LES RAISONS DU REMPLACEMENT D’ALASSANE CONDE PAR LE GENERAL BOUREMA CONDE COMME MINISTRE DE L’ADMINISTRATION DU TERRITOIRE ET DES AFFAIRES POLITIQUES

alpha conde

Le remplacement d’Alassane Condé par Bouréma Condé à la tête du ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation continue de faire débat en République de Guinée. C’est d’ailleurs l’un des rares décrets de nomination qu’un gouvernement a essayé de justifier.Pour aider ses lecteurs à mieux comprendre les dessous de cet acte présidentiel Guineematin.com a interrogé Bah Oury, fondateur et vice-président de la principale formation politique de l’opposition actuelle, l’homme est considéré par beaucoup de ses compatriotes comme un stratège politique.

Monsieur Bah Oury, que pensez vous de la nomination du Général Bouréma CONDE à la place d’Alassane CONDE comme ministre de l’Administration du territoire et des affaires politiques du gouvernement de Said FOFANA ?

BAH Oury : Il est vrai que le limogeage d’Alassane CONDE apparaît comme une surprise pour maints observateurs, car ce dernier était « l’expert » du RPG à ce poste et était aussi « la meilleure voix de son maître » dans l’application de la politique ségrégationniste et répressive d’Alpha CONDE. Son limogeage répond à mes yeux à trois objectifs :

La reprise en main de l’administration territoriale : En effet depuis quelques mois, la contestation du régime d’Alpha CONDE a gagné des contrées qui auparavant étaient demeurées passives devant la gouvernance d’Alpha CONDE. Les préfectures de Lélouma et de Labé se sont ouvertement insurgées contre l’administration territoriale. A Lélouma, pour le moment, les populations sont toujours en veille pour exiger le remplacement du préfet local, Samba Héry Camara, qui ostentatoirement et avec zèle a tenté d’appliquer la politique du « manden-djalon » en dressant les citoyens les uns contre les autres. A Labé, la répression a été brutale. A Termessé, dans la préfecture de Koundara, une caserne militaire est détruite par la population excédée par les abus des militaires contre de paisibles citoyens. En Basse-Côte, à Forécariah, à Coyah et à Dubréka, les remous contre les agents de l’administration territoriale sont fréquents et violents. Le corridor Faranah -Kissidougou est plongé dans des contestations récurrentes. Des zones entières de la Guinée- Forestière sont qualifiées de « zone rebelle » par les officiels d’où la barbarie des répressions. La résistance populaire s’est élargie et gagne du terrain. C’est l’une des explications du changement de ministre pour d’une part faire endosser à Alassane CONDE, la responsabilité des mesures répressives et violentes contre les populations et d’autre part tenter de reprendre en main une administration territoriale qui a perdu tout crédit.

Un appel du pied à l’armée : La nomination du Général Bouréma CONDE à ce poste répond aussi à une tentative de « rouler dans la farine » l’institution militaire en remettant en selle un général d’armée, ancien membre du CNDD et ancien gouverneur de N’zérékoré lors de la transition. L’étroitesse de la base sociale du régime et le discrédit général dont il est l’objet amènent Alpha CONDE à tenter de renouer avec les militaires. Il s’agit de f aire croire à l’armée que son destin est lié à la longévité du régime d’Alpha CONDE. Or, les troupes et les officiers dans les casernes ne font pas confiance aux officiers « notables » comme Bouréma CONDE qui ne représentent qu’eux mêmes.

Un changement de tactique pour tromper l’opposition : Contrairement à Alassane CONDE qui à chaque fois qu’il s’exprime « crache du venin » sur l’opposition et stigmatise la communauté peulhe, le Général quant à lui, a toujours une parole mielleuse pour tromper son auditoire. Il exhibe ses connaissances de l’islam lorsqu’il est avec des notables, se fait le chantre de « grandeur des CONDE » dans le manding et n’a pas hésité à faire « fouetter à sang » les militants du RPG lorsqu’il était sous-préfet pour le compte du PUP du Général Lansana CONTE. Personnage complexe, le Général CONDE maniera les belles paroles d’un côté et la répression violente de l’autre pour imposer Alpha CONDE aux élections présidentielles. En effet, Alassane CONDE a rempli sa mission à son poste comme Ministre en structurant solidement les moyens de la fraude électorale, il appartient au nouveau promu de faire avaler la couleuvre à l’opposition dans une mascarade de « dialogue politique inter-guinéen » sans rien remettre en cause.

Cette nomination ne change en rien, la politique d’Alpha CONDE. Comme sa visite la semaine dernière à Bambéto le montre , une nouvelle tactique se met à l’œuvre pour tromper ceux qui sont disposés à croire que des élections crédibles sont possibles avec Alpha CONDE. C’est la mission du Général Bouréma CONDE comme ministre de l’administration du territoire et des affaires politiques.

Propos recueillis par Nouhou Baldé pour Guineematin.com

Le Pouvoir de Conakry applique le terrorisme d’État par des assassinats ciblés

 

Thierno Aliou DIAOUNE

Très tôt le samedi dernier, je suis réveillé par une funeste nouvelle: l’assassinat de Thierno Aliou DIAOUNE à Conakry. Incrédule ,je demande à ma fille d’appeler la fille aînée de DIAOUNE pour s’enquérir de la véracité de la tragédie. Comme il fallait s’y attendre, ce n’était pas un mauvais rêve.

Les assassins et leurs commanditaires ont tué Thierno Aliou DIAOUNE . Ils ont privé ses jeunes enfants d’un père et d’un soutien au moment où ceux-ci en ont le plus besoin. Ils ont également privé la Guinée d’un cadre engagé pour la cause nationale. Ils ont aussi éteint une intelligence qui ne demandait qu’à servir loyalement la Guinée. En une fraction de secondes ,le crépitement des balles tirés par les kalachnikov des tueurs ont soustrait à la vie Thierno Aliou , brisant ainsi « une tête » qui a été façonnée par plusieurs décennies de travail ,de sacrifices ,d’expériences et d’engagements pour les droits des citoyens et pour la démocratie. Les tueurs croient avoir réduit au silence DIAOUNE. Ils se trompent. Sa mort tragique , est comme un cri strident qui résonne aujourd’hui au quatre coins du monde.

Cet assassinat porte une signature qu’il n’est pas difficile de reconnaître. Les tueurs portent l’uniforme des militaires guinéens. D’après certains témoignages , ils ont agi avec un sang froid remarquable qui indique qu’ils bénéficient d’un sentiment d’impunité totale. Thierno Aliou DIAOUNE savait que sa vie était menacée. La cause est à rechercher dans le cadre de son environnement professionnel comme coordonnateur national du Fonds de Consolidation de la Paix des Nations Unies pour la Guinée. Son travail l’a amené à être au courant des dérives crapuleuses et mafieuses de la gestion des fonds alloués à la riposte contre Ebola. M.Alpha CONDE a toujours montré un intérêt pour la gestion de cette manne financière qui pour lui «  Ebola est une opportunité ». Comme vous le savez ,également le précédent coordonnateur des nations Unies contre Ebola en Guinée a été trouvé mort dans son hôtel dans des conditions mystérieuses. Il n’est pas étonnant dans ces circonstances que le Secrétaire Général des Nations Unies aient exigé qu’une enquête diligente puisse faire la lumière sur cet assassinat. M.Ibn Chambas ,le représentant des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest ne manquera pas de d’exprimer aux autorités guinéennes les inquiétudes et les préoccupations de l’organisation onusienne devant la persistance d’un climat d’insécurité et la multiplication des assassinats ciblés de leaders d’opinion en Guinée.

Aux lendemains de l’assassinat d’El hadj Amadou Oury DIALLO, Président de la section des motards de l’UFDG en septembre dernier dans des circonstances similaires , tout le monde a été averti que la gouvernance d’Alpha CONDE est prête à user du terrorisme d’État pour conserver le pouvoir par tous les moyens. Sa stratégie est simple : l’assassinat ciblé des élites originaires du Foutah, exactions massives contre les populations de la Guinée-Forestière et de la Moyenne-Guinée et achat des consciences pour certains et intimidations physiques pour les «  récalcitrants » en Basse-Côte. Pour ceux qui étaient septiques par rapport à la dangerosité du régime d’Alpha CONDE , la succession des assassinats doit leur ouvrir les yeux.

Le terrorisme d’État qui règne à Conakry s’est manifesté également par la brutale répression d’une « marche pacifique autorisée » à Labé. Le pouvoir ne cherchait qu’un prétexte pour s’abattre sur les populations civiles et leur « donner une leçon » . Détruire le siège local de l’UFDG, violer le domicile de El hadj Mamadou Cellou Daka le 1er responsable du parti , rouer de coups un des imams de la ville , pénétrer manu militari dans l’hôpital régional pour y extraire des blessés et les jeter en prison , bastonner les agents hospitaliers et tirer à balles réelles contre les manifestants sont les actions des forces dites de « l’ordre ». Les autorités n’ont pas digéré le camouflet qu’elles ont reçu à Lélouma où la population a exigé le remplacement du préfet local en organisant des manifestations pacifiques de grande envergure. Cette violence à Labé n’est pas banale . C’est un message en direction de l’UFDG , à savoir « par le feu et le sang » , le pouvoir restera entre les mains d’Alpha CONDE. En conséquence ,tout le monde doit en tirer tous les enseignements.

Les notables toujours prêts à caresser les puissants du moment doivent être interpellés sur leur responsabilité de porte-parole des humbles et des faibles. Une attitude complaisante avec ceux qui tuent ,violent et pillent le pays n’est plus permise ! « Plus jamais ça ! » doit amener à la résistance et à la lutte ouverte contre les assassins et les commanditaires. La restauration des libertés démocratiques et citoyennes est plus que jamais un impératif patriotique.

Les morts de Thierno Aliou DIAOUNE, d’ El hadj Amadou Oury DIALLO de l’UFDG, de Mme BOIRO du Trésor, du caporal Koulibaly défenestré au camp Samory TOURE, de Zakariaou DIALLO , du commissaire Pascal BANGOURA,de GHUSSEIN ,des dizaines de jeunes de l’axe hamdallaye- Cimenterie, des villageois de Zogota, de Gallapaye,et de Womé , et des centaines d’autres anonymes ne doivent pas être vains. Beaucoup de sang est versé depuis l’accession au pouvoir d’Alpha CONDE. Il porte l’entière responsabilité de ces drames. Il devrait méditer ce précepte des Saintes Écritures « Qui règne par l’épée, périra par l’épée » !

Pour sauver la Guinée du désastre , la mobilisation de tous est impérieuse pour changer maintenant la gouvernance de notre pays.

 

L’allocution de BAH Oury au meeting de Madrid, le 25 janvier 2015

 

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Merci à la Fédération d’Espagne, d’avoir organiser ce meeting. C’est un meeting très important dans la vie de l’UFDG aussi bien pour l’UFDG en Guinée que pour les militants à l’étranger.

Grâce aux systèmes d’informations modernes , ceux de Conakry nous écoutent et nous entendent.En s’adressant à vous, nous nous adressons également à l’ensemble des guinéens qui sont de par le monde.Je réitère mes félicitations et mes remerciements à l’ensemble des militants et des responsables de l’UFDG d’Espagne.

J’ai une pensée particulière pour Dr Fodé Oussou qui a accepté malgré son calendrier très chargé d’être avec nous pour montrer que L’UFDG est une. Elle est indivisible , son avenir et sa pérennité seront préservés pour très longtemps. Je remercie également la délégation d’Angleterre, qui prouve que la Coordination d’Europe est une réalité et qu’ elle entend jouer désormais son rôle pleinement pour le rayonnement et le développement de l’UFDG en Europe.

A titre personnel, je remercie Thierno Amadou Bassirou, expert dans une organisation internationale travaillant pour le développement du Tiers-Monde ,qui m’a fait l’amitié d’être avec nous. J’en suis honoré. A travers cet acte de Thierno Amadou , c’est un appel que nous lançons à toutes les compétences guinéennes qui sont à travers le monde. Pour certaines d’entre elles , elles n’ont que de guinéens que le fait que leurs parents soient d’origines guinéennes . Elles sont de différentes nationalités mais je dis que leur apport , leur expertise et leur engagement pour la Guinée doivent être sollicités parce que la Guinée ne peut pas se construire sans la convergence de toutes les forces guinéennes qu’elles soient de de souche ou qu’elles aient acquis d’autres nationalités. La Guinée doit se construire avec tout le monde.. Il y va de notre intérêt et de celui de notre sous-région ouest-africaine.

Se souvenir de Barry III, Baldé Ousmane, Moriba Magassouba et Keïta Kara

Aujourd’hui nous sommes le 25 janvier 2015. Il y a quarante quatre ans le 25 janvier 1971, la Guinée a été spectatrice des pendaisons au Pont Tombo de Conakry des fils les plus dignes de la Guinée . Le 25 janvier 1971 ,Barry III, Baldé Ousmane , Moriba Magassouba et Keïta Kara ont été pendus en public au pont Tombo. Il y a quarante quatre ans , C’était l’intelligence qui a été piétinée ,c’était la sagesse qui a été piétinée, c’était la volonté de sortir la Guinée du sous-développement qui a été piétinée et c’étaient la démocratie et la liberté qui ont été piétinées par le régime de Sékou Touré ,ce 25 janvier 1971. Malheureusement depuis lors nous assistons qu’à des crimes, qu’à du sang versé par des régimes qui ne sont intéressées qu’à s’accaparer du pouvoir et à ignorer les problèmes fondamentaux des guinéens.

Nous devons nous en souvenir en ce jour 25 janvier 2015. Nous devons nous en souvenir pour nous rendre compte que notre lutte à des racines très lointaines . En 2015 , nous devons tout faire pour arrêter ce cycle infernal de destructions , de sang versé et d’aliénation de tout un pays et de tout un peuple.

La diaspora guinéenne doit se réorganiser autrement pour se protéger

Aujourd’hui la communauté guinéenne est partout. Ici à Madrid ,en Espagne ,il y a vingt ans peu de gens pouvait s’imaginer que prés de 15 à 20000 âmes de ressortissants guinéens pouvaient résider dans ce pays.Ce qui est significatif. Aujourd’hui les guinéens sont présents un peu partout à travers le monde.Mais nous avons des problèmes. Ce qui nous fait penser à nos compatriotes d’Angola . Vous savez , récemment , beaucoup d’entre eux parmi d’autres ressortissants des pays africains ont été victimes d’exactions. Mais les autorités guinéennes qui, de par la constitution guinéenne ont obligation d’assurer la protection des intérêts de tous les guinéens dans n’importe quel pays au monde,n’ont pas bougé le petit doigt. Elles n’ont rien fait pour secourir leurs ressortissants et demander aux autorités angolaises de veiller au strict respect des droits fondamentaux des guinéens en Angola.

Actuellement nous ne sommes pas au pouvoir et par conséquent notre marge de manœuvre est étroite .et limitée pour soutenir nos compatriotes en détresse. Mais nous pouvons faire quelque chose . C’est la raison pour laquelle , je demande à tous les guinéens qui vivent à l’étranger de tenir compte de deux aspects sur lesquels il faudra avoir une politique précise et cohérente.

  • Ne pas oublier le pays d’origine ! ne pas oublier la Guinée ! se battre pour que la Guinée change en mieux et que la gouvernance soit conforme à ce que tout être humain souhaite pour sa société et son pays.

  • Mais également exister là où vous êtes ! La société civile guinéenne doit exister là où les ressortissants résident .Pour mieux se défendre ,il faut être en phase avec les populations des pays d’adoption. La société civile guinéenne en Angola doit développer des relations mutuellement fécondes avec les sociétés civiles angolaises. Notre meilleure sécurité c’est d’être avec les nationaux où nos compatriotes résident . Si nous sommes en bons termes avec les populations d’accueil ,alors nous serons protégés. Cela veut dire qu’ici en Espagne, vos enfants naissent ,grandissent et parlent espagnols . Donc ils sont espagnols. Il faut par conséquent que leur avenir soit protégé. Ne nous enfermons pas ! Ne soyons pas des ghettos sociaux ,ou culturels ou ethniques ! Ouvrons nous ! Ouvrons nous entre guinéens ! Ouvrons nous aux autres ! Ouvrons nous à ceux qui nous accueillent dans leur pays ! C’est notre seule manière d’assurer notre sécurité et notre vie dans ces pays d’accueil pour longtemps ! Cherchez à développer des relations avec les pays d’accueil ne veut pas dire ,oublier le pays d’origine ! Le moment viendra où notre expertise, notre capital relationnel et financier pourront être d’une très grande utilité pour la Guinée lorsque la gouvernance changera.

Les grands pays d’aujourd’hui sont construits grâce à leur diaspora. Donc à la diaspora guinéenne partout où elle peut être ,en Afrique, en Europe, en Asie et en Amérique de se préparer à jouer son rôle, tout son rôle pour la construction d’un grand pays que sera la Guinée de demain.

L’UFDG au service de tout le peuple guinéen

C’est notre parti, c’est notre instrument pour notre politique. J’ai entendu votre discours où vous appelez à une reformulation de la stratégie de l’UFDG. Vous avez raison! Nous devons capitaliser nos erreurs et savoir dans le contexte actuel comment avancer . Par la grâce de Dieu , notre parti retrouve son unité , sa vigueur et se remet en marche pour la conquête du pouvoir. Ce que nous avons gagné aujourd’hui avec les difficultés que nous avons connues ,avec les tensions enregistrées par-ci, par-là , c’est la pérennité de l’UFDG qui est acquise ! Pérennité veut dire quoi ? Nous partirons et nous laisserons un parti fort, un parti structuré et un parti enraciné qui fera qu’en Guinée, émergerons en son sein plusieurs Chef de l’Etat qui gouvernerons la Guinée, par la grâce de Dieu ! Nous travaillons pour la durée, pour l’avenir ,pour un grand changement . Votre discours d’introduction va dans ce sens. Nous allons tous ,nous donner la main pour qu’il en soit ainsi.

Actuellement vous vous posez beaucoup de questions. Vous vous interrogez.Le représentant de l’UFR a parlé de la question des passeports biométriques ,que la Fédération UFDG d’Italie avait déjà évoqué lors de notre séjour en décembre dernier à Brescia. La quasi-impossibilité d’obtenir un passeport au niveau des services consulaires des ambassades de Guinée à l’étranger constitue une privation de vos droits civiques. Le Vice-Président Fodé Oussou et Président du groupe parlementaire des Démocrates Libéraux a pris l’engagement de retour à Conakry de tout faire pour secouer les autorités compétentes guinéennes pour que l’obtention de passeport biométrique dans les pays de résidence soit possible dans les meilleurs délais.Il leur rappellera leur obligation constitutionnelle de mettre à la disposition des guinéens de l’étranger des documents de voyage indispensables pour une régularisation de leur séjour à l’étranger.

Quelle stratégie mettre en œuvre ?

On dit qu’il y aura des élections présidentielles en 2015. Mais pratiquement tous les moyens ont été mis en place par le gouvernement d’Alpha CONDE pour que le processus électoral soit totalement opaque. Le fichier électoral que la Sagem avait confectionné entre 2007 et 2010, qui a pu enregistré, recensé une grande majorité de nos compatriotes, a été corrompu et mis de côté. Le fichier de la Sagem était une base sur laquelle un fichier renouvelé, enrichi chaque année aurait pu permettre d’avoir un fichier propre afin d’obtenir des élections crédibles. Comme M. Alpha CONDE ne veut pas de la transparence , ce fichier de base est détruit. Par conséquent ,nous ignorons quel sera le fichier des présidentielles de 2015 et des communales. Or vous savez , une élection c’est d’abord le fichier électoral. Si le fichier n’est pas correct, attendez vous à ce que l’élection ne soit pas correcte. Cela veut dire que le travail est à refaire en ce qui concerne le fichier.

En ce qui concerne la CENI , là aussi à partir du moment où c’est la règle de la majorité qui prévaut pour les prises de décision ,la majorité numérique déjà acquise à M.Alpha CONDE ne fait qu’entériner ses choix. La CENI comme organe régulatrice et organisatrice du processus électoral ne fera donc pas un bon travail.

Du côté des communes et des chefs de quartier , là aussi le pouvoir s’est permis de violer la loi en mettant des délégations spéciales qui depuis quatre ans sont en place. Ainsi en passant en revue, le fichier électoral, l’organisation et le fonctionnement de la CENI , la confiscation par le RPG des attributs des élus communaux et des quartiers , sans compter les autres moyens que sont l’administration préfectorale, les forces de défense et de sécurité ,une élection transparente et crédible est difficile dans ce contexte. Le dilemme pour l’opposition est à ce niveau .

Que faut-il faire ?

Faut-il malgré tout aller à des élections dans ce contexte. Aller à des élections dans ce contexte ,c’est redonner un pouvoir à M.Alpha CONDE pour cinq autres nouvelles années. Alors ce qui reste du pays sera détruit et enfin de compte nous n’aurons plus de pays. Donc,ce n’est pas possible ! Nous ne pouvons pas nous permettre d’aller dans ce sens. Une bataille est engagée pour obliger M.Alpha CONDE à reconstruire correctement ce qu’il avait déjà détruit. Mais comme il ne connaît que les rapports de forces ,il faut comme dit l’autre « si tu danses avec l’aveugle ,il faut le piétiner afin qu’il sache qu’il n’est pas seul » . Dr Fodé Oussou l’a dit tout à l’heure ! Il faut piétiner Alpha CONDE afin qu’il sache qu’il n’est pas seul à danser sur la scène politique guinéenne. Il le saura bientôt de la manière la plus éblouissante ! Si nous sommes de l’UFDG c’est normal d’être contre Alpha CONDE , si nous sommes de l’UFR ou du PEDN c’est normal d’être contre Alpha , mais aussi au sein du RPG une majorité est en train de se lever contre Alpha CONDE. La majorité au sein du RPG qui va se soulever contre Alpha CONDE est une perspective salutaire pour permettre à la Guinée de donner un coup de pied très rapidement à Alpha CONDE. Pourquoi faut -il développer cette stratégie ? Parce qu’électoralement ,nous avons tout à perdre et les lendemains des élections seront plus catastrophiques encore. Pour sauver la Guinée ,il faut maintenant donner un coup de pied à Alpha CONDE pour qu’une transition crédible et responsable puisse nous permettre de sortir de l’impasse.

Actuellement entre nous ,le débat est âpre. Certains préconisent une candidature unique , d’autres des candidatures multiples .Mais je dois dire , à la lumière de l’expérience de ce que nous savons de la Guinée d’aujourd’hui , une élection avec M.Alpha CONDE ne sera pas une élection. Lui-même a déclaré en mars 2011 à Dixinn«  qu’il faut être fou pour un Président de la République ,d’ organiser des élections pour les perdre ». .Il faut le prendre au mot, car c’est sa propre déclaration. Même s’il fait semblant de « changer de veste » parce qu’il en a l’habitude, sa stratégie initiale demeure. Après avoir trébuché aux législatives grâce à la pertinente présence des observateurs de l’UE qui l’a empêché de s’accaparer des sièges de la capitale, il a déclaré ne plus vouloir une participation de l’UE au financement des présidentielles. Il ajoute , malgré que nous n’avons pas des ressources financières pour lutter contre la fièvre Ebola ,pour avoir de l’électricité ou de l’eau , ou des routes qu’il financera les présidentielles par le budget national dédaignant ainsi les 26 millions d’euros de l’UE. Cette aide équivalente à prés de 250 milliards de GNF aurait pu servir à financer beaucoup de choses. Plus grave le gouvernement dit pouvoir débloquer 500 milliards de GNF pour l’organisation des élections.Vaste gâchis !

Pourquoi cela ? Parce que si l’UE verse les 26 millions d’euros , alors elle sera présente par ses observateurs et ses cadres techniques auprès de la CENI et sera sur le terrain le jour des élections.Ce que M. Alpha CONDE ne veut pas. Pourquoi ,il ne le veut pas ? Il dit que c’est une question de souveraineté et que tout pays doit « financer et organiser lui-même ses élections ». Nous sommes d’accord avec lui. Mais à condition d’en avoir les moyens. S’il faut pour cela faire des acrobaties comptables pour simplement empêcher que des observateurs puissent surveiller le processus électoral en privant ton pays de 250 milliards de GNF pour simplement que tu t’accapare du pouvoir ; alors ce président de la République est indigne de la fonction qu’il occupe.

Chers compatriotes , nous ne pouvons pas tourner longtemps autour du pot. Notre volonté d’aller dans le sens d’un processus dit légal avec un régime qui ne respecte pas la légalité, ne donnera rien. C’est de la peine perdue.

La souveraineté populaire ,source de tout pouvoir démocratique

Est-ce que la souveraineté populaire est légale ou illégale ? La souveraineté populaire est la plus légale et la plus constitutionnelle possible . Il faut prendre en compte une nouveauté importante. D’habitude et c’est normal ,un coup d’État doit être prohibé ,nous sommes d’accord là dessus. Accéder au pouvoir par un coup d’État n’est pas légal ni constitutionnel. Aussi empêcher que le processus électoral soit transparent est aussi illégal et anticonstitutionnel. Un régime qui va dans ce sens se met dans une dérive illégale et anticonstitutionnelle. Qui peut alors changer la donne si tel est le cas. C’est celui qui est investi constitutionnellement de la possibilité de rétablir le droit constitutionnel . Il ne faut pas s’attendre à ce que la cour suprême ait le courage et la droiture de faire ce travail. Donc il appartient ,aux jeunes ,aux femmes et aux hommes de se lever pour protester dans la rue pour réclamer le changement. Lorsque le pays est gouverné par l’absurdité , l’illégalité et la violation des libertés publiques, le recours à la rue est légale , est constitutionnelle et elle est légitime. C’est un droit constitutionnel inaliénable. Descendre dans la rue est légitime , car c’est une forme d’expression de la souveraineté populaire . Personne ne doit se sentir culpabilisée par des contre-vérités prétextant que descendre dans la rue est illégale. C’est un droit constitutionnel. La communauté internationale a beaucoup évolué sur cette question. Est ce que le nouveau régime de transition au Burkina a été condamné par la communauté internationale ? Non ! C’est pour vous dire demander le départ d’Alpha CONDE par la rue parce que n’avons pas d’autres possibilités de le faire est tout à fait constitutionnel . Engageons nous ,alors nous obtiendrons le soutien de la majorité de la communauté internationale parce que l’acte de souveraineté du peuple peut s’exprimer dans la rue par des manifestations et aussi par des élections . Si les élections ne peuvent pas permettre l’expression de la souveraineté populaire alors la rue peut permettre à ce que cette expression se fasse entendre. Nous avons l’obligation d’aller dans ce sens.

La lutte contre Ebola passe par la lutte contre la mal-gouvernance

Au moment où l’Ebola est en train de décimer notre population ,où nous sommes stigmatisés à travers le monde ,il est profondément irresponsable qu’un responsable politique n’aille pas dans le sens des intérêts fondamentaux de sa population. Au Libéria ,il n’existe plus que cinq cas de malades d’Ebola qui sont enregistrés. Nous nous en félicitons ,mais le pays qui pose problème est la Guinée. Ce que nous devons comprendre lutter contre Ebola passe nécessairement par un changement de la gouvernance . Une mauvaise gouvernance ne peut pas donner de bons résultats. Un bon chauffeur de camion peut amener à bon port tout véhicule en mesure de rouler, par contre un mauvais chauffeur quel que soit la qualité du camion ,même sorti d’usine enverra son véhicule se fracasser dés le premier virage. Nous n’avons pas de plus précieux que nos compatriotes , nos frères ,nos sœurs ,notre pays. Nous n’avons que cela . Est-ce que nous allons fermer les yeux et laisser Alpha CONDE nous envoyer en enfer ,car la question se pose en ces termes .C’est l’avenir de toutes les communautés humaines en Guinée qui est menacé par la gouvernance d’Alpha CONDE. Nous ne sommes pas là encore, pour dire qui sera le Président de la République ,qui seront les ministres ! Il faut d’abord sauver la Guinée de l’emprise d’Alpha CONDE sinon nous aurons tout perdu.

Les questions qui viendront tout à l’heure , nous permettrons de préciser certains points. Je cite souvent l’UFDG -Espagne comme une bonne référence , je vous exhorte à continuer dans ce sens !

Gracias !

 

UN BOUT DE CHEMIN AVEC AHMED TIDIANE CISSE QUI NOUS A QUITTES

 

AHMED TIDIANE CISSE

Ahmed Tidiane CISSE rejoint aujourd’hui sa dernière demeure au cimetière de Cameroun à Conakry. Il est parti prématurément avec le regret de n’avoir pas eu le soutien nécessaire du gouvernement auquel il a appartenu. Il avait toujours souhaité laisser une empreinte indélébile dans la politique culturelle de son pays.

Soit ! Mes pensées sont surtout peuplées aujourd’hui des souvenirs de ma première rencontre avec l’artiste et homme de culture sur les bords de la Seine, voilà prés de trente années.

En 1984 , à la disparition de Sékou TOURE alors que j’étais étudiant en France ,j’avais décidé de rentrer définitivement en Guinée que j »avais quitté à l’âge de 6 ans. Ce retour était motivé par une prise de conscience aigüe des défis auxquels la société guinéenne était confrontée. J’avais abhorré l’exil où les membres d’une même famille étaient dispersées aux quatre coins du monde sans se connaître . J’avais vécu douloureusement la séparation physique de plus de dix ans, avec ma famille. J’ai été aussi profondément marqué par la mort de mon père de suite d’épuisement et de maladie sur les contreforts du Fouta-Djalon à Kédougou à la frontière sénégalo-guinéenne, alors qu’il était sur le chemin de retour au pays. En effet , à cette époque ,il fallait traverser clandestinement la frontière car les milices écumaient la zone pour combattre les présupposés «  agents de l’impérialisme et de la 5éme colonne » comme le vociférait « la voix de la révolution » l’ancêtre de la RTG.

Les jeunes générations ne le savent pas assez, des milliers de personnes ont été tuées pendant le règne du Parti-Etat le long des frontières guinéennes. Le goulag tropical n’était pas seulement le camp Boiro de Conakry.

Ces deux épisodes de mon enfance ont cristallisé dans ma conscience ,un engagement total pour le respect des droits de l’homme , de la liberté d’opinion et d’expression. Ainsi la disparition de la dictature de Sékou Touré fut une aubaine qui m’a fortement incité à rentrer au pays ,pour continuer à faire vivre autrement mes idéaux démocratiques et civiques.

Dans cette perspective , j’ai recherché dans la capitale française les personnes ressources de la communauté guinéenne avec lesquelles je pensais pouvoir réaliser deux objectifs :

  • d’abord renforcer un dispositif politique opérationnel et solide à Paris qui pourrait relayer le combat démocratique qui pourrait s’esquisser à l’intérieur du pays.

  • Ensuite rassembler dans la même moule toutes les personnes de bonne volonté, éprises de progrès et engagées à faire évoluer les mœurs politiques de leur pays d’origine.

J’ai eu à ce moment à rencontrer le Professeur Alfa SOW qui, enseignant à l’Institut des Langues Orientales (INALCO) ,avait sur le boulevard Port Royal, ses bureaux où il recevait des intellectuels de toutes les origines. C’est là que j’ai fait la connaissance d’Ahmed Tidiane CISSE. J’ai su en les côtoyant qu’Alfa SOW était leur mentor et leur source d’inspiration. En écoutant ces aînés ,j’ai appris à connaître la Guinée, ses hommes avec leurs faiblesses et aussi avec leurs rêves. J’ai été ainsi familiarisé avec les noms des acteurs des luttes pour l’indépendance et surtout de la mobilisation des intellectuels guinéens et africains pour défendre les syndicalistes et enseignants comme Noumandian KEITA, Ibrahima Kaba BAH et autres qui croupissaient dans les geôles de Sékou TOURE. J’ai également appris comment les Alfa SOW, BAYO Kalifa , Ahmed Tidiane CISSE et bien sûr Alpha CONDE avait créé le MND ( Mouvement National Démocratique) leur structure politique clandestine. L’essentiel de leurs activités publiques avant la mort du dictateur était la publication d’un journal critique à l’égard du régime « Jewol Jamma » (la lumière du peuple) . J’ai appris également comment Alpha CONDE a détourné exclusivement en sa faveur les retombées financières que leur cabinet d’études avait rapporté . Le groupe avait mis en place ,cette entreprise pour pouvoir assurer le financement de leur projet politique en prospectant pour des tiers des marchés dans les pays africains dont les gouvernements étaient animés par d’anciens étudiants en France et militants de la FEANF(Fédération des Etudiants Africains en France ). M. Alpha CONDE qui au début ,n’était que le fondé de pouvoirs de son cercle d’amis politiques, s’appropria la manne financière et s’adjugea ainsi le rôle de patron ,trahissant ainsi la confiance qui était placée en lui. Le MND était en crise à la mort de Sékou TOURE. A ce propos Télé KUDA pseudonyme de Bahna SIDIBE l’ancien ministre de l’urbanisme du gouvernement du Général CONTE avait longuement développé dans ses publications le rôle néfaste qu’a joué selon lui M. Alpha CONDE pour paralyser la puissante fédération des étudiants africains. Cette histoire mérite d’être connue pour permettre de mieux cerner les racines des drames des élites africaines de cette génération .

C’est dans ce contexte que j’ai fréquenté entre 1985 et 1986 ,Alfa SOW , Ahmed Tidiane CISSE et leurs amis du Boulevard Port Royal.

A mon retour en Guinée à la fin de l’année 1986, j’ai activement initié et impulsé la mise en place de structures de la société civile dans deux principales directions. D’abord il s’est agi d’encadrer les étudiants afin qu’ils créent une organisation autonome pour prendre en charge leurs propres revendications. Le second volet non moins important a été la création de l’organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH). Le lancement de cet important outil avait nécessité plus d’une année de labeur et de préparation. La publication du manifeste de l’OGDH au début de l’année 1990 couronna ce processus inédit dans un contexte de régime militaire d’exception. Dr Thierno Madjou SOW enseignant -chercheur au Ministère de la Recherche Scientifique , Ahmed Tidiane CISSE artiste, Samba TOURE journaliste et correspondant de l’agence Reuters et BAH Oury agent de banque étaient les quatre signataires de l’officialisation de l’existence d’une organisation guinéenne pour la défense des droits de l’homme . Seul espace civique ouvert et critique à l’égard du gouvernement du CMRN , ses rangs se sont vite remplis . Les représentants des victimes de la répression des 04 et 05 juillet 1985 , les cadres de police DIOUMESSY et TRAORE , des intellectuels et cadres du secteur privé naissant , des avocats comme Christian SOW et beaucoup de jeunes étudiants étaient les pionniers de ce nouveau type de militantisme. Cette organisation a été dés le début impliquée pour dénoncer les dérives dictatoriales du régime militaire et la logique sécuritaire qui remettait en cause les promesses de démocratisation du pays . Peu ou prou le déclenchement de la guerre civile au Libéria en 1989 par Charles TAYLOR aura une forte incidence dommageable pour la primauté de l’Etat de droit en Guinée. Ahmed Tidiane CISSE et tant d’autres ont été parmi ceux qui se battaient pour faire libérer des personnes injustement incarcérées et dénoncer sur les ondes internationales des violations graves des droits de l’homme. Par la suite , il a fallu à maintes reprises faire libérer des militants du RPG originaires de la Guinée-Forestiére où les amalgames étaient fréquents entre « rebelles et militants politiques ». L’OGDH a été le creuset qui a favorisé l’éclosion des initiatives politiques de toutes natures, de la création de syndicats comme l’USTG qui a contrebalancé le monopole de la CNTG , à l’émergence de forces politiques opposées au pouvoir en place .

Avec Ahmed Tidiane CISSE , nous sommes parmi les acteurs de cette période qui a fait basculé intellectuellement et politiquement la Guinée dans une autre histoire qui reste à écrire. Au moment où tu rejoins avec les honneurs ta dernière demeure , une profonde tristesse m’étreint avec le funeste souvenir de la mort et de l’enterrement presque en catimini de Alfa SOW à qui Alpha CONDE doit beaucoup. S’en souvient-il ? Je ne le pense pas !

La Guinée officielle s’est révélée particulièrement cruelle pour ses enfants qui se sont sacrifiés pour elle ! A ses illustres disparus , que vos âmes reposent en paix !

 

GRÉVE GÉNÉRALE EN GUINÉE LE PEUPLE GUINÉEN,DOS AU MUR !

 

tragédie du 28 septembre 2009

Les principales centrales syndicales du pays dont la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) et l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) ont lancé les 05 et 06 janvier 2015, sur l’ensemble du territoire national une gréve générale. Leurs revendications s’articulent autour de la mise en application effective des statuts particuliers des agents de l’Éducation Nationale et de la Santé , l’adoption d’une nouvelle grille salariale qui devra définir le salaire indiciaire de base avec une augmentation de 150 % ramenée par la suite à 50 % , la résolution des crises qui perdurent à l’usine de Fria où les travailleurs sont réduits à la mendicité et au Port Autonome de Conakry où la position monopolistique du Groupe Bolloré se traduit par des pertes d’emplois. La baisse du prix du litre du carburant à la pompe,au regard de la chute du prix du baril sur le marché international est un autre point d’achoppement entre les syndicats et le gouvernement guinéen. Le soir du mardi 06 janvier , la gréve générale est suspendue avec une augmentation annoncée de 40 %. Cette suspension inattendue de la gréve ne résout nullement la crise sociale et ne fait que de retarder une future déflagration de plus vaste ampleur.

Les racines d’une décennie de crise sociale

La gréve générale du mouvement social en ce début d’année est l’aboutissement d’un processus qui a débuté en 2012. Toutefois ses racines remontent au début des années 2000 qui ont été marquées par des aller-retours imprévisibles dans la gestion économique et financière par les gouvernements successifs du Général Lansana CONTE. Durant cette période , profitant de la maladie du Chef de l’État, son entourage ne cherchait qu’à siphonner les ressources publiques . Cette frénésie d’enrichissement illicite, était incompatible avec une sérieuse définition des objectifs macro-économiques à atteindre. Ceci explique la longue attente de la Guinée pour l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative des pays pauvres très endettés. Une gouvernance prédatrice, en dépit des multiples privations imposées à la population n’était pas en mesure de conforter les partenaires financiers de Bretton Woods. Étranglée par le poids de la dette et ses faibles capacités financières, la Guinée n’a pas pu appliquer par conséquent, les accords de 2006 ,2007 et 2008 entre les centrales syndicales ,les patronats et le gouvernement portant sur les statuts particuliers et les réformes structurelles.

La longue marche du combat syndical

Alpha CONDE au pouvoir, montra très tôt une hostilité manifeste contre les syndicats en cherchant à les intimider et à les diviser. C’est à ce moment que le secrétaire général de la CNTG , Amadou DIALLO échappa de peu à une tentative d’assassinat. Par la suite, pour gagner la pause sociale , Alpha CONDE caressa au ras du poil l’opinion en promettant monts et merveilles «  patientez-vous !bientôt avec l’atteinte du point d’achèvement de l’IPPTE, chacun de vous aura de jolis boubous !! ». C’est dans la foulée de l’atteinte du point d’achèvement le 25 septembre 2012, que le gouvernement accorda une augmentation salariale de 50 % échelonnée comme suit ,10 % au 01 octobre 2012 , 15 % au 01 janvier 2013 et 25 % au 31 décembre 2013. Les syndicats quant eux réclamèrent 200 % d’augmentation des salaires indiciaires des agents de la fonction publique.

Ce n’est qu’en avril 2014 que les principales centrales syndicales déposèrent un préavis de gréve générale. Pour stopper la grogne , un protocole d’accord fut signé le 29 avril 2014. Le gouvernement s’engage à prendre en charge financièrement et administrativement au 31 mai 2014 le statut particulier des agents de la santé qui a été adopté depuis le 17 septembre 2008. Une commission technique est mise en place pour élaborer une nouvelle grille salariale qui devra être appliquée à compter du 01 janvier 2015. Les autorités s’engagent aussi à faire respecter les dispositions de l’accord de Paris sur le règlement des salaires des travailleurs de l’usine de Fria. Les travailleurs de la SOTELGUI devront aussi être désintéressés conformément à la loi au plus tard le 30 juin 2014. Contre toute attente aucun des points signés par le gouvernement n’a été honoré.

Par contre la menace de l’Association des Magistrats de Guinée de débrayer à partir du 08 décembre 2014 pour exiger l’application du statut particulier des magistrats a été très rapidement prise au sérieux. Ainsi à compter de juillet 2014 le salaire des magistrats oscillent entre 8 et 20 millions de francs guinéens par mois. Cette politique de deux poids et de deux mesures d’une part et le sentiment d’avoir été roulés dans la farine par les autorités guinéennes d’autre part sont parmi les raisons qui expliquent le courroux des travailleurs grévistes.

Dans un communiqué lu au soir du lundi 05 janvier sur les ondes de la RTG, le gouvernement déclare ne pas pouvoir satisfaire les revendications des travailleurs arguant que l’économie est en récession à cause de la fièvre Ebola et que les partenaires extérieurs ne pourront pas accompagner la Guinée dans ce sens. L’argumentaire de la fièvre Ebola pour justifier l’immobilisme gouvernemental est devenu récurrent. Cette posture est elle crédible et de bonne foi au regard des principales revendications ?

La mal-gouvernance frein structurel aux réformes sociales

L’adoption des statuts particuliers de l’Éducation et de la Santé est un acquis des mouvements sociaux de 2006 et de 2007 qui avaient enregistré des centaines de tués notamment le 22 janvier 2007. Pour le chantre du changement tel qu’il s’est présenté , M.Alpha CONDE , n’a jamais daigné magnifier cette importante épisode de l’histoire nationale . La persistance de la fièvre Ebola en Guinée loin d’être un handicap pour l’adoption des mesures sociales est un argument de poids pour les agents de la Santé pour réclamer l’effectivité de leur statut. Plusieurs dizaines de médecins et d’infirmiers sont morts de cette dangereuse épidémie. Aussi, il est une obligation morale et une exigence politique de conforter les milieux sanitaires du pays et rompre avec l’abandon de ce secteur vital. En effet, les budgets successifs ne lui accordent qu’à peine 3 % des dépenses totales de l’État alors que la recommandation de la CEDEAO fixe ce part à 15 %. Dans le même ordre, l’Éducation Nationale n’est pas mieux lotie. Les allocations budgétaires qui lui sont allouées sont de l’ordre de 10 % des dépenses du budget, alors qu’elles sont de 25 % pour l’ensemble des pays de la CEDEAO. Le Sénégal de son côté consacre prés de 40 % de son budget à la formation de ses enfants. En déclarant son impuissance , le gouvernement guinéen confirme ainsi son échec dans la gestion des finances publiques du pays. En effet les retombées de l’annulation de la dette à hauteur de 2 milliards de dollars US de l’Initiative PPTE sont jusqu’à présent sans aucun impact positif. Alors qu’il en est autrement pour tous les autres pays qui ont bénéficié de ce programme. Ces pays ont également enregistré des rebonds conséquents de leur croissance économique et une amélioration perceptible des conditions de vie de leurs populations. En Guinée, rien de tout cela ! La raison est simple. Du fait de la crise politique larvée et des manifestations pacifiques de l’opposition qui furent noyées dans le sang tout au long des années 2012 et 2013, la situation économique se dégrada davantage. Le budget de 2013 enregistra conséquemment un manque de recettes de l’ordre de 1400 milliards de GNF soit l’équivalent de 3,2 % du PIB. Ces tensions endogènes que le gouvernement s’était rendu responsable en refusant d’organiser les élections législatives dans un cadre apaisé et consensuel avaient ruiné les chances de la Guinée de tirer profit de l’annulation de la dette par la réaffectation de ressources additionnelles pour les services sociaux de base. Ainsi la vision bassement politicienne des dirigeants actuels du pays est l’explication irréfutable de ce vaste et profond gâchis social.

De faux alibis pour ne rien faire

Le gouvernement invoque aussi à tort les partenaires multilatéraux pour refuser une augmentation substantielle des salaires des agents de la fonction publique .En effet le ratio des salaires par rapport aux recettes fiscales ne doivent pas excéder 35 % selon les experts des finances publiques. Cette logique induit nécessairement l’augmentation et la sécurisation des recettes fiscales guinéennes comme un préalable, car la masse salariale totale est à 31 % des recettes fiscales. En dépit de l’insistance du FMI et de la Banque Mondiale pour une réforme de la gestion des finances publiques à travers le recouvrement des recettes fiscales et le contrôle de la chaîne des dépenses, les autorités traînent le pas pour une raison évidente, à savoir « la chèvre broute là où elle est attachée ». Au fil des ans ,l’administration financière du pays est devenue une pieuvre avec des multiples tentacules qui plombe toute possibilité de réformes structurelles profondes et orientées vers des politiques de transparence et d’équité. La mise en place avec beaucoup de fanfaronnade de la « caisse unique » s’est révélée à l’aune de la durée comme une vaste escroquerie au service exclusif des tenants du pouvoir.

En dépit des contraintes financières proclamées , il est difficilement compréhensible que le gouvernement guinéen refuse les 26 millions d’euros de l’UE ( 250 milliards de GNF) alloués pour le financement des élections présidentielles, en clamant que c’est un acte souverain de financer ses propres élections. En prenant à la lettre les propos de M.Alpha CONDE, celui ci montre que son gouvernement dispose de moyens pour financer à hauteur de 500 milliards de GNF sa « réélection » , mais qu’il ne dispose selon lui d’aucune marge de manœuvre pour payer un salaire décent aux agents de la fonction publique.

De même l’examen de la partie dépense du budget fait ressortir les priorités de la gouvernance d’Alpha CONDE. En 2014, la présidence s’est adjugée plus de 3 % du budget soit plus d’un milliard de franc guinéen par jour. Les ministères de la défense ,de la sécurité et de l’administration du territoire se partagent prés 20 % des dépenses totales. Cet aperçu invalide totalement les déclarations gouvernementales et pointe du doigt les vraies priorités de sa gouvernance à savoir se maintenir au pouvoir en renforçant son dispositif sécuritaire et administratif en étouffant les libertés et les droits des citoyens. La justice sociale, l’équité , la réduction de la pauvreté et la riposte contre Ebola ne sont alors dans le discours officiel que vœux pieux.

Bradages du patrimoine national et destruction des outils de travail

Les syndicats ont à juste titre pris mis en exergue , la défense catégorielle des travailleurs qui se sont retrouvés dans la précarité comme ceux de l’usine d’alumine de Fria ,de la Sotelgui, d’Enco5 et du Port Autonome de Conakry. Chacun de ses dossiers pris séparément ,recouvre un scandale contre les intérêts de la Guinée.

Ainsi il n’est pas admissible de constater que la Guinée a été condamnée par la Chambre arbitrale de Paris de payer à Russal 250 mille euros. Cette condamnation surprise laisse un goût amer pour tous ceux qui se sont mobilisés pendant des années pour sauver l’usine Péchiney d’alumine de Fria. Ceci est d’autant plus étonnant que le rapport du Cabinet Alex Stewart International commandité par l’État guinéen en 2009 stipulait que «  la Guinée est habilitée à demander des dommages et intérêts d’un montant allant de 950 millions à 1 milliard de dollars US à Russal ». Les conditions opaques de la prise de possession en 2004 de l’usine le minier russe sont les sources de la controverse et des conflits d’aujourd’hui. Les rancœurs sont d’autant plus vives que l’une des exigences de Russal portant sur la concession sur la bauxite de Dian-Dian a été acceptée par les autorités guinéennes,en contrepartie du redémarrage et de l’extension des capacités de production de l’unique usine d’Alumine en Afrique Occidentale. Jusqu’à présent Russal n’a pas honoré ses engagements contractuels. L’usine aux arrêts depuis avril 2012, se détériore, et à vue d’œil, la ville de Fria se meurt dans l’indifférence générale. Les mauvaises langues racontent que les comptes bancaires à l’étranger de M. Mohamed CONDE fils de M.Alpha CONDE ont été grassement approvisionnés en échange d’une gestion complaisante du dossier.

En relation à la gestion du Port Autonome de Conakry , notre pays a été condamné à payer 38 millions d’euros à Getma International. Ce contentieux est né lorsque la société Getma International, concessionnaire légal du terminal à conteneurs de Conakry a été manu-militari vidé du Port pour faire place au Groupe BOLLORE dés les premiers jours d’Alpha CONDE au pouvoir. A ce contentieux juridique et financier s’est greffée actuellement une main mise totale des installations portuaires par les amis du Président. Avec la bénédiction très intéressée de la présidence guinéenne , d’avenant à avenant, tout le port de Conakry est sous leur tutelle. Ce monopole de fait élimine des entreprises portuaires et des sociétés de transit avec son corollaire social de pertes d’emplois. Des centaines de travailleurs se retrouvent ainsi du jour au lendemain dans le chômage et sans aucune possibilité de retrouver du travail. Ces conflits illustrent la boulimie avec laquelle la gouvernance d’Alpha CONDE s’approprie à sa guise le patrimoine national  pour« rendre service aux amis».

Un prix du carburant hors-norme

Dans le rapport 14/244 du Fonds Monétaire International publié en novembre dernier, il y est écrit : « Les autorités ont instauré un nouveau mécanisme d’ajustement automatique des prix à la pompe. Elles ont procédé en février 2014 à une augmentation de 500 FG sur le litre de carburant. Selon elles ,l’évolution du coût des importations a appelé d’autres augmentations des prix ,en application du mécanisme au cours des mois suivants. Celles-ci n’ont cependant pas été pratiquées ,ce qui a entraîné de nouvelles pertes de recettes . Ainsi il était prévu de modifier le mécanisme en juillet dernier pour éviter de devoir procéder fréquemment à de faibles ajustements. » Tout ceci peut paraître compliqué pour le profane . Soyons clair ! La variable qui permet de fixer le prix du carburant à la pompe est la parité du dollar US par rapport au franc guinéen qui en principe dépend de la fluctuation de l’offre et de la demande en devises sur le marché local pour le règlement des importations. Or l’offre en devises en Guinée est actuellement suffisante puisque les réserves internationales représentent 3,9 mois d’importations pour un objectif fixé de 2,9 mois d’importations. Ce qui paraît paradoxal , le franc guinéen ne s’est jamais ré-apprécié par rapport au dollar pour faire baisser en conséquence le coût du carburant pour les ménages guinéens. La politique de change des autorités est par conséquent inexplicable ,car les mécanismes du marché de change sont totalement bridés. La parité du franc guinéen par rapport aux principales devises est une parité « administrée » à la hausse ( 1 dollar vaut 7500 GNF et 1 euro 9500 GNF). La chèretè du dollar entraîne ipso-facto celle du carburant sur le marché local. Les thuriféraires du pouvoir vont arguer que la BCRG n’a que les devises de ses clients et ne peut donc pas influer sur les cours. Dans ce cas, on pourrait légitiment se poser la question où est passé le don d’Abu Dhabi de 90 millions de dollars us. Cette illustration suffit pour montrer le peu de volonté des autorités guinéennes de prendre en compte les intérêts de la population et de l’économie nationale même si techniquement des facteurs favorables existent.

Aux lendemains des mouvements sociaux de 2007 et de la nomination de M. Lansana KOUYATE comme Premier Ministre de consensus , mécaniquement le franc guinéen s’était apprécié de prés de 50 % par rapport aux principales devises. Les agents économiques avaient ainsi accordé par anticipation leur confiance à la nouvelle équipe gouvernementale et salué leur croyance en sa capacité de réformer en profondeur le pays . Cela s’est traduit par une augmentation substantielle du pouvoir d’achat de la population. Hélas ,cet élan vertueux n’avait pas durer pour de multiples raisons que je ne développerai pas ici. Par contre aucune dynamique vertueuse analogue n’a été constatée avec l’arrivée au pouvoir d’Alpha CONDE, malgré l’annulation de la dette guinéenne par les institutions de Bretton Woods ,la collecte de plus d’un milliard de dollars US auprès des géants miniers comme Rio -Tinto et l’offre satisfaisante de devises sur le marché depuis 2011.

En guise de conclusion

Il est évident que des pistes existent pour répondre de manière profonde et durable aux revendications des travailleurs de Guinée , mais jusqu’à preuve du contraire aucune bonne volonté n’est perceptible du côté d’Alpha CONDE. Par conséquent les forces vives nationales n’ont d’autre alternative que de repenser leurs stratégies respectives.

Le mouvement syndical malgré la puissance de ses capacités de mobilisation n’est pas encore parvenu à aller au delà des revendications essentiellement salariales. Le maintien et la sauvegarde des outils de travail, les politiques économiques et sociales du gouvernement et l’environnement global du pays sont « pudiquement » délaissés sous prétexte que « les syndicats ne font pas de politique ». Cette erreur d’appréciation est l’une des raisons qui expliquent que les bouleversements sociaux de 2007 et 2007 n’ont pas apporté des solutions durables. Dans un contexte d’une mauvaise gouvernance endémique , il n’est pas permis de fermer les yeux sur l’indispensable nécessité de prendre totalement en charge les intérêts des travailleurs qui se confondent aux intérêts bien compris de toute la Guinée. A la lumière des échecs du passé, une remise en cause responsable permettra de préparer les succès de demain.

Les politiques quant eux doivent abandonner la posture « en dehors des élections ,il n’existe rien d’autre » . Pour sauver le pays de l’implosion, il faut prendre en compte les fondamentaux de toute politique à savoir «  tout ce qui est profondément humain nous intéresse ». De ce fait l’élargissement de la plate-forme de l’opposition démocratique pour intégrer les revendications du mouvement social , l’angoisse des jeunes devant l’impasse qui leur est présentée aujourd’hui et le désespoir de tout un peuple qui se débat pour survivre, est impérieux et urgent. Déserter ce chemin amènera fatalement une frange de la jeunesse à rechercher des illusions de solutions dans la religion ou encore le crime organisé. Des pays autour de nous en sont actuellement victimes.

Le dépassement de la situation actuelle exige une offre politique pragmatique, innovante et courageuse . C’est, ce qui nous intéresse pour sauver notre pays d’un désastre complet. Les deux journées de gréve générale sont comme l’hirondelle qui annonce le printemps. Une nouvelle aube pointe à l’horizon, parce que nous avons foi en la combativité et la détermination des jeunes de Guinée. Comme ceux du Burkina en octobre dernier , ils prendront sous peu leur destin entre leurs mains.

NB : la fonction publique compte environ 100 000 agents

      • Le salaire moyen mensuel n’excède pas cent dollars US

      • le litre de carburant à la pompe 1,3 dollar us soit 1 euro pour 10 mille francs guinéens

      • le salaire moyen permet d’acquérir 3 sacs de riz ( 1 sac pèse 50kg)

      • la taille moyenne d’une famille guinéenne est de 8 à 10 personnes dont plusieurs enfants