QUEL DIALOGUE , AVEC QUI ET POURQUOI !

Bah Oury

 

 

Il est communément admis qu’en Guinée «  la politique est l’art de mentir et de trahir ».Des générations de guinéens ont été élevées dans cette fausse croyance qui consacre le triomphe du cynisme et de l’immoralité. La parole d’honneur, la recherche de la vérité, l’amour de la justice, l’affirmation de convictions fortes en faveur de l’humain sont des valeurs qui détonnent dans cet environnement où règne en toute impunité « la loi du plus fort ». Dans cette jungle kafkaïenne, la classe politique actuelle est le représentant le plus achevé de cette mentalité prédatrice. Il est par conséquent aisé de comprendre pourquoi la Guinée est aujourd’hui en retard dans maints domaines : retard sur le plan économique par l’insuffisance des infrastructures énergétiques, routières, et d’eau courante et retard sur le plan social par la faiblesse de l’indice de développement humain. Cette réalité est révoltante pour la majorité des guinéens qui accumulent frustrations et désillusions depuis l’indépendance nationale en 1958. Ce paradoxe apparent met en évidence là où le bât blesse. En effet la première richesse d’un pays n’est point ses potentialités économiques mais plutôt la qualité des ressources humaines dont il regorge.

 

Une crise politique permanente en déphasage des intérêts nationaux

 

Aujourd’hui une certaine classe politique menace encore d’organiser des manifestations de rue pour exiger dit-elle un dialogue avec le gouvernement. Durant cinq années de 2011 à 2015, des manifestations monstrueuses ont été organisées. De nombreuses victimes ont jalonné ce parcours chaotique et violent de l’histoire récente de notre pays.                 De 2011 à 2013, ces querelles se sont cristallisées autour des élections législatives, sur l’opérateur technique Waymark-Sabary Technology et sur la composition de la CENI.

  • Cas de la CENI : La loi organique adoptée par le CNT(Conseil National de la Transition) en 2012 a bénéficié du soutien de l’ensemble des forces politiques du pays. Cette acceptation consensuelle a été publiquement confirmée à la délégation de l’Union Européenne en visite à Conakry durant le dernier trimestre de 2012. Or cette loi avait apporté une modification importante de la CENI. En effet la règle de décision par consensus qui prévalait auparavant où chaque commissaire pouvait peser dans la balance a été remplacée par la règle de la majorité simple. Désormais peu importe la composition de cette institution dont l’indépendance est consacrée par la constitution. Il suffit à l’une des composantes mouvance présidentielle ou opposition de s’assurer d’une majorité confortable. En droit, chacune d’entre elle a dix commissaires, la société civile 3 et l’administration 2. Dans ce cas l’opposition s’est fait hara-kiri. Elle a accepté l’abandon de la règle consensuelle au profit de la règle de la majorité simple. Elle s’est dessaisie ainsi de la possibilité de peser dans les décisions ultimes de la CENI. Elle doit par conséquent en assumer l’entière responsabilité.
  • Cas de l’opérateur Waymark- Sabary : Beaucoup de guinéens sont descendus dans la rue à l’appel des responsables de l’opposition pour exprimer leur refus de voir l’entreprise sud-africaine gérer le processus électoral des législatives de septembre 2013. Plus d’une cinquantaine de manifestants tués par balles, des commerces incendiés et pillés, des centaines de personnes interpellés et emprisonnés, des blessés par légions et souffrent dans la solitude avec des handicaps irréversibles. Contre toute attente, Cellou Dalein DIALLO le président actuel de l’UFDG signe les accords du 13 juillet 2013 qui valident le maintien de l’opérateur technique Waymark. La question n’est pas pourquoi avoir signé, mais pourquoi avoir engagé alors des milliers de personnes dans une aventure politicienne avec un très lourd tribut et par la suite jeter le tout avec désinvolture et sans regret. Pourquoi alors ne pas avoir épargné le pays de deux années successives de crises politiques violentes et destructrices. Un responsable digne de ce nom, n’engage jamais à la légère ceux qui lui font confiance. Un homme d’Etat privilégie avant tout l’intérêt national avant l’intérêt partisan. Mais celui qui sacrifie des vies, une cause juste et noble seulement pour assouvir des intérêts personnels et mesquins perd la confiance et la considération de ceux qui croyaient en lui. Les années 2012 et 2013 ont été un vaste gâchis dont les dits responsables de l’opposition assument une part de la responsabilité. Quant à moi, j’avais décliné l’invitation de figurer à la deuxième place de la liste nationale de l’UFDG pour rester cohérent avec moi-même et avec ma conscience.
  • Cas des élections communales avant les présidentielles : Durant l’année 2015, l’absence d’élus communaux élus cinq années après l’expiration du mandat devient subitement une préoccupation à la veille des présidentielles. Est-ce la qualité de la gouvernance qui était en jeu ! Non ! La préoccupation était strictement d’ordre électoraliste. Ainsi, cette nouvelle flambée de la tension n’a pas pour origine une volonté de faire respecter les fondements de l’Etat de droit, ni également de permettre aux citoyens d’élire librement leurs représentants pour gouverner démocratiquement les collectivités locales. Là aussi des milliers de personne sont appelées à descendre dans la rue en Avril 2015 pour réclamer la tenue des élections communales avant les présidentielles. Des morts et des destructions ont jalonné ces journées. Engager les jeunes gens à affronter au péril de leur vie les forces de l’ordre pendant ce temps se tapir chez soi en toute sécurité n’est pas digne d’un responsable soucieux de l’intérêt collectif de ses partisans. Les communales n’ont pas eu lieu avant les présidentielles et comme lot de consolation, le partage du pouvoir au niveau des collectivités territoriales est effectif au lendemain des présidentielles par la mise en place de délégations spéciales sur l’ensemble du territoire national. Ainsi l’objectif recherché n’est pas l’amélioration de la gouvernance du pays, il s’agit purement et simplement d’obtenir des postes et de s’en contenter. Depuis octobre 2015 des délégations spéciales gouvernent toutes les collectivités territoriales sur des fondements juridiques en contradiction avec les textes réglementaires et organiques.
  • L’élection présidentielle du 11 octobre 2015 : Les risques d’implosion de la Guinée étaient particulièrement élevés avec l’élection présidentielle de 2015. Le lundi 12 octobre 2015, le candidat Cellou Dalein DIALLO lance un appel de mobilisation générale pour une descente dans les rues pour dit il « non reconnaissance des résultats des élections présidentielles en précisant que celui qui perdra la vie dans ces manifestations le sera parce que DIEU l’aura voulu » ! Le 12 octobre 2015, de la France, je demande à toute la population guinéenne de s’abstenir de toute manifestation car «  beaucoup de vies humaines ont été perdues. Nous en avons assez de voir des jeunes gens sacrifier leur vie alors qu’aucune stratégie solide et fiable ne soutient l’action ». Par la grâce de DIEU, l’appel relayé par d’autres forces positives parvint à prôner le calme et la retenue. Par miracle, la Guinée fut épargnée d’une crise post-électorale sanglante.

 

La lutte pour le leadership et des manifestations pourquoi faire

 

Le chef de file d’une certaine opposition républicaine, Cellou Dalein DIALLO tente de revenir au premier plan de la scène politique en lançant de sempiternelles manifestations de rue pour s’imposer auprès de M. Alpha CONDE comme un interlocuteur incontournable. Or comment réclamer la tenue d’un dialogue avec le chef de l’Exécutif dont il a clamé par hu et par dia «  ne pas reconnaître le résultat de l’élection du 11 octobre 2015». Devant la gravité de cette décision, il est indispensable de clarifier solennellement cette position en réclamant plus de sérieux et de sens de responsabilité à des personnes qui prétendent représenter une partie de l’opinion nationale.

L’adoption de la loi organique instituant la configuration et la composition de la CENI actuelle en 2012, la tenue des élections législatives en septembre 2013 et la mise en place des délégations spéciales sur tout le pays en 2015 ont pu se faire avec l’accord du chef de file de l’opposition. Par conséquent il est vital de l’interroger sur sa stratégie qui consiste à créer un climat permanent de crises dans le pays. Le nombre de victimes dans les rangs de l’UFDG ne L’émeut guère. Il y a deux semaines il a encore récidivé avec des menaces du genre «  ils n’ont qu’à nous tuer tous !!! ». Il n’hésite pas d’alimenter des tensions ethnocentriques en « ghettoïsant l’UFDG en parti ethnique » et en allant puiser des soutiens qui mêlent à tort et à raison religion et politique. Dans ce contexte, c’est la stabilité du pays, la cohésion nationale et la sécurité sous régionale qui sont menacées.

Cette agitation stérile, infantile mais dangereuse vise deux objectifs principaux :

  • Une poignée de main Alpha CONDE_ Cellou Dalein DIALLO pour rompre l’isolement politique et diplomatique du chef de file de l’opposition pour lui permettre de se repositionner sur l’échiquier national pour assouvir des intérêts personnels qui n’ont rien à voir avec les intérêts vitaux des militants de l’UFDG.
  • Combattre BAH Oury le 1er Vice-Président et fondateur de l’UFDG qui a échappé par miracle à une conspiration tentant de l’assassiner le 05 février dernier au siège du parti. En effet, pour Cellou Dalein DIALLO il faut par tous les moyens éteindre l’action pénale en cours qui le vise. Il faut aussi empêcher la levée de son immunité parlementaire par l’Assemblée Nationale. La justice se trouve ainsi défiée, faire triompher la vérité ou consacrer l’impunité des puissants fortunés. La lutte pour le leadership de l’UFDG est in fine l’explication principale de la dérive violente du clan Cellou Dalein DIALLO. La justice est ainsi défiée et la République est également en danger. Comment expliquer le refus d’engager le débat démocratique au sein du parlement où les députés de la mouvance Cellou Dalein sont légions. Diverses commissions y existent qui méritent d’être mises à contribution pour apporter des pistes de réflexions et des propositions pour faire avancer la Guinée. Rien de tout cela n’est envisagé pour consolider l’institution parlementaire. Donc à quoi sert leur statut de députés, accumuler des privilèges ou servir le pays. La justification de l’appel à des manifestations de rue n’a dans ce contexte aucun fondement démocratique mais revêt une tentative de prendre en otage l’ensemble de la société guinéenne pour bénéficier d’une forme d’impunité.

 

La gouvernance de la Guinée mérite un changement qualitatif profond, c’est pour cela qu’il faut une opposition efficace, constructive, responsable, innovante et ouverte. Des réformes demeurent essentielles pour reconstruire le dispositif institutionnel du pays et faire évoluer l’appareil administratif du pays. La CENI à l’aune de plus d’une décennie d’existence doit être repensée autrement. La fixation bipolaire (opposition- mouvance présidentielle) doit céder la place à une représentation au prorata du poids électoral des partis. La Guinée a trop souffert de ses divisions, de ses déchirures et de la violence. L’action patriotique d’aujourd’hui nécessite un engagement ferme et déterminé pour une décrispation en profondeur, de l’apaisement général afin de construire un environ propice pour des investissements tant nationaux qu’étrangers pour la relance économique et le recul de la pauvreté. La responsabilité du gouvernement à cet égard est prépondérante, car c’est lui qui a reçu le mandat populaire de gouverner !

 

 

 

Pourquoi la levée de l’imminuté du député Cellou Dalein DIALLO

 

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          Cellou Dalein DIALLO

Voici un extrait de la demande de la levée de l’immunité parlementaire de Cellou Dalein DIALLO qui a été déposée au bureau du Président de l’Assemblée Nationale Kory KOUNDIANO. Cette procédure est conforme à la constitution qui permet au procureur de la république de pouvoir instruire la plainte contre Cellou Dalein pour dénonciations calomnieuses. La nécessité de faire toute la lumière sur l’assassinat du journaliste Mohamed Koula DIALLO et la tentative d’assassinat sur BAH Oury 1er Vice-Président et fondateur de l’UFDG est indispensable pour situer les responsabilités et pointer du doigt le ou les commanditaires de cette conspiration tragique.

Suite au dépôt de la plainte pour tentative d’assassinat et dénonciation calomnieuse sur la personne de Monsieur Amadou Oury BAH, coups et blessures volontaires sur les personnes de Abdoulaye DIALLO et de Ibrahima Sory BAH, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Dixinn, Conakry II a présenté des réquisitions le 29 février 2016 à double volet :

Dans le premier volet, le Procureur a donné un avis favorable à l’ouverture des poursuites pour la tentative d’assassinat et les coups et blessures volontaires contre x.

Dans le second volet, le Procureur a requis de ne pas informer par rapport à la dénonciation calomnieuse et ce, en raison de l’immunité parlementaire dont bénéficie le député Mamadou Cellou Dalein DIALLO, en se fondant sur l’article 65 alinéa 3 de la Constitution guinéenne.

Cet article dispose en son alinéa 3 : « Aucun député ne peut, hors session, être arrêté ou détenu qu’avec l’autorisation du Bureau de l’Assemblée Nationale, sauf le cas de flagrant délit, de poursuites autorisées par l’Assemblée Nationale ou de condamnation définitive ».

 

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       Mohamed Koula DIALLO

En application dudit article, nous estimons qu’il est dans l’intérêt de la loi et de la justice, mais également pour rétablir l’honneur et la crédibilité de Monsieur BAH Amadou Oury, que l’Assemblée Nationale autorise la justice d’engager des poursuites pénales à l’encontre de Monsieur Mamadou Cellou Dalein DIALLO, qui a volontairement et librement fait une dénonciation calomnieuse.

En effet, nous vous rappelons que le 05 février 2016, Monsieur Mamadou Cellou Dalein DIALLO, Député à l’Assemblée Nationale et Président de l’UFDG a publié une déclaration de l’UFDG dans laquelle il accuse Monsieur Amadou Oury BAH d’être venu au siège du Parti avec arme à feu et d’avoir fait usage pour tirer sur le journaliste feu Mohamed Koula DIALLO.

Cette publication a fait le tour du monde à travers les médias.

Aujourd’hui, l’honneur et la crédibilité de Monsieur BAH Amadou Oury sont souillé tant sur le plan national que sur le plan international.

Il a fallu l’Ordonnance du Doyen des Juges d’Instruction du Tribunal de Première Instance de Conakry II, rendue le 24 mai 2016, inculpant un certain Amadou SOW, garde du corps de Monsieur Cellou Dalein DIALLO et de son épouse, d’Assassinat du journaliste Mohamed Koula DIALLO et de tentative d’assassinat sur la personne de Monsieur BAH Oury.

Ainsi, en raison de la gravité de cette déclaration faite par Monsieur Mamadou Cellou Dalein DIALLO, député de son état, accusant gratuitement Monsieur BAH Oury, nous estimons que des poursuites pénales doivent être engagées contre lui, pour faire la lumière sur la dénonciation calomnieuse afin de parvenir à la manifestation de la vérité.

Nous pensons que le mot immunité n’est pas synonyme d’impunité.

BAH Oury

BAH Oury

Notre société s’est engagée vers l’égalité des citoyens devant la loi, le respect des droits de l’homme et de la justice pour tous.

L’être humain étant sacré, chaque citoyen y compris l’Etat, a le devoir de le protéger.

C’est pourquoi, au nom et pour le compte de notre client, Monsieur Amadou Oury BAH, nous vous prions très respectueusement, et conformément à la loi, de soumettre un vote aux députés de l’Assemblée Nationale, en vue d’autoriser Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Conakry II, d’engager des poursuites pénales à l’encontre de Monsieur Mamadou Cellou Dalein DIALLO, député à l’Assemblée Nationale, afin que la lumière soit faite autour de la dénonciation calomnieuse dont Monsieur Amadou Oury BAH a été victime.

En autorisant une telle poursuite, vous n’aurez fait que le devoir que le peuple de Guinée vous a recommandé à travers la Constitution Guinéenne.

Maitres Thierno Amadou Oury DIALLO et Michel SONOMOU avocats à la cour

UN DES ELEMENTS QUI INCRIMINE LE DEPUTE CELLOU DALEIN DIALLO

 

 

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                                                                Le garde de corps de CDD ,Amadou SOW le présumé tueur

 

Lisez ci-après la déclaration qui a été publiée au soir du 05 février 2016 sous la responsabilité de Cellou Dalein DIALLO. La dénonciation calomnieuse est ainsi manifeste plus de quatre mois après l’assassinat du journaliste Mohamed Koula DIALLO et la tentative d’assassinat de BAH Oury le 1er Vice-Président de l’UFDG. Le juge d’instruction a rendu ses avis et il est clairement établi que le garde de corps de Cellou Dalein DIALLO, le nommé Amadou SOW est l’auteur du tir qui a mortellement fauché le journaliste. Le juge précise que BAH Oury était la personne ciblée par le tueur. A la lecture de cette déclaration vous vous ferez votre  opinion sur cette conspiration pour éliminer par tous les moyens le fondateur de l’UFDG(ndlr).

 

 

« DECLARATION

 

La Direction nationale de l’UFDG informe les autorités guinéennes, l’opinion nationale et internationale que Monsieur Bah Amadou Oury ancien Vice-président de l’UFDG exclu du Parti, s’est rendu ce vendredi 05 février 2016 aux environs de 16h30 au siège du Parti.

 

Mr Bah était muni d’une arme à feu et accompagné de loubards à l’effet de perturber la réunion du Bureau Exécutif et, selon des rumeurs persistantes avec aussi l’intention d’attenter à la vie de Cellou Dalein Diallo, Président de l’UFDG au motif que celui-ci l’aurait exclu du Parti qu’il aurait créé.

 

A son arrivée, il a voulu forcer le passage et s’est heurté à l’opposition des maintiens d’ordre du Parti. Au cours de l’altercation, il a fait usage de son arme à feu devant plusieurs témoins et malheureusement, le jeune journaliste Elhadj Mohamed Diallo du site Guinee7 présent sur les lieux a été mortellement atteint par la balle.

 

La Direction Nationale de l’UFDG, adresse ses sincères condoléances à la famille du disparu, aux travailleurs du site Guinee7 et à toute la presse guinéenne. Elle demande aux autorités de prendre toutes les dispositions pour situer la responsabilité de ce crime et de déférer son auteur devant les tribunaux.

 

Elle invite les militants et sympathisants du Parti à faire preuve de vigilance et à rester mobilisés pour la défense de l’unité et des idéaux de l’UFDG.

 

 

Conakry, le 05 Février 2016

 

LA DIRECTION NATIONALE « 

 

« Nous ne pouvons pas vivre dans un monde cLoisonné, subdivisé en ethnies »

 

 

bahoury

Interview publié dans la revue panafricaine La gazette n°315 du 02 au 09 juin 2016

Bah Oury est le premier vice-président de l’UFDG, le premier parti de l’opposition guinéenne au sein duquel, il conteste la manière de gérer et de s’opposer de Celou Dalein Diallo qui refuse tout dialogue avec le président Alpha Condé le président réélu. Après avoir été banni de la Guinée durant 4 ans, de retour aux affaires, Bah Oury jette un regard lucide sur la situation que vit la Guinée et invite à une concertation nationale pour avoir l’appui de la communauté internationale. Pour lui la Guinée a besoin d’idées innovantes.

La Gazette : 5 mois après l’élection du président Alpha Condé, la rue pleure et les populations souffrent. La situation économique est indexée et le dialogue politique n’avance pas. C’est une situation difficile pour un pays qui veut aller vers l’émergence. votre appréciation de la situation?

Bah Oury : Il y a beaucoup d’efforts à faire, d’autant plus que la situation sur le plan économique est très difficile. Mais cette situation s’explique parce que l’année 2013 qui aurait dû être celle de relance économique a été perdue à cause des conflits à caractère politicien. C’était la période des élections législatives.De part et d’autre,  la gouvernance au pouvoir et l’opposition ont contribué chacun à amener une crispation des relations qui n’ont pas permis à la Guinée d’engranger les impacts positifs de l’atteinte du point d’achèvement qui avait été obtenu en septembre 2012 par l’annulation de près de 2 milliards de dollars de la dette guinéenne.Donc cette situation politique a plombé la relance qui aurait dû être indispensable et possible durant l’année 2013. Pour les années 2014 et 2015, en plus des handicaps antérieurs, il y a eu la fièvre Ébola. Ainsi  la colonne vertébrale économique a été complètement brisée avec des croissances presque nulles voir négatives. L’année 2016 démarre bien entendue avec les retards et les insuffisances accumulées. En plus la situation n’a pas été aussi favorable parce qu’il y a eu au point de vue de la gouvernance macroéconomique des négligences qui ont amené à prendre des garanties importantes dans le cadre des financements des travaux publics et autres qui sont nécessaires et indispensables. Mais la gestion financière n’a pas permis à la banque Centrale d’être en mesure à la première demande de satisfaire sans déséquilibrer les finances publiques, de rembourser les dettes. Donc la situation de ce point de vue est très tendue et, c’est ce qui explique cela.

Vous mettez le doigt sur la gouvernance financière, d’aucuns parlent d’éthique, de changement de comportements pour amener l’administration guinéenne à avoir une meilleure perception de l’Etat, est-ce votre lecture ?

C’est ce que nous disons du point de vue moralisante.Quelque soit les compétences que l’on puisse avoir, il faut  prendre les décisions les plus idoines pour  mettre en relief la nécessité de préserver l’intérêt national, de prendre en compte la dimension sociale et les impacts qu’une décision économique pourrait amener. Comme disait l’autre ¨Science sans conscience n’est que ruine de l’âme¨. De ce point de vue c’est une réalité. Toutefois,le paradigme avec lequel une certaine administration publique conçoit et gère les problèmes de la Guinée n’a pas évolué depuis l’indépendance. Ce sont les mêmes réflexes qui ne prennent pas en compte la nécessité de l’innovation, la nécessité d’un changement en profondeur et aussi de la prise en compte de la dimension internationale et des interactions  que les décisions  peuvent générer.  La gestion seulement comptable ne suffit pas, il faut avoir une vision d’un processus global qui part de la Finance à l’Economie réelle ensuite avoir à l’esprit les effets sociaux des politiques appliquées. Il y a à ce niveau beaucoup de lacunes et d’insuffisances . C’est comme si on ne prend pas en compte l’expertise globale qui est nécessaire par exemple lorsqu’une décision de prendre une garantie à la banque centrale doit être prise. Une simple signature a en effet des conséquences sur le plan économique,financier et politique décisives . Il   y a eu des errements coupables de la part des responsables de la politique monétaire. Ce sont ces errements qui ont amené à ce qu’il y ait eu une prise de garantie très importante qui va au-delà des capacités financières de l’Etat. Ils auraient dû faire preuve de réalisme et faire preuve aussi d’une certaine probité morale et intellectuelle pour alerter et pour orienter les décisions de ceux qui ont le pouvoir politique pour ne pas que  leurs actions soient  considérées comme des opérations  banales alors qu’en réalité c’est la vie de tout un pays qui est engagée.

« Il faut un nouveau processus politique » On pourrait y ajouter une question ethnique selon certains car l’économie guinéenne est quasiment tenue par une seule ethnie. Est-ce que cela ne pose pas de problème ?

Vous savez l’essentiel de l’économie guinéenne est informelle. Le secteur formel est réduit au strict minimum. L’informel c’est 70 à 80% du PIB donc c’est extrêmement important. Un pays comme la Guinée  a besoin de réforme en profondeur, a besoin de changement dans la gouvernance des administrations économique et financière. Ces réformes sont indispensables pour que la Guinée sorte de l’incurie. C’est comme s’il y a le pays réel qui a sa propre dynamique, qui a ses propres réflexes et le pays légal qui est réduit à un espace très mince et dans un contexte économique et financier difficile. Le pays légal a de sérieux problèmes et c’est ce qui fait souffrir la population guinéenne aujourd’hui. En ce concerne l’aspect ethnique il ne faut pas jeter la pierre dans un seul camp. Il y a une élite dans ce pays qui possède ou qui  veut accéder au pouvoir en captant les ressources à son seul profit. L’état néo patrimonial qui est en force à l’heure actuelle n’est pas l’apanage de la mouvance présidentielle. Certains tenants de l’opposition ont aussi les mêmes réflexes. Ce que je veux dire c’est que la Guinée est dans un contexte d’une fin de cycle qui traduit les limites de l’état guinéen. Il faut un nouveau processus politique ou un nouveau cycle politique qui est en train de s’esquisser, qui va dans un sens où il faut nécessairement revoir de fond en comble la méthodologie et les stratégies politiques en ce qui concerne la question financière. Regardez, nous avons une monnaie nationale que nous ne parvenons pas à gérer depuis l’indépendance. Comment se fait-il que d’autres pays comme le Maroc, la Mauritanie ou le Cap vert parviennent à gérer de la manière la plus satisfaisante leur monnaie nationale, et pourquoi la Guinée n’arrive pas à le faire ! Ce n’est pas lié à un régime particulier mais plutôt à tout un fonctionnement de l’état qu’il faut fondamentalement revoir. Ceci est une indication pour vous dire qu’il y a des changements et des réflexions en profondeur qu’il faut apporter pour que laGuinée puisse être sur les rails et pour reprendre le chemin d’une croissance économique durable et soutenue.

« la fédération des conservatismes de la société guinéenne » Ace niveau, vous autres politiques avaient un rôle fondamental à jouer, que comptez-vous faire ?

C’est la raison pour laquelle  je mène à l’heure actuelle des actions en rencontrant les jeunes car  je considère que c’est avec la nouvelle génération que nous pouvons  parvenir à changer notre façon de voir. Nous ne pouvons pas vivre dans un monde cloisonné, subdivisé en ethnie. Nous ne pouvons plus vivre avec un état qui est complètement en retard et déphasé par rapport aux exigences d’un monde moderne. La société aspire à son unité, à du bien être et voir ses besoins essentiels satisfaits. Mais la classe politique, celle qui est en première ligne pour l’écrasante majorité d’entre elle, n’est pas du tout en phase avec les attentes et les aspirations de cette majorité d’une population qui est très jeune. C’est la raison pour laquelle mon action s’inscrit vers les jeunes où nous pouvons semer de bonnes graines. Ces dernières pourront  permettre d’avoir de bonnes récoltes pour assurer l’émergence d’une alternative crédible, soutenue et réaliste pour que la Guinée rattrape son retard et se réveille pou embrasser la modernité et la prospérité.

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pensez-vous qu’aujourd’hui le président AlphaCondé qui est tout au début de son second mandat, soit à l’écoute pour faire avancer les choses?

Je pense qu’il hérite d’une situation extrêmement difficile qui  date de longtemps. Ce qui est un lourd handicap et qui constitue des entraves sérieuses pour que la Guinée soit en phase avec les exigences économiques et avec les attentes de notre temps.

pourtant ce passé il l’a bien combattu ?

Vous savez vous pouvez être dans une posture en terme de discours qui condamne mais à partir du moment où vous avez le pouvoir, les contraintes et les réalités s’imposent à vous. Il a été à mon avis victime de cette ambiance politique qui est la fédération des conservatismes de la société guinéenne avec un personnel politique qui n’était pas préparé, ni engagé vers un changement en profondeur. Certes il  avait une volonté d’avoir le pouvoir politique mais que faire de ce pouvoir!De ce point de vue il a été obligé de marcher sur les plates bandes de l’ancien. Par rapport au deuxième mandat lorsqu’il a demandé à me rencontrer en France à la fin du mois d’octobre 2015, il m’avait dit que la population était fatiguée, les gens souffrent et il faut nécessairement l’apaisement et une décrispation pour permettre à la Guinée de pouvoir attirer des investisseurs pour qu’il y ait du travail. Il a totalement raison de ce point de vue. Je souscris aussi, totalement à cette démarche .

« Pour avancer il faut avoir les hommes et les femmes qu’il faut » Ce qui veut dire qu’il a une lecture lucide de la situation ?

C’est vrai qu’il a une lucidité par rapport à la situation réelle. C’est à ce moment-là que je lui ai exprimé ma convergence de point de vue par rapport à cette approche.Depuis mon retour d’exil, je veille à travailler à faire émerger au sein de l’UFDG, une opposition constructive, moderne, ouverte et qui doit contribuer à préparer une alternative pour demain. Le Président de la République est dans une situation de responsabilité avec un héritage excessivement lourd mais il est possible d’avancer. Pour avancer il faut avoir les hommes et les femmes qu’il faut.

vous disqualifiez donc l’équipe qu’il a mise en place ?

Ce ne sont pas les individualités qui posent problème, ni leur compétence mais un gouvernement est un tout. C’est une volonté , c’est une stratégie et une méthode. Vouloir remettre tout cela sur les rails, revient à  demander à DonQuichotte de ferrailler avec les moulins.C’est extrêmement difficile par ce qu’il y a une question de mentalité et de capacité à avoir des hommes et des femmes qui peuvent accompagner ce changement en profondeur. Et c’est ça la tragédie dans laquelle la gouvernance actuelle est confrontée. C’est la raison pour laquelle je sollicite dans la phase actuelle, une décrispation qui doit permettre à toutes les forces intellectuelles, politiques et morales de ce pays de prendre conscience de l’ampleur du travail à faire. Ce n’est pas simplement un travail du gouvernement mais de l’ensemble des forces actives économiques et aussi politiques. Mais là aussi il y a énormément à faire par ce que nous avons majoritairement une classe politique  engluée dans un passé, dans une certaine forme de conservatisme et c’est ce qui fait que la Guinée n’arrive pas à avancer comme elle devrait le faire. C’est pourquoi les jeunes doivent prendre conscience de la nécessité de s’impliquer d’avantage par ce que c’est par eux que nous aurons  des solutions alternatives, crédibles, et durables pour que la démocratie puisse s’enraciner.

Est-ce une manière de dire que vous souhaiteriez une concertation large surla situation du pays aujourd’hui ?

Vous marchez sur ma langue. Ainsi  lorsqu’il y a eu le problème des syndicats avec le gouvernement par rapport à la demande de la baisse du prix du carburant, j’ai indiqué qu’au préalable, une vaste concertation de la manière la plus responsable ,regroupant les acteurs gouvernementaux,politiques,syndicaux et ceux du monde des entreprises pour évaluer le diagnostic des  situations macroéconomique et financière exacte du pays . Et à partir de là, envisager un plan minimum d’urgence consensuel pour  pour relancer l’activité économique  et qui pourrait bénéficier du soutien de la communauté internationale pour permettre à un pays sinistré de pouvoir relever la tête et avancer. Mais si cela ne se fait pas de la manière la plus responsable et concertée,  la communauté internationale nous apportera difficilement son soutien financier. Cette concertation est une nécessité afin que les  populations puissent espérer une amélioration de la situation.  La population guinéenne a assez de ces mêmes politiques, ces mêmes discours qui n’ont rien apporté de substantielles. E effet  depuis prés de 20 ans le pays est en crise.Il y a eu des hauts et des bas durant cette période, et tout le monde souhaite trouver   une nouvelle dynamique pour que la Guinée puisse sortir de ces interminables crises.

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Les élections communales vont se tenir au mois d’octobre, c’est une étape de crispation?

Pour moi ce serait un début de solution parce que les élections communales sont  fondamentales. D’ores et déjà dans ma démarche politique j’encourage les hommes et les femmes à s’impliquer. J’encourage les jeunes non pas seulement à être des électeurs mais d’être inscrits pour être des élus. Par ce que c’est à ce niveau-là que l’on apprend à cerner les contraintes de l’exercice du pouvoir. Les  jeunes doivent avoir l’expérience du pouvoir par ce biais-là. La Guinée ne changera pas si nous ne changeons pas la gouvernance par le bas.  Car c’est à ce niveau que le citoyen est en confrontation directe avec les questions les plus essentielles. Donc changer la gouvernance locale, avoir des élus communaux d’un autre type sont des nécessités absolues  pour avoir un filtre démocratique qui permet l’émergence de nouvelles classes politiques. Les jeunes ne doivent pas être en marge de ce processus parce qu’ils représentent l’alternative pour sortir la Guinée de la situation de détresse dans laquelle elle se trouve.

pensez-vous aujourd’hui que le président doit recevoir la classe politique pour discuter des voies de sorties de crises ?

Vous savez qu’il y a des gens qui émargent dans l’opposition mais  ce qui les intéressent : c’est s’asseoir sur le fauteuil présidentiel qui est déjà occupé par quelqu’un d’autre.  Pourquoi certains sont-ils dans l’opposition ? Est-ce qu’ils ont une idée alternative à la gestion actuelle ? Est-ce qu’ils ont réfléchi à la problématique qui empêche  la Guinée très souvent de capitaliser ses forces? La Guinée a besoin d’idées innovantes, elle a besoin de changer de méthode de gouvernance, elle a besoin que les paradigmes traditionnels des analyses des situations économiques et sociales changent. Donc il y a une nécessité de voir de nouvelles élites politiques émerger.  Il y a des générations d’hommes et de femmes qui ont apporté à un moment donné le meilleur d’eux-mêmes au pays mais qui se retrouvent dépassées et déphasées par la complexité des problèmes qui enferrent la Guinée dans les difficultés. Il faut alors  des idées neuves et pragmatiques avec des hommes et des femmes neufs. Il faut surtout une grande rigueur intellectuelle, un patriotisme avéré et une forte et soutenue volonté politique pour tirer sortir ce pays du gouffre. Ceci explique  la raison pour laquelle je ne suis pas du tout dans une dynamique où simplement on fait une conférence où on réunit l’opposition et le pouvoir pour parler des questions des plus subalternes et périphériques. Je souhaite l’organisation de profondes concertations responsables pour aboutir à des plans d’action réalistes, innovants et utiles au pays tout entier. Nous en avons assez des futiles « mamayas »! La situation est suffisamment grave pour que nous perdions encore du temps! Il est urgent que la Guinée se débloque.

Et c’est pourquoi vous avez l’ambition de diriger demain l’UFDG?

Parce que je pense que c’est une ouverture qui permettra de remettre en force les idées de réformes et de changements pour un Etat différent de l’Etat néo patrimonial dans lequel la Guinée a été corsetée depuis l’indépendance.

Jusqu’où Bah Oury est-il prêt à aller pour satisfaire ses ambitions ?

Je souhaite être en phase avec mon peuple bien que le terme me parait galvauder maintenant. Utiliser le maximum de mon expérience, regrouper des hommes et des femmes intelligents et compétents soucieux de l’intérêt de ce pays afin de promouvoir des solutions alternatives. Le changement en profondeur ne passe pas simplement par remanier  quelques personnes au niveau   ministériel. Il faut remettre ce pays dans une autre dimension pour aller à l’essentiel afin  de changer de type de gouvernance. Nous avons jusqu’à présent connu une gouvernance très autoritaire de chef de canton où le citoyen n’existe pas en tant que tel. Aujourd’hui nous devons être une communauté de citoyens responsables, intelligents, ouverts sur les réalités du monde et ambitieux pour permettre à notre pays et à la sous région d’avoir un autre destin .La Guinée est en retard et elle doit se réveiller parce que  c’est une nécessité aussi bien nationale que régionale.

 

Envoyé spécial enGuinée Pape Amadou FAll

Je suis mohamed Koula Diallo! journaliste assassiné par un garde de Cellou Dalein Diallo

 

 

 

koulah_diallo

 

Aujourd’hui 17 juin, la cérémonie de fin de veuvage de l’épouse du journaliste assassinée le 05 

 février 2016 est organisée. J’en suis profondément ému car Mohamed Koula est tué par une balle qui m’était destinée. Le sort en a décidé ainsi. A sa famille et à ses amis, je leur renouvelle l’expression de ma compassion et de ma solidarité face à cette immense douleur.

 

Ce qu’il faut savoir du dossier judiciaire pénal

L’instruction du dossier judiciaire est close depuis le 24 mai dernier. Le doyen des juges d’instruction M. DIAWARA a rendu ses avis par l’ordonnance n°181/CAB/D/JI/TPI/C2/2016 en date du 24 mai 2016 transmise au procureur général prés la cour d’appel de Conakry. 23 prévenus sont concernés à ce jour car l’action publique est éteinte à l’encontre du nommé Mamadou Saidou BAH décédé le 10 mai 2016 à l’hôpital Ignace Deen de Conakry.

 

  1. Le juge d’instruction a accordé un non lieu en ordonnant leur libération à 18 des inculpés pour non assistance en danger. Le procureur du TPI de Dixinn M. S. N’Diaye   s’est opposé à cette décision en interjetant appel. Il va sans dire que ces 18 personnes n’ont à priori joué qu’un rôle très marginal dans cette tragédie.
  2. L’ordonnance stipule en plus ce qui suit :
  • Amadou SOW, garde de corps de Cellou Dalein DIALLO est inculpé pour assassinat et tentative d’assassinat ;
  • Algassimou KEITA, garde de corps de Cellou Dalein DIALLO est inculpé de complicitéd’assassinat et de tentative d’assassinat dont Amadou SOW est l’auteur principal.
  • Souleymane BAH Thianguel, responsable de la communication de Cellou Dalein DIALLO est inculpé de complicité d’assassinat et de tentative d’assassinat au même titre qu’Algassimou KEITA.
  • Alphadio BAH Wanidara a poignardé Abdoulaye Cosa DIALLO qui s’était interposé pour protéger BAH Oury. Il est inculpé pour avoir volontairement porté des coups et blessures à autrui.
  • Mamadou Saidou BARRY alias Dos ou Freeman est également inculpé pour avoir porté des coups et blessures sur autrui.

Si les trois premiers inculpés sont liés par l’assassinat de Mohamed Koula DIALLO par balle en tentant d’abattre BAH Oury, les deux autres devaient le poignarder aux abords du portail du siège au moment où les jets de pierres ont débuté. C’est dans cette confusion qu’Abdoulaye Cosa et Ibrahima Sory ont reçu l’un au dos et l’autre au coup des coups de poignards dans l’intention de donner la mort.

  1. L’application des mandats d’arrêts :

A ce jour, seulement Amadou Sow et Algassimou Keita, les deux gardes du corps de Cellou Dalein Diallo inculpés pour assassinat, tentative d’assassinat et complicité demeurent incarcérés à la Maison Centrale. Souleymane BAH dit Thianguel, Alphadio BAH Wanidara et Mamadou Saidou BARRY dit Freeman sont en liberté.

D’après des informations dignes de bonne foi, ce dernier a été entendu par les enquêteurs du PM3 du Colonel Gabriel et sa libération a été instruite par le cabinet du procureur de Dixinn M. Souleymane NDiaye malgré le mandat d’arrêt émis par le doyen des juges d’instruction. Il en est de même pour Alphadio BAH Wanidara qui n’a pour l’instant jamais été inquiété malgré les multiples relances qui ont été faites. En ce qui concerne le cas de Thianguel, le flou est sciemment entretenu pour faire obstruction à la manifestation de la vérité. Dans les prochains jours les hautes autorités judiciaires du pays seront saisies de ces faits troublants.

 

  1. La jonction des deux affaires  judiciaires :

Au lendemain du 05 février 2016, le ministère public s’est autosaisi de l’affaire relative à l’assassinat du journaliste Mohamed Koula. Par la suite, une plainte collective relative à la tentative d’assassinat de BAH Oury, coups et blessures volontaires et une plainte pour dénonciations calomnieuses contre Cellou Dalein ont été déposées auprès du tribunal de Dixinn. Le Doyen du juge d’instruction a procédé à la jonction entre les deux affaires qui deviennent : l’assassinat de Mohamed Koula Diallo, tentative d’assassinat sur BAH Oury, coups et blessures volontaires. Ainsi au même titre que la famille de Koula Diallo , BAH Oury est une victime et par conséquent est de la partie civile. Les conséquences juridiques qui en découlent sont importantes et éclairent sous un nouveau regard ce dossier. Par contre en ce qui concerne la plainte contre Cellou Dalein DIALLO pour dénonciations calomnieuses, le procureur M.Souleymane Ndiaye a estimé qu’en vertu de l’article 65 de la constitution M. Cellou Dalein Diallo député de son état, bénéficie d’une immunité. Pour mémoire, un communiqué de « l’UFDG » a été publié le 05 février en début de soirée, indiquant que « BAH Oury était porteur d’une arme et il a tiré sur le journaliste Mohamed koula ».

Cellou Dalein a maintes fois réitéré cette scandaleuse calomnie. En tant que Président de l’UFDG, il assume pleinement la responsabilité pénale liée à cette dénonciation infondée et qui a atteint mon honorabilité et ma réputation aussi bien en Guinée que dans le reste du monde.

Soustraire Cellou Dalein à la justice, ce sera une prime accordée à l’impunité, à la violence et à la puissance des gens fortunés. Par la grâce de DIEU, justice se fera !

 

Ces lignes permettront sans aucun doute de voir plus clair dans ce dossier. La bataille judiciaire est engagée et plus que jamais c’est l’impunité qu’il faut abolir malgré les puissances d’argent. Les autres plaintes notamment celle relative à « l’exclusion de BAH Oury de l’UFDG » seront présentées à l’opinion dans les prochains jours. Nous souhaitons que la justice soit sereine, impartiale, juste et transparente. Ceci est un véritable test pour elle afin de s’assurer que la justice guinéenne est en mesure de juger des affaires plus compliquées comme celle de la tragédie du 2 8 septembre 2009!