucunement. Quelle lecture faites-vous sur le fonctionnement  de L’UFDG   aujourd’hui ?

 

BAH Oury : Dans un environnement multi-partisan et d’exclusion des emplois publics de tous les cadres proches de l’opposition démocratique, il n’est pas étonnant que le débauchage politique se développe à l’approche des élections législatives. La mouvance présidentielle use de la corruption et des promesses d’obtention de « postes juteux » pour s’attirer les cadres les plus fragiles pour tenter d’affaiblir les forces démocratiques. Mais d’ores et déjà le pouvoir ne parviendra pas à ses fins car il a perdu la confiance d’une large majorité des guinéens. Le développement acatuel de la contestation sociale et politique du régime est un indicateur éloquent que le vent du changement a commencé à souffler en Guinée.

Par ailleurs, le fonctionnement de l’UFDG aujourd’hui est critiquable en maints points essentiels. Ce parti que nous avons fondé à la fin des années 80 pour incarner les aspirations démocratiques des guinéens et leur volonté de faire émerger une nation moderne, prospère et fière de la richesse des diversités ethniques qui la composent a besoin d’une profonde réforme pour assumer son rôle et sa mission. L’UFDG sera une institution politique durable et forte pour que la Guinée puisse saisir ses chances. J’inscris mon engagement politique dans ce difficile combat. Bien entendu les adversités sont multiples et parfois inattendues. Mais j’ai la ferme conviction que le chemin que nous empruntons est celui qui nous permettra de faire de notre pays, un grand pays pour les prochaines années. Un parti structuré, fort et démocratique tel que nous le voulons,  pourra stopper le cycle du déclin et des dictatures.

Guinéenews : Des mesures ont été prises par un groupe de juge nommé par le parquet général de Conakry pour enquêter sur les évènements du 28 septembre 2009 certes mais le gouvernement peine à accélérer les poursuites judiciaires contre les responsables de ces évènement, y compris les uteurs d’actes de violences sexuelles commis sur des femmes et des jeunes filles. Cependant, un gendarme vient d’être inculper pour viol à ce sujet.  Comment expliquer vous ce retard de résultats ?

BAH Oury : Le gouvernement d’Alpha Condé n’a aucune volonté de faire la lumière sur la tragédie du 28 septembre 2009. De temps en temps il agite un foulard rouge pour tenir en respect certaines forces ciblées par les enquêteurs internationaux. C’est ainsi qu’il a complaisamment accepté d’autoriser la participation du Capitaine Dadis Camara à l’inhumation de sa mère. De manière plus globale le devoir de mémoire est indispensable, sinon d’autres tragédies plus vastes et plus meurtrières pourront endeuiller encore la Guinée. La préservation de l’avenir du pays, nécessite que tous les acteurs politiques, sociaux et institutionnels aient une attitude conséquente et cohérente pour empêcher la répétition des tragédies collectives. Malheureusement nous sommes loin du compte pour le moment. Cette réalité rend notre situation collective encore plus douloureuse.

 

 

 

 

 

 

 

Entretien avec le site www.africaguinee.com

Entretien avec le site www.africaguinee.com à Genève

Vous êtes en visite à Genève où vous avez rencontré des responsables du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies. De quoi était-il question lors de votre entretien ?

BAH Oury : Il s’est agi pour moi d’exprimer mes remerciements au Haut-Commissariat  pour la publication de son rapport sur la situation des droits de l’homme en Guinée lors de la vingt-deuxième session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies . En effet, il est explicitement indiqué que « la situation des droits de l’homme demeure préoccupante ; elle se caractérise par les violations de droits de l’homme, qui sont d’une part liées à des problèmes d’ordre structurels comme l’impunité, et sont d’autre part générées par le contexte politique tendu ». Cette position est remarquable d’autant plus que les institutions nationales  brillent par leur silence au sujet des tueries, des exactions et des arrestations arbitraires   dont des citoyens guinéens civils ou militaires sont victimes.

Par la suite j’ai attiré l’attention de M. Cissé-gouro , chargé de l’Afrique de l’Ouest et du Centre et Mme Ouaffop Wafang ,responsable du desk-Guinée, sur la mise en place par les autorités guinéennes d’une milice privée, armée et ethnique « les donzos » qui est chargée en toute impunité de la répression politique. Le dernier point évoqué concerne le caractère explosif de la situation sociale et politique de la Guinée. A ce sujet, une note particulière a été faite sur les dangers qui guettent notre pays du fait de la gouvernance anachronique et violente de M. Alpha Condé.

Vous avez interpellé récemment les Nations Unies pour éviter une « instrumentalisation de l’ONU » pour valider une « mascarade électorale » en Guinée. Qu’attendez-vous concrètement de la communauté internationale sur la crise politique en Guinée ?

BAH Oury : La communauté internationale a accompagné la Guinée, depuis le début de la transition politique en Guinée en janvier 2009. Auparavant le Secrétaire Général des Nations Unies a apporté sa contribution en octroyant le fonds de consolidation de la paix dont le Ministère de la Réconciliation Nationale dont j’avais la charge a collaboré par sa mise en œuvre. Tout cela est très bien. Mais ce qui importe le plus est la volonté du pouvoir guinéen de favoriser les facteurs de rassemblement et d’apaisement. Malheureusement de ce côté, c’est loin d’être le cas.

M. Alpha Condé arc-bouté sur sa boulimie de posséder un pouvoir totalitaire veut draper la mascarade électorale qui est  déjà en œuvre d’un semblant de crédibilité sous le couvert d’une acceptation passive de son projet par une organisation internationale de renom. Il a essayé pour le moment sans succès avec l’Organisation Internationale de la Francophonie. Il a tenté de faire passer la signature du 10éme FED de l’Union Européenne comme étant un blanc-seing qui est accordé à sa gouvernance alors que c’est l’acceptation de la recomposition paritaire de la CENI et de la désignation consensuelle de ses commissaires par le Collectif des oppositions  qui ont été décisives .  Devant le blocage actuel, il espère faire valider son programme électoral à travers le « dialogue  piloté par le facilitateur international  Saïd Djinnit ».  En effet un accord sous l’égide du représentant du Secrétaire Général de l’ONU qui permettrait de conserver l’essentiel du dispositif mis en place reviendra à blanchir les maintes violations des lois de la République par le pouvoir.

Concrètement je suis satisfait de la mise en garde formulée par le Conseil de Sécurité en début de semaine pour s’inquiéter de la détérioration de la situation explosive en Guinée. J’ai noté aussi la ferme condamnation par M. Van Damme le représentant de l’UE en Guinée des tueries de paisibles citoyens perpétrées ces quarante-huit heures par les forces de l’ordre à Conakry. Mais ce qu’il faut savoir, comme le dit le proverbe « si on t’aide à laver le dos, lave-toi le ventre ». La démocratie, la liberté et le redressement de la Guinée seront avant tout l’œuvre des guinéens. La communauté internationale ne sera encouragée à aller de l’avant que si la majorité des citoyens guinéens montre un engagement déterminé, cohérent et inclusif pour l’unité, la démocratie, le progrès et la réconciliation de ce pays profondément éprouvé par une succession de dictatures.

Lors de votre meeting à Genève, vous avez interpellé vos compatriotes à « prendre leurs responsabilités » face au régime du président Alpha Condé. Souhaitez-vous un soulèvement populaire contre M. Alpha Condé pour renverser son régime ?

BAH Oury : Comme l’a dit Thierno Monénembo , Alpha Condé à l’épreuve du pouvoir s’est avéré plus dangereux pour notre pays que ces prédécesseurs. Par conséquent il sera irresponsable pour chacun d’entre nous de rester passif devant la destruction programmée de la Guinée. Je me suis opposé à toutes les dictatures dans notre pays depuis ma prime jeunesse,  aujourd’hui plus que jamais, je considère que  lutter contre Alpha Condé c’est lutter pour la préservation de la paix et de l’unité en Guinée. Les dictatures doivent dégager ! Je milite comme en 2006 et en 2007 pour un soulèvement massif pour réclamer d’une part le départ du pouvoir d’Alpha Condé et d’autre part l’instauration d’une gouvernance réellement démocratique de la Guinée. Le temps des dictatures ethnocentristes et prédatrices est révolu !

On vous accuse d’être radical à l’égard de la communauté mandingue pour viser le Président Condé. Que répondez-vous à ces accusations ?

BAH Oury : Alpha Condé n’a aucun égard pour toutes les communautés ethniques qui composent la Guinée. Il méprise tout le monde, y compris sa base électorale, la Haute-Guinée où il n’a  mis les pieds depuis belle lurette.

Les dictatures comme celle d’Alpha Condé instrumentalisent les diversités ethniques et communautaires pour diviser pour mieux régner. Elles opposent les uns aux autres alors que leur véritable projet est d’amasser des fortunes colossales pour leur clan familial. C’est ce que font Alpha Condé et son fils Mohamed Condé.

Personnellement je refuse de confondre la communauté mandingue et le pouvoir d’Alpha Condé. C’est le piège le plus dangereux qu’il faut éviter à tous prix. Lorsque avec Dr Thierno Madjou Sow, nous avons créé l’Organisation Guinéenne pour les droits de l’homme à la fin des 80 , nous avons fait la prison pour avoir protesté contre l’assassinat de l’étudiant Sékou Traoré le 22 novembre 1990 . Ce jour-là nous ne sommes pas interrogés pour savoir de quelle ethnie est issue l’étudiant tué. Dans la même période, nous avons longtemps cheminé avec des membres de l’association AVR qui militait pour faire prévaloir les droits des victimes malinkés des pogroms au lendemain de la « présupposée tentative de Coup d’Etat du Colonel Diarra Traoré, le 04 juillet 1985. Bref ! Mon engagement civique dénué de toute stratégie ethnocentrique est connue. La gouvernance d’Alpha Condé est mauvaise et dangereuse pour la communauté nationale dans son ensemble. Par conséquent il mérite d’être combattu. Peu importe ses origines familiales et ethniques. Ce qu’il faut savoir, aujourd’hui la pauvreté, la famine, les mauvais soins, l’insécurité, le chômage endémique et l’absence d’eau et d’électricité obligent tous les guinéens à vivre avec la peur dans le ventre pour des lendemains d’incertitude et d’angoisse. Cette réalité devient de jour en jour un facteur puissant de rapprochement entre les communautés ethniques guinéennes. Les guinéens ont pris conscience à leur dépend qu’Alpha Condé ne fait qu’aggraver les maux de la Guinée.  

Votre parti l’UFDG a une forte assise au sein de la communauté peuhle. Faut-il craindre des violences ethniques dans votre pays si l’actuel président maintient sa position pour organiser les élections législatives le 30 juin  « avec ou sans la participation » de l’opposition ?

BAH Oury : C’est vrai, que la communauté peuhle se retrouve majoritairement dans l’UFDG. Ceci est le fruit de l’histoire politique et des réalités sociologiques de notre pays et de notre société. C’est une opportunité et une chance pour l’UFDG. Sa vocation majoritaire et son ambition de gouverner la Guinée pour asseoir des institutions républicaines stables et démocratiques, pour faire émerger une société ouverte et moderne et pour assurer le redressement économique et social du pays, nous amène à élargir ses frontières, non pas autour des solidarités de sang mais fonder sur la conviction d’une vision commune de notre avenir et de la place de la Guinée dans la sous- région et en Afrique. Les diversités ethniques et culturelles sont une richesse que nous devons apprendre à valoriser. A titre d’illustration l’UFDG est aujourd’hui un véritable melting-pot  de cultures différentes. Principal parti politique guinéen, nos rangs regorgent de militants marqués par leur pays d’accueil (Afrique, Europe, Amérique et Proche-Orient). C’est déjà un défi interne pour prendre en compte cette vaste mosaïque qui compose ce parti auquel je suis fier d’en être l’un des fondateurs.

Pour revenir à votre question proprement dite, le danger est créé par la gouvernance d’Alpha Condé. Les violences ethniques ont déjà ensanglantées notre pays. Les trentaines de morts à la Gallapaye, suite aux heurts entre communautés guerzé et mandingue en mai 2011, les morts de Kissidougou où s’opposèrent Kissis et malinké sur fond de rivalités et de manipulations orchestrées par le préfet….., la barbarie inadmissible à l’égard de la population de Zogota en août 2012 , les tueries ciblées  lors des manifestations pacifiques dans la commune de Ratoma à Conakry et les incendies commanditées et criminelles des magasins du marché de Madina en février dernier sont des réalités qui nous interpellent. Les violences sont déjà là.

International Crisis Group a d’ores et déjà indiqué dans son rapport consacré à la Guinée en février 2013 que l’organisation des législatives dans les conditions actuelles est à éviter au risque d’accentuer les facteurs d’éclatement et de déstabilisation en Guinée. C’est la raison pour laquelle la date du 30 juin 2013 fait courir de sérieux risques pour le pays.

Vous êtes exilé à Paris avec votre famille. Craignez-vous une condamnation par contumace dans le cadre du procès des auteurs présumés de l’attaque du 19 juillet 2011 contre la résidence du président Condé ?

BAH Oury : A la suite de la tragédie du 28 septembre 2009 au stade du 28 septembre j’avais opté mettre ma famille hors de portée du CNDD pour éviter les représailles. Quant à moi, je suis resté sur place pour continuer la lutte, jusqu’au 19 juillet 2011. Manifestement ce jour-là, c’est la grâce divine qui m’a sauvé la vie. Depuis lors j’ai bénéficié de la protection des autorités françaises dans le cadre de la  convention internationale de Genève relative au droit d’asile. Donc le jugement par contumace et ma condamnation ne fait l’objet d’aucun doute car M. Alpha Condé a dés mi-septembre 2011, déclaré que  Tibou Kamara, Diallo Sadakadji et moi-même sont les instigateurs de la présupposée attaque de son domicile. Avec une justice aux ordres il ne faut pas s’attendre à autre chose qu’à une condamnation. Ceci ne m’effraye nullement, ce qui m’importe est le jugement du peuple de Guinée. L’actuel Chef de l’Etat guinéen n’a-t-il pas été condamné par contumace par Sékou Touré puis emprisonné par le régime du Général Lansana Conté en décembre 1998.

Je suis un combattant des droits de l’homme et de la liberté, alors ma condamnation par un régime dictatorial me renforce dans mes convictions. J’ai par contre beaucoup de craintes pour les personnes innocentes qui sont emprisonnées, torturées et quotidiennement humiliées. Mon devoir est de faire savoir que ces innocentes victimes souffrent le martyr du fait de la seule volonté d’Alpha Condé.

Enfin, un mot pour vos compatriotes.

BAH Oury : Au moment où je réponds à votre question des jeunes gens sont sauvagement abattus par les forces de l’ordre dans Ratoma. Je m’incline pieusement pour honorer la mémoire de toutes les victimes de cette barbarie qu’a instaurée Alpha Condé. Ne baissons pas les bras et n’ayons pas peur. Le départ d’Alpha Condé est une nécessité pour la stabilité et la paix en Guinée.

Merci à la communauté guinéenne de Genève qui m’a réservé un accueil fraternel et chaleureux. Merci à vous tous.