BAH OURY à RTG KOLOMA

 

 

 

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Bonsoir ! Ce soir nous recevons l’une des personnalités politiques les plus complexes du moment. Son retour au pays il y a deux semaines est perçu et salué par tous comme un signe de décrispation politique amorcé par le Pr. Alpha CONDE. Gracié suite à une condamnation pour atteinte à la sûreté de l’Etat, M. BAH Oury est devenu l’homme de la controverse dans son propre camp politique

 

Au fait, qu’est – ce qui a profondément changé chez cet ancien activiste des droits civiques en Guinée et réellement que veut ce fondateur du plus grand parti politique d’opposition.

 

Les réponses dans un instant sur ce plateau.

 

RTG – Bienvenue à tous dans cet entretien de Koloma M. BAH Oury

 

Bah Oury – Bonsoir M. CAMARA

 

RTG – M.BAH Oury, la première question serait de savoir comment vous vous sentez après avoir mis pied sur Conakry, salué dans les rues, enchaîné les meetings politiques, recevoir aussi beaucoup à domicile, sans oublier les plateaux d’émissions qui s’enchaînent.

 

Bah Oury – C’est un bonheur ! Cette atmosphère m’a manqué pendant quatre années et demi; et je suis heureux de revoir des visages qui me sont familiers et de trouver que certains sont marqués par l’âge. Le sentiment de réjouissance du fait de mon retour, je le sens et je le vis avec intensité. Dans cette enceinte de la RTG, j’ai connu et je connais beaucoup de gens avec lesquels nous avons cheminé ensemble pendant de longues années. Vraiment je suis heureux d’être ici.

 

 

RTG – Pas seul. Vraiment beaucoup de guinéens partagent cette joie de retrouver M. BAH Oury. Beaucoup de commentateurs ont d’ailleurs salué votre retour comme étant le signe de l’ouverture politique amorcée, engagée, initiée par le Pr. Alpha CONDE.

 

 

Bah Oury : C’est vrai. De ce point de vu, il faut rendre à César ce qui appartient à César. Le Président Alpha CONDE m’a demandé de le rencontrer à Paris. Par deux ou trois fois nous nous sommes vus. Nous avons échangé. Nous avons parlé du pays, de la nécessité de la décrispation et de l’apaisement général.

Et sa décision qui est consécutive à ces entretiens, c’est mon retour et une grâce présidentielle accordée à 171 personnes dont moi-même. C’est un grand pas. D’autres pas restent à faire, parce que comme vous le savez, il reste encore des détenus politiques et je souhaite ardemment que notre pays tourne cette triste page. L’intérêt national milite dans ce sens et il est souhaitable qu’une autre façon de gouverner prime pour conforter la majorité de la population que quelque chose est entrain de bouger.

 

RTG – Dans lescouloirs, pas mal de bruits montent. Certains s’interrogent. Est-ce que c’est le même BAH Oury  qui nous revient ? L’homme qui était entre griffes considéré comme étant le faucon de l’UFDG. Est-ce que c’est la même personne qui est là aujourd’hui? Qu’est – ce qui a changé chez vous ?

 

 

Bah Oury – C’est vrai, c’est la même personne en chaire et en os et aussi en esprit. Dans un passé récent, j’ai été diabolisé. C’est l’extrémiste, c’est le va-t-en guerre. Il y a beaucoup de choses qui ont été racontées sur ma personne. Toutefois, une bonne majorité de nos compatriotes me connaissent parce qu’ils m’ont vu à l’oeuvre ici et cela pendant de longues années.

Nous avons créé l’OGDH. Quelqu’un qui s’active à mettre en place une organisation pour la défense des droits de tous les guinéens voilà) bientôt trente ans de cela, n’est pas quelqu’un qui va dans le sens d’un extrémisme et

 

 

d’une vision étriquée de la société guinéenne. Quelqu’un qui a été Ministre de le Réconciliation Nationale, qui a contribué dans le gouvernement du Premier Ministre Ahmed Tidiane Souaré,

à ce que les rancœurs et frustrations collectives s’apaisent. Celui qui contribue à frayer des solutions pour panser les blessures de Kaporo Rails et des tués de novembre 2000 à Cosa en rassemblant des fils et filles de la Guinée forestière, qui étaient séparés du fait des conséquences des guerres civiles dans les pays voisins, ne peut être un extrémiste tel qu’il a été dépeint par ses adversaires. Nous avons également œuvré dans ce ministère à exploiter les ressorts internes de la société guinéenne pour promouvoir les dynamiques de préventions des conflits. Celui qui a été au niveau des forces vives dans une dynamique pour que notre pays sorte d’une longue crise de la gouvernance, est toujours le même BAH Oury qui continue son chemin vaille que vaille. Je le dis et je le répète, j’encourage toute politique dont la finalité s’inscrit dans une dynamique d’apaisement de décrispation. C’est à ce niveau que j’ai une convergence de vues avec le Président Alpha Condé. Quiconque aime la Guinée et se veut responsable ne peut pas rejeter la main tendue qui prône l’apaisement général et la décrispation.

 

RTG – Quelle résonance à votre niveau, le fait de retourner en Guinée où le Pr. Alpha CONDE, dans le cadre de son second mandat, non seulement a fait appel à la force des jeunes, à la vivacité, à la créativité des jeunes, mais aussi la main tendue s’est poursuivie par des actes en créant le Ministère de l’Unité National pour vous qui avez été Ministre de la Réconciliation National?

 

 

Bah Oury – Il y a de bonnes intentions qui sont affirmées, qui sont officialisées par des décisions. Il appartient au corps social, aux hommes et aux femmes qui ont reçu ces responsabilités de mettre en oeuvre dans l’essentiel le projet qui sous-tend ces décisions. Moderniser le pays, montrer aux jeunes qu’ils ont une place dans ce pays en apportant le meilleur d’eux-mêmes de ce qu’ils ont appris ailleurs. Comme on dit il faut leur know how pour que la Guinée avance.

Que les gens prennent courage. Que le Ministre de l’Unité Nationale et de la Citoyenneté aille au fond du contenu de son ministère. C’est un vaste projet qui nécessite une implication du plus grand nombre. Et pour cela, il y a des décisions à prendre pour permettre aux sceptiques, à ce qui se posent des questions légitimes de savoir, que ce ne sont pas des opérations politiciennes. Ce sont des mesures qui vont dans le sens de l’intérêt national. Aussi bien pour ceux qui sont dans la mouvance présidentielle, que pour ceux qui sont dans l’opposition. Nous devons prendre cela comme étant des outils pour nous permettre d’avancer.

Ceux qui sont en responsabilité dans le gouvernement font leur travail. Ceux qui sont dans l’opposition doivent faire en sorte que l’opposition pour laquelle je m’investis, doit être une opposition constructive, efficace qui permettra d’entrevoir des pistes alternatives pour construire le futur de notre pays. Vous savez, transformer les mentalités exige un long travail pédagogique, abandonner les sentiers battus en rejetant la facilité n’est pas non plus aisé. Mais hélas, ici chez nous, le chemin de facilité est un chemin de désunion, de mauvaise gouvernance, et puis aussi de mépris pour les plus humbles et les plus faibles qui forment une majorité dans notre pays.

 

 

RTG – Les clivages en Guinée sont attribués aux humeurs des politiques. Ces derniers temps on a vu un effort de rassemblement. Aujourd’hui Sidya TOURE qui était avec vous dans l’opposition, qui est Haut Représentant du Chef de l’Etat. On a vu beaucoup de lignes bouger voire changer.  La classe politique s’est réveillée. il y a Jean Marie Doré  qui faisait partie des anciens avec BAH Mamadou, Siradiou, vient de nous quitter. Vous pensez à une nouvelle génération d’hommes politiques en Guinée?

 

 

Bah Oury – La Guinée est mûre pour des changements en profondeur. Les jeunes qui étaient descendus dans la rue en 2007, sont devenus maintenant des hommes et des femmes responsables qui ont acquis une grande maturité. La responsabilité de tous à l’heure actuelle, c’est de permettre à ce que ces élans d’unité du pays, cette convergence de tous les jeunes par rapport au progrès puissent se transformer dans le concret, tant au niveau de la gouvernance du pays pour ceux qui sont dans les instances gouvernementales que dans l’opposition. C’est un travail pédagogique. Parce que si vous remarquez bien il y a un décalage profond entre une classe politique traditionnelle

qui se sent aujourd’hui acculée et dépassée par une montée par le bas d’une volonté de changement. Mais cette volonté de changement exprimée par les jeunes doit trouver des canaux, avec des hommes et des femmes responsables qui vont jusqu’au bout dans l’analyse, dans la définition, dans l’intermédiation vis-à-vis de l’ensemble de la société guinéenne et vis-à-vis de l’extérieur de cette volonté de changement, de cette volonté d’unité, de cette volonté d’apaisement de décrispation qui aboutira à terme à une véritable réconciliation, pour que nous ayons une société qui s’ouvre à la modernité, qui se projette vers le développement.

 

 

RTG – Êtes-vous prêt à insuffler un tel esprit au sein de votre formation politique ?

 

 

Bah Oury – C’est la raison pour laquelle je suis entrain avec des amis de me battre au niveau de l’UFDG pour faire comprendre que l’UFDG doit évoluer. L’UFDG doit être une alternative démocratique ouverte au-delà des clivages traditionnels pour l’ensemble de la société guinéenne. C’est la raison pour laquelle certains ne me voient pas d’un bon œil, parce que moi je veux une UFDG qui gagne. Je ne veux pas d’une UFDG qui exclut ses militants et ses responsables. Je veux une UFDG qui rassemble. Je veux une UFDG qui se projette vers l’avenir; qui soit une vraie alternative, qui apporte des idée, qui rassemble les meilleurs fils de ce pays et filles pour que demain nous ayons des hommes et des femmes capables de gouverner la Guinée de manière responsable et mature pour faire face à un défi qui est mondial.

 

 

RTG – Pour un départ on sent que ça ne sera pas facile. Pas plus tard que ces derniers jours on voit des messages, des alertes par rapport à la question notamment de l’UFDG. Donc on sent qu’il y a une certaine controverse par rapport à vos idées.

 

 

Bah Oury – C’est normal. C’est comme l’évolution. C’est une Institution qui est en crise de croissance et d’identité.. La crise de maturité ou d’identité amène les hommes et les femmes de l’UFDG de s’interroger. Quelle identité politique? Quel profil ? Quelles sont nos valeurs ? Comment devons nous vivre la démocratie ? Qu’est-ce qu’on appelle la collégialité dans les prises de décisions ? L’esprit d’équipe c’est quoi ? Être contre l’ethnocentrisme doit se traduire comment ? Envisagez la gestion de nos villes, de nos localités par qui, pour qui et comment ?

Toutes ces questions interpellent l’UFDG d’aujourd’hui. Parmi nous certains ont une vision passéiste, ont une conception conservatrice et veulent perpétuer ce qui a toujours existé depuis l’indépendance. Malheureusement pour eux ils se trouvent aujourd’hui en minorité. Ils essaient d’utiliser les appareils pour s’imposer mais la force du changement ne fait que monter et finira par vaincre.

 

 

RTG – Mr. BAH Oury, les élections locales sont prévues certaines pour quelques mois; dites-nous est-ce que vous serez par exemple candidat, (je ne sais pas) à Pita où vous êtes né ou bien dans une préfecture comme Labé ?

 

Bah Oury – Pour le moment je suis entrain de rencontrer les amis. Vendredi j’irais saluer l’Institution politique qu’est l’UFDG, à travers la réunion hebdomadaire du bureau exécutif au siège national du parti et samedi je serais à l’Assemblée Générale pour leur exprimer mes attentes, mes souhaits et les remercier des efforts, des sacrifices consentis et leur dire que je suis revenu pour bâtir avec eux un grand parti qui pourra apporter des éléments de réponses à la gestion locale, au développement local, au rassemblement des hommes et des femmes dans les villes, au rapprochement et à l’implication des guinéens qui sont à l’étranger dans le cadre du développement local. C’est un enjeu extrêmement important pour notre destin collectif. La présence d’élus de guinéens résidant à l’étranger dans les Mairies, dans les CRD, nous permettra de répondre de manière concrète à des questions de pauvreté, à des questions d’inclusion; à des questions disons de mobilisation de ressource pour aider les collectivités dont une proportion significative de leurs forces vives résident à l’étranger. La mobilisation effective et l’implication de la diaspora dans la gestion locale est un impératif économique,social et également démocratique.

 

 

RTG – Où est-ce-que vous vous sentirez mieux pour servir réellement la Guinée à la dimension de vos ambitions ?

 

Bah Oury – Notre pays a besoin de contre – pouvoirs efficaces. Dans la phase actuelle, ma responsabilité m’indique qu’il faut faire de l’UFDG une opposition constructive, crédible, responsable et ouverte. C’est là que nous pouvons apporter un supplément d’âme, un supplément de modernité, à un parti qui pourra demain influencer l’ensemble des Institutions du pays pour asseoir des bases solides au niveau de nos Institutions afin qu’elles soient fortes. Ceci est une nécessité de notre temps.

 

 

RTG – Pour finir avec vous Mr. BAH Oury, trois vœux pieux.

 

 

Bah Oury – Trois vœux pieux. Je souhaite que mon pays aille de l’avant. Je souhaite que la décrispation fasse qu’il n’y ait plus de détenu politique en Guinée. Je souhaite que tous les hommes et toutes les femmes croient en l’avenir de la Guinée et donnent le meilleur d’eux-mêmes pour que nous pussions avancer indépendamment de notre positionnement politique, opposition ou mouvance. J’ai confiance en mon pays et c’est la raison pour laquelle je me bats.

 

 

RTG – Mr. BAH Oury, Merci

 

 

Bah Oury – Merci beaucoup.

Officiellement je reste vice président de l’UFDG chargé de la communication et des relations internationales

La crise économique Guinéenne ne date pas d’aujourd’hui (Interview)

Bah Oury   Photo-Africaguinee.com

CONAKRY- Qu’est-ce qui est à l’origine de la crise économique qui frappe la Guinée. Bah Oury qui est rentré d’un exil de plusieurs années au mois de janvier dernier, a fait une analyse du bras de fer qui oppose le Gouvernement et les syndicalistes. Dans cet entretien exclusif qu’il a bien voulu accorder à notre rédaction, Bah Oury analyse la crise et fait des propositions de solution. Exclusif !!!

 

AFRICAGUINEE.COM : Monsieur Bah Oury bonjour !

BAH OURY : Bonjour Monsieur Diallo !

Quelle lecture faites-vous de la grève qui frappe la Guinée depuis bientôt une semaine ?

J’avoue que je commente cela avec beaucoup de tristesse parce que j’estime que les symptômes de cette crise ne datent pas d’aujourd’hui. Elle date depuis le début de la décennie 2000 où les dysfonctionnements graves de l’économie guinéenne ont été visibles à tous les niveaux. Et ça avait occasionné les troubles sociaux des années 2005, 2006, 2007, et la crise politique s’en est suivi en 2008, et elle s’est accentuée avec les crises postélectorales de 2010. Donc, en d’autres termes, c’est comme si la Guinée pendant quinze ans n’a pas pris les mesures de l’ampleur de la situation économique pour mener les grandes réformes dont le pays a besoin.

Ce n’est pas par des opérations ponctuelles : diminutions des denrées par-ci, augmentation d’une taxe par-là qu’on va résoudre ces graves dysfonctionnements. C’est comme si on tourne en rond, année par année, c’est toujours les mêmes problèmes. La situation mérite qu’on s’arrête, qu’on réfléchisse et qu’on passe comme revue les graves problèmes du pays, au point de vue structurel pour décider une perspective qui permettra à la Guinée et aux guinéens de s’en sortir pour améliorer le niveau de vie. Pour répondre à l’attente de la très grande majorité des jeunes qui sont dans une désespérance totale. Je m’explique :

La crise économique guinéenne doit être vue au regard de la politique monétaire qui est en cours dans le pays. Il faut voir à travers cet aspect macroéconomique la question de la capacité de gérer une monnaie nationale avec la rigueur nécessaire pour que la monnaie soit gérée avec sérieux, constance et rigueur. Malheureusement, la mal gouvernance endémique est liée à cet aspect des choses qui méritent une réflexion et une autre vision stratégique pour sortir le pays de l’impasse. Ça c’est le premier élément.

Le deuxième élément, c’est au point de vue de la crise structurelle qui assaille le pays. L’organisation de l’administration économique du pays est tributaire de méthode et de fonctionnement qui datent des années 60. Dans le monde où c’est le numérique qui gouverne, il va de soi que si on ne se met pas en phase avec la situation mondiale et la situation aux autres pays comparables au nôtre, en terme de modernisation de l’administration économique du pays, nous serons à la traine.

 

Au point de vue de la question sociale, la grande majorité des guinéens voit l’Etat à travers, non pas une politique de redistribution des richesses, aux plus démunis, mais à travers des pressions fiscales administratives et de l’absence des prises en compte des besoins sociaux fondamentaux. C’est ce déficit d’organisation structurelle de la répartition des richesses à une échelle plus large du pays qui fait que le sentiment national s’est effrité. C’est la loi de jungle en d’autres termes.

Une Nation ne peut exister si les plus faibles sont toujours écrasés. Et les plus forts se passent du droit et montrent seulement leur puissance et tant pis pour les autres.  Ces questions montrent qu’il y a un problème de fond qui transcende les positionnements politiques traditionnels entre mouvance et opposition. La Guinée a besoin à l’heure actuelle d’une profonde réflexion de ses élites de la manière la plus sérieuse et la plus profonde pour éviter la situation toujours de répétition de ce qui s’est passé durant ces dernières décennies. Et c’est la raison pour laquelle quand je parle d’une opposition constructive, crédible responsable tournée vers l’avenir et la modernité, c’est un appel à une grande réflexion pour que nous puissions préparer la Guinée de demain, en n’étant pas complaisant avec nos faiblesses. En scrutant de la manière la plus approfondie les dysfonctionnements aussi bien de l’appareil économique que la société guinéenne pour faire entrevoir un autre espoir. Et je pense que cet espoir est possible.

Etes vous de ceux là qui pensent que l Gouvernement a une part de responsabilité dans la crise économique que traverse le pays actuellement ?

C’est à ce niveau-là qu’il faut se poser la question de la responsabilité. Elle est partagée. Je m’explique : vous avez un pouvoir qui gouverne. Il a la plus grande part de responsabilité dans la conduite générale du pays, tant sur le plan sociale, économique, structurel et institutionnel. Par contre les contrepouvoirs, société civile, syndicats, partis politiques dit de l’opposition, ont aussi leur part de responsabilité. Si les contrepouvoirs pèchent par une certaine inefficacité, il va de soi que le Pouvoir sombrant dans une routine traditionnelle, n’a pas pris le pool des réformes dont il fallait faire dans le pays dès le début avec vigueur et constance. Cela veut dire que les syndicalistes ne doivent pas se contenter de dire que ‘’ce qui m’intéresse c’est mon salaire, mon pouvoir d’achat’’. C’est une vision très restrictive du rôle du syndicat.

Le syndicat avant de s’atteler uniquement à la question du Pouvoir d’achat, doit aussi penser à ce qui est essentiel dans la protection de l’outil de travail. Cela veut dire que dans le syndicat également, la nécessité de réflexion en leur sein sur une attitude critique et une vision vigilante de la marche du pays doivent être la rigueur pour ne pas attendre qu’il y ait la catastrophe pour réagir. Donc, à tous les niveaux, je pense qu’il y a un besoin de réflexion et de remise en cause.

C’est vrai que le syndicat peut s’atteler à dire que nous voulons l’augmentation du Pouvoir d’achat. C’est dans leur rôle et c’est dans leurs attributions. Et à l’heure actuelle, vu la situation du pays, c’est tout à fait légitime de demander à ce que le pouvoir d’achat soit revalorisé pour permettre à la grande majorité de la population, qui est en train de sombrer dans une misère la plus noire, de pouvoir relever la tête.

Mais le syndicat démocratique tourné vers l’avenir, qui est indispensable, doit aller au-delà de la question du pouvoir d’achat et se poser la question du maintien et de la modernisation de l’outil de travail de manière générale. C’est-à-dire s’intéresser à la situation de l’entreprise et de la modernisation des méthodes de travail au sein de l’entreprise pour être des contrepouvoirs par rapport à une vision archaïque qui veut simplement ramener les syndicats à des questions pécuniaires. Si les syndicalistes nouveaux vont dans ce sens, je pense que ça permettra de changer la manière dont le travailleur guinéen est perçu. Et ça obligera une plus grande participation des travailleurs aux grandes décisions concernant leur entreprise et les méthodes de travail de manière générale. Le pays a besoin des réformes en profondeur à tous les niveaux. Et personne n’est exempt de cette volonté et de cette quête, sinon la situation est très grave.

A suivre…

 

Interview réalisée par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (0224) 655 31 11 12

DÉCLARATION SUR LA SITUATION ACTUELLE DE L’UFDG

FORUM DES CADRES DE L’UFDG

DÉCLARATION SUR LA SITUATION ACTUELLE DE L’UFDG

 

Suite à la décision de la Direction de l’UFDG d’exclure du parti Amadou Oury Bah son Premier vice-président, le forum des cadres s’est réuni le 7 Février 2016 pour examiner la nouvelle situation et donner de larges informations aux militants, à l’opinion nationale et internationale sur ce qui se passe réellement au sein de ce parti.

Pour mémoire, sur les multiples dysfonctionnements et le déni de démocratie au sein du parti, le forum des cadres avait déjà alerté la Direction. C’est ainsi que des propositions concrètes avaient été soumises à la Direction pour améliorer l’organisation et le fonctionnement de l’UFDG en vue  d’en faire un parti démocratique, moderne et performant.

Dans ce document, le forum avait insisté en invitant la Direction à tout faire pour éviter que notre volonté d’être ensemble ne soit pas compromise par des attitudes et comportements dont les conséquences risquaient d’être perçues comme le fruit d’un travail fractionnel et discriminatoire.

Malheureusement, son appel n’eut aucun écho favorable, les cadres  venus avec El Hadj Cellou à l’UFDG et lui-même ne voulant plus collaborer avec ceux qu’ils ont trouvés dans ce parti.

Preuve de leur refus de collaboration, la Direction du parti à décider d’organiser des journées de retraites pour revoir les textes et l’organisation des structures du parti sans y convier le forum qui est pourtant l’initiateur de ces réflexions.

Pour permettre aux militants et à l’opinion publique de comprendre le machiavélique, prémédité et tortueux scénario qui a conduit à l’arbitraire exclusion du premier vice-président de l’UFDG, il est indispensable de rappeler les éléments d’information ci-dessous :

  • Répondant à une question d’un journaliste de la radio Espace FM qui lui demandait, avant le retour de Bah Oury en Guinée, si oui ou non des mesures ou des dispositions étaient en train d’être prises pour l’exclure de l’UFDG.  El Hadj Cellou avait  répondu sans ambages, oui.
  • Lors de l’assemblée générale de l’UFDG du samedi 30 janvier 2016 El Hadj Cellou avait publiquement déclaré  qu’il lançait un dernier appel à son petit frère Bah Oury pour revenir au parti.

A travers différent médias, Bah Oury  avait répondu qu’il n’a jamais quitté l’UFDG et qu’il mourrait  UFDG. Il avait même informé les militants à cette occasion de son intention de participer à la réunion du Bureau Exécutif du vendredi 05 février et à l’assemblée générale   du samedi 06 février.

Curieusement, El hadj Cellou convoque précipitamment, le jeudi 04 février 2016 une réunion extraordinaire du conseil politique élargie aux députés, aux secrétaires nationaux et à  des personnes qui n’avaient aucune qualité pour participer à cette réunion.

El hadj Cellou fera voter par cette assemblée dont les membres lui étaient acquis majoritairement, l’exclusion de Bah Oury. Mais tous ont été surpris lorsqu’il a demandé à Aliou Condé de lire le texte relatif à la décision d’exclusion qui était rédigé et disponible. Très habile, Aliou Condé fort gêné répondra pour sauver la face et effacer cette bourde, président il faut que le texte soit modifié. Ce qui accrédite la thèse selon laquelle tout cela avait été préparé et que cette réunion de façade n’était convoquée que pour entériner une décision déjà prise et prête à être diffusée.

Ce conseil extraordinaire du jeudi, de par sa composition, n’est prévu nulle part dans les statuts comme une instance de décision du parti. De surcroit, les personnes qui se sont réunies n’avaient ni la capacité, ni la qualité pour siéger et délibérer

valablement.

Malheureusement, ce sont toujours les mêmes qui ont conduit le parti dans ses errements et ses défaites politiques. Et c’est encore eux, qui ont finalement pris cette injustifiable décision qui divise et met le feu à l’UFDG.

Contrairement à ce qui est écrit dans la décision d’exclusion, il n’y a eu aucune médiation ni informelle ni formelle. Aucune commission de médiation n’a été constituée par le parti pour aller vers Bah Oury et mener une quelconque négociation. Tous ceux qui sont venus vers lui disaient être là, pour le saluer et lui exprimer leur joie de le voir de retour dans son pays.

  • Bah Oury n’avait jamais contesté, la légitimité de Cellou comme Président du parti, c’est plutôt celui-ci qui refuse d’admettre que Bah Oury est, conformément aux entretiens de Dakar de 2014 et aux résolutions du congrès de 2015, Premier vice-président et numéro 2 du parti. El hadj Cellou persiste et signe avec ses différents porte-paroles que tous les vice-présidents sont logés à la même enseigne. Pour eux la préséance n’est que protocolaire. Bah Oury ne doit donc rien faire ni dire au nom du parti sans autorisation. Par contre, n’importe qui peut dire n’importe quoi sur Bah Oury sans s’exposer à la moindre sanction pour cela. Et d’ailleurs, pour El hadj Cellou et son clan, l’acceptation de Bah Oury comme premier vice-président n’était que du bout des lèvres car ils n’imaginaient pas que celui-ci rentrerait en Guinée tant que le Pr Alpha Condé serait à Sékoutouréyah.
  • – L’une des raisons principales de l’exclusion de Bah Oury de l’UFDG est intimement liée à sa demande d’audit des comptes du parti et à la gestion de son patrimoine dont il faut rendre compte aux militants en particulier pour les aides de tous genres à l’occasion des élections de 2010, 2013 et 2015. Le forum des cadres  avait lui-même demandé dans son mémorandum adressé aux différents responsables, la séparation des biens du parti de ceux de ses dirigeants.
  • Une autre raison et non des moindres de son exclusion ce fameux jeudi 04 février 2016 était de l’empêcher de venir au siège et d’avoir l’occasion de s’adresser aux militants et responsables du parti le vendredi 05 et le samedi 06 février 2016.
  • Ceux qui disent en clair, que l’UFDG n’avait ni motos, ni autos, ni argent avant l’arrivée d’El hadj Cellou peuvent-ils soutenir qu’El hadj Cellou aurait, intuitu personae,  reçu toutes ces contributions ; les aurait-il seulement reçu  en tant que simple citoyen s’il n’était pas venu en politique et dans un parti ?

Les bailleurs de fonds et les divers contributeurs apportent des aides pour des objectifs politiques et non pour aider quelques individus à améliorer leurs conditions d’existence. A titre d’exemple, c’est par les ondes qu’on avait appris de M. Fodé Soumah Président de la GECI (génération citoyen) qu’il avait donné plusieurs milliers d’Euros à El hadj Cellou entre les deux tours de la présidentielle de 2010.

Or, on a l’impression que l’UFDG est devenu aujourd’hui un fonds de commerce pour certains,  à l’occasion de chaque campagne électorale. Et pourtant, les militants et sympathisants ne s’investissent pour le parti que dans l’espoir d’une victoire aux élections. Et la raison fondamentale de l’existence d’un parti est de chercher à accéder au pouvoir par les urnes.

  • On a entendu dire à l’UFDG, que si en France Marine le Pen a exclu son père du Front National dont il est le fondateur, pourquoi El hadj Cellou n’exclurait pas Bah Oury de l’UFDG même s’il en est le fondateur ?

L’UFDG serai-t-elle devenue, à l’image du FN, un parti extrémiste, raciste et xénophobe ?  Espérons que non ! Autrement, beaucoup  de ceux qui sont autours d’El hadj Cellou aujourd’hui, n’y seraient pas. Au contraire, les anciens membres de l’UFDG leur ont ouvert les portes dans un esprit de tolérance et c’est le mea culpa qui aurait du être le leur.

  • La discrimination et la persécution pratiquées contre des militants de l’UFDG et dont ils  se plaignent sont essentiellement dues à des erreurs politiques et stratégiques de la Direction actuelle de l’UFDG.

En effet, en 2010 entre les deux tours des élections présidentielles, un accord a été conclu entre les deux candidats à Ouagadougou au Burkina Fasso. Il a été prévu dans cet accord que les deux candidats accepteront le résultat des urnes mais que le gagnant devra travailler avec le perdant.

A l’annonce de la victoire du candidat du RPG Arc-en-Ciel, la Direction de l’UFDG a déclaré ne pas vouloir travailler avec lui.

Allez donc comprendre pourquoi signé un accord aujourd’hui et se refuser, sans raison, à le respecter demain ?

En conclusion, le Forum des cadres souhaite que les textes sur lesquels se base la Direction actuelle de l’UFDG (statuts et Règlement intérieur) pour diriger le parti soient revus et corrigés dans l’optique de simplifier les structures, harmoniser les organes et les instances de manière à faire fonctionner l‘UFDG comme un parti politique et non comme une administration ou une société privée, laquelle, le PDG prend des décisions par notes de service selon ses humeurs et les qualités de ses relations avec les uns et les autres (parents, amis, alliés etc…).

Actualiser les textes de base, c’est avoir des documents finaux consensuels, qui seront retenus et qui indiqueront en même temps leur mode d’adoption ou de validation (Conseil National ou Congrès).

Le Forum des cadres estime qu’après les résolutions des problèmes politiques et juridiques en cours au niveau de l’UFDG, tous les cadres et militants qui avaient renoncé à participer aux activités du parti pour des raisons diverses devront revenir  et reprendre leurs places et activités au sein du parti.

L’UFDG, doit être un parti qui unit et rassemble et non un parti qui divise et qui exclut.

« L’exclusion est l’arme des faibles » comme le disait un éminent penseur politique.

 

POUR LE FORUM DES CADRES DE L’UFDG

El hadj Abdoul Diallo
Président du forum et membre du conseil politique

Docteur BAH Boubacar
Secrétaire National chargé des relation avec les syndicat

Saliou Diallo
Membre du bureau Exécutif

Hadja Aïssatou BAH
Membre du bureau Exécutif

Bocar Bokoum
Membre du bureau Exécutif

Saki Camara
Membre du bureau Exécutif

Supposés proche de moi, ils ont été agressé sans raison.

Ils s’appellent:

Abdoulaye DIALLO (poignardé au dos)

Ibrahima Sory BAH (poignardé au niveau du cou)

Yagouba Syntally, Secrétaire Général de la Section UFDG de Syntally (blessé à la tête)

Tous agressés parce que supposé être proche de BAH Oury.

Plus grave, l’assassinat du journaliste Elhdaj Mohamed DIALLO qui ne faisait qu’exercer son métier.

Fort heureusement, les agresseurs ont été formellement identifiés par des témoins. Leurs témoignages seront mis à disposition de la justice pour que toute la lumière soit faite. La procédure est engagée. Tous ces crimes ne resteront pas impunis, nous y veilleront.