AFFAIRE MOHAMED KOULA DIALLO : CINQ PROCHES DE CELLOU DALEIN DIALLO BIENTÔT DEVANT LA COUR D’ASSISES DE CONAKRY

koulah_diallo

 

 

Le 02 août dernier, la Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Conakry a rendu l’arrêt N°39 par lequel elle confirme l’ordonnance N° 181 en date du 24 mai 2016 du Doyen des juges d’instruction M.Mamady Diawara. Elle ordonne la libération des 18 maintiens d’ordre de l’UFDG qui avaient bénéficié auparavant d’un non lieu et déclare l’action publique éteinte concernant feu Mamadou Saidou BAH décédé le 10 mai dernier. La Chambre de la Cour d’Appel prononce également la mise en accusation des personnes ci-après des chefs d’assassinat (Mohamed Koula DIALLO journaliste) , de tentative d’assassinat ( BAH Oury 1er Vice-Président de l’UFDG) et de complicité :

  1. Le garde de corps Amadou SOW  présumé tueur de M.Koula DIALLOAmadou SOW, garde de corps de Cellou Dalein DIALLO
  2. Algassimou KEITA, garde de corps de Cellou Dalein DIALLO
  3. Souleymane BAH Thianguel , chargé de communication de Cellou Dalein DIALLO
  4. Alphadio BAH Wanidara
  5. Mamadou Saidou BARRY dit Dos ou Freeman

Ces cinq prévenus doivent être déférés et seront jugés devant la cour d’assisses de Conakry lit-on dans cette ordonnance de la Chambre d’Accusation.

Rappelons que seuls Amadou SOW et Algassimou KEITA sont à ce jour incarcérés à la Maison Centrale de Conakry. Souleymane BAH Thianguel a refusé de se présenter devant les enquêteurs et a préféré « fuir » le pays pour ne « aller seul en prison dit-il de manière menaçante à l’égard des éléments du clan Cellou Dalein DIALLO ». Alphadio et Freeman sont toujours en liberté malgré les mandats d’arrêt qui ont été délivrés conte eux. A cet égard, le procureur du tribunal de Dixinn M. Souleymane NDIAYE reste jusqu’à présent sans aucune réaction. Il en de même en ce qui concerne la plainte contre Cellou Dalein DIALLO pour dénonciations calomnieuses.

 

L’assassinat de Mohamed Koula DIALLO ne restera pas impuni malgré les énormes moyens qui sont exploités pour étouffer la vérité.

LETTRE OUVERTE AU MINISTRE D’ETAT, MINISTRE DE LA JUSTICE ET GARDE DES SCEAUX M. C. SAKO

 

 

téléchargement

 

C’est avec regret et une profonde amertume que je m’adresse à vous par la forme

interpellatrice qu’est la lettre ouverte. Comme vous le savez, le 05 février dernier aux abords du siège de l’UFDG sis à Dixinn, le journaliste Mohamed Koula DIALLO a été fauché à la fleur de l’âge par une balle qui selon les conclusions de l’ordonnance du juge d’instruction du Tribunal de Première Instance était destinée à m’abattre. Le même jour à peine une heure après le drame, Cellou Dalein DIALLO, Président de l’UFDG a fait publié un communiqué qui a fait le tour du monde où je suis formellement désigné comme « le tueur de Mohamed Koula à l’aide d’une arme à feu que je détenais ».

Monsieur le Ministre,

L’ordonnance du juge d’instruction du 24 mai 2016, a retenu la jonction entre « l’assassinat de Mohamed Koula DIALLO et la tentative d’assassinat de BAH Oury ». Par la suite 18 personnes (maintiens d’ordre de l’UFDG) ont bénéficié d’un non lieu . Or le parquet a interjeté appel de cette décision du juge d’instruction bloquant ainsi la libération de ces personnes qui deviennent ainsi doublement victimes. Victimes de Cellou Dalein DIALLO qui a établi leur liste pour la communiquer aux gendarmes-enquêteurs, et ensuite victime d’une procédure judiciaire qui les prive de leur liberté au-delà du temps nécessaire. Le peu de diligence de la chambre d’accusation contraint ces pères de famille à une détention préventive disproportionnée. En réalité leur emprisonnement protège ainsi à leur corps défendant les vrais responsables de ce crime de sang.

 

Monsieur le Ministre,

 

Dans cette même ordonnance, Souleymane BAH Thiaguel , le responsable communication de Cellou Dalein DIALLO est inculpé de complicité d’assassinat et de tentative d’assassinat. Il a été convoqué par les enquêteurs de la Brigade des investigations criminelles de la gendarmerie ces dernières semaines. Il a systématiquement refusé de se présenter et depuis lors il a pris la fuite afin de se soustraire aux questions des gendarmes. Il avait auparavant publiquement déclaré «  qu’il ne sera pas seul à aller en prison ! » s’adressant ainsi à d’autres proches collaborateurs de Cellou Dalein DIALLO.

Monsieur le Ministre,

Je suis effaré de constater que M. Souleymane BAH Thiaguel a bénéficié d’une large mansuétude de la part des autorités judiciaires ce qui, lui a permis de préparer en toute tranquillité sa fuite. D’ailleurs le parquet général ne s’était pas gêné d’organiser au courant du mois de juin une conférence de presse pour « tenter de ridiculiser » l’ordonnance du juge d’instruction M. Mamady DIAWARA qui internationalement est reconnu par sa droiture, sa rigueur et son professionnalisme. Comment expliquer cette intrusion des magistrats du parquet général pour mettre en doute l’inculpation de Souleymane BAH Thiaguel ! La famille de Mohamed Koula DIALLO et moi même, parties civiles dans cette affaire méritons d’avoir des explications de votre part.

Monsieur le Ministre,

J’ai porté plainte contre Cellou Dalein DIALLO pour dénonciations calomnieuses suite à la diffusion du communiqué me présentant comme le meurtrier du journaliste Mohamed Koula DIALLO. Le procureur de la République de Dixinn, M. Souleymane Ndiaye a « requis de ne pas informer en raison de la qualité de député de Monsieur Cellou Dalein DIALLO,en se fondant sur l’article 65 alinéa 3 de la Constitution ». Or dans le cadre d’une bonne justice respectueuse des droits de tous les justiciables, il devrait conformément à la Constitution demander à l’assemblée nationale de lever l’immunité parlementaire du député Cellou Dalein DIALLO afin que l’instruction judiciaire puisse être ouverte pour le volet dénonciations calomnieuses. Devant l’inaction du Procureur de la République, à ma demande mes avocats ont requis cette demande auprès de l’Assemblée Nationale. Pour le moment nous ignorons la réaction de l’assemblée à ce sujet. Toutefois, nous pensons que votre charge de Ministre de la Justice nous permettra de trouver les voies juridiques pertinentes d’instruire en conformité du droit la plainte contre Cellou Dalein DIALLO pour dénonciations calomnieuses.

Monsieur le Ministre,

Mon avocat Thierno Amadou Oury DIALLO subit des intimidations, des harcèlements et des menaces de mort proférés par des milieux proches de Cellou Dalein DIALLO. Ceci m’amène à vous rappeler que nous avons formulé des plaintes qui sont restées sans suite. C’est le cas contre Ibrahima Sory Camara qui a revendiqué publiquement d’être l’organisateur de l’agression dont je fus victime le 29 avril aux abords de la mosquée de Dabondy-Ecole. C’est le cas également de la plainte contre Boubacar DIALLO dit Grenade et consorts qui le 12 avril ont agressé mes proches à Bambeto pour les empêcher d’organiser une réunion publique dans ce quartier. Cet agresseur fait d’ailleurs l’objet d’un mandat d’arrêt pour détention d’armes et menace contre des forces de l’ordre dans le cadre de l’exercice de leur fonction. Bizarrement, ce mandat est jeté aux orties, comme si une « milice privée officielle » existe dans ce pays pour servir Cellou Dalein DIALLO et son clan en toute impunité. Les mandats d’arrêts contre Alphadio BAH Wanidara et Mamadou Saidou BARRY dit freeman, tous les deux inculpés dans le cadre de l’affaire du 05 février sont également restés sans suite. Cette situation est d’autant plus révoltante qu’en l’espace de 48 heures le jeune Ibrahima Djoundiou DIALLO de Bambeto a été jeté manu militari en prison à la Maison Centrale depuis plus de trois mois pour une « histoire montée de toutes pièces de vol de téléphone » que les proches de Cellou Dalein ont fabriqué  pour tenter de m’atteindre. D’un côté une histoire de meurtre gérée avec beaucoup de « souplesse » et de l’autre une banale affaire sanctionnée avec démesure. Deux poids, deux mesures ! De quel côté se trouve la justice !

En conclusion, Monsieur le Ministre

Vous avez la charge de rendre la justice guinéenne, juste, équitable et transparente. Nous, partie civile dans le cadre de l’assassinat du journaliste Mohamed Koula DIALLO et de la tentative d’assassinat sur BAH Oury, nous estimons que les comparutions des inculpés Souleymane BAH Thiaguel, Alphadio BAH Wanidara, Mamadou Saidou BARRY Freeman, et Boubacar DIALLO Grenade constituent un préalable nécessaire pour une bonne justice. Nous espérons que notre légitime requête trouvera une issue heureuse pour que la justice soit rendue avec sérénité et honnêteté !

Avec respect !

 

Bah Oury, 1er V. Président de l’UFDG « Les accords politiques remettent en cause les fondements réglementaires et les textes institutionnels de notre pays.»

 

Palais du peuple Conakry

 

A bâton rompu, le premier vice-président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Amadou Oury Bah, plus connu sous le nom de Bah Oury, se prononcé sur les sujets qui dominent l’actualité sociopolitique du pays, notamment ; les conditions de vie des populations, la crise politique qui se profilent à l’horizon avec la menace de manifestation de l’opposition dite républicaine, ainsi que le processus de réconciliation en cour dans le pays.

Le Continent : Quelle analyse faites-vous de la situation sociopolitique actuelle de la Guinée?

Bah Oury : Dans le contexte actuel, en regardant la manière dont les gens vivent, on se rend compte que la situation est difficile pour la majorité de nos compatriote. Ceci n’est pas le fait du hasard ou d’une fatalité, mais c’est la conséquence logique d’une période très forte que la Guinée a connu ces trois dernières années.

L’année 2013, pour des raisons politiciennes, n’a pas permis à la Guinée de réussir à mettre à profit, l’annulation de la dette pour lui permettre d’aller dans le sens d’une amélioration de la qualité de vie, notamment pour des citoyens les plus déshérités. L’année 2014 et 2015 ont été une autre catastrophe qui s’est accentué sur une période économique particulièrement difficile. Et 2016 commence avec l’héritage de 2014 et de 2015. La remonté de la pente peut-être possible, mais actuellement nous sommes dans le creux de la vague.

Sur le plan politique, il y a quelques choses de très important que nous devons prendre en compte. L’année 2015 est le début de la fin d’un cycle politique qui a commencé depuis très longtemps avec des hommes et des femmes d’un certain âge et d’une certaine conception qui sont au pouvoir. La grande majorité de la population, notamment les jeunes, attendent à voir les choses évoluer autrement en terme de gouvernance, d’orientation sur le plan économique, institutionnelle et de relation avec le peuple. Donc il y a une forte attente qui, malheureusement, des réponses ne sont pas à l’attente de l’espérance d’une couche extrêmement importante que sont les jeunes. Et la classe politique aussi qui est le reflet de la situation sociale et de la société dans sa globalité est complètement en déphasage. Ce qui fait que la population se sent orpheline en termes de leadership politique. C’est ce qui explique pour certains, le désarroi qui est constaté aujourd’hui. Et certains élément de la classe politique tant de la mouvance que de l’opposition ne cherchent qu’à ce maintenir avec des réponses qui ne sont plus appropriées. D’où nécessité absolue de revoir de font en comble, ce que d’autre appellent ‘’le paradigme de l’analyse de la situation socioéconomique de la Guinée’’.

Quelle analyse faites-vous de la menace de l’opposition ?

Vous savez, il y a certains qui se sentent dépassés par la réalité des événements. Les mouvements importants contre la CENI (Commission électorale nationale indépendante), l’opérateur Way-Mark ont eut beaucoup de dégâts et de perte en vie humaine pour donner au finish, des résultats qui sont en dessous des sacrifices consentis.

La population aspire dans sa majorité à autre chose. Donc au lieu de tirer les leçons de ces années d’errements politiques, l’opposition continu de croire que la même recette peut produire des résultats qui sont différents de ce qu’on a connu par le passé. Moi je considère qu’il y a des moments de la vie, après avoir tenté dans la durée et de ne pas avoir constaté de résultat probant, il faut changer de fusil d’épaule et se remettre en cause pour se dire qu’il y a une autre manière de faire les choses avec plus d’efficacité. Ce que je n’aie pas constaté au niveau de mes paires de cette soi-disant opposition.

Vous pensez que cette menace l’opposition n’aura aucun impact positif?

Pour être franc, cette agitation dont le chef de fil de l’opposition est le moteur principal, n’a que deux objectif : premièrement, c’est sérer la main avec le professeur Alpha Condé pour dire que maintenant le passif récent es oublié et qu’il y a une soi-disant réconciliation. Or, un chef de l’opposition qui appel au dialogue dont-il n’a pas encore reconnu les élections, cela est me parait illogique et inconséquent. Donc l’objectif de cette manifestation c’est imposer le chef de fil de l’opposition comme un interlocuteur incontournable. Le deuxième élément, est que cette manifestation s’inscrit dans la crainte de leadership au niveau de l’UFDG (union des forces démocratiques de Guinée). Donc à partir de là, les justifications qui accompagnent cette manifestation ne paraissent pas crédibles et sérieuses.

Quelle analyse faites-vous de la reprise du dialogue politique ?

Ce qui me sidère est que la plus-part de ces personnalités qui appellent au dialogue sont des parlementaires qui siègent à l’Assemblée nationale. Mais l’espace le plus approprié pour les parlementaires qui sont dans le cœur de l’institution, sont les commissions de toutes natures pour poser les problèmes et approfondir la réflexion afin d’engager des propositions de solutions qui peuvent permettre d’avancer. Mais pourquoi déserter l’Assemblée nationale pour manifester et dire qu’on va s’asseoir autour d’une table? C’est à ce niveau qu’il y a un grave problème dans ce pays. C’est la manifestation la plus achevée de la mal-gouvernance.

Les accords remettent en cause les fondements réglementaires et les textes institutionnels de notre pays. Regardez les délégations spéciales aujourd’hui, il y a partage entre cette opposition et la mouvance. Par ce qu’elles se partagent le territoire national à travers des délégations spéciales. Au regard des lois de la République de Guinée, ces délégations spéciales ne représentent pas la légalité constitutionnelle. Mais quand cela arrange, on fait fie des lois de la République. En d’autres termes, ces soi-disant accords sont faits pour trouver des arrangements à des situations qui rentrent plutôt dans le cadre de clans et personnel que national.

L’Assemblée nation est le cadre de dialogue approprié. Pourquoi, ils sont députés ? Des gens sont morts pour qu’il y ait des élections législatives dans des conditions difficiles. Alors pourquoi ne pas exploiter le fait qu’ils sont au niveau du parlement pour poser certains problèmes ? Et pourquoi ne pas également, pour une soi-disant opposition, mettre à profit le fait qu’elle gouverne en partie le territoire national à travers ses délégations spéciales, pour montrer une autre capacité de changer la gouvernance de la ville ? D’un autre côté il y a du travail pour une opposition sérieuse dans notre pays.

Pourquoi vous ne croyez pas à cette opposition ?

Je ne reconnais pas une incarnation véritable digne de nom en cette opposition. Je les considère comme disait le Président Senghor ‘’crypto-personnel’’. Une vraie opposition, c’est à travers une alternative, une vision de l’avenir et du futur de la Guinée, c’est aussi à travers une conception sur comment gouverner nos ville, comment améliorer la gouvernance, comment répondre à l’attente des jeunes et des femmes qui sont dans une situation désespéré, comment reconstruire un pays qui, économiquement à des potentialités, mais est complètement en retard.

Quelles sont vos impressions par rapport au processus de réconciliation dans notre pays ?

J’ai été l’une des rares personnes qui a été ministre de la réconciliation nationale. On avait commencé un travail extrêmement important qui n’a été poursuivi. Le président Alpha Condé a jugé important de mettre en place une commission provisoire de réconciliation nationale. A l’heure actuelle on ne peut que s’en réjouir et prendre ce rapport final comme étant un élément de base permettant d’entrevoir le future des dynamiques en mettre en force pour que la réconciliation nationale devienne une politique avec des programmes et non des déclarations. Et pour cela il faut se mettre au travail ; il faut que les citoyens et la société civile dans sa globalité utilisent ce document comme étant un élément permettant d’aller beaucoup plus en profondeur. Mais, en tant que leader d’une UFDG qui se veut une opposition constructive, il y a des situations où vous devez quotidiennement vous battre. C’est la raison pour la quelle, dans le cadre de la dynamique de la réconciliation nationale, à travers nos action de rencontre de contacte avec les coordinations régionales, on développe des politiques allant dans le sens d’une vision d’avoir une Guinée réconciliée au-delà des ethnies. Et en ce qui concerne la lutte interne pour le leadership au niveau de l’UFDG, on s’est carrément démarqué d’une vision ethnocentrique marquée que prône Céllou Dalein pour aller dans le sens net et clair que c’est toute la Guinée qui nous intéresse et non une communauté et pas une région.

A votre avis, qu’est ce qui pourrait être la réussite ou l’échec de ce défi ?

On est condamné à réussir si on veut que la Guinée aille de l’avant. C’est vrais que certains sont septiques, c’est tout à fait normal par ce que les guinéens ont été longtemps désabusé. Il y a eut beaucoup d’espérance qui n’ont jamais été concrétisé. Depuis l’indépendance, c’est toujours des rendez-vous manqué. Et donc cela a fini par donner le sentiment à tous les guinéens que rien n’est possible dans ce pays. Mais personnellement je crois que pour chaque chose, il savoir se battre. Nous sommes entrain d’enclencher un nouveau cycle politique pour les générations futures. Ce n’est par ce que je le dis, mais c’est la réalité sociologique et politique de la Guinée qui le veut ainsi. C’est un nouveau cycle politique est entrain de démarrer qui exige plus de responsabilité, une démarche prospective pour la Guinée de demain. Et c’est raison pour laquelle je suis profondément optimiste et on est dans la bonne direction.

Qu’en est-il du contentieux qui vous oppose au président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo?

Vous savez, au delà de sa personne et de la mienne, c’est la lutte entre deux courants politiques qui constituent le passé et l’avenir. Le passé c’est l’esprit du parti unique, la culture du pratique Etat dont Cellou Dalein est l’héritier et l’incarnation. Bah Oury est l’incarnation de la génération qui s’est battu pour les droits de l’homme. C’est celui qui se bat pour un débat démocratique et pour un changement. Momentanément, on a cru dans le cadre d’une même institution politique, que les deux courants n’étaient pas expressément identifiés. Aujourd’hui, ces deux courants politiques sont nettement identifiés et c’est la raison pour laquelle la lutte âpre qui se fait et chacun, avec sa mentalité et sa culture utilise sa stratégie qui lui est propre. D’un côté, la violence, le mensonge et la négation. De l’autre côté une démarche pédagogique pour convaincre. Et je pense que malgré tous, la vérité triomphera.

Parlez-vous de vos rapport avec les alliés de l’UFDG, notamment les députés Aboubacar Sylla et Jean Mark Téliano ?

Au lendemain de la tentative d’assassinat sur ma personne qui a causé la mort de Mohamed Koula, j’ai vu un certain nombre d’acteurs politique dits de l’opposition apporter leur soutien à Cellou Dalein Diallo. Pour moi, c’est un élément extrêmement important, où dans le cadre d’une affaire pénale où il ya eut meurtre, certains n’ont pas fait preuve de jugement. Ils se sont mis à faire des déclarations pour apporter leur soutien à quelqu’un qui demain, pourrait être présenté comme étant un des principaux acteurs de ce vendredi 5 février 2016. Cela me pause un sérieux problème en terme de sens de responsabilité et aussi de prudence qu’une personnalité politique qui envisage à un moment donné étaient des ministres de ce pays, je pense qu’il y a des attitudes qu’il ne faut pas prendre à la légère.

Entretien réalisé par

Ismael DIALLO

 

QUEL DIALOGUE , AVEC QUI ET POURQUOI !

Bah Oury

 

 

Il est communément admis qu’en Guinée «  la politique est l’art de mentir et de trahir ».Des générations de guinéens ont été élevées dans cette fausse croyance qui consacre le triomphe du cynisme et de l’immoralité. La parole d’honneur, la recherche de la vérité, l’amour de la justice, l’affirmation de convictions fortes en faveur de l’humain sont des valeurs qui détonnent dans cet environnement où règne en toute impunité « la loi du plus fort ». Dans cette jungle kafkaïenne, la classe politique actuelle est le représentant le plus achevé de cette mentalité prédatrice. Il est par conséquent aisé de comprendre pourquoi la Guinée est aujourd’hui en retard dans maints domaines : retard sur le plan économique par l’insuffisance des infrastructures énergétiques, routières, et d’eau courante et retard sur le plan social par la faiblesse de l’indice de développement humain. Cette réalité est révoltante pour la majorité des guinéens qui accumulent frustrations et désillusions depuis l’indépendance nationale en 1958. Ce paradoxe apparent met en évidence là où le bât blesse. En effet la première richesse d’un pays n’est point ses potentialités économiques mais plutôt la qualité des ressources humaines dont il regorge.

 

Une crise politique permanente en déphasage des intérêts nationaux

 

Aujourd’hui une certaine classe politique menace encore d’organiser des manifestations de rue pour exiger dit-elle un dialogue avec le gouvernement. Durant cinq années de 2011 à 2015, des manifestations monstrueuses ont été organisées. De nombreuses victimes ont jalonné ce parcours chaotique et violent de l’histoire récente de notre pays.                 De 2011 à 2013, ces querelles se sont cristallisées autour des élections législatives, sur l’opérateur technique Waymark-Sabary Technology et sur la composition de la CENI.

  • Cas de la CENI : La loi organique adoptée par le CNT(Conseil National de la Transition) en 2012 a bénéficié du soutien de l’ensemble des forces politiques du pays. Cette acceptation consensuelle a été publiquement confirmée à la délégation de l’Union Européenne en visite à Conakry durant le dernier trimestre de 2012. Or cette loi avait apporté une modification importante de la CENI. En effet la règle de décision par consensus qui prévalait auparavant où chaque commissaire pouvait peser dans la balance a été remplacée par la règle de la majorité simple. Désormais peu importe la composition de cette institution dont l’indépendance est consacrée par la constitution. Il suffit à l’une des composantes mouvance présidentielle ou opposition de s’assurer d’une majorité confortable. En droit, chacune d’entre elle a dix commissaires, la société civile 3 et l’administration 2. Dans ce cas l’opposition s’est fait hara-kiri. Elle a accepté l’abandon de la règle consensuelle au profit de la règle de la majorité simple. Elle s’est dessaisie ainsi de la possibilité de peser dans les décisions ultimes de la CENI. Elle doit par conséquent en assumer l’entière responsabilité.
  • Cas de l’opérateur Waymark- Sabary : Beaucoup de guinéens sont descendus dans la rue à l’appel des responsables de l’opposition pour exprimer leur refus de voir l’entreprise sud-africaine gérer le processus électoral des législatives de septembre 2013. Plus d’une cinquantaine de manifestants tués par balles, des commerces incendiés et pillés, des centaines de personnes interpellés et emprisonnés, des blessés par légions et souffrent dans la solitude avec des handicaps irréversibles. Contre toute attente, Cellou Dalein DIALLO le président actuel de l’UFDG signe les accords du 13 juillet 2013 qui valident le maintien de l’opérateur technique Waymark. La question n’est pas pourquoi avoir signé, mais pourquoi avoir engagé alors des milliers de personnes dans une aventure politicienne avec un très lourd tribut et par la suite jeter le tout avec désinvolture et sans regret. Pourquoi alors ne pas avoir épargné le pays de deux années successives de crises politiques violentes et destructrices. Un responsable digne de ce nom, n’engage jamais à la légère ceux qui lui font confiance. Un homme d’Etat privilégie avant tout l’intérêt national avant l’intérêt partisan. Mais celui qui sacrifie des vies, une cause juste et noble seulement pour assouvir des intérêts personnels et mesquins perd la confiance et la considération de ceux qui croyaient en lui. Les années 2012 et 2013 ont été un vaste gâchis dont les dits responsables de l’opposition assument une part de la responsabilité. Quant à moi, j’avais décliné l’invitation de figurer à la deuxième place de la liste nationale de l’UFDG pour rester cohérent avec moi-même et avec ma conscience.
  • Cas des élections communales avant les présidentielles : Durant l’année 2015, l’absence d’élus communaux élus cinq années après l’expiration du mandat devient subitement une préoccupation à la veille des présidentielles. Est-ce la qualité de la gouvernance qui était en jeu ! Non ! La préoccupation était strictement d’ordre électoraliste. Ainsi, cette nouvelle flambée de la tension n’a pas pour origine une volonté de faire respecter les fondements de l’Etat de droit, ni également de permettre aux citoyens d’élire librement leurs représentants pour gouverner démocratiquement les collectivités locales. Là aussi des milliers de personne sont appelées à descendre dans la rue en Avril 2015 pour réclamer la tenue des élections communales avant les présidentielles. Des morts et des destructions ont jalonné ces journées. Engager les jeunes gens à affronter au péril de leur vie les forces de l’ordre pendant ce temps se tapir chez soi en toute sécurité n’est pas digne d’un responsable soucieux de l’intérêt collectif de ses partisans. Les communales n’ont pas eu lieu avant les présidentielles et comme lot de consolation, le partage du pouvoir au niveau des collectivités territoriales est effectif au lendemain des présidentielles par la mise en place de délégations spéciales sur l’ensemble du territoire national. Ainsi l’objectif recherché n’est pas l’amélioration de la gouvernance du pays, il s’agit purement et simplement d’obtenir des postes et de s’en contenter. Depuis octobre 2015 des délégations spéciales gouvernent toutes les collectivités territoriales sur des fondements juridiques en contradiction avec les textes réglementaires et organiques.
  • L’élection présidentielle du 11 octobre 2015 : Les risques d’implosion de la Guinée étaient particulièrement élevés avec l’élection présidentielle de 2015. Le lundi 12 octobre 2015, le candidat Cellou Dalein DIALLO lance un appel de mobilisation générale pour une descente dans les rues pour dit il « non reconnaissance des résultats des élections présidentielles en précisant que celui qui perdra la vie dans ces manifestations le sera parce que DIEU l’aura voulu » ! Le 12 octobre 2015, de la France, je demande à toute la population guinéenne de s’abstenir de toute manifestation car «  beaucoup de vies humaines ont été perdues. Nous en avons assez de voir des jeunes gens sacrifier leur vie alors qu’aucune stratégie solide et fiable ne soutient l’action ». Par la grâce de DIEU, l’appel relayé par d’autres forces positives parvint à prôner le calme et la retenue. Par miracle, la Guinée fut épargnée d’une crise post-électorale sanglante.

 

La lutte pour le leadership et des manifestations pourquoi faire

 

Le chef de file d’une certaine opposition républicaine, Cellou Dalein DIALLO tente de revenir au premier plan de la scène politique en lançant de sempiternelles manifestations de rue pour s’imposer auprès de M. Alpha CONDE comme un interlocuteur incontournable. Or comment réclamer la tenue d’un dialogue avec le chef de l’Exécutif dont il a clamé par hu et par dia «  ne pas reconnaître le résultat de l’élection du 11 octobre 2015». Devant la gravité de cette décision, il est indispensable de clarifier solennellement cette position en réclamant plus de sérieux et de sens de responsabilité à des personnes qui prétendent représenter une partie de l’opinion nationale.

L’adoption de la loi organique instituant la configuration et la composition de la CENI actuelle en 2012, la tenue des élections législatives en septembre 2013 et la mise en place des délégations spéciales sur tout le pays en 2015 ont pu se faire avec l’accord du chef de file de l’opposition. Par conséquent il est vital de l’interroger sur sa stratégie qui consiste à créer un climat permanent de crises dans le pays. Le nombre de victimes dans les rangs de l’UFDG ne L’émeut guère. Il y a deux semaines il a encore récidivé avec des menaces du genre «  ils n’ont qu’à nous tuer tous !!! ». Il n’hésite pas d’alimenter des tensions ethnocentriques en « ghettoïsant l’UFDG en parti ethnique » et en allant puiser des soutiens qui mêlent à tort et à raison religion et politique. Dans ce contexte, c’est la stabilité du pays, la cohésion nationale et la sécurité sous régionale qui sont menacées.

Cette agitation stérile, infantile mais dangereuse vise deux objectifs principaux :

  • Une poignée de main Alpha CONDE_ Cellou Dalein DIALLO pour rompre l’isolement politique et diplomatique du chef de file de l’opposition pour lui permettre de se repositionner sur l’échiquier national pour assouvir des intérêts personnels qui n’ont rien à voir avec les intérêts vitaux des militants de l’UFDG.
  • Combattre BAH Oury le 1er Vice-Président et fondateur de l’UFDG qui a échappé par miracle à une conspiration tentant de l’assassiner le 05 février dernier au siège du parti. En effet, pour Cellou Dalein DIALLO il faut par tous les moyens éteindre l’action pénale en cours qui le vise. Il faut aussi empêcher la levée de son immunité parlementaire par l’Assemblée Nationale. La justice se trouve ainsi défiée, faire triompher la vérité ou consacrer l’impunité des puissants fortunés. La lutte pour le leadership de l’UFDG est in fine l’explication principale de la dérive violente du clan Cellou Dalein DIALLO. La justice est ainsi défiée et la République est également en danger. Comment expliquer le refus d’engager le débat démocratique au sein du parlement où les députés de la mouvance Cellou Dalein sont légions. Diverses commissions y existent qui méritent d’être mises à contribution pour apporter des pistes de réflexions et des propositions pour faire avancer la Guinée. Rien de tout cela n’est envisagé pour consolider l’institution parlementaire. Donc à quoi sert leur statut de députés, accumuler des privilèges ou servir le pays. La justification de l’appel à des manifestations de rue n’a dans ce contexte aucun fondement démocratique mais revêt une tentative de prendre en otage l’ensemble de la société guinéenne pour bénéficier d’une forme d’impunité.

 

La gouvernance de la Guinée mérite un changement qualitatif profond, c’est pour cela qu’il faut une opposition efficace, constructive, responsable, innovante et ouverte. Des réformes demeurent essentielles pour reconstruire le dispositif institutionnel du pays et faire évoluer l’appareil administratif du pays. La CENI à l’aune de plus d’une décennie d’existence doit être repensée autrement. La fixation bipolaire (opposition- mouvance présidentielle) doit céder la place à une représentation au prorata du poids électoral des partis. La Guinée a trop souffert de ses divisions, de ses déchirures et de la violence. L’action patriotique d’aujourd’hui nécessite un engagement ferme et déterminé pour une décrispation en profondeur, de l’apaisement général afin de construire un environ propice pour des investissements tant nationaux qu’étrangers pour la relance économique et le recul de la pauvreté. La responsabilité du gouvernement à cet égard est prépondérante, car c’est lui qui a reçu le mandat populaire de gouverner !

 

 

 

Pourquoi la levée de l’imminuté du député Cellou Dalein DIALLO

 

téléchargement (2)

          Cellou Dalein DIALLO

Voici un extrait de la demande de la levée de l’immunité parlementaire de Cellou Dalein DIALLO qui a été déposée au bureau du Président de l’Assemblée Nationale Kory KOUNDIANO. Cette procédure est conforme à la constitution qui permet au procureur de la république de pouvoir instruire la plainte contre Cellou Dalein pour dénonciations calomnieuses. La nécessité de faire toute la lumière sur l’assassinat du journaliste Mohamed Koula DIALLO et la tentative d’assassinat sur BAH Oury 1er Vice-Président et fondateur de l’UFDG est indispensable pour situer les responsabilités et pointer du doigt le ou les commanditaires de cette conspiration tragique.

Suite au dépôt de la plainte pour tentative d’assassinat et dénonciation calomnieuse sur la personne de Monsieur Amadou Oury BAH, coups et blessures volontaires sur les personnes de Abdoulaye DIALLO et de Ibrahima Sory BAH, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Dixinn, Conakry II a présenté des réquisitions le 29 février 2016 à double volet :

Dans le premier volet, le Procureur a donné un avis favorable à l’ouverture des poursuites pour la tentative d’assassinat et les coups et blessures volontaires contre x.

Dans le second volet, le Procureur a requis de ne pas informer par rapport à la dénonciation calomnieuse et ce, en raison de l’immunité parlementaire dont bénéficie le député Mamadou Cellou Dalein DIALLO, en se fondant sur l’article 65 alinéa 3 de la Constitution guinéenne.

Cet article dispose en son alinéa 3 : « Aucun député ne peut, hors session, être arrêté ou détenu qu’avec l’autorisation du Bureau de l’Assemblée Nationale, sauf le cas de flagrant délit, de poursuites autorisées par l’Assemblée Nationale ou de condamnation définitive ».

 

koulah_diallo

       Mohamed Koula DIALLO

En application dudit article, nous estimons qu’il est dans l’intérêt de la loi et de la justice, mais également pour rétablir l’honneur et la crédibilité de Monsieur BAH Amadou Oury, que l’Assemblée Nationale autorise la justice d’engager des poursuites pénales à l’encontre de Monsieur Mamadou Cellou Dalein DIALLO, qui a volontairement et librement fait une dénonciation calomnieuse.

En effet, nous vous rappelons que le 05 février 2016, Monsieur Mamadou Cellou Dalein DIALLO, Député à l’Assemblée Nationale et Président de l’UFDG a publié une déclaration de l’UFDG dans laquelle il accuse Monsieur Amadou Oury BAH d’être venu au siège du Parti avec arme à feu et d’avoir fait usage pour tirer sur le journaliste feu Mohamed Koula DIALLO.

Cette publication a fait le tour du monde à travers les médias.

Aujourd’hui, l’honneur et la crédibilité de Monsieur BAH Amadou Oury sont souillé tant sur le plan national que sur le plan international.

Il a fallu l’Ordonnance du Doyen des Juges d’Instruction du Tribunal de Première Instance de Conakry II, rendue le 24 mai 2016, inculpant un certain Amadou SOW, garde du corps de Monsieur Cellou Dalein DIALLO et de son épouse, d’Assassinat du journaliste Mohamed Koula DIALLO et de tentative d’assassinat sur la personne de Monsieur BAH Oury.

Ainsi, en raison de la gravité de cette déclaration faite par Monsieur Mamadou Cellou Dalein DIALLO, député de son état, accusant gratuitement Monsieur BAH Oury, nous estimons que des poursuites pénales doivent être engagées contre lui, pour faire la lumière sur la dénonciation calomnieuse afin de parvenir à la manifestation de la vérité.

Nous pensons que le mot immunité n’est pas synonyme d’impunité.

BAH Oury

BAH Oury

Notre société s’est engagée vers l’égalité des citoyens devant la loi, le respect des droits de l’homme et de la justice pour tous.

L’être humain étant sacré, chaque citoyen y compris l’Etat, a le devoir de le protéger.

C’est pourquoi, au nom et pour le compte de notre client, Monsieur Amadou Oury BAH, nous vous prions très respectueusement, et conformément à la loi, de soumettre un vote aux députés de l’Assemblée Nationale, en vue d’autoriser Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Conakry II, d’engager des poursuites pénales à l’encontre de Monsieur Mamadou Cellou Dalein DIALLO, député à l’Assemblée Nationale, afin que la lumière soit faite autour de la dénonciation calomnieuse dont Monsieur Amadou Oury BAH a été victime.

En autorisant une telle poursuite, vous n’aurez fait que le devoir que le peuple de Guinée vous a recommandé à travers la Constitution Guinéenne.

Maitres Thierno Amadou Oury DIALLO et Michel SONOMOU avocats à la cour