L’heure de vérité pour l’UFDG

 

 

 

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Le vendredi prochain 24 février, le tribunal de Dixinn devra délibérer sur la plainte relative à la décision portant « exclusion de BAH Oury fondateur et 1er Vice-Président de l’UFDG en charge des Relations Extérieures et de la Communication ». Ce nouveau rendez-vous fait suite à quatre autres renvois qui selon les praticiens du droit ne devraient pas aller au delà de trois au risque de s’assimiler à un refus de juger. A cet égard l’Etat doit veiller à la protection juridictionnelle lorsque les délais de procédures s’avèrent anormalement longs afin qu’il ne puisse y avoir un déni de justice. A juste raison, il s’agit bel et bien de l’avenir de l’UFDG qui est en jeu. Cette affaire mérite ainsi un éclairage objectif pour que l’opinion soit correctement informée des enjeux autour de ce litige.

 

D’abord les faits

 

  • Le jeudi 4 février 2016 en fin d’après-midi, Cellou Dalein convoque une réunion extraordinaire du conseil politique élargie à des députés et à des secrétaires nationaux de l’UFDG. L’ordre de jour portait sur « l’exclusion de BAH Oury de l’UFDG ». Malgré de vaines tentatives d’un certain nombre de personnes d’empêcher la prise d’une telle décision, Cellou Dalein proclame que l’exclusion du fondateur du parti est prise par acclamation. Cet empressement a été dicté pour contrecarrer le retour effectif de l’ancien exilé au sein de l’UFDG. Ce dernier avait une semaine plus tôt, publiquement exprimé sa volonté de se rendre au siège le vendredi 05 février pour assister à la réunion hebdomadaire du Bureau Exécutif et serrer également les mains à ses compagnons de lutte. Ainsi c’est à son insu que la décision de sanction a été prise en violation du principe du contradictoire qui figure dans le règlement intérieur.
  • Le vendredi 05 février 2016, BAH Oury se rend au siège à Dixinn-Commandayah pour faire le recours contre la décision de la veille à l’instance du parti conformément au droit « de chaque accusé de se défendre contradictoirement et de faire recours aux organismes supérieurs ou aux instances du parti ». Contre toute attente, une conspiration était ourdie pour l’assassiner afin de l’empêcher de s’adresser directement aux responsables du parti. C’est à cette funeste occasion que le journaliste Mohamed Koula est fauché par la balle qui lui était destinée.

 

Quels sont les arguments évoqués pour l’exclusion

 

Ils sont principalement de deux ordres : se soumettre à la discipline telle que pensée et voulue par Cellou Dalein et ensuite faire de lui la source de toute légitimité au sein de l’UFDG en développant une dévotion sur sa personne. Il va s’en dire que cette conception narcissique et stalinienne de la vie politique ne peut pas être acceptée par le combattant pour la cause des droits de l’homme et de la démocratie qu’est BAH Oury depuis sa prime jeunesse. En réalité il s’agit du divorce entre deux visions du monde et de la société, d’un côté la culture autoritaire du parti unique et de l’autre celle de la démocratie et de la liberté. Rétifs à l’existence de débats ouverts et responsables les amis de Cellou Dalein craignaient le retour de BAH Oury qui avait clairement appelé à la rénovation et à la démocratisation de l’UFDG.

 

L’exclusion viole des dispositions statutaires

 

Le tribunal de Dixinn devra se prononcer vendredi 24 février sur la conformité « de la décision n°013/UFDG/CAB/2016 portant exclusion de M. BAH Amadou Oury de l’UFDG au regard des statuts et du règlement intérieur de ce parti.

  • Négation du principe de la collégialité : les statuts dès 2009 ont institué le principe de la collégialité entre le Président et tous les Vice-Présidents afin de faire émerger une équipe directionnelle efficace. C’est la raison pour laquelle tous ont le même degré de légitimité en étant directement et nominativement élus par l’instance suprême à savoir le congrès national. Le dernier congrès de juillet 2015 a précisé davantage les rôles et la préséance pour éviter des querelles byzantines et infantiles. A cet effet, en son absence du fait de l’exil « BAH Oury a été élu 1er Vice-Président de l’UFDG en charge des relations extérieures et de la communication ». Une résolution expresse additive est adoptée qui indique que le 1er Vice-Président « remplace le Président en cas d’absence ou d’empêchement ». Toutes ses dispositions statutaires vont dans le sens de la collégialité afin d’éviter l’accaparement du parti par une seule personne. Cellou Dalein n’a jamais voulu s’inscrire dans cette logique, c’est pour cela au cours du congrès d’août 2009 il avait milité pour être le seul à être élu par le congrès reléguant ainsi l’élection des vice-présidents par le Bureau Exécutif National qui pourraient être ainsi changés à tout moment comme des pirouettes sans grande légitimité au sein du parti. L’exil de BAH Oury de juillet 2011 à janvier 2016 lui a facilité l’exercice solitaire du pouvoir pour diriger à sa guise l’UFDG. Par conséquent il n’a jamais cherché à abréger d’une manière ou d’une autre l’éloignement physique du n°2 du parti. Tout au contraire, tous les stratagèmes étaient de rigueur pour maintenir ce dernier loin du pays. Son retour d’exil a alors attisé les adversités à son égard.
  • Evocation de la discipline pour bâillonner l’esprit démocratique : À tout bout de champ, il est demandé de respecter la discipline pour empêcher des voix discordantes de s’exprimer. Tant que vous applaudissez et vous flattez l’égo du « leader suprême » alors vous êtes dans ses grâces et celles de son clan. Dès que vous avez un point de vue différent, alors ils vous opposent « il faut respecter la discipline du parti » ou «  il faut préserver l’unité » comme s’ils sont les seuls dépositaires des valeurs et des idéaux démocratiques qui ont fondé le parti. La démocratie, la concertation libre, le débat démocratique en interne sont avant tout les préalables indispensables pour l’existence d’une discipline collective, partagée et librement consentie. En dehors de cela, la discipline s’assimile à la dictature purement et simplement.
  • Usurpation des prérogatives statutaires des instances du parti : Les amis de Cellou Dalein ont bâti leur architecture pour s’accaparer des leviers du parti en faisant du Conseil Politique (un sous ensemble du Bureau Exécutif de 19 à 25 membres) une instance de décision suprême. Or les statuts sont clairs sur le rôle et les attributions de cet organe (article 14-6-2), qui est un organe d’exécution des décisions du Bureau Exécutif National (350 membres). En d’autres termes, le BEN décide et le Conseil Politique applique. Or la décision d’exclusion est prise par le conseil politique qui s’arroge ainsi des pouvoirs qui ne sont pas les siens. Par la suite, pour tenter de corriger cette faute de procédure, Cellou Dalein déclarera qu’il fera signer à postériori la décision par les membres du Bureau Exécutif. Ce procédé illustre la duplicité et le non respect des règles d’une gouvernance correcte.
  • Ignorance de la véritable hiérarchie à l’UFDG : Le conseil national qui est composé de l’ensemble des membres du Bureau Exécutif National, des fédérations du parti, du conseil national des jeunes, des femmes et des sages est la hiérarchie du parti. C’est l’instance légitime habilitée à prendre une décision aussi grave que Cellou Dalein a imposé à son conseil politique en violant de bout à bout les dispositions statutaires de l’UFDG.

 

En conclusion

 

Nous verrons si le droit sera dit par le tribunal de Dixinn ; ce que par ailleurs nous espérons vivement. En définitive la démocratie et l’Etat de droit ne peuvent prospérer sans une justice juste, transparente et équitable. Le 24 février est une épreuve supplémentaire pour connaître l’état de la justice en Guinée.

 

 

 

 

Justice pour Mohamed Koula, le journaliste assassiné !

 

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Mohamed Koula,le journaliste assassiné

 

Le 05 février 2016, comme je l’avais annoncé auparavant je me suis rendu au siège de l’UFDG à Commandayah. J’étais accompagné de trois personnes amies dont un journaliste d’un site de la place qui faisait un reportage sur mes activités tout au long de cette journée fatidique. Au portail de l’entrée de la cour, je me suis heurté à un comité d’accueil hostile qui m’empêcha de pénétrer à l’intérieur de l’enceinte. Je reçus un violent coup de « matraque » sur la tête, qui fort heureusement a été amorti par une main protectrice qui s’était interposée. J’étais toutefois sonné et j’avais de la peine à voir (mes lunettes étaient tombées). Par la suite, des jets de pierres provinrent de l’intérieur de la cour et obligèrent tout le monde à décamper pour se mettre à l’abri. Dans ce cafouillage, Abdoulaye Cosa qui me couvrait de son corps est poignardé au dos. D’autres, tout en couvrant me firent traverser les deux voies de la route qui jouxtent le siège. Au moment où je montais dans un véhicule qui fort opportunément s’était arrêté pour nous évacuer des lieux, un coup de feu retentit. J’étais la cible à abattre. Mohamed Koula qui malheureusement était dans la trajectoire de la balle assassine est foudroyé et s’écroula mortellement blessé. Il était aux alentours de 17H. Une demi-heure plus tard, un communiqué de l’UFDG avec la bénédiction expresse de Cellou Dalein est publié.

 

En voici les principaux extraits «  M. BAH Oury était muni d’une arme à feu et accompagné de loubards à l’effet de perturber la réunion du Bureau Exécutif et, selon des rumeurs persistantes avait aussi l’intention d’attenter à la vie de Cellou Dalein Diallo , Président de l’UFDG au motif que celui-ci l’aurait exclu du Parti qu’il aurait créé.  A son arrivée, il a voulu forcer le passage et s’est heurté à l’opposition des maintiens d’ordre du Parti. Au cours de l’altercation, il a fait usage de son arme à feu devant plusieurs témoins et malheureusement, le jeune journaliste El hadj Mohamed Diallo du site Guinée7 présent sur les lieux a été mortellement atteint par la balle ». Le Président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo assume pénalement la responsabilité de ces graves affirmations et devra répondre devant les juridictions compétentes pour cette dénonciation calomnieuse.

 

Un an après, où en sont les enquêtes judiciaires !

 

Le garde de corps Amadou SOW  présumé tueur de M.Koula DIALLO

 

Le doyen des juges d’instruction du tribunal de Dixinn dans son ordonnance du 24 mai 2016 a inculpé :

  • Amadou Sow , garde de corps de Cellou Dalein , pour assassinat
  • Alghassimou Keita, garde de corps de Cellou Dalein pour complicité d’assassinat et de tentative d’assassinat. Ces deux gardes de corps sont en détention à la prison centrale de Conakry.
  • Souleymane BAH Thiaguel, chargé de communication de Cellou Dalein également pour complicité d’assassinat et de tentative d’assassinat. Ce dernier est actuellement en cavale au Sénégal. Son mentor use actuellement de tous les stratagèmes pour tenter de justifier son absence du pays.

    Amadou Sow, présumé auteur du crime

L’ordonnance du juge d’instruction validée par la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Conakry le 02 août 2016 indique que les faits incriminés attestent de l’existence d’une « conspiration » qui a été minutieusement planifiée. La chambre d’accusation a également instruit le procureur général de Conakry de mettre en œuvre les dispositions pour que les personnes citées comparaissent devant la cour de Conakry chargée de juger les crimes de sang dés qu’elle sera convoquée.

 

Quelques informations complémentaires

 

  • Au mois de novembre 2016, une tentative d’assassinat a été orchestrée contre Alphadio Wanidara. Ce dernier inculpé pour coups et blessures volontaires dans le cadre de l’affaire 05 février 2016 s’est révélé particulièrement gênant. En effet depuis qu’il s’est éloigné du couple Cellou Dalein pour se rapprocher du NFD de Mouctar Diallo, il a évoqué à maintes reprises en public, les circonstances de l’organisation de la conspiration contre le 1er Vice-Président de l’UFDG pour attenter à sa vie. Dés lors il devenait gênant. C’est ainsi qu’il a pu échapper à une tentative d’assassinat dont le présumé auteur serait un garde de corps de Cellou Dalein. Cet imbroglio judiciaire apparent est d’une parfaite cohérence mais le procureur de Dixinn n’a pas pour l’instant pris en compte la connexité des affaires pour la manifestation de la vérité.

 

  • Le procureur de Dixinn M. Souleymane Ndiaye (encore lui) n’a pas jugé opportun de faire instruire la plainte contre Cellou Dalein Diallo relative à la dénonciation calomnieuse arguant que le statut de député le met à l’abri des poursuites judiciaires. Une demande de la levée de son immunité parlementaire initiée par le collectif des avocats de la partie civile, a été déposée au bureau de l’assemblée nationale qui n’a pas encore formellement réagi. Il n’est pas tolérable qu’une diffamation mensongère par le biais d’un communiqué qui a fait le tour du monde, me présentant pour un assassin d’un journaliste ne soit pas jugée. Mon honneur et mon image tant en Guinée qu’à l’étranger ont été entachés par cette dénonciation calomnieuse. Par conséquent cela nécessite une réparation judiciaire. Si les tribunaux guinéens s’avèrent peu enclins à juger l’affaire alors il sera tout à fait logique qu’un tribunal supranational soit saisi afin que la justice soit rendue.

 

Justice pour Mohamed Koula et justice pour tous ! La vérité triomphera !

 

 

 

 

 

 

BAH OURY : DES TRANCHES DE MA VIE !

 

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« La meilleure façon d’aider les jeunes, c’est de faire en sorte que la culture soit à leur disposition pour qu’ils puissent lire, s’instruire et qu’ils puissent élargir leurs connaissances » nous a confié Bah Oury

 Pour connaitre son histoire, notre Rédaction est partie à sa rencontre

Votre parcours académique ?

Mon parcours académique, j’avoue que je dois beaucoup à mon père qui très tôt m’éloigna du village natal à l’âge de cinq ans pour le Sénégal afin que j’y étudie dans de meilleures conditions. Pour ceux qui ne le savent pas, je suis né à Pita. En 1964 mon père qui n’a jamais été à l’école  m’a amené chez mes oncles au Sénégal. Nous résidions dans la ville de Diourbel où j’ai été à l’école primaire de la mission catholique. D’ailleurs la famille possède jusqu’à présent une concession dans cette ville berceau du mouridisme de Cheikh Ahmadou Bamba. C’est dans cet environnement multi –ethniques et pluriconfessionnels que j’ai grandi. J’ai grandi avec de jeunes amis qui étaient libanais maronites. A l’école nous fréquentions des camarades de classe de toutes les origines : des sérères, des ouolofs et des français. Ensuite à la fin du cycle primaire, j’étais admis pour fréquenter le lycée Faidherbe de saint Louis mais les conditions financières ne me permettaient pas de quitter Diourbel pour aller à Saint Louis où nous n’avions pas de parent pour pouvoir s’y installer. En plus à l’époque je n’avais que la nationalité guinéenne, et par conséquent je ne pouvais pas bénéficier de bourse pour être interne au lycée à Saint-Louis. J’ai étudié alors au Collège d’Enseignement Général de la ville de Diourbel. Ce n’est qu’après que je suis allé en seconde au lycée Van Vollenhoven de Dakar actuel lycée Lamine Guéye. Mon oncle maternel résidait à l’époque à Dakar , c’est pour cela qu’il m’a été plus aisé de m’y rendre et d’y étudier dans de meilleures dispositions. C’est ainsi qu’en 76 et 77 j’ai été plusieurs fois lauréat du concours général des lycées du Sénégal dans plusieurs disciplines (français, mathématiques, philosophie, sciences physiques et histoire).La mention Très Bien au Bac série math a couronné cette période studieuse. Ces résultats ont milité en ma faveur auprès du Président Senghor pour m’accorder la nationalité sénégalaise afin que je puisse m’inscrire aux classes préparatoires   du Lycée Louis Le Grand de Paris en math sup et math spé pour préparer les concours aux grandes écoles scientifiques françaises. Je m’honore de faire partie d’une génération d’élèves du Sénégal brillants. Mes condisciples se retrouvent à des niveaux élevés de l’administration étatique. On y recrute un Premier Ministre, plusieurs ministres, un vice-président de la Banque Mondiale ……

 

Parlez-nous de la suite ?

Au bout de trois ans je devais faire l’école des travaux publics de l’état de Lyon mais à l’époque être ingénieur ne m’intéressait guère. je voulais être enseignant-chercheur et je visais les écoles normales ( Ulm, Saint-Cloud et l’Enset). C’est ainsi que je m’orienta vers l’Université Pierre et Marie Curie pour y faire des mathématiques tout en préparant l’agrégation de mathématiques. J’avoue que le « virus politique » m’avait déjà pris dés cette époque. Avec de jeunes compatriotes nous envisagions de rassembler les guinéens de France pour essayer d’organiser la solidarité en faveur de ceux qui venaient du pays et qui n’avaient pas de soutien. En plus nous organisions des campagnes de sensibilisation de l’opinion internationale sur les violations des droits de l’homme récurrentes dans la Guinée sous la férule de Sékou Touré. Tout en poursuivant mes études à l’Université Pierre et Marie Curie, jusqu’au niveau du DEA d’Analyse fonctionnelle de mathématiques, j’enseignais en même temps dans le secondaire dans les périphéries de Versailles.

Quand êtes-vous  rentré en Guinée ?

Je suis rentré définitivement en décembre 1986 en guinée. Toutefois mon premier retour dans le pays natal fut en juillet 1984. Je m’étais décidé de revenir pour rester dés le lendemain du 3 avril 1984. La première action dés le début de l’année 1987 a été la création d’une ONG avec des amis guinéens comme Alfa Oumar BARRY (Alfadio dit Mbappa), Irena Brezna une romancière suisse et d’autres pour créer une bibliothèque à Mamou. Ce choix était dicté par le désir de rendre hommage à cette ville, terre de rencontre de cultures diverses, berceau d’un métissage de toutes les communautés guinéennes et centre intellectuel et politique historiquement fécond. Grâce à Irena, le canton de Bâle accorda une subvention d’environ 20.000 CH et des dons de livres scolaires importants ainsi que des livres de la littérature mondiale. Les livres furent stockés dans la préfecture de la ville ainsi qu’une partie du mobilier en attendant l’affection d’un bâtiment plus approprié. Hélas une nuit, une forte tornade décoiffa la résidence préfectorale et noya les livres sous une pluie diluvienne. L’idée était noble mais nous n’avions pas en ce moment les reins suffisamment solides pour mener le projet à bon port. Les premiers neuf mois en Guinée étaient exclusivement consacrés à faire vivre l’idée de la création de la bibliothèque de Mamou. Amoureux des livres dés ma prime enfance, je considère que la meilleure façon d’aider, c’est de permettre que la culture soit à la disposition des jeunes pour qu’ils puissent lire, s’instruire et qu’ils puisent élargir leurs connaissances. Un jour d’août 87, un ami m’insiste à me présenter à un concours de recrutement dans une banque de la place….c’est ainsi que ma vie professionnelle a pris un autre cours où vingt années durant j’ai acquis des compétences dans différents métiers de la banque. Suite à ma nomination de représentant de l’UFDG comme ministre de la réconciliation nationale de la solidarité et des relations avec les institutions en juin 2008 dans le gouvernement d’Ahmed Tidiane SOUARE, je me suis éloigné de la profession bancaire.

Vos débuts en politique ?BAH_Oury_10_01

J’ai commencé la politique de manière active lorsque j’étais étudiant à Paris dans les années 1979-1980. A peine âgé de vingt ans je me suis senti interpellé par la situation dramatique de mon pays natal. C’est dans ce contexte qu’avec des jeunes guinéens plus âgés que moi, sommes retrouvés. Cette introduction dans les milieux guinéens de Paris a été facilitée par Thierno Monènembo qui venait juste de publier  son premier livre les Crapauds brousses. Je l’ai rencontré pour la première fois à la Bibliothèque Georges Pompidou où se déroulait le Salon des livres. C’est dans ambiance de la découverte de la communauté guinéenne de France que j’ai connue des compatriotes comme Lamarana Diallo dit wadji, Lamine Faye un avocat, Bana Sidibé qui deviendra plus tard ministre de l’urbanisme, Ibrahima Bangoura de l’UFR, Ablo actuellement chef d’entreprise à Conakry, Ousmane Kaba de l’université Koffi Annan, Abraham Bouré , Thierno Barry dit Américain, Pascal Faber etc…. Je ne peux pas citer tout le monde. C’est ce groupe qui lança la création d’une nouvelle organisation pour rassembler les jeunes guinéens étudiants et travailleurs en France sur les ruines de l’Association des Etudiants Guinéens en France ( AEGF de la FEANF) qui sombrait dans une crise fratricide. Au lendemain du séjour de Sékou TOURE en France en 1982, nous lancions la création de l’AJGF (association des jeunes guinéens en France). Nous étions parmi ceux qui avaient appelé à manifester pour protester contre la violation systématique des droits de l’homme dans notre pays et furent parmi ceux qui furent interpellés par la police parisienne.

En 1983 j’ai créé avec quelques amis un journal dénommé le Réveil Africain que j’ai fait vivre avec mes économies d’enseignant pendant pratiquement un an et demi. C’était un moyen de faire la politique autrement. La disparition de Sékou Touré, le 26 mars 1984 me décida de rentrer en guinée. J’ai préparé en un an et demi mon retour définitif et je suis rentré définitivement en décembre 1986 en guinée. Ma démarche était claire dans mon esprit. J’avais la ferme conviction que le retour était l’option qui était la plus conséquente pour conforter mon engagement civique. C’est à Conakry en janvier 1987 que je terminais la rédaction d’un pamphlet intitulé « la Guinée autrement » exposant les grandes lignes du projet démocratique que je défends. L’option privilégiée en ce moment est la création d’un mouvement de défense des droits de l’homme afin d’assurer l’émergence de structures de la société civile pour protéger les citoyens des dérives potentielles des gouvernances encore marquées par l’autoritarisme et la négation des fondements de l’Etat de droit. Le cercle des proches et amis de feu Thierno Maadjou SOW de l’OGDH a joué à cet effet un rôle décisif. A titre personnel ,je lui dois beaucoup, car il m’a permis de connaître une société guinéenne post- Parti Etat avec ses forces et ses faiblesses.

Les années 1988-1990 ont été le début de l’action  pour que cette organisation s’érige comme une organisation internationalement reconnue pour la défense des droits de l’homme en guinée. Notre action au sein de l’OGDH avait aussi contribué à l’émergence au sein du campus de Gamal Abdel Nasser de Conakry et de Julius Nyerere de Kankan de forces estudiantines contestataires et précurseurs des revendications démocratiques plus larges.


Que pouvons-nous retenir de la création de UFDG?

L’Union des Forces Démocratiques de Guinée  (UFDG en abrégé) a été créé dans la clandestinité. Elle a été en 1988 l’une des rares organisations politiques agissant dans l’ombre. Nous utilisions comme d’expression les interpellations publiques sous forme de tracts. Nous n’étions pas les seuls dans cette démarche politique.

Le président Alpha Condé et ses collaborateurs aussi avaient leur organisation clandestine parce qu’il n’y avait pas de partis politiques. Au mois de septembre 1991 des partis comme l’UFP (Union des Forces Patriotiques) de BadiKo et Dr Sow de Yaoundé, le PUR (Parti de l’Unité et la Renaissance) de Dr Bakary Diakité et de Alfa Sow qui résidaient en France et une ONG FODEG animée par Sadio BAH, Boubacar Doumba Diallo, Alpha Kabiné Kaba, El hadj Touré d’Air Afrique et le Professeur des statistiques qui étaient tous en Côte-d’Ivoire et l’UFDG dont les principaux animateurs étaient El hadjj Abdoul Diallo et moi-même avons fusionné les différentes structures pour donner naissance à l’UFD (Union des Forces Démocratiques de Guinée ). J’en fus le premier responsable avec le titre de secrétaire général. La légalisation des partis en avril 1992 , mon arrestation avec le prétexte d’avoir organisé une tentative d’assassinat en octobre 1992 du Général L. Conté , les émeutes populaires qui ont exigé ma libération après trois jours d’interpellation et « l’exil intérieur » à Kamsar pendant trois ans avaient aiguisé les querelles de leadership au sein de la jeune formation politique. En août 1997 , un congrès extraordinaire de l’UFD fut convoqué et au cours duquel la majorité procède au changement du sigle du parti pour l’UFDG.

Les moments pénibles de votre parcours ?

Oui il faut le reconnaitre qu’il a eu des hauts et bas dans ma vie.

La première fois, c’était au Sénégal  à Diourbel, je n’ai pas pu me rendre à saint louis au Lycée Faidherbe. Par la suite en Terminale au lycée Van vollenhoven de Dakar je craignais de ne pas poursuivre les études supérieures en France, puisqu’il n’ y avait aucune possibilité d’obtenir une bourse sans au préalable disposer de la nationalité sénégalaise. In extremis , le Président Senghor vint à mon secours en m’accordant le sésame qui me permit d’aller en Math sup à Louis Le Grand.

En Guinée entre 93 et 95 j’ai été marqué par la férocité des agressions à mon égard par ceux là qui étaient dans la même formation politique que moi. J’ai fait l’expérience du dur apprentissage du combat politique où certains n’hésitent pas à user de tous les stratagèmes pour parvenir à leurs fins. J’ai alors compris, comment dans une société encore imprégnée de la culture du mensonge, il était possible d’éliminer n’importe qui en s’attaquant à sa réputation pour le dénigrer à l’aide de fausses rumeurs. A titre d’illustration en 93, il était dit que mon arrestation en octobre 92 n’était qu’un deal pour me permettre de rencontrer le Général Lansana Conté et recevoir 50 millions de FG. La mise en disponibilité pour un an (août 92) que j’avais prise pour m’occuper de l’UFD fut prolongée malgré moi jusqu’en janvier 94. Ceux qui avaient encouragé cette initiative, manquèrent à leurs obligations durant la période d’épreuve. Il a fallu l’implication d’Ibrahima Fofana (paix à on âme) et Mariama Penda Diallo qui réussirent à négocier ma reprise professionnelle assortie d’un éloignement de Conakry. Bref l’essentiel était de tourner la page de cette période d’épreuves.

 En 2011, j’ai failli perdre ma vie. C’est Dieu qui m’a sauvé et m’a aidé pour cette période d’exil de quatre années et demi. Le plus dur à supporter n’était pas l’éloignement. C’était surtout le fait de découvrir a trahison et le cynisme avec lesquels ceux qui étaient des « amis politiques » ont planifié mon élimination aussi bien politique que physique. Au lieu de soutenir les embastillés et les exilés ils ont plus tôt tout tenter pour les enfoncer et de les salir afin de masquer leur propre forfaiture. Ceux qui auraient dû me soutenir et ceux qui m’ont le plus combattu. Avec une famille de cinq gosses en France, j’avoue que la vie n’a pas été facile. Le courage de mon épouse nous a aidé à rester dignes. D’autres ont eu sans aucun doute la vie plus dure. D’autres ont terriblement souffert dans leur chair et privés de leur liberté. Par la grâce de Dieu, alors que peu de personnes pariaient sur le retour d’exil de BAH Oury avec Alpha CONDE au pouvoir, aujourd’hui c’est devenu une réalité. Mécontents… ils ont tenté de m’assassiner et ils ont tué le journaliste Mohamed Koula DIALLO le 05 février 2016.

Dites-nous comment arrivez-vous souvent à réussir dans vos combats, en un mot votre petit secret ?

Il faut d’abord croire en soi même. il y a beaucoup de chose qui interviennent dans la vie de quelqu’un, il y a des coups de pouce de Dieu aussi. A examiner mon itinéraire j’aurais pu perdre la vie trois à quatre fois de suite, mais je suis encore là, vivant et debout. On suit son chemin et le reste est entre les mains de Dieu. Il faut croire à ce que nous faisons, et travailler des la manière la plus désintéressée possible. Je fais ce que j’estime être mon devoir aujourd’hui, je ne sais pas jusqu’où cela m’amènera mais je suis prêt à assumer tout ce qui entre en ligne de compte dans le cadre de la défense de mes ultimes convictions.

BAH Oury

Vous êtes un modèle et d’autres jeunes veulent être comme vous, un conseil pour eux ?

Merci pour l’estime à ma personne. Il serait un grand dommage, si les jeunes générations répètent les expériences de leurs ainés. Nos expériences ,bonnes ou mauvaises doivent être seulement des sources d’inspiration. Le monde change, il faut chercher à progresser c’est-à-dire tirer les leçons du passé de manière objective pour envisager le présent et le futur. C’est ainsi que pourrons émerger des sociétés de progrès et de modernité. Nos expériences doivent vous servir pour que vous pussiez éviter les écueils qui se dressent devant votre chemin.

Aujourd’hui il y a des grandes formations politiques qui existent au lieu de penser à créer d’autres partis politiques, il faut les investir et les transformer. Il faut se battre et faire prévaloir ses idées. Mais si vous devez refaire ce que  nous avons fait en 30ans ça serait un perpétuel recommencement. C’est pour cela aujourd’hui dans mon entourage je pousse les jeunes, non pas à créer un parti mais à se battre pour être les prochains Maires des différentes communes de ce pays. Il faut qu’ils bénéficient de ce que nous avons fait de notre expérience pour qu’ils puissent être des personnes qui prennent le flambeau. On doit apprendre de nos insuffisances et nos erreurs, c’est ça qui est fondamental. C’est pour cela je dis une fois encore que je veux former une élite qui ira plus loin que moi. C’est le chemin que suis en train de poursuivre.

Votre point de vue sur la situation générale actuelle de notre pays ?

La guinée est dans un tournant majeur extrêmement important. Lorsqu’on regarde le spectacle d’une image, on voit l’état de nos routes, on voit que la situation est très difficile pour la grande majorité des familles. Je comprends la désespérance de beaucoup de jeunes, qui se sentent abandonnés et perdus. Je constate avec une profonde amertume qu’ils sont prêts de partir quelles que soit les voies ; même à aller mourir dans la méditerranée ou dans le Sahara ou pour d’autres être réduis à l’esclavage. Cette triste réalité est le quotidien de plusieurs familles guinéennes. Toutefois, les choses dans notre pays sont entrain de basculer, il y a un monde qui est en train de finir, il y a un autre qui commence. Nous sommes dans le creux de cette période et c’est la raison pour laquelle il faut se battre et croire que ce pays va se relever. Il y a des générations qui ont été traumatisées par l’ancien régime ; ils ont été d’une manière ou d’une autre corrompue par une gouvernance au temps  du PUP. Donc l’espoir repose sur la génération née dans les années 80 qui a affronté les balles pour qu’il y ait un processus démocratique dans ce pays, qui est connectée au monde et qui est exigeante. Elle est plus que quiconque désireuse de voir la Guinée avancer et qui s’interroge à juste titre sur son devenir et son avenir. Elle doit prendre son destin entre ses mains. La Guinée peut changer, l’espoir est permis. Il ne faut pas baisser les bras et ayons confiance en l’avenir de notre pays.

Je vous remercie !

D’après une interview revue de  Jean Tiby SANGARE

Du site www.modelereussite.com

MES VOEUX LES MEILLEURS POUR 2017

LA CONSTITUTION ET CES « ACCORDS POLITIQUES » :UNE IMPOSTURE

 

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CONAKRY- Cellou Dalein Diallo et ses alliés de l’opposition républicaine se sont-ils rendus coupables de trahison ? Bah Oury répondrait par oui ! L’ancien exilé politique vient de dénoncer des irrégularités dans l’accord politique signé le 12 octobre dernier. L’ancien exilé politique estime que le report probable des élections locales n’est pas une surprise pour lui. « Je pense que la CENI (Commission électorale nationale indépendante, Ndlr) n’a jamais explicitement indiqué qu’elle va organiser les élections communales au mois de février. Cette date a été donnée par ces soi-disant accords politiques qui sont en contradiction flagrante avec des dispositions statutaires et constitutionnelles du pays. Par rapport à la date, la CENI est constitutionnellement indépendante, c’est à elle de proposer une date. Par conséquent, aucune autre entité, aucune autre institution ne peut se substituer à la CENI. De ce point de vue, le fait de mentionner ça dans ces soi-disant accords était en contradiction avec la loi », a indiqué Bah Oury qui a eu un entretien ce Mercredi 28 décembre 2016 avec un journaliste de notre rédaction. Bah Oury dénonce de nombreuses entorses à la loi dans le document qui a été signé le 12 octobre 2016 par les représentants des deux mouvances politiques du pays.  « Ils ont dit également qu’il faut modifier le code électoral par une loi. Ils ont eu la possibilité d’inscrire cela puisqu’ils ont eu une influence sur l’Assemblée Nationale. Et vous savez, par rapport à une disposition législative, pour modifier le processus électoral, le pacte de convergence de la CEDEAO indique qu’il faut un délai minimum de six mois entre la date de fixation de cette nouvelle disposition législative, et la date de la tenue d’une élection. Si on admet par hypothèse que le nouveau code électoral est voté en fin décembre 2016, les élections, au regard des traités et conventions que la Guinée a ratifiés, ne doivent avoir lieu au plutôt au mois de juin 2017. C’est pour vous dire que ces accords sont des arrangements qui ne tiennent pas compte des dispositions constitutionnelles, législatives et règlementaires du pays », renseigne M. Bah. Faute de l’opposition… Pour l’opposant Bah Oury, cette faute n’est imputable qu’à l’opposition républicaine. « Dans un pays, un pouvoir peut avoir des intérêts politiques évidents. L’opposition qui est un contre pouvoir doit veiller à l’application stricte des dispositions constitutionnelles si elle veut être un contre pouvoir efficace. Malheureusement, cette opposition dite républicaine a failli à sa mission et a trahi les fondamentaux de la démocratie dans notre pays », estime Bah Oury.

 

Ahmed Tounkara

Pour Africaguinee.com

Créé le Mercredi 28 décembre 2016 à 12:56