avril 2013 Posts

ALPHA CONDE TENTE D’INSTRUMENTALISER LES NATIONS UNIES

 

Le jeu « du chat et de la souris » continue à Conakry entre Alpha Condé et ses opposants. Cette mascarade aurait pu nous amuser dans d’autres circonstances mais le bilan est tragique et macabre. En moins de deux ans ,l’UFDG a enregistré près d’une trentaine de militants tués par les forces de l’ordre commanditées par Alpha Condé lors de manifestations pacifiques organisées en totale conformité avec les lois de la République de Guinée. Le processus électoral n’en a pas pour autant évolué ,mais à contrario il s’est empêtré dans la confusion et l’opacité avec les bons soins d’une CENI « taillée sur mesure ». Tout ceci a été maintes fois dit mais une partie des responsables de l’opposition refuse de voir l’évidence,à savoir qu’Alpha Condé, ne lésinera devant aucun moyen pour avoir « une assemblée nationale totalement à sa botte ».

 

C’est dans cette optique ,qu’il cherche à utiliser la communauté internationale pour crédibiliser la mascarade électorale qu’il a déjà préparée. Dans un premier temps ,il a vainement cherché la caution de l’Organisation  Internationale de la Francophonie de M. Abdou Diouf. Les différents rapports techniques de cette institution, résultants de l’audit du système Way-Mark n’ont pas occulté les faiblesses manifestes. A juste raison , M. Diouf  a préféré adopter un profil bas pour préserver la crédibilité de son organisation.

 

Échaudées par les attitudes désinvoltes et imprévisibles du Chef de l’Etat guinéen, les Nations Unies s’étaient contentées jusqu’à présent  de prises de position sans grande conséquence pour les autorités guinéennes. En effet,, l’injonction dés son investiture le 22 décembre 2010 de mettre fin à l’existence du Groupe International de Contact sur la Guinée d’une part et la réclamation   au forceps du code d’encodage du système Sagem qui par convention était confié au PNUD-Guinée pour des raisons de sécurité afin d’assurer son intégrité d’autre part avaient déplu au plus haut niveau de l’organisation ounusienne.

 

La demande formulée par le collectif des oppositions pour l’implication d’ un  « facilitateur international», relayée par le Gouvernement guinéen auprès du Secrétaire Général des Nations Unies , M. Ban- Ki- Moon apparaît là-aussi comme un jeu de dupes. M. Alpha Condé, obstinément cherche à se draper derrière une caution internationale pour faire « accepter la mascarade électorale prochaine ». Les Nations Unies se retrouvent malgré elles dans une position délicate au cœur de la crise guinéenne.

 

Déjà en signant le décret convoquant les électeurs le 30 juin 2013 sans attendre l’arrivée à Conakry du représentant officiel du Secrétaire Général de l’ONU et bon connaisseur du dossier guinéen,  M. Saïd Djinnit, M. Alpha Condé place ce dernier devant le fait accompli. En effet accepter ce diktat enrobé de paroles mielleuses sur « un engagement solennel d’assurer la transparence des élections » et « le non recours à la violence » reviendra à valider l’ensemble du processus électoral mis en place. Ainsi Way-Mark sera l’opérateur technique malgré sa « disqualification » par les Nations Unies, le nouveau fichier électoral conçu de manière illégale et en dehors de toute transparence sera consacré comme acceptable, l’exclusion et la privation des droits de citoyens d’une partie des électeurs guinéens auront force de loi et enfin les protestations massives des guinéens et les violences répétées à leur encontre ne seront que de « détails périphériques sans importance ».

 

La crédibilité des Nations Unies et surtout de son secrétaire général est en jeu. Le dilemme est réel. Aller dans le sens des autorités guinéennes signifie purement et simplement pour les Nations Unies désavouer des services compétents de son propre organisation à propos de Way-Mark. Ignorer délibérément les rapports pertinents du PNUD-Guinée et de l’OIF, négliger les recommandations avisées d’International Crisis Group  et enfin tourner le dos aux forces de progrès en Guinée qui luttent pour sauver leur pays d’un  prochain désastre humanitaire plausible ne peuvent pas être acceptables au regard de la charte des Nations Unies.

 

La mort le 25 avril 2013 , du jeune Boubacar Diallo fauché à la fleur de l’âge est encore un mort de trop. Son élimination physique par balle, en marge de la manifestation pacifique et autorisée du collectif des oppositions illustre la violation flagrante de leur propre engagement par le pouvoir guinéen. Devant cette situation , les Nations Unies doivent faire respecter l’autorité de la loi même à un Chef de l’Etat, « démocratiquement  élu». Ne rien faire sous prétexte que l’Etat guinén est « souverain » ruinera durablement la crédibilité de l’Organisation mondiale.

 

Nous sommes persuadés que le Secrétaire Général des Nations Unies saura avoir la doigté et la finesse diplomatique pour ne pas « cautionner » la mascarade électorale que le pouvoir guinéen a déjà préparée. Avec Alpha Condé , la paix et la stabilité de la Guinée sont sérieusement menacées.

Il est urgent pour les Nations Unies de prendre conscience de la profondeur du drame guinéen avant qu’il ne soit trop tard.

 

Genève le 27 avril 2013

Les droits de l’homme toujours bafoués par le régime d’Alpha Condé

Cette publication a été faite à la mi-novembre 2011 pour exprimer mon indignation face à la violation récurrente des droits de l’homme en Guinée. C’est avec tristesse que nous trouvons que notre crainte était une prémonition du danger qui guette notre pays. Les mises en garde formulées à l’encontre de l’opposition démocratique n’ont pas été malheureusement entendues par les responsables politiques. Deux années de pouvoir d’Alpha Condé ont permis à la majorité de nos compatriotes d’appréhender la nature de la gouvernance actuelle.

 

Les droits de l’homme en berne en Guinée tout juste après un an de pouvoir d’Alpha CONDE

 

Un an de gouvernance d’Alpha CONDE a permis à l’aune de l’épreuve du pouvoir de tirer quelques enseignements et de porter un éclairage sur les pratiques du nouveau régime sur la question relative  au respect  des droits de l’homme en Guinée.

C’est avec une grande amertume que nous avons enregistré pendant la première année de l’exercice du pouvoir par M.Alpha CONDE une volonté systématique et délibérée d’étouffer par de violentes répressions la liberté d’opinion et d’expression des citoyens . Du 03 avril 2011 au 27 septembre 2011 plus d’une dizaine de citoyens sont abattus uniquement par qu’ils manifestaient leur opposition au pouvoir de manière pacifique. Plusieurs centaines sont incarcérées et arbitrairement traduites devant des tribunaux aux ordres. Le pouvoir s’est servi d’eux comme des  otages qu’il a fallu « graciés »  au compte-goutte pour imposer des concessions à l’opposition démocratique.

Le 19 juillet 2011, un « attentat surréaliste » peu crédible, digne des émules du « complot permanent » de l’ancien régime permet au pouvoir de faire arrêter sans aucune preuve des dizaines d’officiers de l’armée nationale ainsi que des civils, cueillis manu-militari dans leur domicile .Depuis lors tout ce monde croupit en prison, torturé et sans aucun soutien. Le 19 juillet 2011, est devenu ainsi le prétexte pour faire arrêter  tous ceux qui sont gênants pour le régime. Plusieurs généraux, comme Nouhou THIAM et Bachir DIALLO et de simples citoyens comme El hadj Alpha Lafou, Hadja Fatou Badiar, Baba Alimou BARRY, Alfa Saliou WANN, Thierno Sadou DIALLO sont pêle-mêle associés à une action dont les tribunaux n’ont jusqu’à présent pas pu confondre les prévenus. Pour donner un semblant de crédibilité à cette mascarade, Alpha CONDE lui-même, m’impute d’être l’organisateur de ce mauvais feuilleton politico-militaire.

Récemment à Labé, un jeune membre du CNT, BAH Souleymane est kidnappé en plein jour ,puis jeté en prison à Conakry.  C’est dans des circonstances analogues que la famille de l’ex aide de camp du Capitaine Dadis CAMARA, Toumba DIAKITE est  violemment interpellée par des gendarmes. Un de  ses frères, succombe  sous l’effet de la torture. Pour tous ces cas, la gouvernance d’Alpha CONDE se mure dans un silence coupable. Ce déni de justice et d’Etat de droit rappelle les périodes les plus sombres de notre histoire sous l’ancien régime dictatorial.

De même, le Secrétaire Général de la principale centrale syndicale du pays M. Amadou DIALLO élu avec brio lors du dernier congrès de la CNTG est agressé dans son domicile par des militaires cagoulés. Il n’eut la vie sauve que grâce à la baraka. Cette agression n’est pas encore élucidée, mais depuis lors M.DIALLO et sa centrale font l’objet  de menaces ouvertes et d’hostilité de la part des autorités guinéennes. Encore une nouvelle fois, une justice instrumentalisée à travers un tribunal du travail a « décrété » l’annulation du congrès du syndicat. Cette attaque contre la liberté d’organisation et d’expression des  travailleurs guinéens est un pas de plus dans la dérive liberticide et anti-démocratique.

 Les populations également ne sont pas à l’abri de cette vague répressive et qui use de la violence de manière disproportionnée. Les ressortissants de Galapaye en Guinée Forestière en ont fait les frais. Là aussi, une justice aux ordres s’interférent dans un conflit intercommunautaire grave pour prendre un parti-pris en faveur d’une communauté, condamnant ainsi  à mort plus d’une dizaine de Guerzé. Une justice injuste n’a jamais réussi à cimenter l’esprit de concorde et de repentance, mais au contraire creuse plus profondément les dissensions et accentue la haine.

Avec moins d’acuité mais aussi avec violence ,les orpailleurs de Siguiri et de Kouroussa se sont vus imposés d’aller cultiver la terre, alors qu’ils sont les dépositaires d’une tradition multiséculaire de chercheurs d’or et cela depuis la naissance de l’empire mandingue de Soundjata KEITA et de Kankan Moussa du XIII éme siécle . Plusieurs d’entre eux, osant braver l’interdit furent manu militari emprisonner et fouetter à sang.

A Lola et à Djécké en Guinée Forestière et aussi à Bambeto et Cosa à Conakry, toute manifestation des jeunes pour réclamer du travail ou la liberté est noyée dans le sang. La gouvernance d’Alpha CONDE a instauré une partition du pays en créant des « bantoustans » où le non –droit prime comme en Afrique du Sud au temps de l’apartheid. Dans ces zones l’utilisation de la violence contre les populations civiles est sans limite. Une milice privée, armée entièrement à la  dévotion du régime du RPG, les « donzos » écume les quartiers et les zones favorables à l’opposition. L’existence de cette force supplétive aux forces de défense officielles est sans précédent  et rend très peu crédible les déclarations publiques favorables à une réforme du secteur  des forces armées nationales avec la coopération de la communauté internationale. Pour conforter plus encore  son système politique, il encourage les attitudes tendant à creuser le fossé entre les différentes communautés nationales du pays. La déclaration du Général Facinet TOURE ,médiateur de la République ,déniant à la communauté peule  ses droits politiques de citoyens guinéens , l’encouragement tacite des activités d’une organisation dénommée « manding-djallon »  pour susciter la division des populations foutankées, l’extermination du bétail des éleveurs de Beyla et l’ethnicisassions en outrance de l’administration publique du pays au profit exclusif de l’ethnie à laquelle appartient M.Alpha CONDE, ruinent les fondements de la République et sèment pour longtemps la méfiance et la haine entre les guinéens.

Alpha CONDE, suit  avec constance une stratégie politique que lui-même a déclinée au lendemain de son investiture «  ramener la Guinée, là où Sékou TOURE l’a laissée ». Donc ce qui serait surprenant,  serait de sa part l’application d’une politique autre que celle-là.  En excellent tacticien politique, il use d’un semblant de dialogue politique et de la rhétorique de la réconciliation nationale comme un os à donner aux partis politiques et à la communauté internationale tout en faisant avancer  tranquillement et sereinement  son ambition d’obtenir un pouvoir totalitaire en Guinée. Comme Enver Hodja, qu’ il rêve  d’imiter , la Guinée doit être l’ « Albanie » d’Afrique ,bastion inexpugnable d’un communisme archaïque et tropicalisée.

Mais ce qui est surprenant est l’attitude de la classe politique guinéenne. Elle reste atone devant l’enfoncement du pays dans une gouvernance totalement hors la loi. Elle se tait alors que des dizaines de citoyens sont injustement privés de leur liberté et que d’autres meurent sous la torture qui leur est infligée. Les libertés sont bafouées et des principes essentiels de la constitution sont violés comme l’égalité des citoyens, la liberté d’expression, l’indépendance de la justice et le caractère républicain de l’Etat. Rivés sur l’organisation d’élection législative dans un contexte d’illégalité et d’anti constitutionnalité, l’opposition démocratique déserte ce qui vaut la peine de se battre à savoir sauver le pays pendant qu’il est encore temps.

Oubliant les leçons de notre histoire, chacun se vautre dans une indifférence coupable devant la souffrance de ceux qui sont embastillés en se disant qu’ils doivent être nécessairement coupables jusqu’au jour où sera à son tour d’être pris. La Guinée a perdu beaucoup de ses illustres enfants ainsi, à cause d’un aveuglement collectif. Nous ne devons pas permettre que cela se répète.

Après chaque nième tragédie collective, nous  crions plus jamais ça ! Mais il suffit que l’émotion s’estompe pour que nous oubliions nos résolutions et nous sombrons dans l’indifférence et le cynisme. Cette attitude atavique est le frein à l’émergence d’une société civile forte, exigeante et responsable. Toutefois, il n’est pas tard car l’engagement des individus peut venir à bout d’un totalitarisme rampant. Les prisonniers politiques en Guinée ont besoin de la solidarité nationale et internationale. Défendre leur liberté et leur droit, c’est également défendre notre liberté et nos droits. La Guinée a été tellement traumatisée, violentée et souillée qu’il est inacceptable que cela puisse se poursuivre.

Chacun d’entre nous a une responsabilité dans la construction d’un système politique, alors la Guinée a besoin de se libérer, de se réconcilier, de se construire et de s’épanouir pour l’intérêt de tous ses enfants. C’est un devoir et une obligation morale d’y contribuer.

2012 sera une année cruciale pour savoir si la Guinée s’oriente vers un changement démocratique réel ou comme par fatalité vers la descente aux enfers.

Mais ayons confiance  en l’avenir. Ne baissons pas les bras ! N’oublions pas les prisonniers politiques en Guinée.

Bonne et heureuse année. Que Dieu vous garde et protège notre pays !

17 novembre 2011

 

BAH  Oury

Ancien Ministre de la Réconciliation Nationale et de la Solidarité

1er Vice-Président de l’UFDG

DIVISION DE LA FEDERATION UFDG DE NEW-YORK

Je vous livre la note que j’ai envoyée aux instances de l’UFDG le 07 février dernier, suite à la décision d’El hadj Cellou de procéder à l’émiettement de la Fédération UFDG de New-York en quatre micro-fédérations. Deux mois plus tard , mes propos se sont avérés justes . Bonne lecture.

AU PRESIDENT DU PARTI

AUX MEMBRES DU CONSEIL POLITIQUE

AUX MEMBRES DU BUREAU EXECUTIF NATIONAL

AUX SECRETAIRES FEDERAUX

AUX SAGES

 

La décision signée le 27 janvier par Elhadj Cellou pour procéder à la division de la Fédération UFDG de l’ Etat de New-York en quatre micro-fédérations crée une source potentielle de conflits, d’émiettement et de perte d’influence de l’UFDG en Amérique.

Pourtant, je n’ai cessé d’attirer l’attention  d’El hadj Cellou sur les risques que cette proposition comporte. Dans un mail du 04 décembre 2012, j’avais écrit «  la proposition de décentraliser la fédération de New-York est inopportune  et dangereuse pour l’UFDG aux USA. En plus elle me paraît suspecte. Il faut arrêter ces  règlements de compte ». Le 03 janvier 2013 j’avais renchéri «  lI faut au préalable un consensus avec les responsables, les militants et les sympathisants de la Fédération de New-York pour procéder à une décentralisation. Il est manifeste que ce consensus n’existe pas et en plus cette restructuration signifie la mort de l’UFDG aux USA, car elle est contraire aux statuts et aux principes organisationnels d’une véritable institution. Soyons plus responsable et sachons faire prévaloir l’intérêt exclusif de l’UFDG ».

Ces remarques étaient aussi partagées par la majorité des responsables et des militants de l’UFDG de New-York. Pour trouver une base consensuelle d’entente avec les responsables à Conakry les responsables de New-York mandatèrent une délégation comprenant El hadj Kaba BAH et Fatou Chinois auprès du Conseil Politique pour plaider en faveur du point de vue majoritaire. D’autres personnes ressources résidentes à Conakry ont été par mes soins également invitées à sensibiliser EL hadj Cellou  sur les risques que cette proposition peut générer contre le parti.

En effet diviser en quatre micro-fédérations la fédération de New-York revient à émietter le parti et à dresser les militants en groupuscules antagonistes les uns contre les autres. Déjà, il est notoirement constaté que la rivalité entre des associations régionales et communautaires comme Pootaal-fi-Mbantal et Union du Fouta  a compromis la cohésion et l’unité des membres de l’UFDG aux Etats-Unis. En rajouter en divisant la Fédération, sera suicidaire. Actuellement la direction de l’UFDG à New-York est le rare lieu où cohabitent et se retrouvent toutes les sensibilités, cela mérite d’être conforté. Le nier et l’effacer amèneront sans aucun doute à priver la communauté guinéenne d’une boussole politique sans laquelle les militants de l’UFDG seront condamnés à la dispersion et à la réclusion dans des associations de ressortissants sans aucune influence sur la vie politique.

Diviser la Fédération UFDG de New-York au profit de « comité de soutien » sera, livrer les structures du parti à de clans qui n’ont jamais montré leur capacité de rassembler et d’unir toutes les composantes de l’UFDG.

Diviser la Fédération UFDG de New-York, en dépit de l’opposition de la majorité des militants, sera un acte anti-démocratique et une négation des valeurs qui fondent l’UFDG.

Dans le fond, le Conseil Politique en divisant les fédérations de Ratoma, Kindia, Coyah, et autres a fait un mauvais diagnostic des insuffisances constatées dans le fonctionnement du parti. D’abord il est essentiel de noter que la faiblesse politique des partis politiques guinéens est principalement liée à des lacunes organisationnelles et conceptuelles. La référence dominante est l’expérience du parti Etat du PDG qui n’est plus en phase avec les exigences de la société guinéenne d’aujourd’hui. Hier dans un environnement non démocratique et non concurrentiel les incantations démagogiques à la « gloire du leader » suffisent. Il suffit d’avoir des « surveillants » comme responsables pour imposer la doctrine officielle qui se ramène à « la pensée du guide éclairé », les mêmes rengaines qui sont de manière récurrente vociférées dans les « assemblées générales ». Aujourd’hui, tout est différent. Il faut innover, être à l’écoute de la société, anticiper sur les besoins et les attentes et préparer l’avenir en investissant sur la formation des hommes et des femmes pour faire émerger une élite politique apte et capable de gouverner le pays. L’organisation à mettre en place doit répondre à cet objectif : fermeté sur les principes, pérennité des structures, clarté des choix politiques et concertation –participation comme méthode de gouvernance.

Cette approche est le fruit de l’expérience et de la volonté de fonder une institution politique stable et impersonnelle. La démocratie est suffisamment fragile et a besoin d’un socle solide pour se développer. D’où la nécessité absolue de conférer une cohérence et une stabilité aux structures du parti conformément aux statuts que nous sommes censés  défendre et  respecter.

Pour cela, le comité des « assistants techniques » à raison de 2 par fédérations a été créé et animé par mes soins avant le 1er tour des présidentielles de juin 2010. Ces cadres ont eu à encadrer les fédérations du parti pour l’organisation des élections et la formation des militants. Cette équipe qui aurait dû capitaliser les acquis et servir de pôle d’excellence pour organiser, animer, épauler et former les responsables intermédiaires du parti a été ignorée et dissoute après mon départ en exil.De même la cellule communication interne composée de jeunes cadres du parti qui a été mise en place et qui publiait le bulletin interne de l’UFDG a été également abandonnée à elle-même.

 Ces deux structures centrales du parti étaient les instruments pour permettre une meilleure organisation de toutes les fédérations du parti.

En plus le schéma organisationnel prévu par les statuts favorisait le recensement et l’enregistrement de tous les militants et responsables, comité de base par comité de base, sections par sections, et fédérations par fédérations. Un logiciel s’inspirant de celui du RDR d’Alassane Ouattara a été conçu sous la direction de feu El hadj BA Mamadou au cours du 1er semestre 2007. Le responsable au poste d’administrateur du siège devait traiter, gérer et contrôler l’introduction des informations collectées auprès des structures de base. Ce travail a été dans une large mesure entamé correctement. Cela a aidé pour le recensement des électeurs en 2008 et 2009 et pour la capacité de mobilisation de l’UFDG. Bien entendu avec près de 500 comités de bases dans Conakry et 80 responsables par comité de base, il nous était facile de mobiliser une centaine de milliers de personnes en moins de 48 h.   Que reste-t-il aujourd’hui de ces acquis?

La partition des fédérations en micro-fédérations est un aveu que « l’acquis n’a pu être maintenu ».

La négation de l’existence des sections qui sont « la colonne vertébrale du parti » casse la dynamique de la construction d’un véritable parti structuré avec une forte capacité de mobilisation et d’une rapide réactivité.

La division des fédérations est une mauvaise réponse aux graves dysfonctionnements de l’UFDG.

Persister dans  cette direction reviendra à tourner le dos aux intérêts de l’UFDG et à hypothéquer son développement et son avenir.

Les décisions bureaucratiques ne feront qu’accentuer le mal et ruiner à terme l’influence du parti sur la société guinéenne. L’UFDG a une vocation démocratique et par conséquent son organisation et son fonctionnement sont régis par les statuts. Le tripatouillage des structures pour satisfaire des clans est anti-statutaire et constitue une violation des règles démocratiques afin de « diviser pour régner ».

Je suis absolument opposer à cette manière de faire, car cela ruine les chances de l’UFDG d’être une institution forte, crédible, ouverte, accueillante et démocratique. Le changement dont la Guinée a besoin nécessite que l’UFDG soit une « institution politique forte » régie par des règles de droit que nous avons librement acceptées au IVème congrès  en août 2009.

Je m’inscris  dans cette dynamique avec plus de force et de conviction, car l’avenir de l’UFDG et l’instauration de la démocratie dans notre pays en dépendent. Défendre les intérêts de l’UFDG est un devoir pour maintenir son développement, et  par conséquent s’opposer et refuser tout acte concourant à sa ruine est légitime.

7 février 2013

BAH OURY

1er Vice- Président de l’UFDG

 

 

BAH Oury à L’ULB

En marge de la conférence à l’ ULB BAH Oury s’entretient avec GN

 

En marge de la grande conférence sur la situation socioéconomique de la Guinée que le vice-président de l’UFDG, monsieur Bah Oury a tenu ce samedi 5 avril à Bruxelles, votre quotidien en ligne Guinéenews a rencontré le conférencier pour aborder les questions brûlantes de l’actualité guinéenne.

1.     Guinéenews© : Vous avez tenu hier samedi à Bruxelles, une conférence sur la problématique socioéconomique de la Guinée, ses enjeux et ses perspectives. Quelle a été votre impression et pourquoi l’économie plus tôt que la politique ?

Bah Oury : C’est avec un grand plaisir que j’ai répondu à l’invitation du Cercle des Etudiants Guinéens de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) pour exposer la situation économique de ces cinq dernières décennies de notre pays. En plus j’ai noté avec une grande satisfaction la présence massive de la communauté guinéenne lors de la conférence.

Vous savez l’économie est traitée en parent pauvre du débat politique guinéen. Or elle est l’expression de la réalité de la collectivité nationale. A travers elle, nous lisons nos forces, nos faiblesses, nos atouts et nos handicaps. Un examen minutieux de ses agrégats permet d’explorer les champs du futur. Aujourd’hui pour un dirigeant politique, ignorer la science économique c’est gouverner à l’aveuglette. Il est indispensable de corriger ces lacunes pour hisser le citoyen guinéen tel, qu’il soit à même de comprendre le monde qui l’environne afin d’agir avec objectivité et efficacité pour transformer notre pays en mieux.

Il n’y a pas antinomie entre économie et politique. La politique sans une perception aigue de la réalité économique n’est que démagogie et « mamaya » stérile et avilissante. J’estime qu’il est temps de faire la politique autrement en Guinée.

 

2.     Guinéenews© : L’ancien ministre sénégalais de l’intérieur, général Lamine Cissé, considéré par la mouvance comme médiateur international dans la crise politique guinéenne mais récusé par l’opposition, a finalement jeté l’éponge. Le Secrétaire Général des Nations Unies a finalement désigné M. Said Jinit son représentant pour l’Afrique de l’Ouest. Avez-vous l’impression que la communauté internationale a entendu votre appel?

 

Bah Oury :La dissolution du groupe international de contact pour la Guinée au lendemain des élections présidentielles de 2010, voulu par Alpha Condé, a été une grave erreur. Ceci a contribué à donner carte blanche au nouveau pouvoir pour gérer le pays à sa guise sans aucune interférence extérieure. Le résultat est calamiteux. Recours systématique à la violence politique, violations répétées des droits de l’homme, négation de la constitution et des lois, exacerbation des tensions communautaires et ethniques et développement de l’affairisme des cercles dirigeants sont les traits marquants de seulement deux années de pouvoir d’Alpha Condé. L’opinion nationale s’est inquiétée de la dérive dictatoriale et la communauté internationale en terme plus diplomatique observe l’évolution du régime guinéen avec prudence et scepticisme. Le crédo onusien est « la conservation de la stabilité »  de ce fait les guinéens ne doivent pas se faire des illusions. La communauté internationale ne s’intéresse que peu aux conflits de basse intensité. La désignation de M. Saïd Jinit est un pas positif mais malheureusement  sans grand effet sur la crise guinéenne. D’ailleurs certaines puissances considèrent la Guinée comme un Etat stable et par conséquent pour elles, il n’y a pas péril en la demeure. Or, c’est ainsi que la Mali d’ATT était jugé voilà à peine 18 mois. Heureusement que nos compatriotes savent à juste titre que le combat pour la démocratie et la liberté sera leur œuvre  ou il ne sera pas.

3.     Guinéenews© : Il  y a quelques jours, Cellou Dalein, Lansana Kouyaté et Sydia Touré ont tous rencontré le chef de l’Etat Alpha Condé. Peut-on dire que ce dernier a entamé maintenant un diadoque «sincère» très souvent réclamé par l’opposition ?

 

Bah Oury : J’ai toujours considéré que le gouvernement guinéen fait du cinéma en parlant de dialogue et de rencontre avec les responsables politiques de l’opposition. Ces derniers se comportent bizarrement face à Alpha Condé. On a l’impression qu’ils font acte d’allégeance au pouvoir alors que celui-ci les méprisent royalement. Si ce n’était que cela, la gravité serait moindre. Comment justifier cette parodie de dialogue à la queue leu leu au Palais présidentiel alors que des militants de l’opposition croupissent injustement en prison, que le deuil que portent les familles des 9 manifestants tués le 27 février 2013 n’est pas achevé ,que les propriétaires des magasins incendiés à Madina ne sont pas indemnisés et que le pouvoir n’a manifestement pas donné aucun signe tangible d’apaisement. Alpha Condé mène son jeu avec constance et l’opposition politique navigue sans boussole. C’est une réalité déconcertante et malheureuse au regard de la mobilisation et des sacrifices que la population guinéenne a consenti pendant ces deux années de calvaire.

 

4.     Guinéenews© : Le 27 février 2013, la manifestation de l’opposition a été réprimée avec un bilan très lourd, 9 morts dont un policier. Quelles dispositions concrètes prend l’opposition qualifiée de «radicale» pour préserver la vie des citoyens lors de manifestation qu’elle organise ?

Bah Oury : Les responsables de l’opposition qui ont lancé l’appel à manifester sont mieux indiqués pour répondre à cette question cruciale. En ce qui me concerne, j’ai indiqué aux instances de l’UFDG, au lendemain de l’élection présidentielle que les manifestations de rue ne devraient être que l’ultime recours face à un pouvoir naturellement porté à la violence. Par conséquent, il est impérieux d’être en tout temps en mesure d’assurer la protection des manifestants et de la sauvegarde de leurs biens. C’est un acte de responsabilité et d’humanité. Ne pas le faire c’est considérer les militants comme de vulgaires chairs à canon.

5.     Guinéenews©: Qu’a fait l’opposition pour les victimes et leurs familles, les détenus et les citoyens qui ont perdu leurs biens lors de cette manifestation ?

Bah Oury : Je sais que les militants de l’UFDG à travers le monde ont exprimé leur solidarité à l’égard des victimes en collectant par-ci par-là des moyens pour leur venir en aide. Certes, c’est une goutte d’eau par rapport à l’énormité des besoins.

A mes yeux, l’Etat guinéen est responsable de cette dramatique situation. Comme je l’avais engagé en octobre 2008, comme Ministre de la Réconciliation Nationale, des mesures de réparation et de compensation constituent une obligation pour l’Etat guinéen à double titre : d’abord au compte de la solidarité nationale mais aussi parce que peu ou prou les autorités guinéennes sont directement responsables de ce carnage et de cette tuerie. Les forces de l’ordre « aux ordres » ont tiré sur les manifestants à balles réelles et ont supervisé l’incendie des magasins à Madina alors que leur mission régalienne est de protéger sans aucune discrimination  les citoyens et leurs biens.

L’opposition doit soutenir et accompagner toutes les victimes pour que justice soit faite et que les torts soient réparés.

 

6.     Guinéenews© : Cette crise perdure depuis près de deux ans et demi, l’opposition et le pouvoir mesurent-ils vraiment la déception de la population face à cette situation où on va de blocage en blocage ?

Bah Oury : La gouvernance d’Alpha Condé est pleinement responsable de ce blocage. Elle a sacrifié les intérêts nationaux pour tenter de s’accaparer de tous les pouvoirs dans le pays. C’est ainsi que la pauvreté et la misère se sont largement étendues. Si 52% de la population en 2007 était considérée comme pauvre, cette proportion est en 2012 de 55%. Les guinéens n’en peuvent plus. 15% des foyers guinéens sont incapables de subvenir à leurs besoins essentiels. Une ville comme Fria symbole de l’irresponsabilité et de l’affairisme des autorités guinéennes meurt lentement sans aucune mesure significative pour stopper le déclin.

La faute de l’opposition est d’avoir concentré son action sur des aspects périphériques liés essentiellement au processus électoral. Elle a négligé le quotidien du guinéen lamda. Elle a ignoré la question fondamentale des droits de l’homme. Elle s’est rendue complice par sa passivité de la violation répétée de la constitution. Elle est restée inaudible devant l’exacerbation des clivages communautaires et ethniques dans le pays. Elle s’est laissée « rouler dans la farine » par Alpha Condé. Tout cela a amené de larges franges de la population à se sentir abandonnée.

7.     Guinéenews©: Parlant du procès dans l’affaire du 19 juillet 2011, le commissaire Boubacar Fabou Camara vous a cité dans le dossier et dit avoir des preuves irréfutables contre vous, d’ailleurs le procureur Williams Fernandez vous a cité plusieurs fois.  Que répondez-vous face à ces accusations ?

 

Bah Oury : Le commissaire Fabou, s’est ridiculisé devant la cour d’assises de Conakry lorsqu’il a livré ses « preuves irréfutables » contre ma personne. Mais que peut-on attendre d’une justice aux ordres ? Alpha Condé a désigné les coupables depuis septembre 2011 en considérant Tibou Kamara, Diallo Sadakadji et moi-même comme les instigateurs de cette «affaire du 19 juillet 2011 ».

Cette affaire est une vaste machination pour neutraliser quatre cibles :

-des officiers et de militaires jugés suspects pour la stabilité du régime,

-les jeunes leaders de l’UFDG, de l’axe de la liberté à savoir « Hamdallaye – Bambeto – Cosa_ Cimenterie »

-des commerçants jugés indociles

-l’UFDG en incriminant son 1er Vice-Président.

La vie de la Guinée a été rythmée depuis l’indépendance par des purges sanglantes et des parodies de jugement des agents de la « cinquième colonne » c’est-à-dire l’ennemi de l’intérieur. M. Alpha Condé a été victime de ce type de machination en décembre 1998 et il a promis de renouer avec le « complot permanent » en ramenant la Guinée là où Sékou Touré l’avait laissée. C’est ce programme qui se déroule actuellement à Conakry.

 

8.   Guinéenews©: Quelle sortie de crise pour éviter à la Guinée ce qui est arrivé à certains pays voisins ?

 

Bah Oury : La crise s’est intensifiée, avec la convocation du corps électoral le 30 juin 2013 pour l’organisation des législatives. Une période d’incertitude s’ouvre. Comme il fallait s’y attendre la parodie de dialogue n’a rien donné. Deux années d’atermoiements, de manifestations, des dizaines de morts, des centaines de blessés et des milliers d’incarcérés n’ont pas infléchi l’attitude des autorités guinéennes.

Dans ce contexte où le pouvoir n’a jamais fait preuve d’une volonté minimale de respecter la constitution ni de privilégier l’intérêt national, la sortie de crise ne sera pas sans douleur. A la lumière de l’histoire récente de la Guinée, restaurer l’autorité de la loi et rétablir la confiance des guinéens  en leurs institutions passent par le départ d’Alpha Condé.

Son départ est une nécessité pour éviter à la Guinée un avenir de tourmente et de désordre. Sa gouvernance   a cristallisée autour d’elle tous les conservatismes et les immobilismes de la société guinéenne post-indépendante : les nostalgiques de l’autoritarisme du premier régime, les bénéficiaires du système prédateur de l’ère Conté et les tenants d’un ethnocentrisme militant de la coordination du mandingue. Cette réalité sociologique est soutenue par un dispositif sécuritaire agressif et violent notamment la milice ethnique des donzos. Ainsi la poursuite de cette logique pour l’accaparation d’un pouvoir totalitaire ne pourra qu’engendrer un déferlement de violence sans fin en Guinée. C’est pour sauver la Guinée, que je milite pour le départ d’Alpha Condé.

9.     Guinéenews©: L’ex-chef de la junte du CNDD vient de participer aux obsèques de sa maman à Nzérékoré , qu’est –ce –que vous en dites ?

Bah Oury : J’estime qu’il a obtenu un rare privilège pour se recueillir auprès de sa mère pour entamer le deuil. Il est normal de lui présenter les condoléances pour le repos de l’âme de cette dame centenaire. Mais j’attendais de la part du Capitaine Dadis Camara, qui se retrouve en terre guinéenne pour la première fois après trois années d’exil, un acte de repentance par rapport à la tragédie du 28 septembre 2009. Mais je n’ai rien entendu allant dans ce sens. Une belle occasion pour permettre aux nombreuses familles guinéennes traumatisées et meurtries d’avoir un peu de réconfort, est ainsi perdue. La nécessité de s’engager résolument dans le dur chemin de la repentance pour donner une chance à la réconciliation nationale n’est pas encore compris par ceux qui ont eu la responsabilité politique et morale des graves violations des droits de l’homme dans notre pays. Le devoir de mémoire est un impératif si nous ne voulons pas que de telle tragédie se répète. Zogota, Gallapaye, le 27 février 2013 pour ne citer que ces massacres, sont là pour nous rappeler que le pire est toujours possible.

 

10.     Guinéenews©: Votre dernier mot

Bah Oury : Les guinéens sont désespérés et inquiets pour leur avenir et pour celui de leurs enfants. Leur désenchantement est légitime. Mais nous n’avons pas collectivement le droit de baisser les bras et d’abandonner le pays. Comme je l’ai dit à la conférence à laquelle vous avez assisté, j’ai foi en l’avenir de la Guinée. Elle se relèvera et sera demain l’une des locomotives économiques en Afrique comme le pensait justement Roland Pré, gouverneur du territoire de la Guinée et auteur de « l’avenir de la Guinée » au lendemain de la seconde guerre mondiale.

10.  Guinéenews© : Merci monsieur Bah.

 

Entretien réalisé par Bassamba DIALLO , chef du bureau de guineenews.org de Bruxelles