DÉCLARATION DE PARIS DE L’OPPOSITION GUINEENNE

 

drapeau guinee

Dans sa déclaration du 6 mars 2015, l’opposition républicaine avait mis en garde les autorités gouvernementales et la CENI contre l’organisation de l’élection présidentielle avant les élections communales et communautaires. Car, ceci serait contraire aux dispositions de la loi et de l’accord politique du 03 juillet. Exécutant à la lettre les instructions du Président de la République, la CENI a rendu public, le 10 mars, la décision d’organiser l’élection présidentielle le 11 octobre 2015 et les élections communales à la fin du premier trimestre 2016.

A partir de là, l’opposition républicaine a décidé de mettre en application les décisions qu’elle avait annoncées dans sa déclaration du 06 mars 2015 :

  • la suspension de la participation des députés de l’opposition aux activités de l’Assemblée Nationale

  • La non-reconnaissance de la CENI

  • la contestation ouverte des délégations spéciales et autres chefs de quartier illégalement installés par le pouvoir

  • la reprise des manifestations citoyennes pour exiger la satisfaction des revendications légitimes de l’opposition républicaine.

Les leaders Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté se sont retrouvés à Paris pour examiner la situation. Ils étaient accompagnés à cette rencontre par BAH Oury, Baïdy ARIBOT et Hadja Tété NABE.

A l’issue d’entretiens fructueux, conviviales et responsables, les leaders ont fait les constats suivants :

  • La gouvernance d’Alpha CONDE s’est illustrée depuis son installation comme Chef de l’État guinéen par un mépris total de l’autorité de la loi et une violation systématique des dispositifs de la Constitution fondant les principes de l’État de droit. La déclaration de ses biens et patrimoines (cf. article 36), la démission officielle de son poste de Président du RPG (article 38), la délivrance du message annuel de l’état de la nation (article 50), l’installation de la Haute Cour de Justice (articles 117 à 120) et les mises en place de la Cour Constitutionnelle et de la Cour des Comptes (article 160) ne sont pas effectives tout au long du mandat présidentiel.

  • Les violations répétées du code électoral et le refus d’organiser, selon les dates et les périodes les scrutins à tous les niveaux tel que fixé par la Constitution ont abouti à une défiance totale de la population vis-à-vis des consultations électives. C’est ainsi que les législatives qui auraient dû intervenir dans le premier semestre 2011 n’ont eu lieu que le 28 septembre 2013, à la suite de plusieurs manifestations pacifiques qui ont été sauvagement réprimées avec plus d’une soixantaine de personnes tuées, des centaines d’handicapées à vie, des milliers de citoyens incarcérés dans des prisons et de plusieurs milliards de francs guinéens de destruction de biens et de marchandises. C’est dans le même mépris des lois que les délégations spéciales communales ont été installées en 2011 et subsistent jusqu’à présent, alors que leur durée de vie ne devait pas excéder 6 mois. La politique de la décentralisation, qui était un modèle en son genre, a été ainsi anéantie. Ces attitudes politiciennes méconnaissent également l’article2 point 2 du protocole de la CEDEAO sur la Démocratie et la Bonne gouvernance, signée et ratifiée par la Guinée, qui stipule «  les élections à tous les niveaux doivent avoir lieu aux dates et périodes fixées par la constitution et les lois électorales ».

  • L’État guinéen est à ce jour en butte à plusieurs contentieux juridiques devant des juridictions internationales du fait des violations de l’article 13 relatif au code foncier et domanial, notamment en ce qui concerne la protection du droit de la propriété foncière et la procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique. Cette gestion patrimoniale des biens publics a découragé les investisseurs nationaux et étrangers, causant ainsi un grave tort au développement du secteur privé dans le pays.

  • Le Chef de l’État guinéen M. Alpha CONDE a commis une grave forfaiture en modifiant, en violation des dispositions de la Constitution et du principe de la séparation des pouvoirs, la loi organique portant composition, organisation et fonctionnement de l’Institution Nationale Indépendante des Droits Humains (INIDH). Au regard de la loi, ceci constitue un acte de haute trahison.

  • Les violations récurrentes des droits de l’homme sur l’ensemble du territoire avec les assassinats de manifestants pacifiques et les tueries massives en Guinée-Forestière ont créé un climat d’insécurité généralisé. Des cadres de l’administration, de la société civile et des responsables politiques sont lâchement assassinés sans qu’aucune lumière ne soit faite sur ces crimes. Tous les responsables de ces crimes bénéficient d’une impunité totale.

  • La propagation et la persistance de la fièvre hémorragique Ebola dans la sous région avec plus de dix mille morts enregistrés par l’OMS sont imputables dans une large mesure à la mauvaise gestion par le gouvernement guinéen de la maladie dès son apparition. C’est le lieu de rendre hommage à la communauté internationale pour son aide précieuse et déterminante dans le succès de la riposte contre la maladie.

  • Le bilan d’Alpha CONDE est marqué par l’aggravation de la pauvreté et du chômage dans le pays avec des pertes nettes d’emplois et une crise économique et sociale sans précédent. 

Au vu de toutes ces dérives: 

  • M. Alpha CONDE perd toute légitimité pour présider encore aux destinées de la Guinée. Son maintien au pouvoir constituerait une grave menace pour la paix et l’unité de la Guinée et la stabilité de la sous-région. 

Au regard de tout ce qui précède, les leaders ont décidé:

  • D’appliquer les mesures envisagées dans la déclaration du 06 mars 2015 telle que rappelées au deuxième paragraphe de la présente déclaration.

  • De renforcer l’unité et la cohésion de l’opposition qui va s’atteler dès maintenant à l’élaboration d’un programme commun de gouvernement 

  • De rentrer immédiatement en Guinée pour mener avec les autres partis politiques et toutes les forces vives du pays la lutte pour le respect de la Constitution, des lois de la République et des accords. 

Paris le 23 mars 2015

Ont signé

Pour l’UFDG                                                         Pour l’UFR                                                             Pour le PEDN

Cellou Dalein DIALLO                                    Sidya TOURE                                                            Lansana KOUYATE

 

DÉCLARATION DE PARIS DE L’OPPOSITION GUINEENNE

 

drapeau guinee

Dans sa déclaration du 6 mars 2015, l’opposition républicaine avait mis en garde les autorités gouvernementales et la CENI contre l’organisation de l’élection présidentielle avant les élections communales et communautaires. Car, ceci serait contraire aux dispositions de la loi et de l’accord politique du 03 juillet. Exécutant à la lettre les instructions du Président de la République, la CENI a rendu public, le 10 mars, la décision d’organiser l’élection présidentielle le 11 octobre 2015 et les élections communales à la fin du premier trimestre 2016.

A partir de là, l’opposition républicaine a décidé de mettre en application les décisions qu’elle avait annoncées dans sa déclaration du 06 mars 2015 :

  • la suspension de la participation des députés de l’opposition aux activités de l’Assemblée Nationale

  • La non-reconnaissance de la CENI

  • la contestation ouverte des délégations spéciales et autres chefs de quartier illégalement installés par le pouvoir

  • la reprise des manifestations citoyennes pour exiger la satisfaction des revendications légitimes de l’opposition républicaine.

Les leaders Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté se sont retrouvés à Paris pour examiner la situation. Ils étaient accompagnés à cette rencontre par BAH Oury, Baïdy ARIBOT et Hadja Tété NABE.

A l’issue d’entretiens fructueux, conviviales et responsables, les leaders ont fait les constats suivants :

  • La gouvernance d’Alpha CONDE s’est illustrée depuis son installation comme Chef de l’État guinéen par un mépris total de l’autorité de la loi et une violation systématique des dispositifs de la Constitution fondant les principes de l’État de droit. La déclaration de ses biens et patrimoines (cf. article 36), la démission officielle de son poste de Président du RPG (article 38), la délivrance du message annuel de l’état de la nation (article 50), l’installation de la Haute Cour de Justice (articles 117 à 120) et les mises en place de la Cour Constitutionnelle et de la Cour des Comptes (article 160) ne sont pas effectives tout au long du mandat présidentiel.

  • Les violations répétées du code électoral et le refus d’organiser, selon les dates et les périodes les scrutins à tous les niveaux tel que fixé par la Constitution ont abouti à une défiance totale de la population vis-à-vis des consultations électives. C’est ainsi que les législatives qui auraient dû intervenir dans le premier semestre 2011 n’ont eu lieu que le 28 septembre 2013, à la suite de plusieurs manifestations pacifiques qui ont été sauvagement réprimées avec plus d’une soixantaine de personnes tuées, des centaines d’handicapées à vie, des milliers de citoyens incarcérés dans des prisons et de plusieurs milliards de francs guinéens de destruction de biens et de marchandises. C’est dans le même mépris des lois que les délégations spéciales communales ont été installées en 2011 et subsistent jusqu’à présent, alors que leur durée de vie ne devait pas excéder 6 mois. La politique de la décentralisation, qui était un modèle en son genre, a été ainsi anéantie. Ces attitudes politiciennes méconnaissent également l’article2 point 2 du protocole de la CEDEAO sur la Démocratie et la Bonne gouvernance, signée et ratifiée par la Guinée, qui stipule «  les élections à tous les niveaux doivent avoir lieu aux dates et périodes fixées par la constitution et les lois électorales ».

  • L’État guinéen est à ce jour en butte à plusieurs contentieux juridiques devant des juridictions internationales du fait des violations de l’article 13 relatif au code foncier et domanial, notamment en ce qui concerne la protection du droit de la propriété foncière et la procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique. Cette gestion patrimoniale des biens publics a découragé les investisseurs nationaux et étrangers, causant ainsi un grave tort au développement du secteur privé dans le pays.

  • Le Chef de l’État guinéen M. Alpha CONDE a commis une grave forfaiture en modifiant, en violation des dispositions de la Constitution et du principe de la séparation des pouvoirs, la loi organique portant composition, organisation et fonctionnement de l’Institution Nationale Indépendante des Droits Humains (INIDH). Au regard de la loi, ceci constitue un acte de haute trahison.

  • Les violations récurrentes des droits de l’homme sur l’ensemble du territoire avec les assassinats de manifestants pacifiques et les tueries massives en Guinée-Forestière ont créé un climat d’insécurité généralisé. Des cadres de l’administration, de la société civile et des responsables politiques sont lâchement assassinés sans qu’aucune lumière ne soit faite sur ces crimes. Tous les responsables de ces crimes bénéficient d’une impunité totale.

  • La propagation et la persistance de la fièvre hémorragique Ebola dans la sous région avec plus de dix mille morts enregistrés par l’OMS sont imputables dans une large mesure à la mauvaise gestion par le gouvernement guinéen de la maladie dès son apparition. C’est le lieu de rendre hommage à la communauté internationale pour son aide précieuse et déterminante dans le succès de la riposte contre la maladie.

  • Le bilan d’Alpha CONDE est marqué par l’aggravation de la pauvreté et du chômage dans le pays avec des pertes nettes d’emplois et une crise économique et sociale sans précédent. 

Au vu de toutes ces dérives: 

  • M. Alpha CONDE perd toute légitimité pour présider encore aux destinées de la Guinée. Son maintien au pouvoir constituerait une grave menace pour la paix et l’unité de la Guinée et la stabilité de la sous-région. 

Au regard de tout ce qui précède, les leaders ont décidé:

  • D’appliquer les mesures envisagées dans la déclaration du 06 mars 2015 telle que rappelées au deuxième paragraphe de la présente déclaration.

  • De renforcer l’unité et la cohésion de l’opposition qui va s’atteler dès maintenant à l’élaboration d’un programme commun de gouvernement 

  • De rentrer immédiatement en Guinée pour mener avec les autres partis politiques et toutes les forces vives du pays la lutte pour le respect de la Constitution, des lois de la République et des accords. 

Paris le 23 mars 2015

Ont signé

Pour l’UFDG                                                             Pour l’UFR                                                  Pour le PEDN

Cellou Dalein DIALLO                                   Sidya TOURE                                           Lansana KOUYATE

 

En Guinée, le temps est venu pour le peuple de forger son destin !

 

tragédie du 28 septembre 2009

La Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) a publié le 10 mars dernier le chronogramme des élections en Guinée en fixant au 11 octobre 2015 la date du premier tour des présidentielles. Les élections communales et communautaires quant à elles, sont rejetées à la fin du premier trimestre de 2016, alors qu’elles auraient dues intervenir en 2010. Cet agenda correspond exactement aux attentes de M.Alpha CONDE et confirme également l’aboutissement d’un long et violent processus de négation des fondements de l’État de droit.

L’instrumentalisation de la CENI

Dés son installation au pouvoir, M. Alpha CONDE s’est fixé comme objectif de dompter l’ensemble des institutions intervenant dans le cadre du processus électoral. La CENI qui a été fortement chahutée lors des élections de 2010 a été dissoute pour faire place à une nouvelle configuration juridique inscrite dans la constitution en septembre 2012 à travers une loi proposée et adoptée par le CNT (Conseil National de la Transition). Cette loi, comporte un changement majeur du mode de décision au sein de cette institution . Le mode du consensus qui prévalait auparavant permettait à chaque sensibilité politique de faire prévaloir son point de vue dans la mesure où les commissaires feraient preuve de compétence et de loyauté vis à vis des partis qui les ont désignés. Désormais la règle de prise de décision est celle de la majorité. Or la répartition ( 10 mouvance présidentielle-10 opposition -3 société civile et 2 administrations) accorde de facto la majorité numérique au pouvoir en place. M.Alpha CONDE est allé plus loin, en imposant ses choix à la société civile (Bakary FOFANA et KEBE du barreau des avocats) et en délogeant un représentant de l’opposition (BAYO) au profit de l’UPG de Jean Marie DORE dont la position sur l’échiquier politique national est à géométrie variable. Ainsi la mouvance présidentielle dispose au minimum de 15 voix pour un total de 25 commissaires. Par cette subterfuge, la CENI comme institution paritaire, impartiale chargée d’organiser des élections transparentes ,libres et crédibles a vécu. Elle est devenue purement et simplement une direction supplémentaire du Ministère de l’Administration du Territoire au service exclusif du pouvoir.

Les délégations spéciales ou la mort de la décentralisation

Les élus communaux constituent les principaux agents de l’organisation du processus électoral à travers l’ensemble du territoire ( recensement électoral, répartition des bureaux de votes, collectes des résultats , distribution des cartes des électeurs etc….). Ce rôle crucial de pouvoir influencer peu ou prou l’organisation des élections a amené les stratèges du RPG-Arc-en-ciel à installer illégalement des délégations spéciales sur 25 communes urbaines sur les 38 que comptent le pays. Manu militari, les élus communaux sont destitués en 2011 sans pour autant avoir été traduits devant des tribunaux comme le stipule le code des collectivités du pays. En dépit de cela , ces délégations spéciales sont toujours en place alors qu’elles devaient être remplacées par des élus dans une période n’excédant pas six mois. Ainsi les collectivités locales guinéennes sont gouvernées en toute illégalité . Leur maintien est un enjeu pour le régime d’Alpha CONDE afin de contrôler totalement l’organisation des élections. L’opposition a voulu déserrer l’étau autour d’elle en demandant d’abord l’organisation des communales avant les présidentielles. Mais elle ne peut s’en prendre qu’à elle-même car elle a toléré pendant plus de quatre années durant ces délégations spéciales au mépris des lois de la République et des fondements de l’État de droit.

Un fichier électoral sur mesure

La qualité d’un fichier électoral détermine la nature de toute élection. Un fichier, issu d’un recensement exhaustif du corps électoral et un support, infalsifiable et incorruptible sont des conditions nécessaires pour une bonne organisation des élections et de l’acceptation des résultats. Le recensement biométrique lancé avec la société Sagem en 2007 avait permis la mise en place d’un fichier électoral biométrique qui a permis l’organisation des élections présidentielles de 2010. Ce fichier devait être amélioré par l’élargissement de la population recensée d’une part et la délivrance de cartes biométriques aux électeurs dont les empreintes digitales étaient difficilement « captables »notamment dans les zones rurales. La loi électorale permettait chaque année d’enregistrer de nouvelles inscriptions des populations en âge de s’enrôler. Toutefois comme pour la CENI et les élus communaux , le régime d’Alpha CONDE cherchait simplement à « confectionner » un fichier reflétant ses choix politiques. Sagem avait été accusé par Alassane CONDE le Ministre des élections du régime, d’être une officine des services secrets français . Le gouvernement impose également au PNUD de livrer les codes secrets permettant de « corrompre le fichier électoral  »dés le premier trimestre de 2011. C’est alors que l’opérateur technique sud-africain Way-Mark -Sabary Technology entre en scène pour finaliser la mise en place d’un nouveau fichier « taillé sur mesure » pour assurer une majorité suffisante au régime à toutes les consultations nationales ( liste nationale des législatives et premier tour des élections présidentielles). En dépit des manifestations massives de l’opposition en 2012 et 2013, des répressions sanglantes et barbares ( une soixantaine de manifestants abattus par les forces de l’ordre) et des négociations engagées sous l’égide de la communauté internationale , les accords du 03 juillet 2013 avaient entériné les faits accomplis. Comme il fallait s’y attendre les résultats du scrutin à la proportionnelle donnèrent prés de 52 % à la liste du RPG. Depuis ces élections législatives où le pouvoir a perdu les 5 sièges à l’uninominal de Conakry, M.Alpha CONDE a cherché à parfaire le système de fraude . Le recensement général de la population contre toute attente , livre des résultats où le fief du RPG ( la région de la Haute-Guinée) est « bizarrement » plus peuplé que la région de Conakry défiant ainsi tous les précédents recensements effectués dans le pays depuis l’indépendance. Le but recherché est la construction de manière durable d’une « majorité naturelle fictive » pour justifier une domination pérenne du pays par les tenants actuels du pouvoir. Le procédé est arithmétique , gonfler statistiquement le corps électoral potentiel dans les zones « supposées » favorables et le minorer dans les autres zones en institutionnalisant une coupure ethnique du pays entre les peuls d’un côté et toutes les autres communautés de l’autre.

Il est clair que les discussions interminables portant sur le choix de l’opérateur technique ( WAYMARK est remplacé par GEMALTO) paraissent périphériques si le cahier de charges n’est pas examiné avec une grande attention. Contrairement à ce que certains le prétendent une bonne élection est avant tout une traduction de la volonté politique des dirigeants du pays. Les techniques à elles seules ne peuvent suffire pour aller à contre-courant d’une volonté gouvernementale d’encourager la mascarade.

Impossibilité d’avoir des élections acceptables

Dans ces conditions , il est illusoire d’espérer avoir des élections acceptables en Guinée , car structurellement elles ne pourraient ni être crédibles ni transparentes et ni libres. Un système sophistiqué de  détournement des suffrages des citoyens guinéens est ainsi mis en place. Cette réalité est perçue aussi bien par les guinéens que par les observateurs internationaux. C’est la raison pour laquelle il existera des pièges et des manœuvres pour amadouer les forces du changement afin d’accepter d’assouplir leur position vis-à-vis du régime. Cette tactique prévisible devra être déjouée car elle ne fera que donner du temps à la gouvernance d’Alpha CONDE afin que celle-ci revoie sa copie électorale pour mieux affiner la prochaine mascarade pour se pérenniser au pouvoir.

Les manœuvres à déjouer : une nouvelle inversion de l’ordre des élections

Début mars, les responsables de l’opposition avaient tendu la perche à M. Alpha CONDE en ramenant leurs exigences à la publication par la CENI du chronogramme des élections et à l’organisation des communales avant les présidentielles. Le refus de la CENI et donc de M.Alpha CONDE d’accéder à cette demande minimale a créé un blocage. Le pouvoir échaudé par son échec aux législatives au niveau de la capitale Conakry n’a pas voulu prendre des risques de perdre les communales au niveau de Conakry, craignant une amplification de la défiance à son égard pour les élections présidentielles d’une part et de perdre également des leviers importants comme les délégations spéciales qui lui sont inféodées. Mais l’acceptation des communales allait de facto légitimer l’utilisation du fichier électoral actuel pour les élections présidentielles . Les élections locales neutralisent la mauvaise qualité du fichier qui sera dans ce cadre moins voyant. Par contre ,l’effet désastreux de ce fichier sera manifeste pour la présidentielle dés le premier tour où la majorité sera affectée au Président sortant.

M.Alpha CONDE prenant tardivement conscience d’avoir perdu une opportunité de faire valider le fichier par les communales afin de « légitimer » sa victoire dés le premier tour des présidentielles pourrait être tenté de faire marche arrière. Il utilisera à cet effet la pression amicale de la communauté internationale, les appels au dialogue lancés par-ci ,par-là et la recherche du consensus pour « sauver la paix en Guinée» pour justifier un éventuel rétropédalage pour replacer les communales avant les présidentielles. Celles-ci seront alors projetées courant le premier trimestre de 2016 avec l’accord consensuel des parties prenantes. Cette hypothèse permettra au pouvoir guinéen de gagner triplement :

  • montrer une capacité d’ouverture et de dialogue pour redorer son image auprès de la communauté internationale

  • gagner du temps pour montrer des résultats de son action politique avec l’inauguration du barrage de Kaléta fournissant ainsi de l’électricité à la capitale pour la période juillet- janvier 2016 de manière satisfaisante

  • Dans ce cas de figure , l’acceptation de la « victoire » d’Alpha CONDE pourrait être plus digeste et acceptable par la communauté internationale .

Par contre l’opposition y perdra alors toute crédibilité auprès de l’opinion nationale et sera une nouvelle fois actrice de sa propre défaite avec des conséquences incalculables pour le pays.

Les manœuvres à déjouer : un dialogue politique inter-guinéen de façade

La communauté internationale appellera à privilégier la recherche d’un dialogue politique entre les acteurs nationaux guinéens sans pour autant avoir les leviers d’action pour imposer au pouvoir une véritable sortie de crise .Pour elle, la recherche de la stabilité prime sur tout le reste. En effet , son credo est concentré autour de la notion de la « menace sur la sécurité internationale ». Dans ce cas de figure elle ne peut aller au-delà de la limite que le pouvoir en place fixe à travers le principe de la souveraineté nationale. Le gouvernement est seul en mesure de le définir tout en mettant en avant bien sûr ses intérêts politiques propres et en sacrifiant à la fois l’intérêt national. En une décennie la République Centrafricaine a été laissée dans une situation proche de la Guinée d’aujourd’hui. Des dialogues interminables et des accords signés en dix ans , n’ont pas stoppé la décomposition de l’État Centrafricain jusqu’à la guerre civile qui endeuille des centaines de milliers de personnes. La communauté internationale réagit que lorsque l’incendie se déclare ouvertement. Alors la spirale de violences et de destructions aura fini par dénaturer la nature des conflits . De sociopolitiques ils se transforment en une lutte pour la survie autour de présupposées références religieuses et d’appartenances ethniques.

La communauté internationale s’est révélée relativement complaisante à l’égard d’ Alpha CONDE. Elle est restée aphone devant les violations répétées et massives des droits de l’homme notamment en Guinée-Forestiére (Zogota, Gallaye, Womé , tueries en juillet 2013) , les assassinats ciblés de personnalités de la société civile et des partis politiques , les massacres de jeunes militants de l’opposition , la politique d’exacerbation des tensions ethniques et les manquements aux principes de l’État de droit. Elle feint de ne pas voir les responsabilités des dirigeants guinéens face à la propagation de la fièvre hémorragique Ebola dans la sous-région. Seul le Président OBAMA a clairement indiqué que les failles de la riposte contre Ebola se trouvent en Guinée.

Cette attitude de deux poids et de deux mesures a amené la majorité des guinéens à être méfiante à l’égard de toute médiation internationale. Peu ou prou , l’OIF d’Abdou DIOUF a été très accommodante avec le Chef de l’État guinéen. Les élections présidentielles de 2010 avec la duplicité du Général SANGARE cadre de l’OIF et Président de la CENI qui a fermé les yeux sur les manœuvres pour imposer par tous moyens Alpha CONDE comme vainqueur du scrutin de 2010 ne redorent pas le blason de cette organisation internationale. La nouvelle secrétaire générale de l’OIF, Mme Michaëlle JEAN qui se rendra lundi 23 mars 2015 à Conakry devra privilégier les intérêts fondamentaux du peuple guinéen en assurant un soutien fort à la lutte pour la démocratie, les droits de l’homme et la liberté. A cet égard ,,des enfants sont arbitrairement emprisonnés à Conakry, des habitants de Womé risquent de subir des sentences lourdes sans pour autant bénéficier d’une justice équitable ,libre et transparente, enfin une dizaine de détenus politiques civils et militaires sont incarcérés sans que leur culpabilité soit prouvée.

Une bonne justice, le respect des principes de l’Etat de droit et des droits humains et une bonne gouvernance sont les conditions nécessaires pour la stabilité ,la réconciliation nationale et le développement . Avec Alpha CONDE , le peuple guinéen a fini par désespérer de sa capacité et de sa volonté d’enclencher un réel dialogue national. Les appels au dialogue dans ce contexte sont perçus comme des combines pour permettre aux tenants de l’exécutif guinéen d’imposer par la force leurs volontés. L’opposition a organisé maintes manifestations pacifiques noyées dans le sang uniquement pour appeler au dialogue avec le pouvoir. Les accords du 03 juillet 2013 qui ont permis la participation de l’opposition aux législatives ne sont plus d’actualité pour les autorités qui nient les avoir signés. Le régime guinéen montre ainsi le peu d’intérêt qu’il accorde au dialogue. Ce qui lui importe est de faire croire au dialogue afin de légitimer et de faire valider les violations des lois et des principes de la République.

La seule alternative réaliste est le départ d’Alpha CONDE du pouvoir

La décision de l’opposition de ne plus « reconnaître » la CENI est courageuse et sa portée ouvre de facto une crise institutionnelle en Guinée. L’opposition engage ainsi un bras de fer avec le régime sur des fondements liés à la constitution du pays. Ces dirigeants se condamnent à aller jusqu’au bout. Il leur est désormais interdit de faire marche arrière au risque de perdre toute crédibilité et de sacrifier alors leur avenir politique. Leur seconde décision de suspendre leur participation aux activités de l’ assemblée nationale est symbolique mais elle cristallisera l’attention aussi bien de l’opinion nationale que de la communauté internationale. Toutefois la majorité des guinéens attend une prise de décision hardie relative à la gouvernance d’Alpha CONDE en personne, dont le départ est demandé.

La revendication du départ d’Alpha CONDE afin que le pays puisse se réengager dans une transition démocratique pour pouvoir sereinement organiser des élections transparentes et crédibles est la conséquence logique des impasses actuelles :

  • Impasse institutionnelle : le blocage du processus électoral a amené une défiance totale entre les acteurs politiques et sociaux. Les mensonges des autorités gouvernementales n’encouragent aucun acteur majeur de la vie politique à les considérer désormais comme des interlocuteurs valables. Cet impasse institutionnelle scelle la rupture politique.

  • Impasse économique : la gouvernance économique a surtout brillé par la multiplicité des contentieux entre l’État guinéen et les entreprises étrangères. D’abord au niveau du port de Conakry où la Guinée est condamnée à payer plus de 40 millions d’euros à GETMA-International. Pour la Cité Chemin de fer et d’autres chantiers de travaux publics , M.Guindo SANTILO et M.Alpha CONDE s’affrontent à la Chambre Arbitrale de Paris. La négligence et la concussion qui caractérise la gouvernance du secteur minier a fait perdre à la Guinée un procès contre RUSAL. Le bras de fer avec Benny STEIMETZ autour des blocs 1 et 2 de Simandou traîne en longueur et hypothèque son exploitation pour longtemps. Ces gâchis n’augurent rien qui vaille pour l’économie nationale dans un contexte économique mondial morose.

  • Impasse sanitaire : la gestion de la crise sanitaire Ebola en Guinée a mis en lumière la responsabilité de M.Alpha CONDE dans la propagation de l’épidémie dans la sous-région. La riposte contre Ebola s’avère inefficace si la mauvaise gouvernance endémique des autorités guinéennes n’est pas stoppée.

  • Impasse sécuritaire : les assassinats ciblés contre des personnalités administratives , politiques et sociales dénotent la persistance d’un climat d’insécurité entretenu par des « commandos de la mort ». L’arrestation récente d’un certain dénommé Mohamed Junior qui est accusé d’être l’un des assassins de Mme Aissatou BOIRO directrice du trésor a ouvert la boîte aux pandores . De sa prison , M. Mohamed Junior fait des révélations qui incriminent M.Alpha CONDE dans la mise en place d’une milice privée pour « sécuriser la capitale ». Le président guinéen l’aurait présenté au Général Ibrahima BALDE , haut-commandant de la gendarmerie nationale et au Colonel GHARE ,le Directeur Général de la Police Nationale afin de lui confier « la capitale ». Cette affaire ne doit pas être étouffée car doit permettre d’assainir les forces de défense et de sécurité du pays en donnant les preuves d’une collision à caractère criminel entre les tenants du pouvoir et les réseaux mafieux qui écument le pays. La déclaration à la presse de M. Mohamed Junior est une piste de première main pour incriminer le Chef de l’État guinéen de parjure et de trahison , car il livre lui même le pays au crime organisé. Il n’est pas ainsi étonnant que Conakry soit considéré par des rapports du département d’État Américain comme la nouvelle plaque tournante du narcotrafic en Afrique de l’Ouest.

  • Impasse sociale : En 2012 selon les statistiques officielles 55 % de la population vit en dessous de seuil de pauvreté alors que ce taux était de 53 % en 2007. En 2013 et 2014 la situation globale de la pauvreté s’est fortement dégradée et la misère s’est largement développée. Sans aucune exagération , 3 familles guinéennes sur 4 n’arrivent plus à survenir aux besoins essentiels à savoir se nourrir ,se soigner et se déplacer. Les enfants et les femmes en sont les plus affectés. Les jeunes ,plus de 70 % de la population sont abandonnés à leur triste soir . Les seules perspectives qui leur sont offertes sont le chômage , l’exil et pour d’autres la mort dans la mer méditerranée. Le désespoir est tel que des familles entières s’exilent dans les pays limitrophes , en Amérique ou en Europe.

Pendant une décennie la crise guinéenne perdure et s ‘amplifie. Les révoltes sociales de 2006 et 2007 n’ont pas permis de trouver une solution durable de sortie de crise , en dépit de l’arrivée de KOUYATE puis de SOUARE comme Premier Ministre et Chef de gouvernement. L’irruption sur la scène de la junte militaire du CNDD de Dadis CAMARA et Sékouba KONATE au lendemain de la mort du Général Lansana CONTE plonge le pays dans une instabilité chronique marquée par la sauvagerie des répressions notamment le 28 septembre 2009. La transition politique que le couple Sékouba KONATE – Jean Marie DORE dirige , échoue également à faire émerger à travers des élections crédibles une gouvernance soucieuse des intérêts de la population. C’est ainsi que M.Alpha CONDE devint le continuateur d’un système politique archaïque et violent, alors que le peuple guinéen aspire à un réel renouveau démocratique et à un redressement économique du pays. La gouvernance d’Alpha CONDE a brisé cet espoir.

La Guinée est devant un grand tournant de son histoire. Accepter les replâtrages institutionnels en se contentant d’élections qui sont d’ores et déjà piégées même si les communales précédent les présidentielles sera un abandon des intérêts fondamentaux de la Guinée. En effet ,les impasses actuelles dans lequel le pays est plongé, le mène à terme dans le précipice et la catastrophe comme la Centrafrique ou la Somalie. Par contre , reprendre le destin national en main permettra d’abord d’évacuer la gouvernance d’Alpha CONDE pour instaurer une transition politique solide, crédible et réconciliatrice. C’est la seule voie réaliste et porteuse d’espoirs pour tous les guinéens. Cette chance est à la portée du peuple guinéen qui doit reprendre son destin ,maintenant !

 

Elections en Guinée : ‘’L’objectif n’est pas la CENI, c’est de chasser Alpha Condé’’

ceniCONAKRY- Quelle stratégie devrait adopter l’opposition guinéenne pour que ses revendications soient satisfaites ? L’opposant Bah Oury, qui n’a pas manqué de dénoncer le manque de « pugnacité » de ses paires de l’opposition, préconise une insurrection populaire pour demander le départ du Président Alpha Condé. Dans cette interview exclusive accordée à notre rédaction, le Vice-Président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, fait également des recommandations au chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo. Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : Monsieur Bah Oury bonjour !

BAH OURY : Bonjour Monsieur Souaré !

Comment avez-vous accueilli l’annonce par la Commission électorale nationale indépendante du calendrier des prochaines élections en Guinée ?

Personnellement cette nouvelle ne m’a pas surpris, parce que je savais que depuis que Monsieur Alpha Condé s’est installé au pouvoir en 2010, il avait déjà mis en place une stratégie pour se faire réélire pour le second mandat. Si je dis se faire réélire c’est de se donner tous les moyens y compris les moyens de la fraude  pour pouvoir reconduire un second mandat à la tête du pays. Donc la décision de la CENI est un aboutissement logique de ce processus qui a pris quatre années pour s’installer  dans le paysage institutionnel du pays.

Que pensez-vous de la décision de l’opposition de boycotter sa participation au Parlement et à la CENI ?

Permettez-moi avant de répondre à la question de dire que Alpha Condé a réussi son coup d’Etat institutionnel, parce que les responsables de l’opposition n’ont pas été suffisamment vigilants pendant ces quatre années, pour s’attaquer à l’essentiel au lieu de s’intéresser à des aspects périphériques soit du processus électoral, soit concernant d’autres questions. Je veux dire que dès l’arrivée de Alpha Condé  la stratégie était claire il fallait dompter la CENI. Si vous vous souvenez il y a eu beaucoup d’atermoiements, des remises en cause de Alhassane Condé (ancien Ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Ndlr), de l’Indépendance de cette institution , des discussions, des tractations, des négociations pour aboutir à la proposition du CNT (Conseil National de la Transition, Institution qui faisait office de Parlement pendant la transition, Ndlr) de remettre en cause le fonctionnement judiciaire de la CENI ; Le CNT a remis en cause la règle du consensus au profit de la règle de la majorité simple pour la délibération en Assemblée Générale des commissaires. C’est –à dire quiconque a la majorité emporte la décision et  dans ce cadre Alpha Condé s’est donné tous les moyens pour avoir une majorité confortable. Les responsables de l’opposition n’ont pas été vigilants pour empêcher que Monsieur Bayo (ancien commissaire de la CENI, Ndlr) soit éliminé au profit d’un représentant de l’UPG de Jean Marie Doré, que Monsieur Kébé soit maintenue en lieu et place du candidat proposé  par le barreau et l’arrivée de Bakary Fofana de la société civile et sa désignation comme candidat de cette société Civile pour la CENI, n’a pas été aussi contestée par complaisance  ou par aveuglement. En fin de compte la CENI a été littéralement phagocytée par Alpha Condé et juridiquement ficelée  pour couronner l’ensemble de ce processus qui permet de dire à Alpha Condé que la CENI a décidé, alors qu’on  sait pertinemment que la CENI c’est lui-même. En deuxième lieu, les délégations spéciales qui constituent  à travers les élus locaux un dispositif essentiel pour l’organisation de toutes élections majeures du pays ont été remplacés pour mettre en place des délégations spéciales en violation flagrante de loi et du code des collectivités. Là aussi il y a eu quelques journées de protestation, par la suite on a laissé  faire et quatre années après on se réveille pour dire que les délégations  spéciales  doivent partir. C’est une forme d’impunité que l’opposition a laissé faire parce que la loi a été piétinée par le pouvoir. Donc c’est pour vous dire que la stratégie mise par Alpha Condé pas à pas, étape par étape, a été plus ou moins validée par les responsables de l’opposition. Donc aujourd’hui la question est tout à fait pertinente, que faut-il faire tout en sachant que Alpha Condé va dire que la loi est de son côté.

Selon vous donc la stratégie adoptée par l’opposition n’a aucune chance de porter fruit ?

Personnellement je ne cesserais jamais de dire qu’il faut s’attaquer à l’essentiel. L’essentiel ce  n’est plus la CENI,  ce ne sont plus les délégations spéciales, mais la gouvernance de Alpha Condé lui -même qui est en jeu  dans le cadre de l’organisation des Institutions en Guinée et de la recherche de stabilité du pays tout entier. Le vrai problème c’est de s’organiser pour demander à la population guinéenne de tout faire pour abréger la gouvernance d’Alpha Condé en le faisant quitter le pouvoir par la rue, parce que c’est la souveraineté du peuple qui est en train d’être violée. Souveraineté du peuple cela veut dire le vote, si le vote est vicié de bout en bout, le peuple a le droit de revendiquer sa souveraineté  et selon notre constitution cette souveraineté peut s’exercer également par des manifestations et c’est tout à fait légitime et démocratique. C’est une obligation civique pour ne pas que le peuple s’enfonce  dans une dictature sans rémission.

Pensez-vous que le scénario Burkinabé est possible en Guinée ?

On n’a pas d’autres alternatives, celles reconnues par le biais des élections ont été complètement biaisées, donc le chemin est fermé de ce côté-là. La seule chose qui reste à part des aventures de tout ordre et qui est d’essence démocratique, c’est que le peuple guinéen revendique sa souveraineté et malheureusement il n’y a en a pas un autre chemin à part celle-là parce que c’est Alpha Condé qui nous oblige à agir de cette façon.

Etes-vous confiant quant à un soutien de la Communauté Internationale dans une telle démarche ?

Que veut dire démocratique, lorsqu’un régime s’impose par la terreur, par l’assassinat, par une mauvaise gouvernance  systématique en tout point de vue tant sur le plan économique que sanitaire, biaise le processus électoral pour s’imposer, le peuple guinéen comme tous les peuples du monde n’a pas de leçon à recevoir de quelqu’un et se trouve dans l’obligation de revendiquer une application entière et pleine de sa souveraineté à travers la contestation du régime en place. C’est une chose reconnue par toutes les chartes et déclarations universelles des Droits de l’Homme. La Guinée est signataire de ses actes et la Communauté Internationale est disposée dans la mesure où le peuple se soulève, revendique sa souveraineté et l’exercice plein et entier de la démocratie, tous les peuples épris de paix et de démocratie ne pourront que s’aligner devant les choix souverains de la République de Guinée.

Pensez-vous que le scénario burkinabé est possible en Guinée dans ce contexte de division ?

Je suis tout à fait d’accord qu’Alpha Condé cultive l’ethnocentrisme pour utiliser les ethnies les unes contre les autres. Aujourd’hui après cinq années d’exercice du pouvoir, les guinéens savent s’il a fait quelque chose pour telle région au détriment d’une autre, ou telle ethnie au détriment d’une autre. Mais il fait tout pour opposer les ethnies les unes aux autres. Une véritable alternative doit  s’esquisser pour sensibiliser l’ensemble des jeunes du pays de toutes confessions  et toutes obédiences politiques de la nécessité de faire émerger un projet national et fédérateur de l’ensemble des revendications des Guinéens qui sont la satisfaction de la demande sociale, c’est – à dire avoir de l’électricité , de l’eau , de l’emploi, le droit à la sécurité, à la santé . Ne plus être obligé de quitter son pays pour aller  mourir dans les abords de Lampedusa, ne pas être emprisonné ou assassiné par des gens qui portent l’uniforme nationale. Tout cela ce sont des revendications qui peuvent unir le peuple de Guinée y compris les militants authentiques du RPG (Rassemblement du Peuple de Guinée, parti au pouvoir, Ndlr) qui se trouvent aujourd’hui profondément trahis. Tout le peuple peut se donner la main par rapport à des revendications d’ordre national pour chasser  Alpha Condé et sa clique, et ensuite mettre une transition qui nous permettra de repartir sur de nouvelles bases en tirant les leçons de notre passé récent.

Pourquoi selon vous l’objectif doit être le départ du Président Alpha Condé ?

L’objectif est de faire partir Alpha Condé pour instaurer une transition qui permettra de remettre la Guinée sur les rails pour un bon déroulement  des processus électoraux, pour permettre au peuple de Guinée en toute confiance, en toute sérénité et sécurité de se choisir  des hommes et ces femmes pour présider aux destinées de la Guinée. C’est la seule alternative réaliste qui pourra sauver la Guinée du chaos.

A vous entendre on a l’impression que vous mettez en doute le dynamisme de cette opposition, est-ce que c’est le cas ?

Bon la population de notre pays juge le bilan, si Alpha Condé a pu mettre quelque chose en place, c’est que l’opposition n’a pas été assez pugnace, elle n’a pas eu la bonne stratégie, malgré en ce qui me concerne  les recommandations que je lui ai dite, les préventions et tout, de ce point de vue elle se trouve complètement coincée et donc le peuple demande une alternative réelle, réaliste et crédible. Ce qui est important ce n’est pas de dire j’avais raison ou pas, lorsqu’on reconnait  avoir fait des erreurs stratégiques, il faut savoir se retourner et reprendre la bonne direction. Cette direction c’est l’unité de  l’ensemble des forces démocratiques  éprises de paix  et de sécurité qui doivent se donner la main. Lorsque je parle de l’ensemble de ces forces je ne mets pas de côté le RPG, dans ce parti que je connais également, il y a des hommes et des femmes de valeurs qui ne se retrouvent pas dans la gouvernance d’Alpha Condé. Ceux-là doivent avoir la force, le courage et la détermination nécessaire pour démarquer le RPG de cette dérive dictatoriale dans laquelle Alpha Condé est en train d’enfoncer toute la Guinée.

Quel devrait être le rôle du Chef de file de l’opposition dans le combat dont vous faites allusion ?

D’abord le contexte actuel devait amener Monsieur Cellou Dalein Diallo, Chef de file de l’opposition et président de l’UFDG à faire appel à l’ensemble des acteurs de la classe politique , aux acteurs de la société civile y compris les responsables syndicaux pour engager un discussion concertée et large  sur comment aborder la nouvelle phase politique guinéenne , en n’excluant aucune hypothèse y compris celle  demandant le départ de Alpha Condé. C’est sur cette base qu’une plate-forme nationale qui ira au-delà  des partis qui ne prendra en compte que l’intérêt national et l’intérêt  de l’instauration d’une véritable démocratie  et d’un processus cohérent en Guinée pourrait engager l’ensemble de la société guinéenne avant qu’il ne soit trop tard. Je ne manquerais pas de répercuter  le même appel aux autres responsables politiques que sont Sydia Touré, Lansana Kouyaté, Faya Millimono, Bah Ibrahima Silah et tant d’autres pour qu’une réelle plate-forme  large qui puisse permettre à une mobilisation nationale de toute la Guinée contre Alpha Condé. C’est la seule alternative qui nous ait offerte, ne pas le faire c’est  le risque de voir dans quelques mois le pays sombrer  dans un chaos indescriptible comme la Côte-d’Ivoire il y a quelques années ou la Centre-Afrique. Donc nous souhaitons que la Guinée évite ses tragédies avant  qu’il ne soit trop tard.

Vous suggérez donc l’organisation des états généraux de l’opposition elle-même ?

Bien entendu  au-delà de l’opposition elle-même, vous voyez aujourd’hui ce n’est plus une question de l’opposition, c’est une question nationale  il s’agit de la survie de la Guinée  en tant qu’Etat et d’une Nation qui se pose. Il faut avoir une vision plus large pour mobiliser l’ensemble  des citoyens du pays contre une gouvernance qui est dangereuse aussi bien pour ceux qui sont dans l’opposition que ceux de la mouvance présidentielle. Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas bon pour le pays et risque de couter beaucoup plus cher dans le futur à ceux qui soutiennent le régime actuel, parce que toute la Guinée les considérera comme  étant responsables de la destruction nationale. Il est temps qu’ils réagissent à la juste mesure  pour arrêter cela. Et cet appel prend en compte aussi tous ceux qui sont dans le domaine de la sécurité, parce qu’ils sont aussi des citoyens à part entière. Ils ont le droit de dire ce qu’ils pensent de l’avenir de leur pays.

 

Interview réalisée par SOUARE Mamadou Hassimiou

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 655 31 11 11

Pour Alpha CONDE , gouverner c’est mentir !

 

Le 3 mars 2015, la délégation guinéenne à Bruxelles conduite par M.Alpha CONDE a demandé à la communauté internationale la mise en place d’un plan d’aide massive en faveur des pays affectés par le virus hémorragique Ebola ( plan Marshall ). M.Alpha CONDE, pour qui « Ebola est une opportunité » clame partout que la Guinée était bien partie mais c’est Ebola qui a tout détruit. Il fait ces déclarations croyant que les guinéens n’ont pas de mémoire et sont capables de croire tous les mensonges des autorités officielles. Le texte qui suit est un extrait de mes vœux du 31 décembre 2013 ,qui restitue sans aucune altération le contexte qui a prévalu en 2013.

Il est vrai que l’année 2014 est marquée par la présence de la fièvre Ebola dans notre pays . L’épidémie continue depuis lors de provoquer de lourds ravages dans la société et l’économie est profondément affectée. Toutefois , Ebola a mis en lumière les graves carences de la gouvernance en Guinée mais elle n’a pas pour autant briser un élan de progrès comme le prétendent les autorités guinéennes. Il en est autrement au Liberia et en Sierra-Léone où en 2013 les taux de croissance du PIB dans ces deux pays avoisinaient respectivement 8,5 % et 13,5 % . Pendant ce temps ,la Guinée en 2013 a avec peine atteint 2,3 % de croissance du PIB. Ceci infirme le discours officiel en mettant à nu les mensonges des gouvernants de Conakry.

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2013 :Une année plombée par la mauvaise gouvernance

Le gouvernement a indiqué que les recettes budgétaires au titre de l’année 2013 ont accusé un déficit de 1400 milliards de GNF par rapport aux prévisions. Il justifie ce gap important par deux facteurs , la morosité de la situation économique mondiale d’une part et la persistance des troubles sociaux et politiques que la Guinée a connu tout au long de l’année 2013 d’autre part. En réalité la mauvaise gouvernance explique largement cette mauvaise performance de l’économie nationale. En effet, la gestion à la hussarde du processus électoral qui est à l’origine de l’instabilité politique qui a eu pour conséquence l’atonie de l’économie guinéenne. En plus , les géants miniers après la brève euphorie de 2011 ont pour la plus part abandonné leurs concessions guinéennes comme BHP-Billiton, ou ont gelé leurs investissements comme Rio-Tinto, ou ont freiné leurs activités comme Valé-BSGR. L’usine d’alumine de Fria est aux arrêts depuis avril 2012. Les raisons de ces désertions sont à rechercher du côté de l’incurie gouvernementale du fait de la mauvaise gouvernance.La Guinée ,ainsi en proie à un marasme d’une vaste ampleur de son tissu productif comme s’il s’agit d’une zone de guerre , ne peut pas générer des recettes intérieures suffisantes.Le gouvernement assume l’entière responsabilité de cette catastrophe. C’est la raison pour laquelle ,depuis quelques semaines , des confidences sont distillées pour annoncer la prochaine mise en place d’un gouvernement dit de missions.

Les effets de l’atteinte du point d’achèvement n’ont pas été au rendez-vous

Cette mauvaise gouvernance explique pourquoi les autorités guinéennes n’ont pas été en mesure de faire profiter à la population les retombées positives de l’atteinte du point d’achèvement le 25 septembre 2012. La reconversion des annuités de remboursement de la dette pour financer des programmes sociaux et d’investissements pour les infrastructures de base n’a pu être effective car les ressources nécessaires n’ont pas été générées par la collecte des recettes budgétaires. Un immense gâchis alors que la Guinée a bénéficié de l’annulation de prés de 2 milliards de dollars us. Cette mauvaise gouvernance politique est également responsable du retard des décaissements du 10 éme FED de l’Union Européenne. Cette aide au développement finance principalement les politiques des investissements publics comme les routes et les infrastructures sanitaires et scolaires. A l’examen de ces faits, les autorités politiques guinéennes portent l’entière responsabilité de l’élargissement de la pauvreté et de la misère. Les statistiques officielles reconnaissent que la pauvreté s’est accrue entre 2007 et 2012 et six familles sur dix n’arrivent pas à subvenir à leurs besoins vitaux. Un taux de croissance de 2,5 % en 2013 avec un taux de progression démographique de 3,1 % par an prouve que la Guinée ne fait que s’appauvrir. Les prévisions du gouvernement pour 2014 tablent pour un taux de croissance de 4,5 % pour le PIB . Je rappelle que M.DIA Mamadou ancien fonctionnaire de la Banque mondiale et du FMI qui était en charge la supervision des programmes de la Guinée , avait indiqué qu’un taux de croissance de 4 % est le minimum réalisable en Guinée sans que le gouvernement ne « fasse rien ».Les propos de cet économiste international prouvent qu’un taux de 4,5 % n’est pas une avancée majeure et ne peut pas inverser la courbe de progression de la pauvreté. Pour mémoire pour que cette courbe soit inversée il faudra un taux de croissance triple du taux de progression démographique sur une longue durée ( soit 9 à 10 % au minimum sur une longue période). Les résultats macro-économiques de la gouvernance d’Alpha CONDE a complètement échoué à améliorer le niveau de vie des guinéens , à l’aune de trois années d’exercice sans partage du pouvoir.

L’attitude politicienne du pouvoir a ruiné les chances de la Guinée

Il est difficile de comprendre pourquoi la Guinée n’arrive pas à sortir de la misère et du sous-développement malgré les immenses potentialités économiques ,minières, agricoles et hydroélectriques que possèdent le pays. C’est incompréhensible aussi bien pour l’observateur étranger et pour le citoyen guinéen , d’admettre l’état de délabrement des infrastructures physiques et sociales de ce pays si bien doté par la nature. La raison essentielle de notre sous-développement et de la misère qui écrasent tous les guinéens est le culte de l’affairisme au sommet de l’Etat. Loin de moi de dire que cet affairisme est né avec l’arrivée d’Alpha CONDE au pouvoir. Mais il s’est avéré que M. Alpha CONDE est un continuateur d’un processus politique prédateur qui a démarré depuis longtemps. C’est la racine du mal guinéen , d’où le retard économique de notre pays, qui était promu à l’indépendance d’être la locomotive en Afrique. La Guinée d’aujourd’hui est hélas parmi les derniers au classement mondial de l’IDH du PNUD et elle figure en bonne place au niveau de la lanterne rouge dans le monde dans tous les classements ( transparency, indice doing business ). A titre d’illustration , trois cas méritent d’être cités :

  • L’abandon de la construction de l’usine d’alumine à Sangarédi

La conférence des bailleurs en faveur de la Guinée qui s’est tenue à Abu Dhabi à la fin de 2013 aurait permis la mobilisation de 6 milliards de dollars US d’intentions de financements d’investissements miniers. Les 5 milliards de dollars US proviendraient de Mudhabalah qui a obtenu l’accord des autorités guinéennes de ravitailler en bauxite, l’usine d’alumine en cours de construction aux Emirats Arabes Unis. Cet accord pose deux réels problèmes. D’abord sur le plan institutionnel et juridique , le ministre des mines Mohamed Lamine FOFANA a violé la loi. En effet, le Général Lansana CONTE avait fièrement signé et fait ratifier la convention de Global Alumina Corporation (GAC) en 2005 pour la transformation en alumine à Sangarédi d’une partie de la bauxite extraite dans cette zone.Le texte ratifié par la représentation parlementaire est purement et simplement mis de côté par une décision ministérielle. Ceci confirme le peu de cas que les responsables guinéens accordent aux lois et règlements du pays. Ensuite, dans le cadre de ce projet 10 millions de tonnes de bauxite devraient être transformées pour une production de 3 millions de tonnes d’alumine. L’abandon de la construction de l’usine d’alumine ravale notre pays à un Etat rentier avec l’exportation de minerais bruts. Là aussi c’est un abandon des intérêts de notre pays. Ainsi au lieu d’accroître sa valeur ajoutée dans la transformation de la bauxite qui est un vecteur de croissance économique , les choix gouvernementaux accentuent le retard économique de la Guinée.

  • Une mauvaise utilisation des cadres nationaux et une administration archaïque

Le second aspect de l’affairisme triomphant en lieu et place d’une gestion saine et vertueuse des affaires publiques est la faiblesse de la capacité d’absorption de l’économie guinéenne. Il est notoirement connu que depuis plus d’une trente années , une des caractéristiques de l’économie guinéenne est la faiblesse de sa capacité d’absorption. Que signifie cette expression ? La Guinée a des financements mais du fait de l’archaïsme de son administration publique , sur le plan technique et son manque de volonté manifeste de mettre en avant les intérêts du pays , le pays n’arrive pas à faire émerger des projets sérieux susceptibles de déclencher le décaissement des financements conformément au cahier de charges de la convention de crédit. C’est comme si, un malade très alité reçoit toute une panoplie de médicaments pour le soigner et qui par paresse ou par ignorance ne s’administre pas la médication telle que prescrite ,conduisant ainsi à l’aggravation du mal.Un gouvernement sérieux, désireux d’accroître les richesses du pays ne devra ménager aucun effort pour renforcer la capacité d’absorption et en faire une priorité parmi les réformes structurelles. Concrètement cela passe par une utilisation optimale des ressources humaines nationales. Valoriser les compétences nationales passe nécessairement par la formation, la recherche de l’excellence et par leur correcte rémunération. Or M.Alpha CONDE ne se gêne pas pour justifier les nominations irrationnelles au sein de son administration en arguant «  qu’aux États-Unis , dés qu’il y a un nouveau président , son camp politique remplace tous les fonctionnaires de l’autre camp opposé ». La comparaison avec les pratiques américaines où existent de véritables institutions et où le fonctionnaire de l’État fédéral, n’a rien à voir avec l’establishment politique au pouvoir à Washington , est réductrice et inappropriée. En effet, les ressources humaines nationales sont mal utilisées ou le plus souvent ne sont même pas sollicitées. Les cadres ne sont pas là où ils doivent être. Les compétences sont ignorées au profit du copinage « politique » ou « ethnique ». La mise en place de réseaux pour siphonner les maigres ressources publiques prend le dessus sur l’efficacité et l’atteinte des objectifs déclamés. Ce n’est pas étonnant dans ce contexte que la Guinée figure au bon rang parmi les pays les plus corrompus au monde. Loin de moi d’accabler seulement M.Alpha CONDE dans cette dérive prédatrice. Il fait mieux que ces prédécesseurs, car il a externalisé le système en l’arrimant à de réseaux internationaux que ces amis Bernard KOUCHNER, Tony BLAIR et autres ont gracieusement mis à son service.

  • La situation alarmante de la ville de Fria

Les habitants de Fria vivent une situation inacceptable et révoltante. Elle est révoltante , pour les populations sinistrées de Fria, qui subissent une misère de plus en plus envahissante . Elle est aussi révoltante pour l’ensemble des citoyens guinéens, qui voient un fleuron de l’industrie nationale abandonnée et qui est en perdition. Où se trouve la responsabilité gouvernementale ? Celle-ci doit être là où les intérêts de la Guinée sont en jeu. A Fria, les intérêts de la Guinée sont en jeu ! Une ville est en train de disparaître, une usine est en perdition , une industrie est en train de mourir.Tout gouvernement vertueux et crédible doit prendre à bras le corps le problème. Cette situation déplorable n’a pas l’air d’inquiéter ou d’alarmer les autorités politiques, comme si Fria était sur une autre planète. La gestion du dossier Fria par Alpha CONDE symbolise l’ensemble de sa gouvernance aussi bien politique ,qu’économique marquée par la corruption et la trahison des intérêts fondamentaux de toute la Guinée.