La fin du mandat des députés : Qu’en pense BAH Oury

 

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CONAKRY- Sous la bannière de quel parti politique Bah Oury sera-t-il candidat aux élections législatives prochaines ? Comment éviter une crise institutionnelle pouvant amener le Chef de l’Etat à être seul aux commandes  ? Bah Oury animateur du Mouvement le « Renouveau » a répondu à questions.

AFRICAGUINEECOM : Le mandat des députés expire le dimanche 13 janvier prochain sans qu’il n’y ait un calendrier pour l’organisation des élections législatives. Qu’en pensez-vous ?

BAH OURY : Je pense qu’il faut déplorer le fait que les élections communales aient pris un temps extrêmement long. Plus de 11 mois maintenant on n’a pas fini avec l’installation des communes. Ceci est du ressort de la responsabilité du ministère de l’administration du territoire et c’est très dommage. Par rapport à la situation de l’Assemblée Nationale  cette question relève  de la responsabilité de la Cour Constitutionnelle qui devra apprécier la manière et l’aptitude juridique qu’elle doit avoir pour éviter que le pays soit dans un vide  du  point de vue parlementaire.

Plusieurs cas de figures se présentent aujourd’hui. Certains acteurs politiques préconisent que les députés bien qu’étant illégitimes continuent de siéger au parlement jusqu’à la mise en place de la nouvelle Assemblée.  Quelle est votre position sur cette proposition ?

Il faudra que la Cour Constitutionnelle spécifie le temps nécessaire soit en prolongeant le mandat des députés soit en donnant la possibilité au président de la République de légiférer par ordonnance jusqu’à la mise en place de la prochaine Assemblée Nationale. Il faudrait que ceci soit limité dans le temps de manière précise pour ne pas que le pays évolue dans une forme d’ignorance du délai imparti pour la mise en place de la prochaine législature.

Selon vous comment éviter une crise institutionnelle pouvant amener le Chef de l’Etat à être seul aux commandes en légiférant par ordonnance ?

Déjà cette Assemblée Nationale a outrepassé le délai imparti pour son mandat et la prochaine Assemblée n’est pas encore mise en place. Donc on se retrouve devant un problème à caractère institutionnel  et constitutionnel. Il y a deux possibilités : soit la Cour Constitutionnelle en dépit de la fin du mandat des députés le prolonge. Ce qui peut augurer une certaine forme  d’impunité par rapport au respect des mandats ou de l’autre côté pour donner la liberté au Président de la République de légiférer par ordonnance.  Ces deux possibilités existent et permettront de s’activer entre temps pour organiser les prochaines élections législatives.

Cette situation n’est-elle pas le résultat de l’échec de la classe politique actuelle ?

La classe politique, celle de l’opposition dite Républicaine, celle  de la mouvance présidentielle et précisément ceux qui ont signé les accords politiques et le ministère de l’administration et du territoire  notamment en la personne du Général Bouréma Condé. Ils sont responsables largement  de la situation actuelle.

Comment sont-ils responsables ?

Ils ont fait perdurer des situations qui auraient dû avoir des solutions. Par exemple l’installation des communes devrait intervenir très rapidement après la proclamation des résultats définitifs par la CENI. Ce qui n’a pas été le cas. Ils se sont mis à tergiverser, à signer des accords  qui sont en réalité des arrangements intra-personnels  et ça a mis le pays dans une situation  de retard par rapport à l’installation de ces élus.  Et pire, ils ont  outrepassé leur pouvoir de statuer sur cette question parce que le vote a été organisé le 04 février 2018 et la proclamation des résultats par la CENI  donne plein pouvoir au ministre de l’administration du territoire d’installer les élus communaux dans un temps précis. Mais c’est ce qu’il n’a pas fait. Donc il a contribué à faire en sorte que ces dérapages puissent exister aujourd’hui.

Vous dites que vous serez candidat aux prochaines élections législatives de 2019 et présidentielles de 2020 si elles ont lieu. On voit déjà vos effigies circuler sur les réseaux sociaux. Dites-nous c’est sous la bannière de quel parti politique sachant que les candidatures indépendantes ne sont pas admises ?

D’ici là on aura réglé la question avec quel parti ou avec quelle coalition. Soit l’UFDG, soit toute autre alternative  qui se présentera mais comme on dit il faut aller step by step. Et le temps permettra de résoudre certains problèmes  qui existent aujourd’hui.

Une nouvelle CENI est attendue dans les prochains jours. Pensez-vous qu’elle sera différente de celle qu’on a connue ?

La question de CENI devrait être repensée. Cela fait bientôt 30 ans l’organe  régulateur des élections a été mise sous cette forme dans notre pays. 30 ans d’expérience c’est largement suffisant pour tirer le bilan et les enseignements. On avait pensé que la CENI  sous cette forme c’était une manière d’avoir des élections pluralistes indépendantes, apaisées et acceptables  de tous.  A l’épreuve des faits, il s‘est avéré qu’il y a beaucoup de problèmes pas seulement en Guinée mais un peu partout en Afrique. Donc, il faut repenser les choses. Il n’est interdit dans les prochaines années de revoir un ministère  de l’intérieur  ou une agence spécialisée uniquement dédiée à la consultation électorale dans  notre pays et même dans d’autres pays africains.

On peine à sortir des élections communales  près d’un an après le scrutin. Comment tenir de tenir de nouvelles élections de portée nationale dans ces conditions ?

Il y a une classe politique qui a montré son narcissisme au détriment de la stabilité de la Guinée. J’espère qu’avec les prochaines élections législatives le nettoyage sera en partie fait pour permettre à la Guinée d’avoir une classe politique beaucoup plus ancrée dans une démarche constructive que dans une démarche destructive qui ne fait que générer la violence. Il faut qu’on change de ce point vue de leaders  en termes de ténors de mouvance liée au pouvoir aussi bien de l’opposition. Il faut que les choses changent.

Votre avis sur l’adoption de la loi sur  la polygamie en Guinée ?

Personnellement vous me coincez,  parce que les faits sociaux c’est difficile de légiférer. La polygamie est un fait social, culturel. Légiférer autour de cela peut susciter des controverses, amener à l’espace  public à être dans une certaine mesure confisqué par les tenants d’une seule forme de culture. L’Etat est laïc donc il y a des communautés  sur le plan de leur religion la polygamie est tolérée  et d’autres de par leur religion la polygamie est prohibée de ce point de vue la loi doit être générale et applicable à tous. Il faut se garder de légiférer par rapport aux faits sociaux. Les éléments sur lesquels il faudrait légiférer c’est de légiférer de telle manière qu’un homme et une femme  qui contracte un mariage que ces mariages soient présentés qu’au point de vue du droit que les deux partis soient rassurés par rapport à leur droit.

Je pense que les femmes subissent beaucoup de discrimination surtout les femmes qui sont dans des couples polygames par rapport aux questions de succession et d’héritage. Je pense c’est de ce côté qu’il faut légiférer pour ramener une certaine égalité entre les garçons et les filles de par le droit successoraux et aussi protéger les femmes qui sont dans des couples dit polygames pour que leur droit ne soit pas confisqué ou annulé. Etre polygame ou de  n’est pas être polygame c’est la liberté de conscience de chacun. Je ne suis pas pour la polygamie.

Interview réalisée par Bah Aissatou

Pour Africaguinee.com

Tél : (+224) 655 31 11 14

BAH OURY évoque la suspension de la grève des enseignants et les problèmes liés à la CENI

NOS VOEUX POUR 2019

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C’est un immense honneur de vous présenter mes vœux de bonheur, de santé et de prospérité au seuil de la nouvelle année.

D’abord c’est avec joie que nous avons appris le 31 décembre, la libération des personnes détenues, Mme Fatou Badiar, Almamy Aguibou et Mamadou Alpha suite à l’affaire dite du 19 juillet 2011. Ces compagnons d’infortune ont bénéficié d’une grâce présidentielle ainsi que plusieurs dizaines d’autres. Au Président de la République et également aux anonymes qui ont de prés ou de loin contribué à cet heureux dénouement , recevez nos chaleureux remerciements. A l’occasion de nos vœux de l’année dernière nous avions exprimé notre souhait de voir toutes les personnes en détention dans le cadre de cette malheureuse affaire de pouvoir retrouver la liberté. Cette décision du Président de la République va dans le sens de la décrispation politique et de l’apaisement dont le pays a besoin. Aux deux derniers détenus , le commandant AOB et Jean Guilavogui nous partageons leur souffrance et nous réitérons notre souhait en faveur de leur libération.

 

L’année 2018 a été difficile du fait des tensions sociales et politiques qui ont jalonné ces douze mois.

  • La crise politique consécutive à la tenue des élections communales le 04 février 2018 est une situation ubuesque qui montre sous un mauvais jour la nature de la classe politique de notre pays. Ce qui priment à ses yeux est un cynisme et un narcissisme qui génèrent immanquablement le triomphe de la mal-gouvernance, la violence endémique et enfin la déstabilisation de notre pays. Les « accords politiques entre des partis » sont érigés au dessus des lois du pays et les humeurs d’une poignée d’individus prennent en otages aussi bien les institutions nationales que les populations qui n’en peuvent plus. C’est ainsi avec un grand soulagement que les riverains de l’axe hamdallaye – bambeto – cosa –wanindara -cimenterie ont accueilli les PA des forces de l’ordre dont la présence a ramené un sentiment de sécurité et de tranquillité. Cela devra être durablement consolidé.
  • La crise sociale dont les grèves des enseignants sont les marqueurs les plus vifs et les plus visibles , ne date pas de maintenant. Une mentalité d’autoritarisme est perceptible dans les comportements et les réactions dans la société guinéenne. Ainsi toute contradiction même mineure débouche sur des conflits violents et absurdes . Or les sens de la mesure, de la responsabilité et de l’équilibre sont indispensables à toute élite politique et sociale qui entend incarner les attentes et les aspirations de tous ses compatriotes. Nous avons beaucoup à apprendre de ce côté , gouvernants comme gouvernés. Ensuite, il faut changer les paradigmes pour repenser la gouvernance globale de notre pays afin de briser les blocages structurels qui enferrent la Guinée dans l’immobilisme et la pauvreté. Cela passe par des remises en cause responsables et hardis pour reconnaître que les « maux de la Guinée ont pour origine nous-même ». Changer la Guinée suppose d’abord avoir conscience de ses propres responsabilités afin de transcender les rigidités économiques et sociales qui entravent les transformations que la Guinée attend.

 

2019 ouvre un nouveau cycle politique pour la Guinée. Après 60 années d’indépendance

nationale et 60 années de colonisation effective, de nouvelles perspectives s’offrent à notre pays. C’est pour cette raison que nous nous engageons à promouvoir pour les prochaines législatives une liste d’hommes et de femmes crédibles et désireux de rénover l’espace politique guinéen pour plus d’éthique, de patriotisme , de modernité et de responsabilité. Nous allons ainsi parcourir , nos routes et nos pistes rurales pour aller à la rencontre de nos compatriotes des campagnes et des villes pour mieux les connaître.

 

A nos compatriotes qui ont été endeuillés par les violences politiques de 2018, aux familles des naufragés dans la Méditerranée et de ceux qui ont perdu des êtres chers dans le désert du Sahara, aux personnes embastillées pour leur opinion, leur croyance ou leur statut social nous leur exprimons notre solidarité et notre compassion.

 

A notre continent l’Afrique, que 2019 soit le début d’une ère de stabilité retrouvée et de progrès social .

A la Guinée ,notre pays que 2019 soit une bonne année de stabilité et d’amélioration des conditions de vie de tous.

A mes amis du Renouveau , bonne et heureuse année.

A tous bonne et heureuse année 2019.

LES VIOLENCES POLITIQUES SOURCES D’INSTABILITE EN GUINEE

 

 

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Les manifestations « politiques » ces dernières années ont toujours le même rituel . D’abord il s’agit de l’expression de revendications liées au processus électoral à l’approche des scrutins par le biais de communiqués laconiques de la part du club de « l’opposition républicaine ». Ensuite de la même manière des manifestations de rue sont décrétées qui génèrent des violences avec son lot de morts, de blessés et de destruction des biens. Enfin des retrouvailles sont clamées entre mouvance présidentielle – opposition républicaine pour signer des « accords politiques » au nom de compromis pour dit-on « maintenir la paix car celle-ci n’a pas de prix ! ». Une commission tripartite présidée par le Ministre de l’Administration du Territoire regroupe les délégués des deux bords politiques est chargée du suivi de l’application de ces accords. Dés lors un cycle incessant de crises est entretenu au détriment d’une réelle promotion des facteurs de stabilité et d’approfondissement conséquent des pratiques démocratiques dans le pays.

 

Les motivations réelles de « ces crises » sont prosaïques et cyniques à la fois. Au cours de ces années ,une logique de kidnapping et de prise en otages des institutions s’est développée. En effet, les acteurs de cette tragi-comédie politique se connaissent depuis très longtemps ,ils ont par le passé gouverné ensemble , et ont tissé des réseaux de complicités occultes par delà leurs positionnements actuels dans l’échiquier politique. En plus, les « accords politiques » sont des arrangements pour conforter les intérêts particuliers de tel ou tel responsable politique en foulant au pied les principes et les lois de la république. Leur stratégie est simple . La communauté peule et plus précisément l’axe Hamdallaye – Bambeto- cosa- wanidara –cimenterie sont ainsi instrumentalisées malgré elles pour devenir des « variables d’ajustement » pour effrayer et faire pression sur le Chef de l’Exécutif pour le contraindre de « négocier » et conforter une sorte d’impunité à quelques personnes qui se réfugient derrière un « bouclier ethnique ».

 

Les victimes de cette démarche cynique sont les habitants de l’axe , qui vivent dans une forme d’insécurité chronique pour leurs familles et pour leurs biens. Plusieurs dizaines de jeunes gens sont tombés depuis 2011 , sans pour autant que la puissance publique mettent tous les moyens judiciaires et sécuritaires pour neutraliser les commanditaires de ces séries de violence . Ce sont les petits gars issus des quartiers défavorisés de la haute banlieue qui « trinquent » à la place des commanditaires de cette chienlit qui tirent des avantages juteux du maintien de ce statu-quo le long de l’axe.

 

Au fil des années , la lassitude et une prise de conscience collective au niveau de la frange la plus nombreuse des jeunes sont apparues pour rejeter ces manifestations de rue. C’est l’une des raisons qui expliquent une radicalisation progressive de ces îlots minoritaires qui peinent à recruter et qui sombrent dans la délinquance et le mercenariat. Les commanditaires sous couvert de structures politiques entretiennent par l’argent ces milices en constitution au vu et au su des autorités publiques. La manifestation est alors devenue le prétexte pour créer le maximum de nuisance aux populations pour faire croire et voir « un soutien massif à leur action ». De manière cynique , une manifestation paisible et sans incident ne fait nullement leurs affaires . Autant il y a des morts et de destruction , autant en secret ils savourent le succès de leurs opérations.

 

Aujourd’hui cette stratégie abhorrée par l’écrasante majorité des populations riveraines de l’axe est en voie de prendre une tournure susceptible de porter atteinte à la cohésion nationale, à la stabilité de la Guinée et à la sécurité sous régionale. L’exacerbation par le biais des réseaux sociaux de la culture de la haine, de la violence et des appels aux meurtres ne doivent pas être banalisée. Là aussi la communauté peule est utilisée par ces apprentis sorciers comme un instrument pour des buts dont celle-ci sera immanquablement une nouvelle fois la victime privilégiée.

 

Les forces de défense et de sécurité doivent assurer à tous sans exception la protection. Ceci est indispensable pour créer la confiance entre les citoyens et les institutions chargées de la sécurité nationale (police, gendarmerie, armées). Celles-ci issues du peuple guinéen doivent assumer pleinement et totalement leur mission régalienne pour protéger tout le monde en débusquant en son sein des éléments mal intentionnés qui ternissent l’uniforme qu’ils portent.

 

Le péril qui nous guette est grand . L’appel aux peuls d’Afrique de l’ouest de se soulever, du djihadiste malien Amadou Kouffa, n’est pas fortuit. Entouré d’Iyad Ag Ghali chef de mouvement affilié à Al-Qaïda et de l’algérien Yahia Abou Hammam émir d’Aqmi, Amadou Kouffa tente d’élargir son influence pour exploiter des frustrations réelles des communautés peules de plusieurs pays ouest-africains. Ici en Guinée, mieux vaut prévenir que guérir . A cet effet toutes les autorités morales du pays et plus précisément celles de la communauté peule sont interpellées pour agir avec courage, détermination et sans complaisance pour refuser que leur communauté soit utilisée comme un instrument d’ « ajustements stratégiques » dans des conflits où nous aurons tout à perdre et rien n’y à gagner. Ceci commence ici et maintenant en mettant un terme aux dérives politiciennes qui tentent de survivre en exacerbant des présupposés clivages ethniques en Guinée. Une attitude passive, complaisante, partiale et tournée vers la satisfaction d’intérêts claniques ne fera que du mal à la Guinée entière et à la sous-région. Le temps du courage et de la vérité est arrivé !

Marches de Dalein & Cie, assassinats, crises à l’éducation, au Port, à la Cour Constitutionnelle, Bah Oury se lâche (Partie II)

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Dans cette deuxième partie de l’interview qu’il a accordée à Guinéenews, le Vice-président exclu de l’UFDG revient sur les marches de l’opposition républicaine et leurs conséquences.  L’ex-ministre Bah Oury s’est aussi prononcé sur l’attaque contre le véhicule du chef de file de l’opposition. Enfin, il a évoqué avec nous les crises qui ont secoué le port autonome et la cour constitutionnelle. Lisez !

Guinéenews : suite aux marches organisées par l’opposition républicaine, il y a eu de nombreux cas de morts et de nombreux dégâts matériels. La voiture du chef de file de l’opposition Cellou Dalein Diallo a essuyé des tirs à « balles réelles ». Votre réaction par rapport à tous incidents?

Bah Oury : ce qui est le plus important, c’est le cas des morts. Des jeunes gens qui tombent.  Depuis, plus de trois ans, je dis et je répète, que la stabilité du pays, est une valeur importante qu’aucun responsable politique ne doit mettre en péril. D’où la nécessité d’une profonde décrispation entre tous les acteurs qu’ils soient politiques ou sociaux parce que sans la stabilité, on ne pourra rien construire et la pauvreté va s’amplifier et l’image de notre pays  sera détériorée tant à l’interne que sur le plan international. Nos jeunes seront désespérés puisqu’ils vont se sentir sans espoir. Cela ne fera que renforcer le climat délétère  dans lequel nous baignons aujourd’hui.

Maintenant, par rapport aux marches et aux tueries, j’ai rencontré récemment le général Ibrahima Baldé. A ma demande, je l’ai trouvé au Haut Commandement de la Gendarmerie nationale pour lui dire en substance ceci : « nous nous efforçons de faire en sorte qu’il y ait un climat de paix et de sérénité sans violences notamment dans certaines parties dites chaudes de la capitale. Nous ne pouvons pas par conséquent admettre que des éléments de forces de l’ordre utilisent des armes à feu contre les paisibles citoyens et certains d’entre eux font comme si ils allaient à la chasse  au pigeon. Ceci n’est pas acceptable et s’il y a des infiltrés, s’il y a des indisciplinés, s’il y a des acteurs qui cherchent à faire  en sorte que la violence soit la donnée la plus courante dans notre pays, les forces de l’ordre et de sécurité, dans leur mission   républicaine, doivent assurer la sécurité de tous  sans exclusive sans discrimination.»

De ce point de vue, c’est le langage que j’ai tenu au général Ibrahima Baldé en lui demandant de par sa position et ses responsabilités de tout mettre en œuvre pour que tous les citoyens guinéens, que ce soit à Conakry ou à l’intérieur du pays, puissent être rassurés et que les hommes en uniforme sont là pour défendre les valeurs de la République et assurer la sécurité de tous les Guinéens. Et ensuite, s’il y a des éléments extrêmes qui veulent aller au-delà, il est du ressort de l’institution « gendarmerie et police »  de savoir qui ils sont, de les identifier ,d’enquêter pour déterminer  pour quels intérêts agissent-ils, pour enfin démanteler ces réseaux  qui mettent la sécurité de nos concitoyens en danger.C’est un enjeu  de paix civile et de sécurité nationale.

Sur le plan civil, la justice doit mettre tout en œuvre pour qu’il n’y ait aucune sorte d’impunité dans le cadre de la sanction et de situer les responsabilités envers tous ceux qui utilisent les manifestations dites pacifiques pour créer le désordre à des fins occultes inavoués.

Maintenant, concernant le véhicule du chef de file de l’opposition, il y a une information judiciaire qui est ouverte par le procureur général de la Cour d’Appel de Conakry. D’après mes informations, la police nationale aidée par la police scientifique des Nations Unies sont en train de mener les enquêtes. J’attends d’avoir le rapport de ces enquêtes pour me prononcer par rapport à votre question.

Guinéenews : vous êtes « Vice-président » de l’UFDG et vous dirigez un mouvement ‘’le Renouveau’’. Quelle différence y a-t-il entre les deux ?

Bah Oury : vous savez déjà, j’ai un contentieux judiciaire avec le groupe qui est dirigé par le président de l’UFDG actuel (Cellou Dalein Diallo, ndlr) qui avait décidé le 4 février 2016 d’exclure Bah Oury de la formation politique dont il est le fondateur. J’ai porté plainte. Au mois de mars 2017, les tribunaux en première instance m’ont donné raison en considérant que la décision du président de l’UFDG d’exclure Bah Oury est nulle et de nul effet car ne reposant   ni aux statuts,  ni au règlement intérieur, ni aux principes qui dirigent l’UFDG.

A la suite de cela, ils ont interjeté appel auprès de la Cour d’Appel de Conakry. Mais depuis bientôt dix-neuf mois, la Cour d’appel tarde à statuer sur une décision qui n’est pas du tout compliquée. Des moyens dilatoires pour retarder la  décision de la Cour d’Appel sont utilisés par des personnes intéressées et qui  qui en ont fait leur spécialité. Mais j’espère que la Cour d’Appel de Conakry devra se prononcer d’ici la fin de l’année. Sinon j’irai porter plainte au niveau des hautes juridictions sous-régionales comme la Cour de justice de la CEDEAO par rapport à la non-application d’une décision judiciaire et d’une lenteur exagérée  de l’institution judiciaire . Il est évident que cette situation nuit à mes intérêts de justifiables.

Maintenant, nous sommes le ‘’Renouveau’’. Pour les élections communales, nous avons présenté des listes, au nom de notre mouvement qui n’est pas un parti politique. Dans le cadre de l’élection communale, sur les listes indépendantes  nous avons pu être présents.   En ce qui concerne mon statut actuel, je suis le premier vice-président de l’UFDG  conformément au congrès de juillet 2015 qui stipule que Bah Oury est élu  » premier vice-président de l’UFDG qui remplace le président en cas d’empêchement ou absence ». C’est une résolution expresse du congrès que l’UFDG a organisé en 2015. Donc, ceux qui veulent raconter autre chose, laissons les libres de dire ce qu’ils veulent.

Guinéenews : l’éducation guinéenne est secouée par un mouvement de grève qui est dirigé par Aboubacar Soumah. Qu’en dites-vous?

Bah Oury : comme je vous l’ai dit, j’ai rencontré le Premier ministre pour évoquer l’évolution de la situation sociopolitique du pays pour lui demander de mettre tout en œuvre pour que sur le plan social, une dynamique de concertation qui permettra de faire prévaloir une pédagogie active en lieu et place d’attitudes qui ne peuvent que conforter les frustrations et les tiraillements soit de mise. Je souhaite que le Premier ministre, M. Kassory Fofana, qui nous avait reçus, accède à cette demande qui va dans le sens de l’intérêt collectif et d’une sortie de crise salutaire en ce qui concerne le secteur de l’éducation nationale.

Nous avons également rendu visite au Secrétaire général du SLECG, M. Aboubacar Soumah entouré de toute son équipe à leur siège pour leur demander de faire prévaloir l’indispensable nécessité du dialogue et de la concertation pour que cette crise trouve un terme le plus rapidement possible pour l’intérêt des enfants et de la Guinée et de l’école de manière générale. Je suis persuadé que des réformes en profondeur devront être engagées dans les court et moyen termes pour répondre et régler les déficits structurels dont l’école est victime. Mais ceci nécessitera des efforts, des capacités budgétaires importantes et une visibilité pour que les choses puissent se faire dans l’intérêt de tous. Car en définitive nous avons tous à coeur de construire une école qui permettra pour les décennies à venir  d’avoir l’émergence d’une génération de Guinéens, employables et ouverts aux réalités technico-scientifiques du monde. (…)

Guinéenews : récemment, il y a eu la cession du Port autonome à Albayrak, une société turque ainsi que le changement de président  à la tête de la Cour Constitutionnelle. Quel enseignement tirez-vous de toutes ces crises et de la gouvernance actuelle?

Bah Oury : par rapport à la question du port autonome de Conakry, je le dis et je le répète, je m’abstiens de me prononcer sur ce  dossier complexe sur lequel je ne dispose d’aucune information. Pour ne pas dévaluer ma parole et raconter des choses qui ne correspondent pas à la réalité ,je préfère m’abstenir de commenter. La gouvernance du Port est un sujet complexe que des personnes  plus expertes que moi pourront évoquer avec plus d’objectivité. En effet,  Je n’ai pas eu les accords, je ne suis pas un spécialiste des questions portuaires mais, je sais simplement que le port de Conakry pour améliorer sa compétitivité et sa productivité, a besoin de manière indispensable d’investissements et une qualité de gouvernance pour asseoir les bases pour que le port de Conakry puisse rivaliser avec le même niveau de technicité et d’efficacité avec celui de Dakar ou  d’Abidjan. (…)

Par rapport à la Cour constitutionnelle, c’est une question interne de gouvernance interne entre des personnes qui, à mon point de vue, aussi bien le président déchu que les autres conseillers, chacun à sa place, a commis des faits qui ont terni l’image de notre Cour constitutionnelle.

Interview réalisée par Amadou Kendessa Diallo pour Guineenews.org