ASSASSINAT DU PRÉSIDENT DE LA SECTION MOTARD DE L’UFDG A CONAKRY

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Je viens d’apprendre la funeste nouvelle du décès de notre ami et frère Amadou Oury Diallo président de la section motard. Cette mort est doublement tragique : sa disparition prématurée et son assassinat suite à un braquage sanglant. Calme, déterminé, et loyal à la cause collective il a contribué à faire grandir l’Ufdg . Au début des années 90 sous la houlette de feu- Doyen BA Mamadou de l’UNR à l’époque , la section motard a été mise en place pour assurer une plus grande mobilité aux militants qui s’étaient dédiés d’assurer la protection et l’encadrement des manifestations politiques pacifiques. La section motard a servi de fer de lance de la dynamique de l’UFDG et également de l’opposition démocratique guinéenne. L’apparition des motards est un signe de ralliement pour les milliers de sympathisants. La section motard est le fer de lance de la mobilisation de l’UFDG. C’est ainsi que l’assassinat de son président ne doit pas être reléguée comme un vulgaire acte de banditisme dans des quartiers où sévissent une insécurité chronique. Cet acte n’est pas banal, il s’agit de l’assassinat d’un pilier important de l’UFDG .


Les autorités judiciaires doivent faire toute la lumière sur cette troublante affaire. Les militants de l’UFDG réclament la vérité pour connaître les auteurs de l’assassinat de Amadou Oury DIALLO président de la section motard. Cet assassinat ne doit pas resté impuni.

Avec sa mort, je perds un compagnon de lutte et un ami. À sa famille, à ses proches et à tous les membres de la section motard , je présente mes condoléances les plus attristées .

A BÂTONS ROMPUS AVEC LE JOURNALISTE BEN PEPITO

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Votre envoyé spatial a rencontré dans Paris, Bah Oury, vice président de l’UFDG, juste pour une causette. Et le politicard d’en profiter pour jeter carrément du sable dans l’athiéké de Goby Condé, le chauffard de ce bolide à trois roues et demi dans le bled. Goûtez à cette mangeaille ! Elle est immangeable, non ?

Benn Pepito : On est à la croisée des chemins en Guinée pour la prochaine présidentielle apparemment prévue en 2015. C’est pourquoi les politiques dont vous êtes ne doivent rien cacher aux électeurs. Alors dites-nous franchement si vous et M. Cellou Dalein Diallo êtes maintenant sur la même longueur d’ondes dans la stratégie à adopter pour la conquête démocratique du pouvoir en Guinée.

Bah Oury : Votre question est pertinente. Ce que je dois dire : nos relations se sont fortement améliorées ces derniers mois. Grâce à la médiation du doyen El hadj Saïkou Yaya Barry. Cette réconciliation assure la pérennité de l’UFDG comme parti unique, unitaire et qui évolue dans le sens de l’unité et de la cohésion. Ce qui est très important. Donc nous sommes en train de travailler pour faire en sorte que les structures du parti un peu partout retrouvent leur cohérence et leur unité. En ce qui concerne la stratégie politique par rapport à la réalité sociale de notre pays bien entendu, il y a des appréciations qui peuvent être différentes. Mais nous sommes tous convaincus qu’il y a une nécessité absolue de joindre nos forces pour empêcher que notre pays s’enfonce davantage dans une dictature et dans la désolation la plus complète. El hadj Cellou Dalein Diallo est très impliqué dans la volonté de se battre pour assurer un processus électoral cohérent. Bien que M. Alpha Condé soit de ce point de vue très rétif à vouloir organiser des élections transparentes et crédibles. En ce qui me concerne, je doute fortement de la volonté du président Alpha Condé d’organiser des élections transparentes en République de Guinée. Je crains davantage sa volonté manifeste de vouloir s’imposer au prix du sang des Guinéens pour dire qu’il a gagné des élections présidentielles en 2015. Et donc il y a un risque majeur pour la stabilité de notre pays. C’est la raison pour laquelle, personnellement, je vois mal Alpha Condé assurer des élections cohérentes, tranquilles, apaisées dans notre pays. C’est pour cela que je souhaite que sa gouvernance soit abrégée par la volonté populaire, seule susceptible de permettre qu’il y ait une autre perspective d’avoir des élections cohérentes dans un environnement plus apaisé et plus stable.


Quelle est la quintessence des séances de travail que vous venez d’avoir avec Cellou Dalein Diallo à Paris ?

Déjà nous avons été à l’Elysée ce matin (11 septembre 2014) pour rencontrer un des responsables de la cellule élyséenne de M. Hollande. Nous avons d’autres rencontres aujourd’hui encore avec d’autres responsables et d’autres personnes ressources de l’Etat français. En dehors de ça nous avons passé en revue les problèmes organisationnels que nous connaissons à l’intérieure de l’UFDG. Et nous avons convenu d’un commun accord de trouver les solutions pour régler le plus rapidement possible certains dysfonctionnements qui empêchaient l’UFDG comme en Belgique, en France et en Grande Bretagne, d’évoluer dans le sens unitaire et dans le sens d’une cohésion de l’ensemble de ses militants. Nous sommes parvenus à d’excellents résultats. Et dans les prochains jours, je pense que vous verrez la quintessence à travers une publication ou une déclaration de ces résultats.


On a l’impression qu’en Guinée la dictature fait marcher les gens sur la tête. Alpha Condé détourne 20 millions de dollars à la Banque centrale de Guinée. Et le voilà qui réclame des contributions financières aux hommes d’affaires et aux populations guinéennes pour lutter contre Ebola ! C’est choquant, non ?

C’est choquant à plusieurs titres. La gestion d’Ebola est déjà une catastrophe. M. Alpha Condé est responsable politiquement de la mauvaise gestion de cette épidémie qui a perduré dans notre pays et qui est à la base de la contamination de plusieurs pays comme le Libéria, la Sierra Leone, le Nigéria et d’autres. Les responsables libériens craignent pour la vie même de l’Etat libérien à l’heure actuelle avec plus d’un millier de morts. On ne sait pas jusqu’où on va dénombrer le nombre de victimes de la fièvre Ebola. Et ça c’est principalement dû à l’irresponsabilité et la mauvaise gouvernance des autorités guinéennes et au premier chef de M. Alpha Condé. Il est comptable devant l’opinion nationale et internationale de la propagation de la fièvre Ebola aussi bien en Guinée que dans la région. En plus de cela le pays est pillé. Les devises sortent. C’est du blanchiment de capitaux. Et qui dit blanchiment de capitaux dit une présence d’une gouvernance criminelle à travers des narcotrafics, à travers d’autres attitudes mafieuses qui mettent la sécurité nationale en danger. C’est se moquer des Guinéens que de faire une mamaya, de demander de l’argent. Alors que la communauté internationale se mobilise pour apporter des ressources. Il ne s’agit pas de réclamer des ressources aux Guinéens. Il s’agit de réclamer aux Guinéens, à tous les Guinéens de se mobiliser effectivement pour lutter contre une maladie qui est extrêmement dangereuse. Pour nous et pour les autres. Ils n’ont pas fait ce qu’il fallait faire au moment où il fallait le faire. Et maintenant Ebola a pris une bonne partie du territoire et au-delà même une bonne partie de l’Ouest africain. M. Alpha Condé doit répondre de cette négligence coupable aussi bien devant l’opinion guinéenne que devant l’opinion internationale.


Alpha Condé projette un congrès de son parti, le RPG, pour mettre ses marlous « en ordre de bataille », selon sa propre expression, en vue de son maintien au trône en 2015. Et d’un ton rogue, il déclare qu’il n’y aura pas de guerre civile en Guinée. Une façon détournée d’insinuer que c’est vous les opposants qui veulent importer la guerre civile en Guinée. Ou bien on se trompe ?

M. Alpha Condé s’est déjà préparé à utiliser tous les moyens pour imposer son pouvoir en Guinée avec les milices privées qui n’ont pas hésité à massacrer des gens, avec l’achat d’armes, avec des forces de défense pléthoriques qui ne correspondent pas à l’effectif des forces de défense de sécurité. L’effectif officiel ne correspond pas aux statistiques réelles. Parce qu’il y a des gens qui ne sont pas déclarés et qui portent l’uniforme guinéen. Et tous ces gens répondent directement aux ordres de M. Alpha Condé. C’est pour dire que la gouvernance de M. Alpha Condé est dangereuse. On l’a dit et on le répète : 2015 c’est un danger majeur pour la stabilité de la Guinée et de la sous-région si on n’y prend pas garde. La seule dynamique qui peut empêcher cela c’est la mobilisation populaire comme en 2007 pour dire à M. Alpha Condé qu’on en a assez de sa présence comme président de la République, qu’il met la nation guinéenne en danger, qu’il est en train de ruiner tout le pays et que le nombre de morts de par sa négligence coupable dépasse l’entendement.


Alpha Condé vous accuse exclusivement que c’est vous les opposants qui veulent importer la guerre civile en Guinée…

Bon, la guerre civile ! M. Alpha Condé l’a pratiquement instillée. Il a séparé, il a divisé les Guinéens. Il a des structures paramilitaires qui sont déjà en place. D’ailleurs certains disent même qu’il a des camps en dehors de la Guinée dans certains pays limitrophes prêts à intervenir pour venir massacrer les populations guinéennes. Il détourne les deniers publics pour assouvir son ambition démesurée de rester coûte que coûte au pouvoir. Il ment à la société tout entière et il ment à l’opinion nationale en faisant croire ce qui n’est pas. Ce dernier est capable du pire. Et la gestion de l’Ebola qui ne connait pas de frontière ethnique ni de frontière régionale est là pour dire aux Guinéens ceci : si vous ne prenez pas garde, ce qui va arriver deviendra encore beaucoup plus grave que ce que vous vivez aujourd’hui. Vous imaginez-vous ? Pour la première fois de l’histoire de la Guinée, les Guinéens sont interdits d’aller au pèlerinage à la Mecque. Pour beaucoup de Guinéens, pour la grande majorité des Guinéens, c’est une malédiction supplémentaire qui s’abat sur nous. Qui est responsable ? Est-ce que c’est une fatalité qu’une maladie se propage comme ça dans le pays parce que nous sommes Guinéens et que Dieu ne nous aime pas ? Non. C’est la mauvaise gouvernance et le régime en est le principal responsable. Parce qu’ils n’ont pas pris les mesures au moment où il fallait les prendre. Cette négligence coupable met en danger des milliers et des milliers de citoyens guinéens et africains. Et dores et déjà, avec ça, M. Alpha Condé est disqualifié politiquement et en tout point de vue pour continuer à gouverner la Guinée.


Au-delà du combat politique, il faut vraiment s’unir pour lutter contre Ebola.

C’est nécessaire. C’est la raison pour laquelle, personnellement, dès les premières déclarations comme quoi il y avait une maladie mystérieuse en Guinée, j’ai alerté l’opinion pour dire qu’il fallait qu’on fasse attention. Et avant cela on avait alerté l’opinion sur la recrudescence de la fièvre colérique qui régulièrement décime beaucoup de Guinéens. Et politiquement j’avais insisté sur la nécessité de veiller à voir la demande sociale, les problèmes des Guinéens. C’est la faim. C’est le non emploi. Ce sont les maladies. C’est l’insécurité. Ce ne sont pas ces questions électorales, qui sont toujours répétitives, qui sont les vrais problèmes. Ils ne se sont pas intéressés aux vrais problèmes. Et ces vrais problèmes deviennent des gouffres majeurs qui risquent de nous pénaliser pendant très longtemps. Et là c’est la gouvernance de M. Alpha Condé qui en est le principal responsable. Puisque c’est lui qui est en situation de responsabilité d’assurer la sécurité des Guinéens, de veiller à leur santé, d’anticiper. S’il y a un problème, le gouvernement doit anticiper pour trouver les mesures. Mais absolument rien du tout sur le plan économique, sur le plan social, sur le plan sanitaire. En tout point de vue : nous sommes en carence. Cette gouvernance n’a plus le mérite de continuer à gouverner. Parce que demain, il enverra tout le pays en enfer.


Mais dans cette lutte contre Ebola, la présence de Bernard Kouchner aux côtés d’Alpha Condé ne milite pas en faveur d’une gestion saine et transparente des deniers publics. Pour qui connaît la manière par laquelle Bernard Kouchner s’était illicitement enrichi au Gabon par des surfacturations juste pour faire le point sur l’état de santé dans ce pays.

La question de M. Alpha Condé et de ses amis est une question qui interpelle non pas simplement les Guinéens mais la communauté internationale. Parce qu’autour de M. Alpha Condé il y a quelques personnes qui tirent les ficelles, qui lui font un lobbying au détriment des intérêts de l’humanité si je peux utiliser l’expression. Si la gouvernance de M. Alpha Condé était sérieuse, on n’aurait pas eu l’Ebola. Donc cela veut dire que la mission de M. Tony Blair qui est le conseiller en termes de gouvernance de M. Alpha Condé est un échec. Et si le conseiller a échoué cela veut dire qu’il n’a pas sa place à côté du prince régnant. Donc c’est pour vous dire que c’est une faillite complète, faillite morale, faillite politique, qui conduit un pays comme la Guinée à se retrouver dans une situation de non droit et où tous les ingrédients se retrouvent pour en faire une bombe. Soit une bombe bactériologique avec l’Ebola qui se propage, soit une bombe au point de vue mafieux avec le blanchiment qui se développe. Le département d’Etat a indiqué dans ses rapports que la Guinée est devenue la plaque tournante du narcotrafic. Et qui dit narcotrafic dit blanchiment de capitaux. Donc vous voyez qu’il y a un condensé explosif qui amène la Guinée à être un Etat failli où tout est possible : criminalité institutionnalisée, blanchiment, drogue. J’appelle les Guinéens à prendre leurs responsabilités. Je ne parle pas simplement de ceux qui se disent de l’opposition. Ce qui se passe dans notre pays nous intéresse tous. Nous sommes tous interpellés, aussi bien ceux qui sont de la mouvance que ceux qui sont de l’opposition. Parce que c’est notre pays qui est en danger. Et ce pays est en danger par la faute d’une gouvernance irresponsable et criminelle…


Est-ce que vous connaissez Bernard Kouchner ?

Je ne le connais pas. J’entends parler de lui. Mais je sais qu’il a toujours évolué dans des relations très affairistes. C’est un Français. Il n’a pas la retenue en tant qu’ancien ministre de l’Etat français par rapport à une implication visible et manifeste dans les questions intérieures de la Guinée. Tout simplement parce qu’il est ami d’enfance de M. Alpha Condé. Collision des relations amicales et des relations politiques. S’il n’a pas cette retenue et cette réserve, ce qui risque de lui arriver, c’est qu’il sera aussi comptable de tout ce qui sera fait en Guinée par M. Alpha Condé. Il sera aussi comptable de cela.


Dites en conclusion : qu’est ce qui plus grave entre un retard économique et un retard des mentalités dans un pays ? On vous pose la question parce que M. Yamoussa Sidibé, directeur de la télévision guinéenne, croit que le « pouvoir est mandingue » et se convainc que « seul Alpha Condé doit tenir les brides du pays »
.

Je connais bien M. Yamoussa Sidibé. Je le connais comme présentateur du journal télévisé de la RTG. Et je l’ai vu officier comme directeur général de la RTG. Je le connaissais comme un homme ouvert. Mais je vois par cette déclaration que c’est une déclaration typique d’une mentalité qui est responsable du retard du pays. Ce n’est pas seulement M. Yamoussa Sidibé qui est mis en cause dans cette affaire. C’est tous ceux et toutes celles qui abdiquent devant un pouvoir pour sauvegarder leur fauteuil, soit de directeur soit de responsable administratif. Parce qu’ils mettent leur pays à genoux. Ils sacrifient l’avenir pour plaire à un dictateur. La société guinéenne et les Guinéens désormais ont une mémoire. Et ils n’oublieront pas cette déclaration irresponsable qui ne fait pas honneur à l’élite guinéenne mais qui montre encore davantage là où il y a le problème. Le problème ce n’est pas que tel appartient à telle ethnie, tel appartient à tel bord politique. La question est d’ordre mental. Il y a une catégorie de Guinéens qui sont déjà dans leur tête prêts à tout de manière cynique pour servir le prince pour leurs intérêts égoïstes au détriment des intérêts de la nation. Jusqu’à présent ce sont ceux-là qui sont parvenus à avoir le pouvoir dans notre pays. Et c’est pour cela que la Guinée est là où elle est aujourd’hui. Et nous avec beaucoup d’autres, avec ceux qui sont sur le terrain, nous nous battons pour changer cette donne. Et je pense que le temps du réel changement est venu parce qu’on a atteint le fond du trou, ce qui fait qu’on ne peut pas aller au-delà. Et ce n’est pas une approche ethnique c’est une approche de patriotes et de responsables qui aiment la Guinée, qui savent que tous les enfants de la Guinée aspirent au bonheur, à la paix et à la sécurité. Et il est possible de faire en sorte qu’il y ait une gouvernance sérieuse, vertueuse pour que la Guinée soit au rendez-vous et je suis sûr que la situation actuelle nous impose cette responsabilité de nous battre encore davantage pour que ceci soit fait le plus rapidement possible.


Propos recueillis par Benn Pepito

 

LE BLANCHIMENT DES CAPITAUX ET LE NARCO-TRAFIC : MENACES SUR LA GUINEE

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ARTICLE DU SITE GUINEENEWS : LECTURE RECOMMANDÉE

Le dossier des millions de dollars et euros en espèces saisis à Dakar semble être en train d’être noyé par le pouvoir sur le thème “Circulez! Il n’y a rien à voir!”, cette fois-ci, l’audience n’est pas le public guinéen, mais les purs et durs du parti présidentiel, lors de l’Assemblée hebdomadaire du RPG ce samedi 30 août à Conakry. Ceci à défaut de s’expliquer devant les instances républicaines du pays.

 Malheureusement à défaut de pouvoir donner des clarifications cohérentes et des preuves tangibles de l’origine et de la destination des fonds (qui existent pourtant, puisque chaque transaction bancaire est menée sur la base de documents traçables) même devant les thuriferaries du Parti, le pouvoir entretient des doutes et risque d’accréditer la thèse du « flagrant délit » possible dans une opération de blanchiment de capitaux de la drogue.

 Cette thèse repose sur le tâtonnement, le manque de cohérence, l’improvisation, les accointances récentes de la Guinée avec les cartels de drogue, et le fait que le capital de 80 millions annoncé ne pourrait être le fait de dépôts de commerçants ordinaires et d’entreprise.

 Si la Guinée ne creuse pas l’abcès en ce moment, d’autres voix non guinéennes plus autorisées s’intéresseraient à l’affaire et les sessions d’explication ne seront loin d’un discours simpliste devant les militants du RPG, prêts à croire à tout ce qui donne une aura prophétique de leur leader.

 Ce problème n’est pas une occasion de faire de la politique partisane.  Il s’agit plutôt de l’éclaircir pour éviter à la Guinée d’être isolée par un cordon financier international de sécurité, en plus du cordon sanitaire qui l’éprouve déjà.

 Ceux qui banalisent ce problème en acceptant les explications bancales et incohérentes de la BCRG font autant de mal que ceux  qui nient le danger réel de la maladie d’Ebola.  Ceux qui aveuglés par leur révulsion face à la gestion courante des affaires courantes du président de la Guinée, applaudissent cette bourde du pouvoir, doivent aussi savoir que les retombées – comme Ebola – vont éclabousser tous les Guinéens qui risquent d’être ciblés en plus de porteur de virus, comme porteur de valises d’argent sale et subir un examen approfondi aux postes de frontières étrangers.

Ci-dessous nous examinons les pistes probables qui présentement, selon nos information intéressent énormément les services occidentaux de renseignements qui sont aux prises avec le nexus de la drogue financant le terrorisme international qui touche directement  leurs intérêts stratégiques à travers le monde.

La piste de blanchiment des capitaux de la drogue examinée par les services secrets occidentaux.

 Le rapport, un diplomate américain du nom de David E. Brown qui servit comme Chef de Mission Adjoint au Benin, au Burkina Faso et Mauritanie, et comme conseiller du Directeur de US Africa Command (AFRICOM) a réalisé un rapport au compte de l’Institut des Etudes Stratégiques de l’armée américaine sur « Les défis du trafic de la drogue à la gouvernance démocratique et la sécurité en Afrique de l’Ouest ».  Ce rapport qui fut publié en May 2013 pointait du doigt la Guinée sous le régime d’Alpha Condé comme le prochain « Narco-Etat » du monde après celui de la Guinée Bissau.  Les observations et conclusions de l’ancien diplomate américain se basent sur l’inclination des régimes à composer avec des réseaux mafieux afin de garder leur pouvoir et influence.

 L’auteur David E. Brown pense que les réseaux latino-américains sont déjà établis à Conakry et rappelle qu’en 2010, le gouvernement américain avait désigné Ousmane Conté, le fils du Président Conté,  comme un baron de la drogue.  D’autre part, Brown note qu’il avait même eu une tentative de construction d’une usine de fabrication de la drogue ecstasy et remarque que les citoyens Guinéens sont de plus en plus impliqués dans le trafic de la drogue.  Le rôle important de la Guinée Bissau et la Guinée Conakry dans le trafic international de la drogue par voie maritime le long de  la latitude 10 degrés Nord reliant la côte nord de l’Amérique du sud aux côtes guinéennes avait amené les services de lutte contre le trafic de la drogue à designer cet axe Guinéo-Sud-américain « l’autoroute 10 », qui sert à convoyer le haschisch et la cocaïne. La Guinée est considérée comme l’un des entrepôts de ce trafic.

 Sur le rôle du régime d’Alpha Condé, Brown écrit dans son rapport : « Bien qu’Alpha Condé fût le premier président démocratiquement élu en Novembre 2010, son mandat a été affaibli par le retard mis à organiser sur les élections législatives et le manque de progrès dans la reforme du secteur de la sécurité, laissant en place une bureaucratie militaire surdimensionnée qui est plus intéressée à maintenir ses avantages que de lutter contre le trafic de la drogue.  Comme en Guinée-Bissau, la Communauté Internationale doit urgemment travailler avec le régime Condé pour inverser la mainmise des trafiquants de drogue sur l’Etat. »

 Selon les données du département d’Etat cité dans le rapport de Brown, la Guinée a une règlementation sur le transport transfrontalier de devises, mais il n’est pas sûr que celle-ci soit conforme à la norme internationale.  Cependant, la BCRG est la seule institution dans la sous-région qui n’ait pas adopté les précautions élémentaires pour le contrôle le blanchiment de fonds.  Puisque la Guinée ne pénalise pas le blanchiment de fonds, à moins qu’il y ait un lien avec trafic de la drogue, la BCRG n’impose pas l’obligation de connaitre les dessous de l’identité de ses clients (« know your client » requirement), n’exige pas que les transactions financières impliquant de larges sommes soit enregistrées et déclarées aux autorités de surveillance, ne répertorie et pas et ne déclare pas les transactions douteuses, et ne maintient pas la documentation des transactions sur une longue période de temps.   Au vu des failles internes de la BCRG, Brown propose l’ouverture d’une branche de l’Agence américaine de lutte contre le trafic de la drogue (DEA) à Dakar, et d’un nouveau bureau à Bissau ou Conakry.

 La piste de la drogue est plausible, seules des preuves tangibles peuvent l’écarter

 Plus récemment, le dernier Rapport Departement of State du gouvernement des Etats-Unis identifie clairement les défis de lutte contre le trafic de drogue et l’utilisation de la Guinée comme lieu de blanchiment de l’argent de la drogue des narcotrafiquants latino américains.

 Le gouvernement américain y écrit notamment: “ le programmes de lutte contre la drogue est en difficulté en et a eu très peu d’amélioration depuis l’élection du président Alpha Condé en 2010. (…)  Depuis son entrée en fonction, le président Condé a réorganisé une agence préexistante maintenant appelé le Bureau du Secrétariat général de Lutte contre le trafic de drogue et la criminalité organisée et la répression de la criminalité économique et financière. Ce bureau tombe directement sous le contrôle du président Condé, mais il y a peu de preuves tangibles de progrès récents accomplis par ce bureau pour lutter contre les crimes de drogue, mises à part des saisies occasionnelles de marijuana. En outre, il y a un manque de clarté sur les questions de compétence, comme plusieurs organismes (comme les douanes) sont également impliqués dans les activités de lutte contre la drogue.”

 Le rapport fut l’objet de publication par l’agence Reuters qui titrait: “la forte hausse du trafic de cocaine en Guinée, sape les efforts du président Condé pour redresser la Guineé” On y apprenait que “des Guinéens et des Latino-Américains accusés depuis toujours de contrebande opèrent librement dans le pays, certains avec une protection à de haut niveau au sein de l’administration de Condé”.

 Plus loin, l’agence revèle ce que beaucoup de Guinéens savent: “Un rapport de l’agence guinéenne de lutte contre la drogue rapporte que les trafiquants opéraient sous la protection des hauts fonctionnaires civils, militaires et policiers. Il y est écrit que les revenus tirés du trafic de drogue sont blanchis par divers moyens, y compris l’immobilier, les entreprises de pêche et les opérations minières locales.”

 Le lien avec le financement du terrorisme est une autre possibilité 

 Les observateurs s’inquiètent qu’un pays comme la Guinée, où l’Etat de droit est en faillite, la corruption rampante, et les garde-fous de la démocratie inexistants, pourrait offrir un environnement idéal pour l’implantation des cartels de la drogue, le blanchiment d’argent, et le financement du terrorisme.

 Le rapport Brown, parle notamment de la “forte possibilité” que le blanchiment de l’argent de la drogue est l’une des sources de financement des organisations telles que le Hezbollah, AQMI, Ansar Dine, Boko Haram etc… tous classées comme terroristes par les occidentaux.

 Un article d’Africa Argument du 6 août 2013 tirait la sonnette d’alarme sur la possibilité que le trafic de la drogue puisse transformer la Guinée en un centre de blanchiment de capitaux et financement du terrorisme. L’article était basé sur le rapport de Brown. Michael Keaton soutient l’existence de réseaux libanais établis en Afrique de l’Ouest et en Amérique du sud qui utilisent leurs liens familiaux pour mobiliser les fonds de la vente de la drogue qu’ils blanchissent ensuite dans le système financier de l’Afrique de l’Ouest.  Il y aurait même des acteurs politiques non étatiques, tels que Hezbollah, qui bénéficieraient de tels réseaux pour financer leurs opérations dans le monde entier.

 Quand à Dubai, la destination avouée des millions de dollars en espèce sonnantes et trébuchantes de la Guinée, il a longtemps été accusé par les occidentaux comme étant une des sources de financement – privés – du mouvement extrémiste de l’état islamique en Syrie et en Irak.

 Le FMI  aux abonnés absents

 C’est normalement le FMI qui pouvait éclairer la lanterne des Guinéens et écarter l’hypothèse de blanchiment d’argent de la drogue.   Le FMI a mandat d’aider les pays membres à promouvoir la bonne gouvernance et à combattre la corruption dans le cadre de ses activités de surveillance, de prêt et d’assistance technique.  Le FMI prête une attention particulière à la lutte contre le blanchiment de capitaux.

Selon les informations disponibles sur le site du FMI, en avril dernier, son directeur général adjoint Min Zhu avait déclaré que «  Les mesures de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement terroriste constituent donc non seulement un impératif moral, mais une nécessité économique.» Vu l’ampleur du problème et les risques élevés pour le blanchiment de capitaux et financement du terrorisme, connu dans le jargon du FMI sous le sigle LBC/FT, les missions du FMI en Guinée étaient censées examiner chaque année, dans le cadre des consultations au titre de l’article IV (missions de surveillance) l’évolution de la situation de gouvernance, tirer la sonnette d’alarme sur les risques évidents, et donner des conseils au gouvernement.

 Si la mission de surveillance abouti à un concours financier, comme le FEC dans le cas de la Guinée, le FMI impose normalement des mesures spécifiques qui seront érigée en conditionnalités de bonne gouvernance, notamment le renforcement du contrôle des dépenses budgétaires, la publication des comptes audités des organismes publics et des entreprises publiques, la publication des comptes audités de la Banque centrale, et l’application plus stricte de la supervision bancaire. Le FMI assiste aussi les pays à faible gouvernance à renforcer les mesures relatives au  LBC/FT.  Cette assistance est sous forme d’évaluation des dispositifs juridiques et réglementaires des pays membres et d’assistance technique finance par un fonds fiduciaire établi à cet effet.  D’ailleurs en Juin 2011 Conseil d’administration du FMI avait examiné un rapport sur l’évolution du programme de LBC/FT du FMI au cours des cinq années écoulées.  Par la suite le FMI a publié en Décembre 2012 une Note d’orientation sur l’inclusion de la LBC/FT dans la surveillance et les évaluations de la stabilité financière.

 La Note défini aussi le cadre pour traiter des cas de blanchiment des capitaux, du financement du terrorisme et des délits connexes qui sont si graves qu’ils mettent en danger la stabilité intérieure et de la balance des paiements.  Les évaluations du FMI auraient dû relever le risque de blanchiment d’argent et travailler avec le gouvernement pour colmater les failles du système, notamment le manque de précautions élémentaires pour la détection du blanchiment de capitaux, le laxisme des procédures bancaire qui permettent le recrutent opaque de presta ires qui ne sont pas à la hauteur, qui préconisent l’envoie d’espèces par des moyens détournés (Conakry-Dakar-Dubaï-New York), et le danger que les dépôts à la banque centrale pourraient être contaminés par l’argent de la drogue.   Plus connue pour vanter le gouvernement  (le dernier satisfecit était le fait pour la Guinée de franchir le seuil de 9,9% d’inflation alors que la moyenne pour la l’Afrique est au tour de 6%), cette affaire de Transfer bancaire est une occasion pour le FMI de demontrer qu’il assume pleinement son role et qu’il n’est pas au sevice du pouvoir.

 Défense toujours bancale du pouvoir. Plus de questions que de réponses.

 Le pouvoir refuse systématiquement de répondre aux simples questions que tout services de renseignements va se demander: D’où vient cet argent et où va t-il? Et pour répondre à ces questions, il faudra plus que des déclarations lapidaires (Circulez! Y a rien à voir!) mais des preuves palpables: virements électroniques, bordereau d’embarquement, de débarquement, déclarations douanières, plan de vol d’avion, relevés de comptes bancaires etc….

 Les recettes de la Guinée proviennent essentiellement de l’exportation des minerais de l’ordre de 1,3 milliards de dollars par an selon la CIA World Factbook. Ces paiements se font généralement dans des comptes de la BCRG domiciliés à l’étranger dans des banques occidentales. Ni Rio Tinto, ni Alcoa, ni Ashanti Gold ou RusAl – les principaux exportateurs de bauxite et d’or –  ne se risquerons de déposer du cash en Guinée sous risque de se voir dans le collimateur du Trésor américain très à cheval sur le balanchiment de drogue et le financement du terrorisme. En plus pour les achats locaux, le Franc Guinéen étant la monnaie officielle du pays, le gouvernement guinéen n’a pas besoin de devises étrangèeres, disposant du droit souverain de la planche à billet, qui à son crédit, n’est plus utilisé de facon anarchique comme avant. Comment ces sommes se sont retrouvées en Guinée? Sont elles issues du circuit officiel? Voilà les pistes que les services de renseignements de nos jours utilisent leur méthodes d’iespionnage modernes pour répondre à ces questions. Les Guinéens ont aussi droit à savoir l’orgine et la destination réelle de ces fonds.

 D’ou la question toujours non répondue: d’ou vient cet argent embarqué vers Dubai? Puisque la Guinée ne produit pas de dollars ou d’Euros, montrez les traces d’entrée légales de ces sommes dans les coffres de la Banque Centrale.

 La Guinée a une réglementation sur le transport transfrontalier des devises, donc le transport en lui-même n’est pas illégal.  La législation est-elle conforme aux normes internationales ? la BCRG peut-elle confirmer que la législation était respectée ? Et si les prestataires ou d’autres parties mal intentionnées ont profité des failles de sécurité présentes dans la méthode courante de Transfer pour y adjoindre leurs activités illicites ? Est-ce que la BCRG peut démontrer que les précautions d’usage qu’elle a prises étaient suffisantes? Pourquoi la somme transportée était différente de la somme déclarée ? Sur quelle base la BCRG a-t-elle décidé de donner sa confiance à un convoyeur débrouillard pour une activité aussi délicate qui demande professionnalisme, confidentialité et sécurité ? Qu’est-ce qui motive le choix d’une banque de Dubaï, une ville réputée pour le blanchiment d’argent et le soutien aux organismes extrémistes dans la région.

 Quand le pouvoir déclare mordicus concernant l’origine des fonds que: « ce sont des fonds déposés par les banques commerciales ainsi que des entreprises guinéennes. Je précise à ce niveau que ces fonds peuvent être en devises tout comme en francs guinéens. Quand l’argent atteint un certain montant à la BCRG, nous sommes obligés de transférer à l’extérieur. » Soit.  Pour convaincre tout le monde, il suffit de montrer les dépôts correspondants de commerçants ou d’entreprises dans les banques commerciales, les titres que la BCRG a émis a ces banques en échange de leur dépôt, et la confirmation de versement des sommes au niveau de Citibank New York qui est la destination finale.   Mieux est ce que la BCRG pourrait produire ces preuves pertinentes pour taire les spéculations.  La BCRG pourrait par exemple démontrer que la méthode de Transfer a fait l’Object d’une évaluation du FMI sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et que la BCRG a mis en place des sauvegardes LBC/FT conformes aux normes internationales, et qu’elle a confirmé que le transfert est conforme à cette politique.

 Et la deuxième importante question: Ou allait cet argent? Montrez les certificat de virement des institutions dans lesquelles cet argent aurait été déposé. Pour surmonter les doutes des Guinéens que les institutions bancaires récipiendaires soient autorisées à confirmer cela publiquement que XXX millions de dollars ont bel et bien été déposés dans leurs coffres au nom du peuple de Guinée.

 La BCRG n’étant pas une institution du Parti RPG et de son Président, les Guinéens ont le droit de poser des questions sur sa gouvernance et même d’exiger des explications.

LA TRAGI-COMEDIE AU SOMMET DE L’ETAT A CONAKRY ALORS QUE LA GUINEE SOMBRE DANS L’INQUIETUDE

 

alpha conde

La fièvre hémorragique Ebola qui sévit dans notre sous-région a projeté tragiquement la Guinée au devant de l’actualité internationale. Cette épidémie très meurtrière s’est développée aussi bien en Guinée que dans les autres pays du fait de l’irresponsabilité et de la mal-gouvernance endémique des dirigeants de Conakry . Le nombre de morts voisine 1500 et l’OMS pronostique une catastrophe planétaire où plus de 20 mille personnes seront infectées par le virus dans quelques semaines. Le gouvernement guinéen doit rendre compte à la communauté nationale et internationale de son manquement grave à sa responsabilité première « assurer la protection de ses citoyens ». Ailleurs pour moins que cela , des dirigeants de grande envergure sont traînés devant les tribunaux et déchus de leur fonction ( par exemple :le sang contaminé en France).

En plus du préjudice humain considérable avec des milliers de malades et de morts, la fièvre Ebola est à terme en train de détruire le tissu économique de la toute la région. A une catastrophe sanitaire succède une catastrophe économique et sociale de vaste ampleur. En Guinée, selon les projections de la Banque Mondiale , une perte de 1 % de PIB est est attendue. Dans certaines localités du pays , les fermetures des frontières accentuent la famine et la menace d’une catastrophe humanitaire est imminente. Les projets gouvernementaux des autres pays comme le Liberia et la Sierra-Léone sont littéralement anéantis. La CEDEAO doit certes chercher à juguler le plus rapidement cette crise sanitaire mais il est essentiel également de sanctionner l’irresponsabilité et la négligence coupable de Conakry qui ont provoqué ces drames.

Comme à leurs habitudes, les dirigeants guinéens feignent d’ignorer leur propre culpabilité pour se dédouaner. Mais, cette fois ci la coupe est pleine.

La découverte à l’aéroport de Dakar d’une cargaison de devises en provenance de Conakry que la BCRG a reconnu et a endossé la responsabilité de cette opération trouble, et les vacances ou l’évacuation sanitaire du Chef de l’État guinéen à Tunis suscitent les interrogations et les inquiétudes de la communauté nationale. Encore une fois devant des faits d’une extrême gravité pour notre pays, ce sont la désinvolture et le déni de la vérité qui sont la ligne de communication des autorités officielles . Dans le premier cas comme dans le second , les guinéens ont droit au respect et à la bonne information.

Que le Chef de l’État constitutionnellement investi, disparaisse de l’horizon médiatique voilà maintenant dix jours sans que le Gouvernement ne donne aucune preuve irréfutable de ses vacances ou de son hospitalisation en Tunisie est une insulte au sens collectif de responsabilité des guinéens. Un Chef de l’État ,comme tout autre être humain est sujet à la maladie, et mérite par conséquent d’être soigné. C’est un droit respectable et inaliénable. Par contre en tant que garant de la souveraineté nationale et clé de voûte des institutions ,il est obligatoire que le peuple guinéen soit informé des raisons véritables de son absence prolongée.

Les guinéens sont habitués aux mensonges d’État . La crise sanitaire et économique qui prévaut dans notre pays imposent urgemment que nous sachions la vérité. Ne rien dire ,c’est une manière de précipiter la Guinée dans le chaos. Quant aux patriotes et aux démocrates , il leur appartient dans ces moments troubles d’assurer la protection de tous les citoyens sans exclusive , de chercher à faire prévaloir l’intérêt national et de faire triompher les aspirations démocratiques de la société seules gages de paix et de réconciliation durables en Guinée.

AFFAIRE DES 4 MILLIARDS DE F CFA :UNE OPÉRATION DE BLANCHIMENT

Alors que le doute commençait à se créer depuis le communiqué de la banque centrale sur ce désormais nouveau scandale financier qui embarrasse les autorités guinéennes au plus haut niveau, Guineematin.com a donné la parole à l’homme politique, doublé de banquier confirmé, Bah Oury. Fondateur et premier vice-président du principal parti de l’opposition guinéenne, monsieur Bah Oury est surtout connu comme étant un professionnel de banque. Il démonte ici, en exclusivité, aux lecteurs de Guineematin.com, point par point les arguments des autorités guinéennes. S’inquiétant d’un blanchissement d’argent, pendant que notre pays est déjà considéré comme une plaque tournante de la drogue, l’opposant politique appel les institutions de Breton-Woods à plus de vigilance et aux députés guinéens de convoquer et interroger le gouverneur de la Banque Centrale et le ministre de l’Economie et des finances sur ce nouveau scandale…

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la réaction de monsieur Bah Oury, premier vice-président de l’UFDG et ancien ministre de la Réconciliation nationale.

« Suite à l’article de senweb.com du 23 août 2014, relatant la découverte d’une cargaison de billets en dollars et en euros équivalent à 4 milliards de Francs CFA ,les autorités guinéennes dont le Porte-parole du Gouvernement et la Direction de la BCRG ont fait des déclarations relatives à ce nouveau scandale financier dans notre pays.

Pour M. Damantang CAMARA , ces fonds servent à alimenter le compte de la Banque Centrale de la République de Guinée domicilié à Dubaï. La BCRG a de son côté indiqué que ces fonds lui appartiennent, tout en laissant entendre que ces mouvements de capitaux sont fréquents en direction de Dubaï par le biais de la compagnie Emirati et une société de  transports de fonds MSS LLC.

La lecture de ces différents communiqués, suscitent quelques interrogations.

D’abord, si ces fonds appartiennent à la BCRG, pourquoi le Gouverneur de cette institution se réfère t-il au Ministre délégué au Budget  comme pour laisser entendre que ce dernier serait l’ordonnateur de l’opération mise en cause ?

En effet, il serait loisible à la Direction de la BCRG de justifier l’opération, si celle-ci était initiée par ses services sans chercher à se référer à qui que ce soit.

Ensuite, il est dit que la société MSS LLC aurait informé les autorités douanières sénégalaises au préalable avant d’engager l’opération. Cette affirmation est contraire aux faits relatés danswww.senweb.com

Enfin, pourquoi la BCRG a t-elle utilisé cette voie pour alimenter son compte domicilié à Dubaï ? Les professionnels de la banque savent que la Banque Centrale n’exporte que des billets mutilés vers les banques centrales qui ont émis ces billets en échange de billets valides. Dans ce cas de figure, la destination serait Francfort pour l’Euro et la Réserve Fédérale à Washington pour le dollar et nullement Dubaï. De même l’approvisionnement des comptes de la BCRG domiciliés chez ses correspondants ne s’effectuent que par des transferts de monnaie scripturale (écriture comptable). L’alimentation du compte de correspondant ne peut nullement se faire en monnaie fiduciaire (billets). La réaction des autorités douanières sénégalaises est donc par conséquent conforme à l’observation des normes internationales de mouvements des capitaux. Ces entorses à l’orthodoxie bancaire accréditent la thèse du caractère douteux de l’opération incriminée. Ceci relève manifestement  d’une opération de blanchiment des capitaux. Que ces fonds appartiennent au Chef de l’Etat guinéen ou pas est secondaire au regard de gravité des faits dont se rend coupable la BCRG. Elle a publiquement endossé la responsabilité d’effectuer pour son propre compte ou pour le compte de tiers, des opérations de blanchiments de capitaux. Cette déduction est consécutive à une simple analyse technique de l’opération.

Dans le contexte où le dernier rapport du Département d’Etat américain a pointé Conakry comme la plaque tournante du narco-trafic dans la région ouest-africaine, il est inquiétant de constater que des opérations de blanchiment se font avec la bénédiction des plus hautes autorités nationales. Devant la gravité de ces faits , le FMI et les Nations Unies devraient être plus regardants sur la gouvernance économique et financière des dirigeants guinéens. L’assemblée nationale quant à elle devrait exiger d’entendre le Gouverneur de la BCRG et le Ministre de l’Economie et des Finances et celui Délégué au Budget pour apporter la lumière sur ce nouveau scandale financier en Guinée. En effet, il est important de savoir quel est le justificatif économique de ces opérations, quelles sont leurs contreparties en biens ou nature. Le fait que M.Alpha Condé soit accusé d’être l’ordonnateur de ces opérations exige que le gouvernement guinéen fasse toute la lumière sur cette sombre affaire. Sa responsabilité est pleinement engagée. »

Entretien accordé à Nouhou Baldé pour Guineematin.com